Postfinance ou le règne de la publicité débile
Lundi
16 août 2010 @ 18 03
Pour piquer des sous aux usagers, Postfinance s’y entend bien. Pour rendre des services performants aussi.
Mais pour la publicité, l’entreprise est ridiculement mauvaise, en un mot suisse alémanique jusqu’au bout des ongles. Elle vient d’adresser son « journal périodique » numéro 3-2010 modestement intitulé +Finance (« le magazine pour faire de meilleures affaires (sic) »") en quasi tous ménages. Et l’on y découvre entre autres de délicieux usagers suisses bien proprets qui vantent les mérites immenses de l’institution dans des pseudo-interviews dignes de la propagande de Poutine par temps d’incendie.
Un couple de luthiers qui ne doit pas tirer trop sur la corde raide est ravi d’avoir un crédit en compte courant, « une indépendance inespérée » paraît-il. Un libraire par correspondance tout droit sorti des archives fédérales aime les comptes en devises car « ils permettent de faire des gains de change mais il faut être très prudent … sur ces sujets » a-t-il sans doute lu quelque part.
Un fabricant de sirop de sureau ne jure que par des termes de hockey sur glace, powerplay, goal average, marquage, mais assure fabriquer du sirop en artisanat pur sucre. Le sommet étant atteint (sans doute provisoirement) par un certain Urs Jenni, « expert en innovations », qui serait professeur dans une haute école en germanie lequel propose l’idée-fusée selon laquelle une étude préalable pourrait être utile aux PME, avant de se lancer dans un investissement.
Le tout entremêlé de visuels tout aussi débiles que les textes. Si Postfinance cherche à convaincre quiconque, c’est raté. Et c’est cher pour un raté. Et si Postfinance cherche autre chose avec ce gros raté, c’est mystérieux et probablement assez proche de la quête des auto-louanges en interne.
Quand donc le magnifique outil fera-t-il des études internes sérieuses pour voir où et comment il peut diminuer les prix des prestations qu’il facture et ainsi offrir un service rentable à ses clients tellement plus captifs que les autres qu’il se permet franchement de les prendre pour des cons.
Mots-clés : débile, postfinance, publicité
Quantitative easing ou teasing ?
Mardi
18 mai 2010 @ 16 14
Traduit en « assouplissement quantitatif« , le quantitative easing est une réponse technique des banques centrales face à la crise, lorsque imprimer en masse de la monnaie ne suffit plus. Les Japonais sont à l’origine de cette méthode pour échapper à la crise de 1990 et surtout au début des années 2000. Les USA sont des disciples fervents de l’exercice.
Le quantitative easing consiste donc à rendre les conditions de crédit plus attractives par d’autres moyens que par la baisse des taux d’intérêt.
Les banques centrales se mettent alors, à l’image de la BNS et de notre cher Stabfund, à racheter des actifs risqués, illiquides, mais cette fois avec de l’argent imprimé massivement pour l’occasion et qui ne correspond à aucune création de richesse ou aucun stock de richesse .
Ainsi les banques devraient pouvoir prêter et se prêter à nouveau (elles sont à nouveau bloquées ces jours) avec cet argent frais et la relance de l’économie devrait miraculeusement se produire à crédit … Un crédit qui est la cause même de la crise. Drôle d’animal que cette technique.
Sauf que, en plus, la BCE et son big boss Jean-Claude Trichet, ce week-end, ont essayé de convaincre les foules que les mesures de rachat de dettes souveraines par la BCE n’avaient rien à voir avec ce qui est pratiqué depuis 18 mois par la Fed, car « les liquidités qui vont être injectées dans le système seront ensuite retirées« . Rien n’est plus faux. La BCE en effet est incapable de fournir la moindre explication probante sur ce retrait futur des euros qu’elle déverse actuellement dans la nature.
Outre que cette méthode viole les dispositions du Traité de Maastricht, ce faisant, non seulement elle pollue les marchés au lieu de les assainir et se comporte comme une call girl affichant le programme pour que d’autres banques centrales la suivent sur cette voie. Évidemment, la BNS suit le mouvement en écolière sage et bien marrie de ne pouvoir retenir le franc suisse de grimper au pinacle, faute d’envergure suffisante.
On va finir par acheter des kilos de sucre, de l’huile et des cacahuètes pour disposer d’une vraie monnaie d’échange.
Mots-clés : cacahuètes, euros, trichetTraders à nouveau en rut
Mercredi
10 février 2010 @ 10 33
On aura remarqué que la Grèce, ainsi que d’autres pays membres de la zone Euro, sont dans une position économique très difficile. Alors que la dette allemande rapporte en gros 2 % par an, celle émise par la Grèce dépasse largement les 6 %, et ceci avant la réunion de vendredi des pays membres de l’Eurogroupe.
Pourtant la Grèce a adopté l’Euro comme monnaie nationale, mais sa classe dirigeante plus prompte à pleurer qu’à travailler s’est remplie les poches des subventions européennes qui ont atterri dans le pays de Socrate par dizaines de milliards depuis quelques années, au lieu de les utiliser à bon escient, par exemple en développant certains secteurs d’une économie moribonde où en investissant sur la formation.
Ces éléments n’ont pas échappé aux traders fous (pléonasme de circonstance) qui depuis quelques semaines contribuent comme des gamins à jouer la Grèce perdante. Ce faisant, pariant à la baisse mais pas à la chute finale, ils gagnent des sommes faramineuses sur des opérations de change qui n’ont aucun fondement économique réel mais reposent simplement sur la psychologie primaire de l’investisseur de Cromagnon.
En gagnant ces sommes faramineuses, nos « braves traders » préparent déjà leur bonus 2010, qui va faire exploser les compteurs. Mais si on prend la peine d’y regarder à deux fois, on constate que le payeur de bonus, quand ce n’est pas le contribuable, c’est l’employeur bancaire.
Or cet employeur bancaire n’est pas seulement employeur, il est aussi bailleur de fonds pour différents pays de la zone Euro dont …..la Grèce. Et a donc tout intérêt à ce que la dette de ces pays soit honorée. Dans le casino bancaire qui a repris de plus belle sans aucun changement depuis 2008, ceci malgré les belles déclarations politiques qui ne servent à rien, on se trouve donc à nouveau devant un risque systémique que les banques vont vouloir faire partager au contribuable, depuis qu’elles savent que les gouvernements ne laissent jamais tomber.
En effet, si grâce aux traders couverts d’or et de diamants chaque année par leurs banques employeurs, les économies de la Grèce, de l’Irlande et, dans une moindre mesure, de l’Espagne et du Portugal venaient à exiger des interventions des États de l’UE et singulièrement de la BCE, ce serait à nouveau le simple chaland qui devrait passer à la caisse. Ces pays ne sont pas exempts de reproches économiquement parlant, mais les banques et leurs traders jouent à nouveau un jeu schizophrénique dont les politiques feraient bien de tenir compte.
En bref, sans réglementation efficace urgente, le banquier reste et restera un joueur de poker escroc qui n’a plus aucune utilité sociétale, au contraire, puisque prêter lui est devenu étranger parce que trop fatigant.
Mots-clés : rut, schizophrénie, tradersTu Rebecque teras sur le dos de l’autre
Dimanche
7 février 2010 @ 12 43
« Tout impôt détourne des ressources d’une utilisation révélée préférée et financée par ceux qui la souhaitent pour l’affecter à des buts qui peuvent très bien n’être souhaités que par les agents de l’État » (Credo du Centre pour la concurrence fiscale)
Du côté du Boulevard de Grancy dans la ville de Lausanne si chère à un certain Moix, plumitif de troisième zone et intellectuel autoproclamé, se niche un bidule qui se nomme Institut Constant de Rebecque, avec la particule siouplait, histoire de faire plus classe et surtout plus mystérieux, peu nombreux étant ceux qui connaissent l’identité complète de notre Benjamin cantonal/national.
Le credo de l’Institut est admirablement contemporain et particulièrement tourné vers le bien des peuples. En voici deux exemples, perles parmi les pourceaux : » Ce que la Suisse doit redécouvrir, c’est la boussole lui permettant de sortir de façon ordonnée d’un étatisme à bout de souffle » ou encore « Dans quel autre pays [que la Suisse] trouve-t-on tant de prospérité et si peu de chômage, des taux d’intérêt si bas en l’absence d’inflation? Où les gens disposent-ils d’épargnes individuelles plus étoffées ? »
Réflexion libérale et recherche prospective, voici les deux mamelles de l’engin. Qui n’est pas qu’un machin puisqu’il se compose de redoutables experts parmi lesquels trône même un philosophe.
Faut dire que ce gratin est très proche d’une certaine Société du Mont-Pélerin (la maison mère des think tanks néolibéraux), dont le prochain Meeting annuel aura lieu en octobre 2010 à … Sydney, loin des yeux, du cÅ“ur et oreilles indiscrètes de l’Européen moyen qui travaillera, lui, au bien commun dans son usine en voie de délocalisation.
Le même aréopage, auquel il convient d’adjoindre quelques gugusses supplémentaires a fondé le bien nommé Centre pour le concurrence fiscale, qui a son siège au Liberal Institut de Zurich et des Å“uvres duquel est tirée la phrase du credo en exergue.
Le cÅ“ur de la mission de ce centre est encore plus d’actualité que Rebecque lui-même : « Seule une concurrence efficace des systèmes d’imposition peut diminuer à un niveau tolérable la charge fiscale pesant sur la société productive. Le Centre pour la concurrence fiscale entend contribuer aux plans suisse et international à une défense politique, économique et morale du concept de concurrence fiscale » peut-on lire dans son Je vous Salue Marie.
La Suisse et l’Europe sont remplies de façades comme celles-là . On en voit même qui soutiennent la recherche, dans une certaine direction uniquement, pour faire encore plus académique. Mais de fait, ce sont des groupes de pression et d’infiltration douce dont les membres se fichent comme de l’an quarante du sort des populations : on y parle profit, concurrence et baisse des impôts.
Pas de justice sociale ou de remise en question, même accidentelle, du dogme du libéralisme à tous crins. Ce sont de ces officines que naissent les joyeuses idées libérales chère entre autres à Hayek (pas Nicolas, l’autre, Friedrich August von ) ou Milton Friedman ayant conduit le monde au bord du gouffre en 2008, en le maintenant dans une panade historique depuis lors.
Il est important d’ouvrir les yeux et de tenter de discerner quelles sont les doubles appartenances des membres de ces groupes, car ils sont nombreux et influents et se retrouvent parfois là où on n’aurait pu les attendre.
Mots-clés : benjamin, constant, droite, libéralisme, néo, ultraCOOP: l’esprit de vin
Dimanche
31 janvier 2010 @ 16 00
On se souvient que la COOP, à la base, n’est pas censée être une entité capitaliste mais qu’elle devrait, comme toute société coopérative en droit suisse suivre à la lettre et dans son esprit l’article 828 CO qui dit: » La société coopérative est celle que forment des personnes ou sociétés commerciales d’un nombre variable, organisées corporativement, et qui poursuit principalement le but de favoriser ou de garantir, par une action commune, des intérêts économiques déterminés de ses membres« .
Comme son concurrent, COOP ne distribue pas de profit en cash à des coopérateurs, mais « assure leur bonheur » grâce à de soi disant judicieux investissements. Et du moment que la communication de la COOP est bien faite, le coopérateur dissous au milieu de ses congénères n’a plus qu’à la boucler, les chefs se servant au passage et régnant de main de maîtres sur ce géant.
Il est toujours intéressant de traîner dans les différents rayons du géant au mois de janvier, car c’est celui de la valse des étiquettes. 2009 n’a pas vu poindre une inflation majeure, pour ne pas dire plus. Et la même année n’a pas vu non plus les producteurs de vin se remplir plus les poches qu’usuellement.
Mais alors, comment faire passer une jolie hausse en douce : voici la recette, un exemple parmi beaucoup d’autres.
Acheter en gros. Créer artificiellement et sur certains articles une pénurie momentanée ou des pseudo ruptures de stock pour aiguiser la curiosité du consommateur.
Si possible, pour le vin blanc de gamme très moyenne, vendre sous une appellation sympathique pseudo terroir, mais faire venir le liquide par camions citernes et le faire mettre en bouteilles en Suisse alémanique.
Fixer le prix, exemple du Luins « Les Oursons« , appellation COOP Basel contrôlée, à Fr 6.90 la bouteille en fin 2009. Attendre et laisser mûrir le client. Fin janvier 2010 mettre en place une « promotion de derrière les fagots » avec des cartons de Luins 2009 « Les Oursons », dont le prix par bouteille aura passé en douceur à Fr 7.25 (en promotion donc). Laisse mariner le client. Ramasser la monnaie.
Bien sûr, Fr. 0.35 sur Fr. 6.90 ne représentent que 5.07 % d’augmentation nette. Mais elle est parfaitement injustifiée actuellement, sinon par la politique du géant qui vise avant tout le profit global mais visiblement pas la satisfaction de ses membres.
Si seulement quelques membres se rendaient aux assemblées générales pour y faire valoir leur point de vue. Mais ils en sont dissuadés devant l’ampleur de la tâche et le peu de crédit qu’on leur réserve.
La COOP tourne en circuit fermé et tourne en bourrique le consommateur. Des ronds qui en rapportent d’autres … quand on sait que le prix d’achat par litre du breuvage en question n’excède pas Fr. 3.55 dans le meilleur des cas (ou rapporté à la bouteille de 75 cl Fr. 2.66)
Faut pas s’étonner que COOP ait sa banque …
PS: si on achète sur Internet ou dans certains magasins triés sur le volet, et par 6 bouteilles donc, il y a effectivement un rabais. Mais l’augmentation de prix 2010 sur celui accordé au rabais en 2009 est la même … que celle par bouteille prise à l’unité.
Mots-clés : coop, coopérative, étiquettes, luins, pofit, valse, vinBCV : sévice clients
Mercredi
20 janvier 2010 @ 11 14
Il était une fois une association qui possédait un compte auprès de la BCV. Pas grand chose, juste de quoi se faire ponctionner l’impôt anticipé. Et voici que l’association en question renouvelle son comité, un évènement rare et complexe à traiter pour une banque intelligente.
Les nouveaux membres du comité, plutôt que de faire les choses à la retirette se rendent en personne, à trois, au guichet de résidence du compte où ils sont reçus comme des chiens dans un jeu de quille. On apprendra par la suite que la revêche préposée grise a pris sa retraite … entre le début de l’aventure et ce billet.
Tant mieux pour elle et tant mieux surtout pour le client. Pour en revenir justement à l’aventure, dont le dernier épisode date de quelques jours, nos trois membres du comité apportent, tels des rois mages, certificats de vaccination, cartes de visite, sourires, papiers signés, timbres humides et secs, chocolats, encens et myrrhe à la guichetière, qui n’avait finalement plus qu’à recopier les noms et adresses des heureux élus sur les papiers internes de la banque.
Ce qu’elle fit en renâclant mais fit quand même. Faut dire que la journée était déjà avancée et que sa paupière avait une légère tendance à la chute. Elle prit également note d’un changement d’adresse pour le courrier, dûment documenté et signé par les trois mages. Nos trois rois ayant terminé leur pèlerinage s’en allèrent donc célébrer cette réussite. On était en novembre 2009.
Depuis lors, le courrier n’est jamais arrivé au bon nouvel endroit, malgré plusieurs récriminations. Quant au trop fameux 0844 228 228, le nouveau numéro du pompeusement nommé « Centre de conseil par téléphone », sa réponse ne variait pas : il fallait soit passer une nouvelle fois à la banque pour faire rectifier, soit écrire en signature collective à deux pour confirmer une adresse de correspondance : motif, les signatures sont comme ceci sur le compte et donc …
Sauf que l’autre jour le caissier fâché a fait remarquer au préposé aux basses Å“uvres administratives que le fait d’envoyer dans la nature des renseignements bancaires privés en violation du secret bancaire se faisait en pleine connaissance de cause par la BCV sans autre signature, et malgré des mises en garde téléphoniques, mais que curieusement la banque exigeait en revanche des bons titulaires qu’ils reperdent du temps pour refaire le boulot que la revêche n’avait pas fait et se mettent à plusieurs pour le refaire.
