UBS et justice : collusion chez les gangsters
Mardi
15 décembre 2009 @ 11 31
Chacun sait qu’en démocratie la justice est idéalement parfaitement indépendante.
Au point dans ce pays d’être payée par le contribuable et de recevoir ses ordres du privé. Ce matin, la justice zurichoise a officialisé sa décision (communiqué ATS à 11h11) de ne pas poursuivre l’UBS en justice pour la fraude fiscale caractérisée à laquelle elle s’est livrée. Et bizarrement, dans la même matinée, l’UBS a fait parvenir à ses actionnaires le mail suivant dans lequel elle se glorifie :
Le Conseil d’administration d’UBS a communiqué aujourd’hui (Communiqué UBS à 11h12) sa décision de ne pas entreprendre de démarches juridiques à l’encontre de ses anciens dirigeants concernant les pertes dans le marché des subprimes et les anciennes activités transfrontalières aux Etats-Unis pour la clientèle privée. Le Conseil d’administration d’UBS a pris cette décision après une analyse approfondie de tous les cas concernés et après consultation d’experts juridiques externes.
Cette analyse a montré qu’il n’y avait pas sur le plan individuel d’indices de délits relevant du droit pénal suisse de la part des anciens dirigeants d’UBS. De même, rien ne permet de conclure que ces derniers aient poursuivi des intérêts personnels au détriment d’UBS. Le Conseil d’administration renonce par conséquent à toute poursuite sur le plan juridique. Il a également été décidé de renoncer à toute plainte civile au nom de la responsabilité des organes ou à un autre titre.
Après avoir soigneusement pesé le pour et le contre, le Conseil d’administration est parvenu à la conclusion que des litiges juridiques à l’issue plus qu’incertaine et risquant de durer des années, avec leur lot de publicité négative, n’étaient pas dans l’intérêt d’UBS, ni de ses collaborateurs, clients et actionnaires. En édifiant une «nouvelle» UBS, le Conseil d’administration a tiré un trait sur le passé. Le nouveau management a d’ores et déjà pris des mesures d’envergure et approfondies afin que les erreurs du passé ne se répètent pas.
Une telle coïncidence y compris à la minute près confine à la collusion pure, digne de gangsters de haut vol.
Mais les braves juristes de l’UBS ont oublié que les poursuites pénales pouvaient aussi naître dans d’autres cantons, et pas seulement pour des délits fiscaux mais aussi notamment pour faux dans les titres, les bilans annuels de quelques années en arrière de la grande banque n’étant rien d’autre que de vulgaires torchons tombant sous le coup de l’article 251 CPS.
Maintenant que la justice zurichoise a officiellement décidé d’enterrer ce qui ne devait pas l’être, on va pouvoir passer à la phase deux : celle du test de deux autres justices, romandes cette fois, et qui devront bien prendre position. On va enfin avoir la preuve de la toute puissance de la compromission du pouvoir judiciaire dans ce pays, ou éventuellement, si un petit juge en a suffisamment, poindre une délicieuse et juste surprise.
A suivre.
Mots-clés : gangsters, juges, ubs
Pétrole: le chameau a soif
Lundi
22 juin 2009 @ 7 28
Les automobilistes les moins regardants comme les autres- chercheurs de location de voitures pas chères, reconnaissez -vous- l’auront même noté : le prix de l’essence (et du diesel) à la pompe a remonté très rapidement ces derniers temps pour friser le litre de sans plomb à Fr. 1.70. Comme d’habitude, nos aimables pétroliers ont adapté à la vitesse de l’éclair et à la hausse bien sûr les prix qui pèsent sur le consommateur et sur l’économie en général.
C’est qu’après les profits historiques réalisés en 2008, ils ont soif les bougres, de dollars et de pouvoir évidemment. Or si l’on considère l’état actuel de la décroissance de l’économie mondiale, et donc la baisse considérable de la production et de la consommation, la hausse du prix du pétrole est à mettre exclusivement sur le compte des … fonds spéculatifs.
Cette information est corroborée par la liste des opérateurs de taille actuellement très actifs sur les marchés à terme du pétrole et de certaines matières premières. Elle n’est même pas influencée par les gesticulations usuelles des barbus du golfe qui ferment les robinets ou plutôt qui prétendent le faire dans un bel ensemble harmonieux, alors que par derrière ils n’en font qu’à leur tête.
On croyait que le G 20 allait nous faire entrer dans une ère nouvelle, que la consommation de combustibles fossiles allait redevenir sinon acceptable du moins plus tolérable pour la planète. Or si la consommation a elle pris, au moins provisoirement ce chemin, forcée et contrainte il est vrai, les guignols du G 20 n’ont pas réussi à atteindre ne serait-ce que le début du seuil de perception des dirigeants de fonds spéculatifs : ces derniers sont repartis comme en 14 dans une danse du scalp qui n’a strictement rien à voir avec le juste prix et la rareté d’une denrée donnée.