Il semble que finalement les hurlements du caissier aient eu raison de la bêtise crasse du correspondant, qui a daigné dévier l’appel, grâce suprême, sur la succursale incriminée. Qui a finalement répondu et semble-t-il fait le nécessaire.
Juste pour rire, savez-vous pourquoi on ne peut plus téléphoner en direct à son agence BCV : car trop de personnes dérangeaient le petit peuple bancaire à bonus en posant des questions bêtes. Sans autre commentaire.
Mots-clés : cbv, clients, revêche, serviceHSBC : Zeller en gouttes
Dimanche
20 décembre 2009 @ 7 34
Le sémillant dynamique bien propre sur lui ex cadre de la BCV aujourd’hui à la tête de l’antenne suisse du conglomérat HSBC fait peine à voir. Dans une interview donnée au Matin de ce dimanche il n’explique rien et noie le poisson puant plus très frais.
Ou plus exactement distille quelques renseignements fruits d’une politique de communication lamentable.
Voilà que les 7 noms (des merveilles du monde en somme) seraient truffés d’erreur, et que le Quichotte d’opérette n’aurait pas le profil
Il aurait fourni un puzzle à un Montgolfier menteur en diable que ce dernier garde jalousement sous la pile, sans savoir comment le résoudre.
Un journaliste intelligent (pas du Matin donc) aurait pu peut-être poser quelques questions sur les raisons pour lesquelles Falciani a été choisi, sur les procédures de recrutement et d’autorisation d’accès aux zones informatiques sensibles chez HSBC.
Et peut-être aurait-il pu ajouter que dans toute banque qui se respecte, et contrairement à ce que Zeller veut faire croire au chaland, il existe bel et bien une habilitation pour accéder à l’ensemble des données d’un client, même en compte codé chiffré.
En fait, en prenant juste un peu plus de gouttes qui portent son nom pour éviter le surmenage néfaste, la brave Zeller aurait même pu ajouter que son organisation comme celle des autres banques en Suisse relève du paternalisme le plus niais, vaguement teinté des excès caractériels des mères juives et surtout ne tient pas la route face à des infiltrations dûment orchestrées.
Car il se murmure de plus en plus distinctement que le brave Falciani a appris les rudiments de son métier d’anguille sur les bancs de quelques bonnes écoles français du crime d’État, dans une de ces officines qui n’est jamais l’État mais qui travaille pour lui en sous-traitance pour le « bien » de l’État et la grandeur de son propre compte-courant.
Ce n’est absolument pas un hasard si Falciani a fait la carrière qu’on lui connaît. Il suffit pour s’en convaincre de bien travailler sur les annuaires et surtout de cesser de croire que la Suisse est le pays des merveilles dans lequel aucun agent étranger, même sous-agent, ne travaille en sous sol dans une mélodie pas très nette. HSBC s’est fait piquer des données stupidement, mais surtout met la situation de « braves » clients fraudeurs en danger.
Quel drame humain.
Mots-clés : coeur, gouttes, hsbc, officines, zeller40 millions d’emplois perdus : banquiers à la caisse
Lundi
7 décembre 2009 @ 16 17
Le BIT estime à 40 millions le chiffre probable d’emplois perdus dans le monde dans 51 pays depuis octobre 2008, à savoir depuis le début des conséquences sur l’économie dite « réelle » des délires des banquiers.
Et pendant ce temps, en Suisse, on s’amuse à compter les clochers et à discourir sur la queue de cheval du Génie des Alpages, depuis peu sous haute surveillance policière pour éviter qu’il continue à faire des conneries dont il ne maîtrise pas les conséquences.
Pour la comparaison uniquement, on relèvera que ce chiffre de 40 millions représente nettement plus de cinq fois celui de la population suisse, vieillards, nourrissons, extrémistes et conseillers nationaux UDC compris.
Et pendant ce même temps, les bonus affluent à nouveau dans la poche des traders avec la bénédiction de Blocher et de ses sbires, Darbellay et du PLR , bonus plus ou moins déguisés en d’autres formes de rémunération moins visible mais tout aussi sonnante et trébuchante.
Il n’y a pas deux races de banquiers, ceux des minarets et ceux du « saint »-siège: depuis 18 mois au moins le terme de banquier est invariablement synonyme de celui de brigand, de voleur, de casseur de société équilibrée, de mineur d’équilibre, de terroriste sociétal.
Un nombre aussi dramatique d’emplois perdus, malgré les aides perçues de l’État et donc avec l’argent de ceux qui ont perdu leur emploi, nécessite une action sociale et de justice sociale de première importance. Les gnomes de Davos se réunissent bientôt pour les traditionnels petits fours.
On peut donc leur suggérer pour une fois de réfléchir à quelque chose de concret qui soit autre que visant leur propre profit immédiat : à la réparation du mal causé par les délires.
En démocratie et en justice civile, cette réparation passe aussi par une ponction fiscale spéciale sur les banques et les banquiers exceptionnelle, une sorte de taxe au sac pour les ordures, le sac étant le million de francs et les ordures étant …. qui on veut.
Ce n’est qu’en assumant le poids social de leur délire que les banques et les banquiers pourront éventuellement se refaire une beauté morale minimale. Et il y a encore du boulot sur la planche à billets …
Mots-clés : banquier, sociétal, terroriste
UBS : résultat béréziniaque
Mardi
3 novembre 2009 @ 11 43
Après tripotages comptables totalement illogiques et incompréhensibles et surtout rendus encore plus obscurs par une communication adéquate que n’aurait pas renié la DDR au temps du mur de Berlin, l’UBS est toujours dans une situation critique.
Le flot de fuites de capitaux augmente encore, le résultat avoué est toujours largement dans le rouge, l’arrogance maison n’a pas changé d’un pouce, bref, alors que les vrais banquiers ont remboursé les aides étatiques et refont des bénéfices parfaitement immoraux, l’UBS n’a ni remboursé le trou creusé dans le Stabfund (au moins 30 milliards de dollars) et continue de voguer dans les pertes les plus sombres.
C’est dire les capacités proverbiales de son management. Faire des pertes opérationnelles en 2009 relève du record du monde pour un banque.
Les clients ont parfaitement compris qu’il fallait partir pendant qu’il en était encore temps. Si UBS a été considérée un temps comme too big to fail, aujourd’hui elle est vraiment too bad to follow.
Même les concurrents du secteur suggèrent de ne pas acheter le titre, et pour ceux qui sont restés collés avec, de le conserver. Ce qui revient à dire qu’aucune lueur d’espoir ne vient aux mirettes des professionnels à moyen terme.
On a beau avoir été cherché un vieux politicien cycliste et un as de la bricole bancaire, rien n’y fait. La confiance est définitivement rompue, et à juste titre quand on voit le manque total de clarté dans la communication des résultats et surtout dans la détermination comptable de ces derniers.
En plus, dans ce résultat, le coût colossal pour le contribuable des frasques fiscales aux USA de la belle banque aux trois clés n’est pas inclus, « puisque la loi ne permet pas de le faire« , comme dirait le politicien de base de droite.
En attendant, face aux PME en mal de crédit, celle qui était too big to fail n’a pas changé de discours : elle élimine les canards même pas boiteux sans aucun égard, vu qu’elle n’a bientôt plus de quoi leur prêter. Elle ne sert donc plus à rien.
Mots-clés : bérézina, too bad to follow, ubs
Banques : gangstérisme politique
Lundi
19 octobre 2009 @ 18 18
Il y a déjà quelques semaines que l’on sait officiellement que les managers banquiers US, suisses et anglais vont recevoir en 2009 plus de bonus encore qu’ils n’en ont reçu en 2007. Au fond, juste une petite année passée à devoir vivre sur leurs « maigres » économies, et la folie a repris.
On évoque des chiffres ahurissants en centaines de milliards : eux rient sous cape et nous refont le coup de l’éternel « retour plus rapide de la bourse vers la santé que celui de l’économie réelle ».
G20, hommes politiques, responsables, experts, tout ce beau monde miné par la corruption ou des formes atténuées mais bien réelles de cette dernière avait juré ses grands dieux qu’on ne l’y reprendrait plus : les excès du capitalisme pur et dur sont terminés, avaient-ils clamés, tout en sirotant leur cocktail.
De fait et comme on s’y attendait, ces intentions qui n’en n’étaient même pas sont restées lettre morte. La crise touche l’Europe, la Suisse et les USA comme jamais depuis plus de 50 ans, et le personnel politique ne bronche pas une oreille. Il va même jusqu’à emprunter partiellement le discours des banquiers pour se rassurer sur la probable durée de la crise.
Les nouveaux produits structurés mis en place par les banques sont encore plus fous que les anciens, les risques pris encore plus grands, la régulation espérée n’existe pas du tout, ni en fait ni en droit.
Les leçons de cette crise ont vite été tirées par les banquiers : on ne laisse pas tomber une banque en faillite, sauf pour Lehman et quelques établissements américains vite repris par le fonds US de compensation bancaire.
Donc, quelles que soient les conneries faites par un banquier, il n’a jamais à en payer le prix, au contraire, il peut même en profiter lors d’une fausse reprise qu’il initie.
Car actuellement ce que nous concoctent nos brillants banquiers n’est rien d’autre qu’une nouvelle bulle à très grands dangers, mais pas pour eux, pour les contribuables et les finances publiques.
Les souris dansent donc encore plus qu’avant, et le SMI atteint ce 19 octobre son plus haut niveau depuis un an.
Le casino mondial affiche à nouveau complet : la seule conclusion que l’on peut tirer de cet état de fait est que les politiques en place doivent être remplacés, et vite.
Ils sont maintenant aussi coupables de l’état du monde social, industriel et commercial actuel que les banquiers eux-mêmes.
Mots-clés : banques, gangsters, politiquesQatar ou l’humour de Hans-Rudolf
Jeudi
13 août 2009 @ 17 29
Dans sa folle chevauchée pour reblanchir l’image ternie de la Suisse, le brave Hans-Rudolf ne recule devant aucun sacrifice, y compris ceux qui font franchement marrer dans les chaumières.
Le département du chef annonce fièrement cet après-midi que la Suisse a signé ou paraphé peu importe une nouvelle convention de double imposition, avec le Qatar.
La treizième en deux coups de cuillères à pot ….. sauf que dans cet émirat béni, les impôts sont chose rare. Il n’y a en effet strictement aucun impôt sur les personnes physiques …
Quant à  l’impôt sur les sociétés … il se discute autour d’un thé …
Nul doute qu’avec cette convention on risque une procédure tous les siècles au moins !
Mots-clés : double taxation treaty, qatarBanques : comme en 14 !
Mercredi
12 août 2009 @ 16 25
Mais que font-ils donc de leurs (nos) sous ? à part l’UBS dont visiblement la capacité même à faire quelque chose est entamée, les autres banques ont repris depuis quelques mois le chemin du n’importe quoi.
Sans que cela ne semble pour autant inquiéter le contribuable dans sa torpeur estivale ou avec la réelle complicité active des politiques toujours intéressés aux prébendes.
On avait dénoncé la socialisation des pertes, au temps des pertes, et bien sûr la conservation des profits pour une petite faction.
Mais depuis la fin 2008, grâce à l’argent public, les banques européennes et US font des profits à presque plein régime. Bien sûr certains s’offusquent déjà des bonus aussitôt re-provisionnés, mais la question est beaucoup plus large que ça.
C’est en effet celle de la capacité du banquier à apprendre des leçons du passé que l’on parle (sans illusion, il n’apprend qu’à coups de bâtons) et surtout celle de l’utilisation des profits bancaires.
Depuis des mois voire des années les banques ne prêtent plus. Alors même que les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi bas. Mais c’est fatigant de faire son boulot de banquier, surtout quand on sait que de toutes manières, quelles que soient les crétineries qu’on fait, l’État nous sauvera sans sanction et surtout quand on gagne dix fois plus en spéculant grâce à l’argent public qu’en injectant tout ou partie des fonds reçus de l’État dans l’économie réelle.
C’est ainsi que depuis quelques mois la bourse, ce casino géant ronflant, est repartie de plus belle à la hausse, avec d’ailleurs dans son sillage les prix des matières premières spéculées, reflétant une nouvelle fois l’écart incongru qui peut exister entre le monde de la finance et ses trucs usuels et l’économie réelle où le chaland souffre de plus en plus et ceci quel que soit son pays de résidence.
On avait déjà évoqué ici l’anatomie psychologique dramatique du banquier-type. On doit constater que cette évocation était juste : sans vraie sanction et/ou véritable politique de répression de leur appât du gain qui a conduit le monde dans le mur et les États à s’endetter pour cinquante ans au moins, le banquier reste cet animal dépourvu totalement de conscience et de sens du bien commun qu’il a toujours été.
Il est aussi peu malléable qu’un âne de mauvaise humeur et seul le coup de pied peut lui faire entendre raison. Mais aussi longtemps que dans des pays comme les USA ou la Suisse, par exemple, les partis politiques dépendront pour leur survie de la bonne volonté de ces sponsors de luxe, rien ne changera.
A moins peut-être d’organiser subtilement leur perte et de faire fondre ces colosses grâce à des appuis intérieurs et des méthodes qu’ils ne renieraient pas, s’agissant d’imposer leurs propres vues.
Mots-clés : anatomie, banquiers, pathologiqueUBS: 1.4 millard de plus pour la danseuse
Mardi
4 août 2009 @ 7 47
Quelle gestion moderne et efficace, sur le coup de 7 heures ce matin, l’UBS a adressé un mail assez laconique et peu encourageant à ses actionnaires marris, enfin ceux qui restent.
On avait amorti toutes les casseroles depuis longtemps, vous vous en souvenez …. et bien ce ne semble pas être le cas :
On a encore perdu 1.4 milliard ce qui fait quand même près de 4 milliards fichus par la fenêtre depuis le premier janvier 2009.
Le brave Hans-Rudolf va encore devoir ponctionner le suisse moyen pas vraiment volontaire pour payer les frais de sa danseuse.
Et vive la joie, santé et conservation !
Mots-clés : 2009, perte, Q2, ubsSecret bancaire : le crash
Mercredi
1 juillet 2009 @ 7 46
Il n’y pas longtemps encore, Mirabaud le moustachu et très relativement distingué visionnaire et son ami Merz le psycho-rigide racontaient à qui voulait l’entendre que le secret bancaire avait encore de beaux jours devant lui en Helvétie.
On riait par ci par là mais on passait pour une variété d’oiseaux de type Cassandre. Il y a à peine quelques jours, la presse institutionnelle sérieuse et spécialisée, le Temps par exemple, assurait que des accords seraient trouvés aux USA contre paiement pour éviter que l’UBS ne doive remplir ses obligations légales de fraudeuse en série.
Et voilà que coup sur coup, on apprend que c’est le Crédit Suisse qui va se livrer de lui-même à une opération fiscale « mani pulite«  et que les poursuites US contre l’UBS ne seront en aucun cas abandonnées.
Pourquoi donc la presse suisse veut-elle à tout prix faire accroire qu’un accord est possible, alors que cette hypothèse relève de l’absurde et surtout ne colle en rien avec la nouvelle politique du gouvernement US ? quel intérêt celui qui a toutes les cartes en main pour gagner a-t-il de passer son tour ? que veut-elle prouver cette presse, qui veut-elle ménager ?
Étrange ballet peu professionnel en tous cas et surtout addition de sottises crasses en très peu de temps qui ferait rater son bac à une vache espagnole inscrite au CRFJ.
A ceci ajoutons quand même que les milliards de pertes continuent de pleuvoir sur l’UBS qui a dû faire appel en catimini (le communiqué de presse a été mis en ligne la nuit vers 23 h 45) à des investisseurs amis qui ont été d’accord de prendre ferme pour 4 milliards environ d’actions nouvelles à Fr 13.– l’unité, histoire de mettre un peu d’eau dans les tuyaux.
Des tuyaux percés s’il en est puisque l’argent des clients continue plus encore qu’avant de filer ailleurs, là où on fait ce qu’on dit et on dit ce qu’on fait, même sans génie. L’UBS est bientôt une forme modèle de nouveau concept, la banque sans clients, sauf évidemment les clients débiteurs et surtout débiteurs douteux. Un concept en déséquilibre parfait.
Il y a un entêtement politique à vouloir continuer de faire voler (fliegen donc ) l’UBS comme un Airbus moderne alors que c’est un coucou foutu qu’on devrait se dépêcher de démonter pour le vendre par pièces détachées.
Car sur le marché de l’occasion, il y a quelques services performants encore qui pourraient en intéresser plus d’un.
En revanche, ce qui est certain, c’est que les guignols de la Bahnhofstrasse ont ruiné à jamais l’image que la banque aux trois clés a mis des décennies à forger, et que par voie de conséquence sa valeur boursière et son goodwill sont définitivement amortis.
Quant au fameux secret bancaire en matière fiscale, honteux, il a dû prendre en douce le vol de Yemenia Airways, sachant qu’il se perdrait à jamais au large des Comores, là où depuis la Bahnhofstrasse on ne l’entendra pas crier.
Mots-clés : crash, cs, le temps, merz, mirabaud, moustache, secret bancaire, ubs, USARaiffeisen: marketing populiste
Samedi
16 mai 2009 @ 11 04
A Yverdon-les-Bains, vendredi soir 15 mai 2009, se tenait l’assemblée générale annuelle de la Banque Raiffeisen du Mont-Aubert, une petite circonscription allant de Grandson et sa région à quelques petits villages jouxtant plus ou moins Baulmes.
On pourrait imaginer que ce genre d’assemblée n’attire pas les foules, puisque de toutes façons tout y est dit d’avance, le comité dans une coopérative ayant un pouvoir bien plus considérable que celui très émietté des coopérateurs.
Quelle n’est donc pas la surprise de l’observateur entomologiste voyant débarquer à la Marive, le centre de conférences de la cité du nord vaudois, plus de 500 personnes toutes d’une âge certain et d’un poids excédant en général les chiffres rassurants de l’indice de masse corporelle dans ses tranches optimales. Avec en plus un indice de QI inversement proportionnel à leur poids …si l’on en croit la tenue assez misérable des conversations dans les couloirs à l’arrivée.
Sur scène, un aréopage de pontes fiers et élus, comitards et autres comptables cravatés tous plus engoncés et l’air benêt les uns que les autres et faisant semblant de jouer les professionnels de la banque. Il n’y en avait que pour la culture de la prudence et l’afflux de clients nouveaux.
La volonté finalement bienvenue pour le groupe bancaire en question de ne pas s’être aventuré dans des produits structurés et donc dangereux, ce que d’autres ont fait à leurs dépens et aux dépens du contribuable de base. Avec la technique assez minimale qui transpire des spécialistes mis en valeur ce vendredi, on comprend qu’ils ne se soient pas aventurés tellement loin dans les produits modernes, faute sans doute d’en comprendre ne serait-ce que la toute première subtilité …
Mais tout est beau au pays de Raiffeisen : les clients, le bénéfice, la gestion, les constructions nouvelles, la croissance, le moral, le sourire, les fleurs, les hôtesses, les subtils vigiles, etc. Tout est luxueux, le lieu, l’organisation, les petits cadeaux, les systèmes audio-visuels en place, etc.
Tout est fait pour que le chaland croie qu’on recueille son avis alors qu’en fait on s’en fiche pas mal. Le marketing de cette banque de proximité fait ressembler son assemblée générale annuelle à un meeting de l’UDC : il faut que ça sente la saucisse, le gras, le papet, la bière et le rouge qui tache.
Et d’ailleurs c’est pour cette unique raison que plus de 500 personnes viennent à cette « assemblée-agape »: pour profiter à qui mieux mieux du buffet campagnard GRATIS et à volonté (« il y en aura pour tout le monde, et bien assez », précisait le chauffeur de salle avant le début des mastications) préparé par un « traiteur » dont l’activité principale est le commerce de viande en gros.
Sont formidables chez Raiffeisen, en plus de servir un intérêt de 6 % sur les parts sociales, ils offrent à manger et à boire à volonté ….en pleine crise en plus.
Sauf que les braves coopérateurs auxquels Raiffeisen vante en même temps le micro crédit dans le Tiers-monde (collision pas très heureuse) ne se rendent même pas compte qu’en fait ils mangent et boivent avec leurs propres sous, et que tout ceci n’est fait que pour attiser une confiance aveugle aimantant allègrement les dépôts nouveaux.
Et pour les puristes on terminera en signalant que lors de cette assemblée la coopérative a changé ses statuts (changement du siège social). Pour ce faire on doit tenir une assemblée authentique (avec notaire, donc). Or le brave notaire lausannois convoqué est arrivé … comme un chien dans un jeu de quilles avec une heure de retard et alors que la partie officielle de l’assemblée avait été clôturée par son président. Évidemment sans que personne ne pipe mot et ne remarque la chose.
On se demande comment il va pouvoir attester de quoi que ce soit valablement dès lors qu’il était absent durant toute l’assemblée officielle. Ou alors ne venait-il que pour compter les rondelles de salami du buffet campagnard ? santé et conservation donc.
Le marketing c’est aussi ne pas prendre les gens pour des cons et jouer l’ouverture. La vraie.
Mots-clés : bouffe, buffet, campagnard, marive, mont aubert, populiste, raiffeisen, yverdon-les-bainsDes monnaies de plus en plus diaphanes
Dimanche
10 mai 2009 @ 18 20
Évènement particulier durant la deuxième partie de la semaine passée : le trésor américain n’a pas trouvé preneur pour une portion importante de l’émission hebdomadaire de ses tranches de nouvelles dettes de l’État US.
Pas intéressant et trop risqué ont jugé les cheiks, les Chinois et d’autres investisseurs institutionnels pourtant en manque flagrant de produits financiers sûrs et garantis. La signature de l’État américain deviendrait donc de qualité médiocre aux yeux de certains, retour quelque part assez juste d’une politique du laisser-faire de quelques dizaines d’années couronnées par la présidence Bush 2 qui dans la catégorie des catastrophes mettra du temps à trouver son pareil. Voilà qui ne va pas arranger Barack dans sa guerre contre la crise, car qui dit doutes sur la signature de l’État dit dévaluation automatique de sa monnaie et recours imposé à la planche à billets.
Sur le plan européen, la situation n’est guère meilleure et en Suisse, la BNS use et abuse aussi, sans le crier sur les toits, des mêmes instruments pour contrer la crise : l’émission de monnaie à qui mieux mieux.
Il est clair que cette débandade ne pourra continuer sans risques majeurs pour les économies et l’indépendance même des pays riches. Car si les États se mettent eux aussi à jouer au jeu de l’avion à la place des banques, on n’est pas sorti de l’aéroport.
Sarkoléon a voulu s’emparer du G 20 comme d’un joyau de la politique internationale à mettre à son seul actif ou pas loin. Mais personne n’est dupe, le G 20 qui aurait justement dû se pencher sur ce problème de masses monétaires n’a été qu’une aimable conversation autour d’une « little cup of tea » de facture anglaise, bien évidemment.
A trop vouloir augmenter les masses monétaires globales, les pays dits riches voient de fait leurs monnaies respectives perdre de la valeur jour après jour. Et le temps des vautours ne va pas tarder.
Que dira-t-on quand un pays (l’Islande par exemple) n’aura plus d’autres solutions que de financer son déficit en empruntant auprès des fonds souverains des dragons asiatiques ou d’un émirat arabe quelconque. De quelle autonomie ce pays disposera-t-il ? sera-t-il encore un peu autonome et souverain ?
Plus vraiment, et c’est bien là que mène la folie des banques et du système capitaliste. Il transfère encore plus le pouvoir dans les mains d’une oligarchie qui peut et ne manquera pas d’en user pour son intérêt exclusif, même si l’intérêt au sens strict est interdit par la religion d ‘État qu’il pratique.
On a peine à comprendre que sous couvert de masquer la crise et ses effets, les gouvernements occidentaux se soient lancés à tête aussi baissée dans une politique commune de dévaluation compétitive monétaire. Car tous leurs beaux discours sont regardés depuis l’Asie et le Golfe, et aussi en Inde, comme des comportements de gamins. Il faut dire que dans ces pays, l’épargne est une valeur qui le dispute au travail, du moins pour ceux qui y sont assignés.
Continuer d’imprimer des billets de dollars, d’euros et de francs suisses à la vitesse à laquelle cela se produit actuellement revient à nier la cause de la crise et à repousser sa solution : la remise à plat de la notion de valeur, de prix et de juste répartition des profits et des risques, autant à l’intérieur des pays « riches* » que des pays émergents.
Un déficit notoire inquiétant de réflexion en matière géostratégique.
Mots-clés : crise, endettement, géostratégie, monnaies, Suisse, us treasury bonds, USAStabFund: le dévaloir sans fond(s)
Vendredi
8 mai 2009 @ 11 43
On se souvient tous des annonces fracassantes de Merz et compagnie en 2008 : la Bad Bank suisse (StabFund) dans un premier lieu destinée à émigrer vers des cieux fiscaux et règlementaires plutôt doux est un engin formidable : « sur le long terme c’est la seule façon de faire réaliser des bénéfices au contribuable helvétique » qui a sauvé du naufrage son UBS chérie, la seule banque helvétique à n’avoir pas su traiter les subprimes et autres fantaisies avec intelligence et prudence.
Ces affirmations datent certes un peu, mais elles n’en restent pas moins des paroles historiques. Que l’on ait dû extraire les caries grossières du dentier vorace de l’UBS était sans doute une chose vraie : sinon elle n’existerait tout simplement plus, mais qu’on en fasse payer l’entier du coût au contribuable helvétique était déjà un scandale en soi.
La deuxième partie du scandale que l’on pouvait prévoir sans problème dès l’origine est que la garde des fameux actifs pourris et leur réalisation progressive plombent les comptes consolidés de la BNS . Elle y est déjà allée de 1.7 milliards de pertes supplémentaires réalisées en 2008 grâce à cet engin, et de quelques centaines de millions supplémentaires au premier trimestre 2009.
Si l’on extrapole, en coûtant chaque année environ 2.5 milliards au contribuable suisse « grâce » au miracle de l’étalement dans le temps, le Stabfund se révèle un bazar sans fond ni fonds qui ressemble fort au tonneau des Danaïdes, sauf que lui ne remontera jamais la pente durant les deux décennies qui lui seront nécessaires au minimum pour amortir la chute.
Et pendant ce temps le tandem Villiger-Grübel pédale dans le yaourt, raconte des sottises et ne fait rien d’intelligent tout en voyageant en première en fumant le cigare …
L’hémorragie des fonds sous gestion confiés à l’UBS a encore continué au 1er trimestre 2009. Aucune raison que cela s’arrête sans des mesures radicales et surtout novatrices. Mais on ne peut pas demander à de vieux singes d’inventer de nouvelles grimaces, surtout quand on a contribué pour l’essentiel à la disparition du secret bancaire suisse ancien modèle.
La BNS a dû augmenter la somme de son bilan de plus de 20 milliards (lire emprunter des sous !!!) en raison des fantaisies de l’UBS.
Quand donc cessera ce soutien débile à un engin qui n’a plus de valeur et qui liquide ses meubles (Brésil par exemple) pour faire de la place aux chômeurs qu’il a créés.
Et pendant ce temps, le Conseil fédéral dans sa grande incurie refuse une licence même « light » à la Poste pour créer une banque de proximité, alors que Postfinance dispose en permanence de liquidités en dizaines de milliards de francs suisses qu’elle doit …. placer à l’étranger pour obtenir un vague rendement.
Quand on vous dit que le gouvernement est aux ordres du lobby bancaire, il n’y a qu’à regarder ce qui se passe pour en être convaincu.
Et dans ce domaine comme dans d’autres, il ne travaille pas au bien commun et trahit autant son serment que la confiance que certains parlementaires ont mise en lui. Et bien sûr celle, très résiduelle, que lui accorde encore le peuple suisse.
Mots-clés : BNS, dévaloir, stabfund, trou noir, ubsFINMA ET TAF : la grêle après …
Vendredi
1 mai 2009 @ 17 32
Sortant de leur torpeur et de leur usuel sommeil, voici que les éminents juges du TAF (Tribunal fédéral administratif) se sont mis en tête de décider quelque chose, à savoir de prendre une position formelle et judiciaire sur les agissements de la FINMA et leur fondement juridique.
Marrant quand même, maintenant que le mal est fait. Marrant quand même quand ça ne sert plus à rien. Marrante aussi cette inusitée auto-saisine, qui sonne comme une fusée anti-grêle nettement après l’orage et qui aurait été tirée car on « doit finir le stock de munitions ».
On a rarement vu autorité de jugement en Suisse décider sans demande de quiconque qu’elle va autoproclamer un droit de recours inutile et inutilisé. Ou peut-être même que certains recours contre sa décision du début de l’année ont été retirés par économie des moyens, ce qui rendrait la position du TAF assez machiavéliquement dictée par des ordres de Berne …
De deux choses l’une : ou la FINMA (ce que l’on dit ici depuis le début) a grossièrement violé le droit suisse en couvrant la fourniture de détails sur des titulaires de comptes au fisc US, ou alors le TAF se cherche du boulot pour justifier ses appointements de ministres.
Car quoiqu’on puisse penser de la fonction de juge en général, le TAF donne franchement ici une étrange image de la justice en Suisse, une justice qui déciderait a posteriori de l’existence d’une faute qu’elle sait a priori ne pas pouvoir sanctionner. Masturbation judiciaire habituelle, tout au plus …
Ou alors, est-ce à mettre en relation avec le voyage coûteux en première classe fait à Canossa par le tandem de rigolos Villiger-Grübel, qui n’y est pas allé à vélo, et qui se prosterne pour que l’UBS soutenue par Merz le bienheureux ne soit plus poursuivie aux USA.
Jamais même en rêve ils ne seront suivis, car une fois qu’on a donné, on est toujours prié de donner et de redonner encore. C’est un peu comme pain pour le prochain, on reçoit chaque année des bulletins de versement…
Le fisc US n’est pas indépendant, mais la justice l’est !! Or que lui dit-on à cette justice américaine ? que l’on ne veut plus violer le droit suisse …. que le FINMA étudiera de près la question.
La justice américaine va sans aucun doute répondre sans ambages à la banque en lui retournant le compliment: ce ne serait pas légal au sens du droit US de cesser ainsi des poursuites contre des agissements considérés aux USA comme criminels.
Et par conséquent UBS sera priée de passer non seulement à la caisse mais au tourniquet, ce dont on ne peut que se réjouir.
Cette cacophonie générale provoquée par des banquiers pas vraiment malins (euphémisme) est consolidée de jour en jour par les errements de Merz le bienheureux, qui n’arrête pas de faire les choses de travers. Une fois il rampe, une fois il tire à vue, une fois il se tait, une fois il parle pour ne rien dire … bref il est complètement largué le pauvre.
Et le problème est que manifestement il ne s’en rend pas compte et qu’en plus il préside en 2009 aux destinée de la Suisse.
On en vient presque à se demander si un petit voyage au Mexique ne lui serait pas profitable et s’il a réellement récupéré de son affection de l’an passé. Car sa politique actuelle ne se ferait même pas dans un carnotzet à 3 heures du matin.
Mots-clés : cigares, finma, TAF, tandem, tribunal administratif fdéral, ubsLe Merz chanteur
Lundi
27 avril 2009 @ 8 05
Le grand mufti carnassier aux dents longues et aux idées courtes et sa suite sont donc allés passer un weekend prolongé à Washington. A cette occasion, il lui a passé par l’esprit non pas une idée constructive, ce serait trop lui demander, mais tout simplement une réaction de mauvais perdant peu soucieux de la séparation des pouvoirs et du droit.
En rencontrant enfin Timothy Geithner qui n’avait pas estimé nécessaire de le voir en Europe, Merz a proposé un deal qui n’est qu’ un double chantage.
Premièrement à l’égard des USA, à qui il propose rien moins que de signer une nouvelle convention fiscale, contre un retrait de poursuites judiciaires contre l’UBS. Comme si l’UBS avait besoin d’un commis voyageur supplémentaire pour redorer son blason. Et comme si la justice américaine allait confondre intérêt public et cas particulier d’une banque considérée là -bas, juridiquement, comme coupable d’un crime et même de plusieurs.
Cette façon de chercher au fond du sac à malices un pseudo argument pour faire baisser la garde à l’ennemi est une attitude vile et sans aucune gloire. C’est vraiment le hurlement du nain de jardin impuissant perdu aux milieu d’un jardin de bulldozers. Parfaitement insoutenable moralement, politiquement et juridiquement.