Plus encore qu’en 2008, on nage en plein délire spéculatif depuis bien quelques semaines, et ceci sans qu’aucun gouvernement ne veuille mettre les points sur les i aux responsables de cette folle chevauchée qui évolue encore sur une pente plus raide que celle de 2008, même si elle n’en atteint pas encore les sommets en chiffres absolus. Il faut dire que ça remplit les caisses publiques sans travail, une hausse à la pompe …
Le seuil des 70 dollars le baril que l’on constate actuellement est selon les dires mêmes des producteurs plus de deux fois supérieur à la rente juste comprenant l’ensemble des coûts et profits des différents étages de la fusée production-distribution. Et cette fois cette hausse frappe de plein fouet une économie meurtrie que les mêmes folies ont mise à genoux, certes associée à celle des subprimes et aux crétineries habituelles des banquiers.
Il est donc temps d’instaurer un mécanisme étatique d’imposition du profit excessif, une sorte de TVS, taxe sur la valeur spéculative. Mais pour éviter l’écueil de la taxe qui finit toujours par retomber sur le consommateur final, on peut parfaitement imaginer une interdiction de trading à partir d’un certain seuil, sauf à se laisser taxer à 90 % du profit réalisé.
Un mécanisme simple de conception mais complexe à mettre en œuvre il est vrai, compte tenu de la multiplicité des agents concernés et des pays desquels ils opèrent. Ceci dit, si on parvient en 48 heures à fabriquer des milliers de milliards de dollars pour sauver les banques et leur actionnaires, on doit pouvoir si on le veut, trouver un système en 24 heures pour éradiquer la fausse consommation induite par les marchés à terme.
Et la seule façon de le faire est d’interdire les transactions en question à partir d’un certain seuil, mobile et fixé d’un commun accord entre producteurs réels et consommateurs responsables.
Quant aux fonds spéculatifs, pour l’ensemble détenus par les barbus et les pétroliers eux-mêmes qui jouent donc ainsi dans la cour du non-physique, ils devraient se voir retirer sans délai leur autorisation de fonctionner. Mais pour celà, il faut une réelle prise de conscience politique suivie d’effets.
Et pour ça, malgré les belles promesses de 2008, on repassera une autre fois.
Mots-clés : matières, mesures, pétrole, premières, spéculation, taxe, TVSStabFund: le dévaloir sans fond(s)
Vendredi
8 mai 2009 @ 11 43
On se souvient tous des annonces fracassantes de Merz et compagnie en 2008 : la Bad Bank suisse (StabFund) dans un premier lieu destinée à émigrer vers des cieux fiscaux et règlementaires plutôt doux est un engin formidable : « sur le long terme c’est la seule façon de faire réaliser des bénéfices au contribuable helvétique » qui a sauvé du naufrage son UBS chérie, la seule banque helvétique à n’avoir pas su traiter les subprimes et autres fantaisies avec intelligence et prudence.
Ces affirmations datent certes un peu, mais elles n’en restent pas moins des paroles historiques. Que l’on ait dû extraire les caries grossières du dentier vorace de l’UBS était sans doute une chose vraie : sinon elle n’existerait tout simplement plus, mais qu’on en fasse payer l’entier du coût au contribuable helvétique était déjà un scandale en soi.
La deuxième partie du scandale que l’on pouvait prévoir sans problème dès l’origine est que la garde des fameux actifs pourris et leur réalisation progressive plombent les comptes consolidés de la BNS . Elle y est déjà allée de 1.7 milliards de pertes supplémentaires réalisées en 2008 grâce à cet engin, et de quelques centaines de millions supplémentaires au premier trimestre 2009.
Si l’on extrapole, en coûtant chaque année environ 2.5 milliards au contribuable suisse « grâce » au miracle de l’étalement dans le temps, le Stabfund se révèle un bazar sans fond ni fonds qui ressemble fort au tonneau des Danaïdes, sauf que lui ne remontera jamais la pente durant les deux décennies qui lui seront nécessaires au minimum pour amortir la chute.
Et pendant ce temps le tandem Villiger-Grübel pédale dans le yaourt, raconte des sottises et ne fait rien d’intelligent tout en voyageant en première en fumant le cigare …
L’hémorragie des fonds sous gestion confiés à l’UBS a encore continué au 1er trimestre 2009. Aucune raison que cela s’arrête sans des mesures radicales et surtout novatrices. Mais on ne peut pas demander à de vieux singes d’inventer de nouvelles grimaces, surtout quand on a contribué pour l’essentiel à la disparition du secret bancaire suisse ancien modèle.
La BNS a dû augmenter la somme de son bilan de plus de 20 milliards (lire emprunter des sous !!!) en raison des fantaisies de l’UBS.
Quand donc cessera ce soutien débile à un engin qui n’a plus de valeur et qui liquide ses meubles (Brésil par exemple) pour faire de la place aux chômeurs qu’il a créés.
Et pendant ce temps, le Conseil fédéral dans sa grande incurie refuse une licence même « light » à la Poste pour créer une banque de proximité, alors que Postfinance dispose en permanence de liquidités en dizaines de milliards de francs suisses qu’elle doit …. placer à l’étranger pour obtenir un vague rendement.