Mais le chantage est double puisqu’il concerne aussi le peuple suisse. En effet, le contribuable suisse devenu actionnaire de l’UBS contre son gré et sans qu’on le lui demande est prié de ne surtout pas exercer ses droits politiques contre un nouveau traité au moyen d’un référendum, faute de quoi il va voir ce qu’il va voir …
Merz déplace le débat là où il ne doit pas être et où il n’a rien à faire. La Suisse n’est pas l’UBS et vice-versa.
Les autres banques ont pour l’instant passé entre les gouttes du fisc américain, mais cet âge d’or ne va pas durer. Il convient donc d’adopter un attitude responsable et volontairement claire et non pas de jouer les mauvais perdants ronchonneurs et à l’esprit au raz des pâquerettes.
Si Merz entend que sa politique conduise à quelque chose, en particulier en Europe, il aurait intérêt à jouer la transparence. Mais il en semble incapable. Et c’est la raison pour laquelle quand la France ou l’Allemagne exigent autre chose que de vaines promesses de la Suisse, elles ont entièrement raison.
On ne négocie pas avec une grenade dégoupillée cachée dans sa poche et destinée à la tête de son interlocuteur un peu curieux. Une nouvelle et excellente raison de réclamer le départ sans délai de ce ministre uniquement aux ordres de l’UBS et ne travaillant pas au bien commun.
Mots-clés : chantage, fisc, geithner, merz, ubs, USASilence, le Conseil fédéral dort
Vendredi
24 avril 2009 @ 12 10
Certes, l’art de prévoir ce qui va arriver n’est pas le propre de Doris Leuthard, qui en septembre dernier ne voyait toujours pas la crise arriver en Suisse, ce fameux ilot à l’abri de tous les dangers, et qui surtout ne voyait qu’une éventuelle baisse de la croissance du PIB pour 2009, mais sûrement pas une récession et une baisse historique de ce dernier en 2009.
Quelques centaines de millions vont être utilisés dans deux mini-plans de relance vaguement concoctés à Berne. Mais notre gouvernement, à l’image de Doris, dort du sommeil du cancre au fond de la classe s’agissant de mesures concrètes et efficaces pour lutter contre ce qui est clairement le plus grave accident économique en Suisse depuis les années 30 du siècle passé.
Aux dernières nouvelles, les braves conseillers fédéraux veulent attendre de posséder les chiffres de la conjoncture en juin pour réfléchir … et le cas échéant proposer quelque chose de concret. Ils ont sans doute dû suivre les bons conseils du gourou Garelli pour qui la crise sera finie en septembre 2009 et la reprise toute automnale cette année encore …
Sauf que le gourou en question n’est pas connu pour la justesse de ses prédictions et que le Conseil fédéral pourrait aussi largement s’inspirer de ce que d’aucuns clament depuis des mois et confirment ces derniers jours (le FMI par exemple, qui vaut bien un tirage de cartes garellien) et qui selon son directeur ne voit aucune éclaircie avant mi 2010, et à condition que les USA parviennent à retrouver un peu de croissance.
Les exportations suisses ont chuté de 23 % au premier trimestre : chiffre lui aussi historique mais qui visiblement ne concerne pas nos édiles.
Sans doute en sont-ils encore à l’analyse qu’ils nous distillaient il n’y a pas longtemps selon laquelle la crise ne serait pas économique mais juste financière …
S’ils ont une dose minimale de sens de l’autocritique, ils devraient admettre qu’ils se sont lourdement trompés sur ce point, alors qu’ils avaient été dûment avertis. Ils n’ont pas voulu voir autre chose que midi à leur porte et la belle couleur verte de l’herbe des campagnes de la Suisse primitive. Et voila donc le résultat.
En ne prenant absolument pas au sérieux la crise actuelle, ils continuent à conduire le pays tout entier dans le mur. Le chômage des jeunes explose, celui des seniors ne se porte pas mieux, et sur le plan structurel, l’économie suisse reste tellement cartellisée que le concurrence n’y joue pas un rôle moteur ou incitateur.
On continue par exemple de se demander si une troisième voie autoroutière entre Genève et Lausanne serait justifiée, alors qu’on rappellera aux jeunes que ce tronçon fut ouvert dans sa forme actuelle il y a 45 ans, à l’occasion de l’EXPO 1964.
Le simple bon sens voudrait que l’on admette que les choses ont changé sur cette question en un demi siècle, mais non, on réfléchit, on étudie, on nomme des commissions, bref on patauge dans le yaourt aux fraises, mais surtout on ne saisit pas l’occasion d’une nécessaire relance pour effectuer des travaux publics indispensables ( bizarrement sauf en Suisse alémanique, près de Zurich, évidemment).
On a certes les gouvernants qu’on mérite. Mais si visiblement ils sont dépassés, il faut les changer en vitesse.
Et des esprits aussi peu curieux que la majorité de ceux qui hantent le gouvernement actuel devraient être mis à la retraite au plus vite. Ils donnent l’impression de ne maîtriser aucun des sujets qui les concernent, que ce soit en matière de fiscalité, de secret bancaire, de plan de relance ou de capacité à faire au pays rentrer des ressortissants suisses retenus en otages en Lybie depuis des mois.
Navrant et grave.
Mots-clés : cendrillon, conseil-fédéral, Economie, incompétence, naïveté, sommeilLe capital participatif obligatoire
Vendredi
17 avril 2009 @ 12 38
On ne changera pas les banquiers ou les grands patrons si on ne leur fait pas supporter le poids d’une législation nouvelle contraignante. C’est bien connu, ils fonctionnent tous avec un logiciel du 19e siècle dans lequel le capital s’oppose au travail et surtout dans lequel le risque est érigé en justification unique de la rémunération d’une mise de fonds de la part de l’actionnaire.
Sans changement drastique dans cette optique il n’y aura jamais de redistribution équitable du gâteau des profits ni non plus prise en compte égalitaire aussi des risques d’entreprise. Les systèmes de cogestion post soixante-huitards reposent tous sur une opposition capital-travail : c’est ce qui les rend inopérants et utopiques.
En plus ils ne traitent que le partage du gâteau des profits et non celui des risques et des remises de fonds à effectuer en cas d’erreur de gestion et de pertes subséquentes de l’entreprise. Il existe bien sûr des systèmes d’actionnariat de salariés, mais dans ces systèmes, les salariés reçoivent leur actions comme des aumônes et restent toujours dans l’incapacité formelle de faire entendre réellement leur voix.
On ne parle pas ici de stock options, qui n’ont en fait strictement rien à voir avec la fonction première de la titularité du capital-actions, mais sont une forme déguisée de salaire en nature, réservée à une élite qui ne rêve que de transformer au plus vite ses options en liquide pour faire autre chose avec cet argent.
Il existe une façon de pallier ce problème éternel de « partage de gâteau et de risques » : changer le droit des sociétés industrielles, financières et commerciales et contraindre formellement dans la loi les fondateurs de telles entités, soit à inviter comme co-fondateurs des travailleurs, soit à réserver impérativement une part significative du capital-actions aux salariés dès l’origine.
Cette part pouvant par exemple au départ être conservée à titre de séquestre par un officier public, mais pour le compte ultérieur des salariés.
Cette nouvelle forme de SA à capital participatif obligatoire dès l’origine permettrait de résoudre enfin le problème du partage des profits. On pourrait imaginer, sans aller jusqu’à une parité absolue, qu’un tiers au moins du capital-actions soit dès l’origine et en permanence réservé aux salariés. Cette part représenterait l’apport de savoir-faire que chacun d’entre eux effectue en acceptant de travailler pour une entreprise donnée.
Une telle participation au capital aurait deux conséquences directes importantes : a) une participation des salariés au Conseil d’administration et donc à la définition des objectifs et des moyens à mettre en oeuvre pour les réaliser, et b) une obligation pour ces mêmes salariés de participer à la couverture des pertes ou à de nouveaux investissements qui seraient décidés d’un commun accord.
Ainsi serait enfin rétablie une certaine égalité entre travail et capital au sein même de l’entreprise. Certes il ne s’agit que d’une idée qui doit être affinée. En particulier sur le taux de participation et sur le sort de l’actionnariat des salariés en cas de départ de l’entreprise. Mais si l’on veut non pas moraliser le capitalisme moderne mais le rendre simplement mieux opérant et plus équitable, un tel changement ne pourrait qu’apporter des avantages.
Reste bien sûr la titularité des entreprises anciennes et qui n’ont pas été fondées sous l’empire d’un tel droit désirable. On devrait toutefois pouvoir trouver pour elles une application progressive par distribution d’actions gratuites à un fonds de salariés et surtout par l’introduction obligatoire d’une représentation équitable des travailleurs au Conseil d’administration.
S’agissant enfin des TPE qui ne seraient pas constituées en sociétés de capitaux, on peut trouver aussi des systèmes légaux qui contraignent leurs fondateurs à prendre des mesures qui aboutissent tant à un partage de la gestion qu’à une répartition plus équitable des profits et risques.
Mots-clés : capital, nouvelle économie, obligatoire, participatif, répartion du profit et des risques, salariés, travailUBS : la tactique du salami
Mercredi
15 avril 2009 @ 12 02
Voici plus d’une année que UBS annonce que le pire est passé. Que la croissance va reprendre et que les amortissements extraordinaires sont derrière elle. Et voici plus d’une année qu’elle ne cesse de friser le code, en le violant aussi souvent d’ailleurs, et qu’elle ne tiendrait plus debout depuis belle lurette si l’État n’avait pas mis son veto à une faillite certaine.
Voici aussi plus d’une année que trimestre après trimestre UBS présente des comptes qui sont forcément tendancieux, pour ne pas dire faux, dans la mesure où on et censé, en bonne logique, provisionner les pertes que l’on tient pour probables ou prévisibles. Mais les banquiers bâlois n’ont cure des règles comptables.
Il faut étaler le drame sur le plus de trimestres possibles, faute de quoi les rigueurs du code s’appliqueraient même au géant déchu. Reprenant son credo et son admiration pour l’actuel DG Oswald Grübel, celui qui a pu être toute une vie ennemi intime de UBS pour ensuite venir sans conflit intérieur arrondir ses fins de mois de retraité doré à trois millions par an (plus la tonte de son jardin) en plaidant tout à coup urbi et orbi que seule UBS avait du sens … et qu’elle était la meilleure, le Temps de ce jour nous raconte que « le redressement commence« . Un doux rêve que personne au sein de la rédaction de ce quotidien sérieux ne devrait réellement faire, mais tout au plus un souhait pieux et intéressé.
En fait de redressement, on y va pour une bonne dizaine de milliers d’emplois supprimés autour du monde, et plusieurs milliers en Suisse uniquement. Retour de bâton logique d’une gestion débile, et drôle de redressement.
Car après avoir subventionné le maintien pendant six mois de tous ces postes, le contribuable helvète va se retrouver une nouvelle fois pris au piège : on peut en effet raisonnablement penser que tous ces « banquiers » d’opérette qui jouaient aux petits chefs arrogants dans leurs bureaux luxueux vont fréquenter assidûment les ORP pendant des mois, et que les caisses de chômage vont devoir leur verser des indemnités colossales.
Le salaire moyen de l’employé de banque en Suisse dépasse Fr. 100’000.– et atteint donc largement le plafond assuré par l’AC, en gros Fr. 8’900.– par mois. Une simple multiplication de ce salaire mensuel par douze donne Fr. 106’800.–, et ce montant multiplié par le nombre probable de chômeurs de longue durée créé uniquement par l’incurie des dirigeants de l’UBS (3000) représente une dépense annuelle de plus Fr.320 millions de francs.
Il est vrai que toutes et tous ne seront pas au chômage : alors divisons donc ce total par deux, pour aboutir quand même au chiffre probable de Fr. 150 à 200 millions par an. Il faudra bien les prendre quelque part ces millions, et ce ne sera pas dans la poche des actionnaires privés de l’UBS que cela se fera, mais dans celles publiques de Monsieur tout le monde devenu actionnaire par la grâce de l’esprit « saint » fédéral descendu sur le contribuable un autre jour qu’à Pentecôte en 2008 …
En gros et en résumé, tout le monde paye sauf les responsables: la BNS (le contribuable donc) doit provisionner des milliards sur son fameux fonds dépotoir (la preuve que les actifs toxiques ne valaient rien), la Confédération doit provisionner les pertes qu’elle va faire sur les titres UBS qu’elle s’est engagée à acquérir (encore à coups de milliards), les salariés chômeurs vont coûter aussi des centaines de millions, et surtout, avec le tandem de vieux crabes dont la banque s’est affublée (Villiger-Grübel), on est certain qu’aucune amélioration n’est possible à terme sans de nouvelles mesures drastiques qui ne manqueront pas d’être annoncées dans quelques mois.
En 2009, les clients UBS ont retiré pour plus de 23 milliards de francs d’avoir. Ceci ne concerne que le cash et pas les titres … et ils ont eu raison de le faire.
On ne peut plus faire confiance à ce géant moribond géré par une équipe de bras cassés comme une pépinière vieux style du Languedoc, et c’est encore une insulte pour la pépinière.
Cessons donc de couper ce salami en tranches : faisons exploser une fois pour toutes le mammouth inutile et Å“uvrons pour le retour d’une vraie concurrence en Suisse dans ce domaine et non pas pour renflouer à perpétuité un géant bancal subventionné incapable de s’en sortir seul.
On ne tire pas sur les ambulances certes, mais on ne met pas non plus des gyrophares bleus coûteux aux corbillards.
Mots-clés : grübel. salami, le temps, tactique, ubs, villigerUBS éthique : c’est quoi ça ?
Mardi
14 avril 2009 @ 11 48
Les braves militants d’ACTARES au nombre desquels figure le « sémillant » Roby Tschopp vont prononcer un discours demain 15 avril à l’AG ordinaire de l’UBS dans lequel ils vont réclamer une UBS éthique. Voici en primeur la partie essentielle de ce discours :
« ACTARES, actionnariat pour une économie durable, exige la mise en place d’un contrôle éthique au sein d’UBS. La très grave perte de confiance et de crédibilité encaissée par la grande banque suisse ne pourra pas être surmontée par un simple retour aux valeurs traditionnelles, symbolisé par l’arrivée de Kaspar Villiger et d’Oswald Grübel aux commandes de l’établissement. Des mesures concrètes et vérifiables devront être prises pour assurer à l’avenir l’éthique des activités d’UBS. La banque prendra ainsi une longueur d’avance sur ses concurrentes en anticipant les nouvelles exigences auxquelles tout le secteur ne manquera pas d’être confronté.
La réflexion devra conduire UBS à orienter ses investissements de manière à favoriser le développement durable et à offrir à sa clientèle une valeur ajoutée sur ce plan.
Les récentes révélations quant aux pratiques illégales systématiques mises en Å“uvre aux Etats-Unis d’Amérique ajoutent malheureusement une dimension nouvelle aux difficultés d’UBS. Il ne s’agit plus désormais d’erreurs, mêmes graves, commises en toute bonne foi, mais d’actes délibérés mettant en lumière une absence criante d’éthique des affaires.
Non seulement les collectivités publiques à l’étranger ont été trompées et lésées, mais également les actionnaires et les contribuables suisses, affectés par les pertes consécutives à la découverte du pot-aux-roses.
ACTARES ne comprendrait pas, dans le contexte actuel, qu’UBS n’ouvre pas des procédures judiciaires contre les personnes qui se sont rendues coupables de sa débâcle. Ne pouvant pas accéder à la documentation interne de l’entreprise, les actionnaires ne sont que difficilement en mesure de le faire, sauf à se lancer dans une voie calquée sur les méthodes américaines, susceptibles en définitive nuire à la banque dans son ensemble.
ACTARES salue et soutient par ailleurs outre les efforts déjà entrepris pour réorienter la banque. L’abandon d’une rémunération liée aux résultats pour le Conseil d’administration, la mise en votation du système de rémunérations ou la récente réduction de voilure aux Etats-Unis représentent autant de signaux positifs. »
Ils sont gentils ces activistes du pseudo développement éthico-durable, sauf que ce qu’ils réclament tient du pléonasme: UBS et éthique est une impossibilité terminologique définitive et absolue, une erreur de casting doublée d’une erreur de cible.
A trop vouloir porter le débat sur le plan moral, ces disciples de l’économie durable en oublient le fonctionnement pur et simple d’une entreprise qui lui doit être performant et conséquent.
Or c’est bien là -dessus que les managers d’UBS ET LES ACTIONNAIRES dont et y compris ceux représentés par Actares ont des comptes à rendre au contribuable suisse: aucun de ces corps, actionnaires y compris, n’a joué un rôle net et clair et surtout n’a pris ce rôle au sérieux. Dans la peau de l’actionnaire effarouché, ACTARES croit faire bonne figure. Mais elle ferait mieux d’exercer les droits qui sont les siens et les devoirs qui vont avec avant de tirer sur les managers.
Car dans son approche durable et éthique, elle va traiter comment les milliers de suppressions d’emploi qui vont avoir lieu, notamment en Suisse et qui vont peser une nouvelle fois à double sur les épaules financières des contribuables cotisants AC ?
Ce n’est pas d’une UBS éthique dont on a besoin, mais de plus d’UBS du tout, dans sa forme actuelle et appartenant à ses actionnaires présents. ACTARES a pêché comme les autres et doit, par équité, perdre l’entier de ses plumes dans cette affaire.
Mots-clés : actares, doux rêveurs, durable, roby tschopp, ubsLe Couchepin Pascal
Dimanche
12 avril 2009 @ 9 42
Déjà que quand il travaille il ne fait pas grand chose de droit ou d’intelligent, lorsqu’il est en weekend pascal notre grand lapin fédéral se répand en vaines critiques du G20, de ces critiques qui viennent du mauvais perdant qui non seulement n’a rien vu venir, mais en plus a volontairement refusé de considérer quelques avertissements pourtant clairs et précis de l’OCDE comme importants et sérieux.
« Dans cette crise, l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économiques) ne devrait pas jouer au ‘Gault Millau’ pour les bons et mauvais Etats« .
Doit-on rappeler au brave valaisan que la Suisse fait partie de ce magnifique aréopage depuis des lustres et que si elle utilisait dans ce cénacle non pas des potiches inutiles bien payées mais de véritables diplomates, sa voix serait nettement mieux entendue et ses intérêts préservés.
Mais là encore, le brave lapin n’y est pour rien, ce n’est pas lui qui nomme les diplomates … et il a déjà suffisamment à faire à protéger ses intérêts dans les caisses-maladie contre l’envahissement de ces « foutues médecines douces » qui ne sont pas dignes de figurer au catalogue de base, quoi qu’en pense le peuple.
Le seul début de chose intéressante que Couchepin nous prodigue dans son sermon pascal est qu’à son avis, « les pays du G20 n’ont pas du tout analysé la crise lors du sommet de Londres. Une crise qui ne pourra pas être surmontée avec de l’argent, parce qu’avec les 1000 milliards de dollars décidés au sommet, comme avec le G20, tout est à nouveau oublié après trois jours seulement« .
Si on peut lui donner raison sur ce point il est vrai lacunaire, on doit immédiatement lui faire remarquer que plutôt que de hurler au loup depuis ses rupestres marches, il aurait mieux fait de prévoir à l’avance et convenablement comment faire entendre cette critique lors du G 20.
Mais pour ça il eût fallu que lui-même ainsi que son collègue Merz fassent le nécessaire pour assister physiquement au sommet de Londres …
Or ni l’un ni l’autre ne se sont montrés capables d’en être. Quant à sa critique des USA sur la question des valeurs sociales, elle est peut-être fondée, mais venant d’un libéral pur sucre, elle sonne faux.
Bref, rien de nouveau à signaler sous le soleil bernois, toujours la même chanson qui mène droit dans le mur dicté par l’isolement volontaire. Avec quelques plumes de plus aux bons endroits, Couchepin devrait être sacré roi d’un ilot bananier du Pacifique Sud.
LÃ -bas il serait au moins tranquille et nous on ne l’entendrait plus, ou tout au plus par bribes.
Mots-clés : couchepin, federal, G20, lapin, pâquesG 20 : mieux que la multiplication des pains
Mardi
7 avril 2009 @ 12 15
Dans l’histoire, il y avait déjà un certain Jésus, parfois marcheur sur l’eau, qui avait soi disant multiplié les pains à la satisfaction générale. Il y a maintenant les rois mages Barack, Gordon, Nicolas et Hu accompagnés de soeur Angela qui se lancent aussi dans la multiplication des billets de banque.
On aura en effet remarqué que « tout s’est très bien passé » à Londres, que tout le monde il est beau et gentil sauf ceux qui figurent sur la liste grise ou noire et que surtout on va relancer ces économies par de « solides mesures d’injection de capitaux », à hauteur estimée immédiate de 1000 milliards de dollars par ci et 5000 autres par là .
Pas dans le détail donc, avec un grand coup de masse on imprime des billets qu’on injecte dans l’économie réelle … enfin réelle, disons dans le circuit afin de faire semblant que ce dernier se remette à tourner.
Sauf que aucun de ces braves rois mages n’a pipé mot sur la façon dont il allait trouver les sous pour le faire (c’est pas Sarko qui décide d’imprimer les euros en passant …), et surtout sur le prix de ces mesures.
On doit donc constater que seule la planche à billets fonctionnera, et que par conséquent on sauve ou du moins on croit sauver l’économie par des émissions virtuelles de richesse ( on repart donc comme en 14 et dans le même circuitt qui a causé la crise actuelle ) qui ne sont que des hypothèques sur les générations futures et des bombes à retardement en matière d’inflation galopante. La banque centrale européenne peut se préparer à fabriquer des très grosses coupures en Euros, car cette monnaie va en prenre un sérieux coup, sans compter le dollar qui n’est aujourd’hui plus qu’une simple monnaie virtuelle ne reposant sur aucune garantie autre que la bonne mine de Barack.
Quand les Chinois voudront changer leur trésor de guerre actuellemment en dollars contre quelque chose de mieux, par exemple quelques lingots plus durables, et la Chine détient un tiers de la dette totale des USA, il faudra bien que le débiteur s’exécute. Et on n’a pas encore inventé la planche à lingots, pas plus que le Chinois stupide.
Le G20 n’a tenu aucun compte de ces éléments de poids qui vont miner l’économie mondiale ces prochains mois et années. Une des exigences des pays membres, au lieu de se pavaner avec la reine, aurait pu être de lier le yuan au doillar, ou même de faire en sorte que la monnaie chinois remplace peu à peu le dollar affaibli dans les échanges internationaux. Sans forcément retomber dans un système de parités fixes, mais au moins dans un nouveau serpent monétaire géré en commun.
Au lieu de ceci, les membres du G 20 ont préféré les fastes et les déclarations vides de sens. Pour le plus grand profit des banquiers qui sortent grandis et soutenus du système qui les a engraissés et qui recommenceront très bientôt à fabriquer des inepties encore pires qu’avant, sans qu’aucun Etat ne s’en soucie vraiment.
Qui a vu le début d’une première règle intelligente concernant la finance surgir du G 20 ? personne, car même celles qui touchent à la comptabilité vont permettre aux banquiers de recommencer leur jeu de l’avion.
Triste constat d’impuissance ou plutôt d’une incroyable foi dans le système capitaliste, pour le coup enduit d’infaillibité presque ponfiticale. Presque parce que le gugusse de Rome avait un autre agenda que Londres …Â
Mots-clés : bof, G20, monnaie, plan, relance, virtuelleLa liste de Merz
Samedi
4 avril 2009 @ 6 27
Ainsi la Suisse est-elle affublée de la couleur gris clair, gris souris ou gris taupe selon que Securitas est loin de l’action ou non. Le pays des droits de l’homme, du CICR, le gardien des Conventions de Genève est donc sur une liste grise dressée de façon assez ridicule par un G 20 pressé par les effets d’annonce et qui vient d’ailleurs d’en modifier la première mouture en biffant l’Uruguay, dont on connait tant l’ouverture que la démocratie rayonnantes…
On aurait mis les Helvètes sur la liste noire que ça n’aurait rien changé du tout : cette liste est un foutoir sans queue ni tête, elle ne rime à rien car elle recèle des trous d’importance mondiale : du côté des USA, à Londres même, à Hong Kong et Macao pour ne citer que les territoires blanchisseurs en vogue ces temps.Toujours est-il que notre pays figure sur la liste aux côtés de Monaco et autres principautés douteuses.
Et si la Suisse se trouve sur cette liste, c’est grâce aux bons soins du docteur Merz, qui évidemment n’avait rien vu venir. C’est clair qu’il ne peut pas tout faire à la fois, compter ses sous et faire de la politique intelligente et active. Mais on aurait pu espérer qu’en se déplaçant à gauche et à droite et en ouvrant le yeux à temps, il lui prenne l’envie de faire en sorte que son pays ne soit pas mis ainsi au ban de nations civilisées pour quelques années.
Car le « bon » petit père l’a déjà annoncé, on ne va pas dicter de rythme à la Suisse pour amender sa législation: ça prendra le nombre d’années que ça prendra !
C’est exactement avec ce genre d’élucubrations entêtées que Merz a fait en sorte de ne pas être capable d’éviter la liste à la Suisse. Et avec cette inaction et ce manque de vista politique, il a mis lui-même son pays dans une position de perdant-perdant : un secret bancaire bancal et désormais vide de sens (effet collatéral auquel il ne pensait pas, le bougre) et la présence sur une liste infamante qui était parfaitement évitable.
Même si cette présence ne présente guère de risques en l’état pour une Confédération Helvétique politiquement à la ramasse, il faudrait quand même que son gouvernement se reprenne et agisse. Mais c’est vrai que les gérontes qui le composent pour l’essentiel sont plus habitués à inaugurer les chrysanthèmes, encaisser leur rente AVS et à fêter leur propre anniversaire dignement qu’à agir intelligemment.
Un coup de balai est urgent: Couchepin, Merz et Leuenberger n’ont plus rien à faire au gouvernement : de toutes façons ils y dorment ou/et oublient de faire le strict nécessaire, le service minimum confédéral.
On change une équipe qui perd, puisqu’en plus de ça elle n’a pas d’entraîneur.
Mots-clés : G20, gris, list, merz, noir, paradis fiscaux, retraiteG 20 : un machin sans fond
Vendredi
3 avril 2009 @ 5 29
Ronflante et condescendante la formule du Temps de ce vendredi au sujet du G 20 : « un nouvel ordre mondial« , rien moins que cela. Et le quotidien du bout du lac de s’enthousiasmer sans retenue sur les résultats d’un sommet qu’il considère comme historiques.
De la retenue et du recul sont pourtant nécessaires en la circonstance, même si quelques points positifs peuvent être relevés, notamment au sujet du FMI, de la gouvernance et de la mise à ban définitive des paradis fiscaux.
A l’exception de Barack Obama qui fait ce qu’il dit et y croit, tout ce petit monde grouillant de chefs d’Etat qui se pressent pour être bien placés sur la photo officielle faisait franchement penser à la foire du trône. Le Sarkonain se prenant pour l’inspirateur du nouvel évangile, Gordon Brown en nouveau Churchill sans cigare, Berlusconi en singe grimaçant et Angela en douairière mal fagotée, tous autant qu’ils sont ne pensent pas une minute ce qu’ils disent et vont faire autrement que ce qu’ils ont annoncé, et surtout chacun de leur côté.
Pas un mot anglais sur la plaie fiscale constituée par Londres elle-même, les Iles anglo-normandes et quelques anciennes colonies du côté des British Virgin Islands, pas un mot italien sur quelques enclaves utiles comme Campione et autres petits lieux sympathiques au fond des Grisons ou du côté de San Marino, pas un mot allemand sur certains régimes spéciaux qui subsistent en ex-Allemagne de l’Est, rien de la part du Sarkonain au sujet de son principat d’Andorre et de sa modeste fonction de co-prince, rien non plus sur le fait que le premier ministre de Monaco (ou son équivalent ) est historiquement désigné par la France, rien enfin de la Chine sur Hong-Kong et ses sociétés encore plus offshore qu’ailleurs.
Tout ce brave monde est là pour dénoncer, mais aussi là pour user et abuser des canaux les plus tortueux lorsqu’il s’agit de payer des commissions sur des ventes d’armes ou pour financer des opérations très spéciales à caractère manifestement politique.
Quant aux barbus de tous poils et de tous keffiehs, dont les bases de Dubai ou du Qatar ne sont autres que des repaires pour trafics multiples, ils baladaient aussi leurs djellabas multicolores et leurs Rolex spéciales en ricanant intérieurement. On ne les changera pas non plus.
Ainsi donc, ce sommet destiné à « refonder le capitalisme » n’est qu’une foire de la communication. On y a fait quelques annonces, censées rassurer l’économie mondiale et la bourse. Mais on a complètement oublié de se poser les bonnes questions sur ce fameux capitalisme sauvage. Car la crise, plus que du capitalisme en tant que tel, est née des abus que ce dernier a permis.
Et il est impératif, si on veut redonner confiance et faire une véritable oeuvre de pionnier, de moraliser cette machine économique. Et surtout de changer les têtes. Ca fait des mois qu’on ne cesse de le dire ici : ceux qui ont abusé du système pendant des lustres se taisent et attendent que ça passe, avec le secret espoir de recommencer encore mieux qu’avant à se moquer du monde, cette fois-ci en plus à l’aide de l’argent public.
Au lieu donc de dresser une liste de paradis fiscaux, on aurait mieux fait de publier la liste nominative complète des directeurs de banque, traders et autres mathématiciens qui se sont engraissés jusqu’à plus soif, avec pour eux une double interdiction à vie : celle de continuer le métier et celle de rembourser les fameuses primes de « performance ».
Car tant que l’ancienne clique est en place, tout est à craindre malgré les grandes déclarations des rois mages venus à Londres.
Et tout est à craindre aussi tant que la question primordiale du partage équitable de la richesse créée n’aura pas trouvé une réponse satisfaisante.
Mots-clés : communication, faux problèmes, fond, g 20, gesticulation, machinAu secours, la FINMA se congratule
Mardi
31 mars 2009 @ 10 30
La FINMA, cet engin peu efficace et complaisant qui est entré en fonction au début de l’année sous l’auguste présidence de l’ancien UBS boy Eugen Haltiner s’autofélicite des trois premiers mois de sa vie. La FINMA c’est un machin qui fonctionne avec au moins 300 gugusses qui sont censés se pencher sur un certain nombre de problèmes de façon efficace et transparente.
Pour la transparence on repassera, puisque la mort du secret bancaire a passé par une décision en catimini et en vitesse de la FINMA exigée en « toute indépendance » par le Conseil fédéral au sujet de la levée du secret bancaire dans l’affaire UBS. Pour l’efficacité on repassera aussi, car ils sont incapables de déterminer la hauteur de la pile de cadavres qui gisent encore dans le bilan UBS.
Et le problème majeur de cette crise se situe précisément là . Les banques ont encore au bilan et hors bilan des quantités d’actifs pourris que les organes de contrôle ne sont en mesure de découvrir que lorsque c’est trop tard. Ceci explique d’ailleurs pourquoi UBS, renflouée à coups de milliards par le contribuable suisse, continue de péricliter et n’est capable d’annoncer, trimestre après trimestre, que de nouvelles dépréciations d’actifs. Et sur cette question cruciale, la FINMA manque complètement sa cible et faire rire bien au delà des frontières helvètes.
Elle reconnaît avoir été incapable de voir venir la crise à temps. Dans quelques années elle reconnaîtra tout en bas d’un communiqué de presse qu’elle n’a pas été capable de mesurer l’ampleur des dégâts contenus dans les bilans de certaines banques et singulièrement de l’UBS. On rappelle qu’on devait soi disant faire des affaires sur les crédits pourris rachetés par le STabMAchin : de fait, ce dernier a déjà perdu plusieurs milliards rien qu’en 2008, ce qui a d’ailleurs précipité le bilan de la BNS dans le rouge.
Si l’on souhaite que le système bancaire joue à nouveau son rôle, on doit le purger. Mais pour le purger, il faut exiger des comptes clairs et précis et surtout prendre le temps de les analyser et non pas gober benoitement la bonne parole qui vient de la direction de UBS.