Quand on vous dit que le gouvernement est aux ordres du lobby bancaire, il n’y a qu’à regarder ce qui se passe pour en être convaincu.
Et dans ce domaine comme dans d’autres, il ne travaille pas au bien commun et trahit autant son serment que la confiance que certains parlementaires ont mise en lui. Et bien sûr celle, très résiduelle, que lui accorde encore le peuple suisse.
Mots-clés : BNS, dévaloir, stabfund, trou noir, ubsGarelli story
Vendredi
20 mars 2009 @ 17 34
Au début de cette semaine, son Immensité Garelli Stéphane, ci-devant professeur, celui qui pudiquement se prénomme sur son site « a world authority on competitiveness« , expert es économie acclamé et auto proclamé s’est livré devant une parterre plus ou moins amusé à Yverdon-les-Bains à l’une des diatribes dont il a le secret.
Hurlant comme à son habitude et comme s’il parlait du haut du Mont-Chauve avec le restant d’accent américano-rollois qu’il cultive depuis des décennies pour faire plus vrai, l’expert s’est répandu avec condescendance devant une centaine de personnes invitées par un club de service local et venus entendre le messie sur la crise et la Suisse rebondissante … sans grande nouvelle convaincante il est vrai.
La crise, puisqu’il s’agit d’elle, ne vient donc selon Garelli que de quelques indigènes perdus quelque part aux USA et qui se sont endettés alors qu’ils n’auraient pas dû le faire de la sorte pour tenter d’acheter leur logement.
A cet ingrédient de base, il convient certes d’ajouter quelques banquiers qui ne savent pas gérer ni cuisiner, un plat de spaghettis avariés alla bancaria (subtil message populaire pour faire comprendre à l’homme de la rue ce que sont les actifs toxiques ….), des agences de notation entièrement responsables et … la crise des subprimes est née et explicitée.
Le reste de ce qui se passe aujourd’hui, à savoir une crise économique mondiale, existe certes, mais n’a strictement aucune cause endogène. Le système est bon, et il faut donc faire le gros dos et attendre que ça passe.
Et de préférence séjourner en Suisse pendant la crise, car manifestement, selon Garelli, ce pays est un bateau sûr pour traverser la tempête, alors que tous ses voisins sont embarqués sur des coques de noix qui sont proches du naufrage intégral.
Quant aux prévisions du prophète, elles sont claires: la crise se terminera après l’été 2009 (parce que ça ne peut pas durer !!!! sic) et nous en verrons les effets statistiques dès la fin de l’année (car le statisticiens suisses sont escargotiques dans leur approche ).
Ensuite, comme si la chose était très difficile à prévoir, l’expert nous annonce une période d’inflation, et beaucoup de temps pour résorber tout ça. Mais la Suisse est brave, elle est compétitive, certes il y aura quelques centaines de milliers de chômeurs, mais ce chiffre est sans importance car les autres pays en auront encore beaucoup plus. Et finalement 5 % de chômage, c’est normal, presque ….
On pourrait tout à loisir reproduire plus longuement ce que l’expert a bien voulu délivrer, la substantifique moelle de son absence de message. On est restera là pour tirer quelques conclusions.
Un économiste libéral, pardon radical, c’est comme un banquier. Le faire changer de logiciel quand il parle de la société est impossible : il est pollué par un évangile auquel on se demande parfois s’il croit lui-même, mais que ses intérêts multiples amalgamés l’obligent à transmettre.
Une remise en cause de la croissance est une hérésie qui n’atteint même pas son seuil de perception, certes éloigné mais quand même. Une modification des comportements humains dans le cadre général de la consommation lui échappe tout autant : « Il faut se faire des petits plaisirs, du chocolat, etc… pendant cette vilaine période, pour ne pas perdre le moral« , ajoutait-il même.
La conclusion la plus grave est que ce genre d’experts enseigne, et pas n’importe où. Et forme pour ne pas dire formate les générations qui seront aux commandes demain, quand son fils à lui aura fini de faire l’inventaire des trucs inutiles qui trainent dans sa maison.
Car la dernière découverte de l’expert, c’est qu’en Suisse nous sommes dans une économie de remplacement. Même quand Doris le veut, on ne peut pas acheter un cinquième téléviseur pour lui faire plaisir et donc on se restreint et ne consomme que pour remplacer.
On appréciera tout le côté social de ce développement, surtout pour celui qui vit du RI ou vient de se faire licencier …
Pourquoi donc ce genre de théoriciens vides passe-t-il encore pour un expert ? vaste question.
Et si ses calculs sur la compétitivité étaient aussi bons que le contenu de l’exposé de cette semaine ? Il a quand même réussi le tour de force de proclamer, sur une question anodine, que l’évasion fiscale en Suisse « c’est une amende et ça relève du Code Civil« , et « la fraude, ça relève du Code pénal et ça mène en prison » .
Avec ça il n’aura pas vraiment la moyenne …
Mots-clés : Ajouter un mot-clef, Economie, garelli, IMD, professeur, son excellence, stéphane

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