Or ce qui se passe ces derniers jours sur le cours de bourse du titre de l’ancienne grande banque est révélateur : personne ne fait confiance à ses dirigeants pour une première mission toute simple: établir des comptes véridiques et sincères. Et à chaque fois que de l’argent public renfloue ses caisses, il ne ressort pas mais sert simplement à rééquilibrer un bilan bien plus malade qu’elle ne le reconnaît officiellement. Difficile dès lors de lui faire confiance en y plaçant de l’argent, quand elle est incapable de « compter sa propre caisse » le soir.
De son côté, si la FINMA n’est même pas capable de lire un bilan et d’en tirer des conclusions sérieuses, elle ferait mieux de démissionner en bloc pour se consacrer à l’organisation des activités ludiques dans un club de vacances : ça coûte moins cher à la collectivité et surtout c’est à la portée de ses fonctionnaires.
Quant aux politiques qui regardent passer les trains, il leur serait peut-être utile de savoir qu’il ne faut pas compter avec la FINMA dans sa composition actuelle et qu’il convient d’en changer au plus vite.
Mots-clés : au secours, club med, finma, gentils organisateurs, stabfund snbGarelli story
Vendredi
20 mars 2009 @ 17 34
Au début de cette semaine, son Immensité Garelli Stéphane, ci-devant professeur, celui qui pudiquement se prénomme sur son site « a world authority on competitiveness« , expert es économie acclamé et auto proclamé s’est livré devant une parterre plus ou moins amusé à Yverdon-les-Bains à l’une des diatribes dont il a le secret.
Hurlant comme à son habitude et comme s’il parlait du haut du Mont-Chauve avec le restant d’accent américano-rollois qu’il cultive depuis des décennies pour faire plus vrai, l’expert s’est répandu avec condescendance devant une centaine de personnes invitées par un club de service local et venus entendre le messie sur la crise et la Suisse rebondissante … sans grande nouvelle convaincante il est vrai.
La crise, puisqu’il s’agit d’elle, ne vient donc selon Garelli que de quelques indigènes perdus quelque part aux USA et qui se sont endettés alors qu’ils n’auraient pas dû le faire de la sorte pour tenter d’acheter leur logement.
A cet ingrédient de base, il convient certes d’ajouter quelques banquiers qui ne savent pas gérer ni cuisiner, un plat de spaghettis avariés alla bancaria (subtil message populaire pour faire comprendre à l’homme de la rue ce que sont les actifs toxiques ….), des agences de notation entièrement responsables et … la crise des subprimes est née et explicitée.
Le reste de ce qui se passe aujourd’hui, à savoir une crise économique mondiale, existe certes, mais n’a strictement aucune cause endogène. Le système est bon, et il faut donc faire le gros dos et attendre que ça passe.
Et de préférence séjourner en Suisse pendant la crise, car manifestement, selon Garelli, ce pays est un bateau sûr pour traverser la tempête, alors que tous ses voisins sont embarqués sur des coques de noix qui sont proches du naufrage intégral.
Quant aux prévisions du prophète, elles sont claires: la crise se terminera après l’été 2009 (parce que ça ne peut pas durer !!!! sic) et nous en verrons les effets statistiques dès la fin de l’année (car le statisticiens suisses sont escargotiques dans leur approche ).
Ensuite, comme si la chose était très difficile à prévoir, l’expert nous annonce une période d’inflation, et beaucoup de temps pour résorber tout ça. Mais la Suisse est brave, elle est compétitive, certes il y aura quelques centaines de milliers de chômeurs, mais ce chiffre est sans importance car les autres pays en auront encore beaucoup plus. Et finalement 5 % de chômage, c’est normal, presque ….
On pourrait tout à loisir reproduire plus longuement ce que l’expert a bien voulu délivrer, la substantifique moelle de son absence de message. On est restera là pour tirer quelques conclusions.
Un économiste libéral, pardon radical, c’est comme un banquier. Le faire changer de logiciel quand il parle de la société est impossible : il est pollué par un évangile auquel on se demande parfois s’il croit lui-même, mais que ses intérêts multiples amalgamés l’obligent à transmettre.
Une remise en cause de la croissance est une hérésie qui n’atteint même pas son seuil de perception, certes éloigné mais quand même. Une modification des comportements humains dans le cadre général de la consommation lui échappe tout autant : « Il faut se faire des petits plaisirs, du chocolat, etc… pendant cette vilaine période, pour ne pas perdre le moral« , ajoutait-il même.
La conclusion la plus grave est que ce genre d’experts enseigne, et pas n’importe où. Et forme pour ne pas dire formate les générations qui seront aux commandes demain, quand son fils à lui aura fini de faire l’inventaire des trucs inutiles qui trainent dans sa maison.
Car la dernière découverte de l’expert, c’est qu’en Suisse nous sommes dans une économie de remplacement. Même quand Doris le veut, on ne peut pas acheter un cinquième téléviseur pour lui faire plaisir et donc on se restreint et ne consomme que pour remplacer.
On appréciera tout le côté social de ce développement, surtout pour celui qui vit du RI ou vient de se faire licencier …
Pourquoi donc ce genre de théoriciens vides passe-t-il encore pour un expert ? vaste question.
Et si ses calculs sur la compétitivité étaient aussi bons que le contenu de l’exposé de cette semaine ? Il a quand même réussi le tour de force de proclamer, sur une question anodine, que l’évasion fiscale en Suisse « c’est une amende et ça relève du Code Civil« , et « la fraude, ça relève du Code pénal et ça mène en prison » .
Avec ça il n’aura pas vraiment la moyenne …
Mots-clés : Ajouter un mot-clef, Economie, garelli, IMD, professeur, son excellence, stéphaneImplenia, ATS et mauvaises habitudes
Mardi
10 mars 2009 @ 15 07
Ainsi donc Implenia, la tentaculaire firme de construction helvétique née de très nombreuses fusions plus ou moins réussies fait dire ce matin par un communiqué de presse « qu’elle a pu accroitre sa rentabilité l’an dernier et faire grimper son bénéfice net de 64 % par rapport à l’exercice précédent« .
Titre du communiqué repris bêtement par l’ATS et de nombreux médias : »Implenia a pu accroître sa rentabilité en 2008 « . C’est très bien et alors ?
On dirait que les enseignements à tirer sur le champ des effets dévastateurs de la crise actuelle n’effleurent ni les médias traditionnels, ni l’ATS et encore moins les dirigeants de la firme à la marguerite éclatante.

Que l’on se préoccupe de la rentabilité d’une entreprise est une chose. Qu’en pleine crise on ne dise pas un mot sur autre chose que sur sa rentabilité est symptomatique de la génération des petits managers branchés sur leurs consoles de jeux et mâchouillant un chewing-gum.
Il faudra encore combien de bombes économiques pour qu’ils se mettent à réfléchir en termes globaux, sous l’angle d’un bilan social et écologique et non uniquement sous celui de la rentabilité.
Car qui dit rentabilité dit pour y parvenir « serrer les boulons ». Et quels boulons ? les prix de revient et au détriment de qui ? pas de l’actionnaire surtout, mais du travailleur et du sous-traitant en matière d’entreprise générale, puisque Implenia pratique ce sport rentable.
Plutôt qu’une hausse vertigineuse en pourcentage du taux de profitabilité, on aimerait savoir comment se portent les cadres et les employés du groupe, quels bonus les dirigeants vont recevoir, quelles améliorations écologiques et sociales ont été mises en place en cours d’exercice, quel est le degré probable de régularité de la croissance escomptée,etc…
Ces questions que les managers « HEC Saint-Gallois cravatés » ne trouvent pas (c’est bête ça…) dans leur petit mode d’emploi, il faudra bien qu’ils finissent par les poser, se les poser et surtout les résoudre.
C’est justement en refusant, comme le font Implenia et les médias traditionnels ravis de faire du copier-coller pas cher sans réfléchir trois secondes, que les enseignements de la crise que l’on vit actuellement ne passeront que difficilement.
Il y a pourtant au quotidien d’excellents exemples qui devraient permettre à tout un chacun de réfléchir aux questions fondamentales qui relèvent notamment :
- du partage équitable du profit entre travailleurs et actionnaires;
- du management équitable et intelligent;
- de la fixation de taux de croissance budgeté dans un environnement de développement durable;
- de la responsabilité sociale d’une entreprise
Ce n’est qu’en tapant sur le clou qu’on finira par forcer les rétifs à changer leur logiciel du siècle dernier. Car s’agissant du disque dur, il a déjà largement planté chez eux.
Mots-clés : ATS, bilan, crise, enseignements, implenia, Médias, rentabilitéUBS : « too big to fail », vraiment ?
Lundi
9 mars 2009 @ 17 19
La théorie économique classique veut que l’on considère, dans les milieux « bien informés », que le fait de laisser tomber une banque de la taille de UBS tomberait sous le coup du principe « too big to fail« .
Principe assez vieux datant même d’avant les années 1950 mais ressorti ces temps spécialement par ceux qui ont intérêt à sa survie sous perfusion.
Ceci dit, mis à part ses actionnaires qui se sont laissés piéger par un CA de flibustiers, qui va véritablement y perdre si on n’applique pas le principe ci-dessus ? des débiteurs ? pas vraiment, car leurs dettes envers la banque ne meurent pas du simple fait de sa mise en faillite.
Des créanciers ? mis à part les épargnants qu’on s’empresse de garantir en Suisse comme ailleurs, on ne voit pas très bien le problème, car si son bilan est aussi sain qu’elle veut bien le laisser entendre, une liquidation propre ne doit pas conduire à une perte.

Certes la récupération d’une créance prendrait un temps fou dans l’hypothèse d’une mise en faillite. Mais de l’autre côté du bilan, la réalisation d’actifs ne serait pas triste non plus en terme de timing, puisqu’il faudrait vraisemblablement quelques dizaines d’années pour liquider le monstre.
Ceci dit de façon cynique, celles et ceux qui doivent aujourd’hui de l’argent à UBS, que ce soit sous forme de crédits hypothécaires ou autres ne devraient pas être particulièrement touchés par le fait de changer à terme de créancier … après une longue période durant laquelle personne ne leur réclamerait quatre sous.
Quant aux dépositaires, ils ont eu largement le temps (226 milliards de moins en 2008) pour retirer leurs billes: ceux qui restent sont d’irréductibles optimistes qui prennent leur risque.
Il reste deux catégories principales d’intervenants qui risquent gros en effet : les employés, mais qui de toutes façons sont pour une bonne part sur le pas de la porte avec l’arrivée d’Ossie et la diminution terrifiante des fonds sous gestion, et tous les intervenants dont les relations avec la grande banque ne sont pas au bilan proprement dit de la banque….
On oublie en effet trop souvent qu’un dépôt titres individualisé appartenant à Monsieur X ou Madame Y, par exemple, ne figure pas au bilan de la banque mais en pied de bilan, donc hors la vue du commun des mortels.
Et si les contreparties des passifs hors bilan comprennent d’aussi bons actifs que ceux dont la banque a dû se débarrasser, il serait grand temps pour les intervenant en question d’intervenir.
Car à la vitesse à laquelle l’action continue de descendre, on peut compter le grounding en jours et même plus en semaines. Un nouveau grounding à la sauce helvétique dont la banque évidemment ne se remettrait pas, mais dont la Suisse elle-même aurait de la peine à se remettre, non pas sur le plan financier mais sur le plan de l’image.
En cela, sans doute le « too big to fail » s’applique. Pour le reste, ce n’est que pure supposition de pseudo spécialistes qui ne sont pas capables de présenter les conséquences chiffrées de ce qu’ils prétendent redouter …
Sur le plan éthique maintenant, et même si ceci paralyse un certain temps le système helvétique des paiements (sauf si on prend les mesures adéquates à temps), le « too big to save » l’emporte largement. Il n’y a donc plus aucune justification éthique au maintien en vie d’une bande de flibustiers, les seuls à avoir suffisamment mal joué pour se faire pincer par l’IRS et par les subprimes.
On a les banquiers qu’on mérite.
Mots-clés : action, chute, too big to fail, ubs, vraimentLe taillé au Grübel
Lundi
2 mars 2009 @ 18 32
La semaine passée, Ossie était un prince. Une star qui par sa seule présence à 3 millions de salaire fixe par année devait contribuer à redresser le cours des choses.
C’est vrai qu’il n’est pas né de la dernière pluie, lui, et qu’en plus il pouvait gentiment travailler à des rapprochements UBS CS sur l’autel de la sanctification de la place financière suisse.
Des rapprochements inofficiels qui s’annoncent comme des entailles dans le gras, comme des coupures sèches de branches qui le sont tout aussi.
Et voici que l’action UBS repasse sous la barre fatidique des Fr. 10.– ce lundi (Fr. 9.88 en clôture) … Le magicien sauveur aurait-il déjà grillé ses cartouches ? ou son aura n’est-elle pas aussi nette et claire que Merz le croyait ?

On ne peut pas faire d’une ancienne banque en déconfiture un dragon perçant en devenir. Même après 40 années passées au service de la concurrence.
Ce qui manque actuellement c’est qu’UBS montre qu’elle existe encore. En est-elle encore capable sinon pour quémander de l’argent public, on en doute.
En effet, à part payer des bonus discutés avec l’argent des contribuables, elle ne fait plus de crédit. Pire encore, elle place le peu de liquidités dont elle dispose en investissant dans des Bons du Trésor US et des emprunts d’Etats, dont ceux de la Confédération.
Une sorte de chat pervers qui se mord la queue et qui laisse assez mal augurer du rating à venir de la Suisse comme pays débiteur.
Certains ont imaginé un scénario à l’Islandaise. Même si c’est aller un peu trop vite en besogne, notamment en raison du reste de l’économie suisse qui existe encore, il ne faut pas nier que si les grandes banques continuent à suivre UBS sur son terrain de prédilection, celui qui consiste à ne pas prêter aux entreprises, le risque existe d’une véritable islandisation de l’économie suisse.
On avait connu la finlandisation il y a longtemps, pour un autre genre de dépendance. Mais avec un dollar US qui est irrémédiablement condamné à descendre aux enfers, un fisc US efficace, une UBS dans les choux et un Conseil fédéral absent du côté des partis bourgeois, on pourrait vivre une très longue période de disette.
A compter en plusieurs années.
Alors tant qu’à devoir se priver de pain, en ces temps de carnaval, et de mardi gras, profitons encore de croquer du taillé au Grübel pendant qu’il est temps.
Mots-clés : disette, gras, greubons, grübel, lard, taille, ubs, vaches maigresUBS: au pénal en Suisse !
Mardi
24 février 2009 @ 15 38
Alors que l’action caracole en dessous de Fr 10.–, il se trouve enfin une étude d’avocats suffisamment courageuse et … provisionnée pour déposer une plainte pénale contre Kurer et Haltiner.
Une sorte de Morgenstraich deux semaines en avance, juste avant un mercredi des cendres qui risque d’être fumant lui aussi.

Violation de la Loi sur les banques, des articles 271 et 273 CPS, c’est à dire violation du secret professionnel et actes exécutés sans droit pour un État étranger, mise à disposition d’un secret d’affaires à un organisme officiel étranger. Ils auraient pu ajouter d’autre délits comme le faux dans les titres pour les bilans de la banque ou d’autres fantaisies qui ont permis à UBS d’obtenir une aide fédérale historique. Pour l’instant on fera avec leur liste …
Il en aura fallu du temps, pour qu’enfin quelqu’un ose s’attaquer aux racines du mal. Sans doute ont-ils cette fois tellement passé la ligne blanche à gauche que des clients encore argentés ont décidé de déclarer la guerre. Et pour une fois, on n’a affaire pas un grounding à la Swissair suivi d’une parodie de procès : on attaque la bête moribonde alors qu’elle n’a pas déposé les armes.
Ce qui va devenir très intéressant est la réaction des autorités face à cette action pénale. Car on ne peut pas dire que le Ministère public fédéral ait jamais fait la preuve d’une indépendance et d’une sagacité particulièrement affinées. Comment donc ces fonctionnaires proches de Widmer Schlumpf vont-ils réagir ? et surtout vont-ils aller chercher aussi les co-auteurs ? vont-ils faire quelque chose ? vont-ils recevoir des ordres de minimiser ou de classer ?
On voit déjà l’UBS clamer que cette plainte est sans fondement … car UBS a remis à la FINMA et pas aux USA (formellement) les données clients transmises. Et la FINMA dira sans doute que le droit ne s’applique pas « comme ceci dans un cas comme celui-là ».
Ce qui est certain est que l’ex grande banque est cernée de toutes parts et fort justement tancée par certains politiques ou industriels de renom. Nicolas Hayek a estimé dans l’AGEFI que « des banquiers crétins et malhonnêtes ont utilisé notre argent pour spéculer et s’offrir au passage des bonus exorbitants. J’en ai eu des sueurs froides pendant plusieurs semaines« .
Il n’est pas réputé pour être un amoureux des banquiers, certes, mais il leur taille ici un costume sur mesure.
A suivre donc avec grande attention.
Mots-clés : finma, haltiner, kurer, pénale, plainte, Suisse, ubsFraude fiscale en Suisse : la grande hypocrisie
Lundi
23 février 2009 @ 11 59
Haro sur l’UBS et ses deux pieds nickelés qui prétendent à tort n’avoir jamais rien su. A tort car les mails qui figurent au dossier US parlent d’eux-mêmes, ils leurs sont adressés, au moins en copies conformes.
Mais peut-être ne les ont-ils pas lus, juste ceux-là …. mais haro quand même, telle est la ligne de défense des braves collègues banquiers de tous poils, rangés derrière la moustache poivre-sel-sucre-miel de Pierre Mirabaud qui joue les vierges effarouchées dans les médias.

Mais que veut-ils dont faire croire ? qu’ils ne sont que des oies blanches n’ayant jamais permis de fraude fiscale ? mieux vaut en rire qu’en pleurer et que les croire sur ce sujet.
A Genève par exemple, il existe un nombre incalculables d’officines qui pratiquent la fraude fiscale industrielle. Certaines de ces officines ont même des actionnaires particulièrement proches des banquiers, notamment des banquiers privés.
Et il suffirait donc que l’on fasse parvenir une petite liste à l’IRS pour que leur superbe actuelle et hypocrite en prenne un coup.
Car franchement c’est depuis quelques jours l’hôpital qui se fiche de la charité. Le Crédit Suisse lui-même a possédé des années durant, des décennies même, la totalité du capital-actions d’une société fiduciaire à succursales multiples bien connue qui pratiquait à qui mieux mieux l’évasion plus que sportive.
Des pans entiers des entreprises de ce type se consacrent à la gestion de sociétés offshore, qui ne sont pas là à cause du climat du bout du lac mais pour des raisons bien précises.
Quant aux banques cantonales, singulièrement celles de Genève et du canton de Vaud, elles aussi ont leur propres connexions, leurs propres réseaux « d’optimisation fiscale » qui passent même souvent par la porte cochère très coûteuse de grands bureaux d’avocats, qui eux aussi ces temps jouent les vierges encore plus effarouchées.
Il faut que cesse cette forme particulièrement inappropriée de délestage de responsabilité sur le baudet UBS. C’est vrai que leurs méthodes étaient complètement débiles, digne de Tintin au Congo saison 12.
Mais foin de Schadenfreude, que ceux qui font pire qu’eux en se croyant invulnérables fassent rapidement le ménage dans leurs petits papiers et dans leurs participations parfois un peu encombrantes.
Car quand le fisc américain se met en tête de casser quelque chose, il y parvient.
Et ce ne serait d’ailleurs que justice, car finalement de gagner sa vie en pompant de l’argent qui normalement devrait revenir au fisc suisse ou étranger n’a rien de particulièrement sexy, technique, intelligent ou louable : c’est cette pratique que nos voisins nous reprochent à juste titre et qui les fait nous exclure des cercles dans lesquels les vraies décisions se prennent.
Mots-clés : banquiers privés, fraude fiscale, hypocrisie, industrie, mirabaud, secret bancaire, Suisse, ubsCher Hans-Rudolf, comme t’es président …
Vendredi
20 février 2009 @ 11 36
Cher Hans-Rudolf,
Comme t’es président cette année, je t’envoie ce petit mot pour te dire combien je comprends ton désarroi face à ce qui arrive avec ces fichus banquiers et ces sacrés agents du fisc américain et leurs juges. Tu leur a déjà signé pour plus de 60 milliards de chèques en blanc, et voilà qu’ils attaquent ce fameux secret bancaire si cher à ton cÅ“ur, en plus presque en cachette, comme des banquiers en somme. Ils ne t’auraient en plus rien dit si la FINMA n’avait pas reçu un coup de fil providentiel qui a finalement atterri sur ton bureau.
Je voulais te dire aussi que je n’ai pas très bien compris la chronologie et la façon, selon toi, dont les choses se sont passées cette semaine. Le Conseil fédéral s’est réuni en séance de crise à la maison de Watteville un soir, mais pour ne rien décider donc, puisque c’est la FINMA toute seule comme une grande qui a donné des ordres non publiés (ordonnance) à cette fichue UBS. Dans sa grande indépendance et son grand souci du bien commun.
On peut toutefois se demander si finalement (ou Finmalement) c’est pas dans l’autre sens que tout ça est arrivé.
J’avais cru comprendre que les frères Kurer et Rohner ne pouvaient plus mettre un pied en Amérique sans se voir passer illico des menottes. Ce qui évidemment faisait un peu mauvais genre. Il fallait trouver une solution immédiate à cette pression américaine, et la seule que la FINMA a trouvée a été de se coucher en dessous de la ligne de tir pour ne pas être touchée par les balles.
Mais la FINMA, elle est venue chercher ses ordres où ? parce que pour prendre des décisions aussi stratégiques et illégales, il fallait bien qu’elle soit couverte. Ce ne sont pas franchement des Zorros qui siègent dans ce cénacle, mais plutôt des zéros sinon des héros.
Alors en fait je voulais juste te demander, cher Hans-Rudolf, si tu crois encore une seconde que ce que tu racontes est vrai. A savoir que le secret bancaire est intact et n’a pas été touché. Et qu’on a puni les fautifs, ceux qui fraudent. Parce que si je lis bien l’accord UBS-USA, les fraudeurs ne sont pas seulement les contribuables mais aussi les banquiers de l’UBS eux-mêmes avec leurs petites valises et leurs ordinateurs portables cryptés …
Et pendant que tu faisais ton petit show hier après-midi, les Ricains tiraient la deuxième salve, celle qui va coûter définitivement son existence au secret cher à ton cÅ“ur…
Alors Hansi, garde bien la ligne s’il te plaît, car comme ça on est sûr que ça va aller. Ça ne coûtera que quelques dizaines de milliards de plus au contribuable helvétique, mais finalement, on se sera bien marré.
Tout de bon encore et meilleurs messages. Et j’attends ta réponse avec impatience !
Ton bien dévoué kalvin
PS: il paraît d’après la notice que ce médicament PK-Merz® représente un principe thérapeutique permettant une amélioration des principaux symptômes de la raideur (rigor) , des tremblements (tremor) et de la rigidité motrice (akinésie). Rien à voir donc avec la situation présente, qui n’est en tous cas pas un cas de rigor nécessitant qu’on tremble ! En revanche, on se fait mettre la pastille … faudra donc trouver quelque chose contre la furor
Mots-clés : banques, finma, hans-rudolf, merz, secret bancaire, ubsSecret bancaire suisse : délicieuse agonie
Jeudi
19 février 2009 @ 11 00
C’est vrai que la FINMA a de nouveau fait n’importe quoi, faisant appel aux articles 25 et 26 de la LFB pour justifier une intervention urgente injustifiable au travers de ces dispositions, même en les tordant à 180 degrés.
A croire qu’elle se prend pour le Conseil fédéral appliquant des dispositions constitutionnelles sur l’urgence avec de fortes lunettes noires … alors qu’en réalité elle ne fait, in extremis, que protéger Kurer d’un séjour forcé de longue durée aux USA, et pas à l’ombre des cocotiers de Key West.

Mais bref, elle l’a fait, on ne pourra donc pas revenir là -dessus et finalement c’est tant mieux. Car le fond du problème se situe dans la nécessaire explosion du secret bancaire dans sa forme actuelle.
Depuis hier, et singulièrement encore ce matin sur les ondes de la RSR on a pu entendre les jérémiades des banquiers et autres représentants de la droite et cupides thuriféraires du secret bancaire. Leur discours était navrant, et surtout ils ont démontré que pour eux, le business passe par la nécessité de ce fameux secret. Donc par la nécessité de tricher quelque part.
Car qui ne triche pas n’a pas besoin de s’abriter derrière un risque de voir son nom divulgué aux autorités fiscales. Et c’est bien là tout le problème.
La fameuse place financière suisse n’a jamais rien inventé de génial, sinon le fait d’ériger en industrie l’occultation de sommes aux fiscs étrangers .. et au fisc suisse. Ce business n’est ni moral, ni éthique ni souhaitable, et tant pis finalement si les banquiers perdent un paquet de plumes dans cette affaire, ils l’ont tellement bien cherché que cela leur revient en pleine poire comme un boomerang bien lancé.
Il n’y a aucune justification éthique au secret bancaire en matière fiscale. Il n’y en a jamais eu d’ailleurs. Il n’y a pas plus de justification éthique à une industrie qui ne repose que sur l’exploitation de cette situation.
En plus, sur le plan technique, il y a bien longtemps que les fiscalistes un peu avisés (les vrais donc, pas les avocats qui croient y avoir compris quelque chose) ne travaillent plus sur des paradis fiscaux, mais sur des structures beaucoup plus fines et redoutables, que même le fisc US mettra passablement de temps à démonter, si seulement il y parvient un jour. Et on ne parle même pas ici du fisc suisse, qui en ignore totalement les formes, les tenants et les aboutissants.
Et ces structures ont ceci de particulier qu’elles ne nécessitent pas de cacher quelque chose, qu’elles ne requièrent aucun pays particulier pour abriter quelque chose, mais qu’elles permettent aux grands groupes industriels et commerciaux internationaux de régler le débit de leur taux d’imposition globale comme ils l’entendent.
Les banquiers suisses sont les seuls au monde à faire semblant de croire encore que le secret bancaire sert à quelque chose. Leur discours sent la fin du 19e siècle et l’absence totale d’adaptation au monde actuel, la cupidité aussi, puisque en ouvrant une bréche béante dans des conditions pour le moins discutables, la FINMA leur enlève le pain blanc de la bouche.
Enfin.
Mots-clés : agonie, curée, délicieuse, kurer, mort douce, secret bancaire, ubsUBS: le syndrome de la demi-mesure bourgeoise
Mercredi
18 février 2009 @ 16 35
On a vu en décembre dernier les Chambres fédérales faire la preuve d’une absence notoire de courage et de curiosité politiques : le plan de sauvetage du mois d’octobre concocté en urgence et à coup de milliards par le Conseil fédéral à l’intention exclusive de l’UBS n’a subi aucune retouche.
On est parti du dogme très discutable selon lequel une faillite de UBS serait ravageuse pour le pays (ce qui reste manifestement à démontrer, personne à ce jour n’ayant de façon valable explicité cet évangile, mais tout le monde répétant à l’envi cette affirmation gratuite) pour confirmer la distribution sans aucun sens de la mesure de milliards d’argent public sans contrôle.

Juste pour les besoins de l’exercice, on rappellera qu’un milliard de francs représente approximativement un paquet compact de billets de mille francs d’environ 200 mètres de haut …
Dans cet exercice de style, la gauche a certes fait entendre quelque peu de la voix, mais sans que ceci ne se matérialise par des mesures ou des propositons concrètes, applicables et crédibles.
Puis l’an neuf (2009) est arrivé, on a commencé à se rendre compte ça et là que ce sauvetage serait effectué en pures pertes, on a vu l’UDC commencer à agiter quelques fanions en désordre et au début février, le peuple a violemment rejeté toute idée de séparatisme anti-bilatérales.
Au grand dam de l’UDC justement qui malgré son slalom politique à ce sujet pensait tenir un os populiste valable.
Et c’est donc maintenant une nouvelle fois à une alliance contre nature UDC-gauche que l’on assiste plus ou moins en sous-marin.
Et c’est aussi maintenant que le syndrome très helvétique de la demi-mesure bourgeoise refait surface. Dans une décision datant de hier, la commission des finances du Conseil des États a commencé à prendre le taureau par les cornes, très mollement il est vrai.
D’abord dans une déclaration très radicale dans le ton comme dans le fond du … radical Didier Burkhalter, qui a osé cette phrase sibylline : « On ne veut pas perdre de l’énergie dans un combat stérile; il n’y a pas eu de faute majeure« . Pas eu de faute majeure … donc eu des fautes mineures ? ou des fautes tout simplement dans le traitement de ce dossier ? combat stérile … à 60 milliards ?
Qu’elle soit mineure ou majeure, la faute principale des partis bourgeois c’est de n’avoir pas su prendre la mesure de l’iniquité d’un tel plan de sauvetage à sens unique et de ses conditions particulièrement choquantes sur le plan de l’utilisation de l’argent public et sur la distorsion manifeste de concurrence ainsi créée.
Et la demi-mesure de s’avancer fièrement sur le devant de la scène : la FINMA est priée de trouver un système acceptable de rémunération pour la partie variable des fameux bonus d’ici au mois de mai.
Fameux bonus dont même les parlementaires sont incapables de dire à qui, pour quelle performance (?) et de quelle façon ils seront distribués. Ce que l’on sait en revanche, c’est que le tiers de l’investissement fédéral au moins, si ce n’est pas la moitié, partira en fumée dans les bonus 2007 et 2008 …
Demander à la FINMA de prévoir une directive à ce sujet n’est rien d’autre que de l’autisme politique. Quant aux grandes déclarations selon lesquelles la communication de UBS et de FINMA a été mauvaise tout au long du processus, elles sont sans doute justifiées en elles-mêmes, mais ne justifient précisément en aucune façon de traiter le sujet en considérant que tout ceci n’est qu’un « combat stérile et sans faute majeure« .
Mots-clés : babiole, conseil des etats, demi-mesure, milliards, radicaux, syndrome, ubsUBS: initiative pour un contrôle sérieux
Dimanche
15 février 2009 @ 10 08
On a déjà eu l’occasion à maintes reprises de dénoncer ici le manque flagrant de professionnalisme des politiques dans l’affaire UBS : ils se sont fait complètement rouler dans la farine, ne comprenant qu’à demi-mots les termes de l’accord que UBS leur soumettait, et refusant – ils sont les seuls au monde dans ce cas – de soumettre la banque bancale à un véritable contrôle étatique. Le dernier épisode en milliards pour des bonus scandaleux et indus est très révélateur de cette absence de jugeote, ou de volonté d’avoir un soupçon de courage politique.

Avec ses plus de 9 % de parts au capital-actions de UBS, la Confédération – premier actionnaire de la banque – doit impérativement se mêler de la gestion et des grandes lignes de l’orientation de la politique de la banque.
Il n’y a aucun conflit d’intérêt, mais au contraire une obligation légale de le faire. L’article 314 du Code pénal réprime la gestion déloyale des intérêts publics, mais l’article 158 du même code traite simplement de la gestion déloyale au sens large, et dit ceci:
Art. 158
1. Celui qui, en vertu de la loi, d’un mandat officiel ou d’un acte juridique, est tenu de gérer les intérêts pécuniaires d’autrui ou de veiller sur leur gestion et qui, en violation de ses devoirs, aura porté atteinte à ces intérêts ou aura permis qu’ils soient lésés sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire. Le gérant d’affaires qui, sans mandat, aura agi de même encourra la même peine.
A l’heure actuelle, il ne fait guère de doute qu’un certain nombre de banquiers ont agi en violation complète de cette disposition, en omettant sciemment leur devoir de conseil et de prudence. Mais à supposer, et malheureusement ce n’est plus vraiment une supposition, que la Confédération perde des plumes importantes dans l’opération « UBS -délestage » notamment, les fonctionnaires qui l’ont mises en place auront eux aussi manqué au devoir de leur charge et tomberont sous le coup de cette disposition.
Mais ceci ne concerne pas les politiques qui sont toujours non coupables voire même pas responsables. Trois poids et deux mesures qui ne sont pas admissibles aujourd’hui, tant sur le principe que sur la hauteur du risque.
Le petit commerçant qui s’est retrouvé mangé par la présence de grandes surfaces qui lui ont grignoté son marché a souvent dû fermer et faire face à une faillite. Dans ce cas malheureusement trop fréquent, les tribunaux s’empressent de le poursuivre pour gestion fautive, de le condamner en lui expliquant sans le savoir ce qu’il aurait dû faire et surtout de le faire payer sa vie entière en l’empêchant, à l’inverse de ce qui se passe aux USA, d’avoir une seconde chance. Il n’est dès lors ni éthique ni juste de considérer que les politiques sont intouchables telle la vache sacrée en Inde, et que les banquiers représentent de tels intérêts qu’ils le sont également.
Dans cette optique, il serait plus qu’urgent de contraindre les autorités fédérales à contrôler UBS. Et cette contrainte ne peut que passer par la voie démocratique de base qui est l’initiative populaire.
Un simple ajout à la Constitution obligerait aussi bien le gouvernement que les chambres à prendre leurs responsabilités dans ce marasme qui fait de la Suisse un nouveau Sonderfall au plan international.
Mots-clés : contrôle, non coupables, non responsables, politiques, sonderfall suisse, ubsMerz : des idées toujours aussi courtes
Jeudi
12 février 2009 @ 7 44
On avait imaginé que notre brave ministre des finances avait compris les enjeux de la crise. Or on doit malheureusement constater que c’est encore une fois la psycho-rigidité et le manque de jugeotte qui caractérisent son "plan de relance" deuxième phase de hier, qui est ridiculement bas et d’emblée inopérant. Il ne suffirait pas à lancer une boule de pétanque.
Je rajoute 700 milions pour quelques "grands" travaux .. et en retire simultanément 600 en application des dispositions du frein à l’endettement. Il ne pige visiblement que dalle à ce qui se passe !

Ce n’est clairement pas un plan mais tout au plus le début d’une vague idée : c’est Harpagon dormant sur sa cassette, qui ne se soucie ni de l’avenir du pays ni du présent de nombreux concitoyens déjà touchés par la crise grandissante chaque jour. Une forme d’irresponsabilité politique qui mériterait une sanction des Chambres, si elles voulaient bien se pencher sur la question de façon un peu dynamique.
Merz est un tenant du libéralisme à tous crins. Sauf quand il s’agit de sauver UBS et non pas, comme il le laisse entendre "la place financière suisse". Mais dès qu’il s’agit d’avoir des idées un peu efficaces, il pointe aux abonnés absents, volontairement absents même.
Tout plan de relance inférieur à 3 % du PIB ne servira à rien. Au contraire, il donnera le signe fort que la Suisse ne veut pas se lancer dans ce genre d’opération. Or qui dit absence de plan de soutien réel dit non seulement augmentation simultanée de la crise mais surtout baisse notoire de confiance (résiduelle ?) dans la capacité des acteurs de comprendre et d’agir adéquatement.
Et ce qui frappe aussi c’est la façon de jouer avec les milliards pour une cause discutable et la difficulté de jouer avec les millions pour de véritables nécessités. Merz nous fait avec son plan de relance la démonstration que le Conseil fédéral se moque du monde, à l’exception notable du monde bancaire de l’UBS. Et qu’une nouvelle fois il y a trois poids, deux mesures et une dose de psycho-rigidité maladive dans son traitement de la crise.
Parler de frein à l’endettement et d’équilibre budgétaire et surtout s’y tenir comme un vieil avare alors que la crise actuelle est considérée comme la pire qui soit intervenue depuis une centaine d’années ne donne aucun signe de l’intelligence supposée des croupiers bernois.
Mots-clés : avare, dépassé, harpagon, merz, psycho-rigide, relance
BNS : le poison à 35 milliards et quelques miettes
Mercredi
11 février 2009 @ 12 04
Pur hasard du calendrier sans doute, voilà que la BNS nous a pondu un communiqué sibyllin daté du 10 février 2009. Une coïncidence avec la publication officielle des résultats de l’UBS ne serait donc que fortuite et involontaire.
Sauf que, on y apprend deux choses importantes :
- les actifs toxiques transférés de l’UBS selon l’accord no 1 d’octobre 2008 se monteront au total maximum de 39.1 milliards, sur lesquels 35 milliards constituent une exposition maximale ou selon le communiqué « un risque maximal« .
Risque abaissé selon la BNS, mais risque clair et définitif : on va voir exploser en vol la Bad Bank Helvétique à hauteur de 35 milliards, ce qui ajouté aux 6 autres milliards « investis » dans le capital de l’UBS nous promet de bonnes années pour les comptes de tout un chacun et en particulier pour ceux des cantons qui vont encore attendre longtemps des versements de bénéfice de la part de la BNS;
- les actifs toxiques transférés n’atteignent pas 60 milliards soi disant grâce officiellement à une nouvelle manière de comptabiliser les toxiques inaugurée le 13 octobre 2008.
C’est fou comme soudain les nouvelles techniques comptables évoluent à bon escient, très en ligne avec les évènements.
Dans la réalité, ainsi que le communiqué le laisse entendre « La Banque nationale et UBS ont convenu de ne pas transférer certaines catégories d’actifs« .
En fait elles n’ont pas vraiment « convenu » mais ont refusé de s’entendre sur le prix de transfert de deux types d’actifs à risques, les crédits dits de consommation étudiants et les monolines d’assurance. La BNS pensait que ça ne valait pas 4 sous, et l’UBS voulait encore faire du profit là -dessus
C’est donc ainsi que dans le bilan au 31 décembre 2008 de la grande banque figurent encore en bonne place et au prix fort pour plus de 20 milliards d’actifs pourris, puisque la BNS n’en a même pas voulu à un prix raisonnable.
Avec 200 milliards de liquidités en moins retirés en 2008 par les clients fort justement inquiets, avec 20 milliards de perte officielle 2008, avec 20 autres milliards de casseroles qui trainent encore dans son bilan, UBS n’est de loin pas prête à survivre.
Elle n’a plus guère qu’une solution, à part faire la manche : stopper ses opérations US qui ont toujours été un gouffre à milliards, et redevenir une petite banque de campagne en Helvétie… en attendant des jours meilleurs pour recommencer ses sottises.
Sauf que les concurrents l’avaient prévu et l’ont précédée. Et qu’on n’a pas besoin de personnel de nanageemnt payé en millions de francs par unité pour s’occuper de faire fonctionner une grosse caisse d’épargne électronique sans avenir.
Mots-clés : actifs, BNS, comptabilité, miettes, pertes, stabfund, ubsUBS: le résultat 2008 mijote
Lundi
9 février 2009 @ 17 40
C’est demain matin vers 7 heures que les systèmes de communication de l’UBS vont confirmer au monde entier ce que les bruits de couloir et autres indiscrétions laissent sous-entendre depuis déjà quelques semaines : la banque va afficher la perte la plus colossale de l’histoire des banques au monde et bien entendu des sociétés en Suisse. Et finalement peu importe si les milliards se chiffrent par 17 ou 22, la somme sera gigantesque et hors de proportion avec tout ce que l’on a pu voir depuis des décennies. Ça ne manque pas de sel, au pays des banquiers …
Avant de décrypter la composition technique du chiffre qui sera annoncé, il est peut-être utile de poser quelques petites questions. A l’heure actuelle en effet, le résultat comptable d’une banque est connu de sa direction en temps réel, voire même plus vite puisque généralement les prévisions de résultat effectuées bien avant la date de clôture se rapprochent de très près de la réalité, à condition évidemment qu’elles aient été faites par des pros ce qui est manifestement le cas ici.

Pourquoi donc attendre 6 semaines après la clôture pour les annoncer ? les bonnes nouvelles viennent souvent plus vite que les mauvaises de la part des responsables du secteur bancaire.
Il ne faut pas oublier que nuit et jour depuis le 1er janvier 2009, on peut assister à l’intérieur du grand machin bancaire bancal et couteux à une bataille rangée entre les gestionnaires, les auditeurs internes, les auditeurs externes et les quelques flâneurs-touristes de la BNS ou de la FINMA qui jettent un coup d’Å“il à ce désastre entre deux apéros et trois siestes.
Et cette bataille rangée se joue sur plusieurs lignes: la première est celle dont on parlait ici-même il y a quelques semaines, ce que techniquement le CO appelle le surendettement.
La valeur boursière totale de l’UBS ce lundi 9 février 2009 est de l’ordre de 37 milliards de francs. Cette valeur boursière n’a pas été fixée par les marchés pour le plaisir. Elle correspond à peu de choses près aux fonds propres totaux de la banque, avant comptabilisation effective de la perte 2008.
Il faut donc éviter à tout prix que la moitié de ces fonds propres ne soient plus couverts, sur le papier du moins.
Mais alors pourquoi les marchés n’anticipent-ils pas la hauteur du trou 2008 ? du trou qui place UBS tellement proche des dispositions de l’article 725 CO ? la réponse à cette question tient justement dans le délai entre le 31 décembre 2008 et le 10 février 2009. Dans les six semaines nécessaires pour
- polisher le bilan afin qu’il soit « moins pire que prévu »;
- rendre sa lecture aussi imperméable que possible, en application stricte du principe de clarté et de sincérité …
- permettre aux protagonistes de préparer les ripostes utiles de communication;
- permettre aussi la perméabilité et les transferts nécessaires entre bilans de l’UBS et de la BNS sur certains postes peu liquides (pas ceux des crédits pourris …) dont on a vu les prémisses fin 2008
- permettre enfin la mise en place d’une deuxième tranche, voire d’une troisième tranche de transfert d’actifs toxiques de l’UBS soulagée à la Bad Bank confédérale bienveillante.
Tout ceci prend du temps, notamment pour préparer a postériori la documentation nécessaire à justifier ces transferts et ces ajustements, qui sont des écritures de bouclement ne résultant pas directement d’opérations commerciales ayant effectivement eu lieu en 2008. On fait simplement comme si tel était le cas.
Mai quel que soit donc le résultat qui sera annoncé demain, on peut au moins être sûr de deux choses: il sera faux ou du moins des plus discutables et son poids pèsera pendant des dizaines d’années sur les épaules du contribuable helvétique, quelle que soi la sauce à laquelle on l’accommode.
Mots-clés : 2008, aigre-doux, cuisine, recette, résultat, sel, sucre, ubs, vinaigreBaisse des taux : les banques s’engraissent !
Jeudi
29 janvier 2009 @ 18 01
S’il est vrai que du financement hypothécaire est actuellement disponible sous certaines conditions assez restrictives auprès des banques cantonales et de Raiffeisen, on se doit malheureusement de constater qu’en Suisse comme partout en Europe, les liquidités prodiguées aux banques commerciales n’atteignent pas leur but principal : fluidifier le marché du crédit.
En France, les établissements bancaires ont dû utiliser une bonne partie des liquidités étatiques pour une opération de « consolidation de leurs fonds propres« .
Mignon de considérer que l’argent du contribuable prêté par l’État constitue des fonds propres. En fait, ces emprunts super-subordonnés peuvent leur être assimilés en termes de ratios de liquidité bancaire, mais restent des fonds étrangers remboursables … un jour et non des fonds propres.
Sauf à ce que leur remboursement cause un tel souci à leurs bénéficiaires que seule une reclassification de ces sommes en « contributions volontaires abandonnées par l’État aux banques » (lire « cadeau du contribuable« ) ne leur soit appliquée au final.

Le principal est en danger, ça ne fait pas de doute, mais pour l’instant admettons pour les besoins de l’exemple qu’il sera remboursé, un jour, une fois, dans une autre vie, peut-être …
Mais qu’en est-il du coût de ces crédits somptuaires ? car de ci de là on entend des ministres des finances annoncer avec superbe que l’État fait de bonnes affaires en accordant de tels crédits « payants » ( une certaine Christine Lagarde et son homonyme helvétique Hans-Rudolf le Magnifique tiennent ce genre de langage, par exemple).
Les Etats empruntent des sommes colossales sur les marchés, à des taux très bas, et grâce au sérieux (provisoire ?) de leur signature. Il reprêtent il est vrai ces sommes aux banques avec une très légère marge, qui ne saurait être considérée comme un profit net, mais tout au plus comme une petite marge brute dont il faut déduire les frais de fonctionnement du contrôle de tout le système, et ils sont nombreux.
Quant aux banques elles-mêmes, non seulement elles reçoivent des prêts à des taux qui frisent le zéro pour cent de coût actuellement, mais ne reprêtent pas ces sommes à leurs clients. Dans le meilleur des cas elles maintiennent des lignes de crédit existantes sur la base d’un taux d’intérêt fixé il y a maintenant au moins 12 mois, à 4, 5 voire 6 % ou plus.
Le client emprunteur qui a la chance de ne pas voir son crédit coupé se tait et fait le gros dos. Mais le bénéfice entre un taux de l’ordre de 5 % et un taux de refinancement inférieur ou égal à 1 % représente une marge brute de 4 % environ.
Cette marge est au moins le quadruple de ce qu’elle était sur les marchés en début 2008.
Et c’est donc une nouvelle fois les banques qui se maintiennent à flot au détriment des destinataires de crédit : elles jouent même avec cet argent sur certaines formes d’emprunt publics ou para-publics à la baisse, recommençant en douce un jeu de l’avion qui s’avèrera juteux dès que l’Å“il du cyclone financier sera passé, le tout bien sûr avec l’argent du contribuable.
Quand donc les politiques comprendront-ils enfin qu’on ne peut pas faire confiance à un banquier et que seul le bâton de Guignol ou du Gendarme contre ce Gnafron de banquier permet d’obtenir des résultats ? et la on ne parle même pas de bonus, mais de l’activité bancaire de base uniquement.
Demandez autour de vous à un commerçant s’il est capable par un tour de passe-passe et aux frais du contribuable de faire passer sa marge brute de Fr.10.– en janvier 2008 — à Fr. 50.– en janvier 2009, le tout sur un article qui vaut Fr. 100.– et en pleine crise de liquidités. Il faut être banquier subventionné par des politiques aveugles pour réussir ce tour de force.
Une fois encore l’occasion de rappeler que seule une étatisation complète du secteur du crédit privé et aux PME permettra de sortir de l’ornière, à savoir un retrait de force réglementé et ordonné par l’Etat de ce marché aux banques commerciales qui obligera ces dernières à changer de politique si elles veulent survivre.
Mots-clés : baisse, banques, banquiers, gnafron, goinfrer, guignols, intérêt, tauxWEF: théories, théories, théories …
Mercredi
28 janvier 2009 @ 12 51
L’édition 2009 du machin sans queue ni tête a commencé à Davos, avec son faste usuel et avec ses porteurs d’eau et de nouvelles officielles. Mais comment peut-on donner le moindre crédit aux bavardages sans issue de gugusses qui, il y a deux ans encore, « célébraient un conte de fées à Davos« , selon les propres termes de Michael Eliott, directeur du magazine Times, habitué des lieux.
Comment croire un seul instant ce que va raconter le boss de UBS, incapable de gérer sa propre maison. Comment aussi croire ne serait-ce que dix secondes les bavardages des cheikhs venus à Davos uniquement pour faire leur marché parmi les décombres absorbables à prix cassés.
Tous les regards sont tournés vers la Chine, devenue le sauveur potentiel et l’eldorado des exportateurs, si toutefois l’ex-empire parvient à juguler la propre crise interne qui frappe son industrie. Mais tout se tient, car pour exporter depuis Beijing ou Fuzhou, il faut quand même que les clients tiennent encore debout.
En particulier ceux qui résident aux USA, pour lesquels on sait qu’un plan audacieux est en marche, aux limites même de l’emballement de la planche à billets, et sans que l’on puisse actuellement savoir s’il va fonctionner.

Car finalement tout le hic est là : les penseurs économiques se sont tellement trompés ces derniers mois et années qu’ils n’osent plus dire grand chose d’autre que des paroles que Cassandre ne renierait pas.
Mais ce n’est pas de cela que l’on a besoin, mais de réflexions intelligentes sur les moyens de se sortir globalement et intelligemment du mauvais pas dans lequel les financiers et les banquiers ont plongé le monde, avec la complicité passive des politiques de toutes couleurs.
On parle de refondation du capitalisme, grand mots vides lorsqu’ils sortent de la bouche des curistes de Davos : leur attitude est simple, ne pas penser un instant ce qu’ils racontent actuellement, faire le gros dos assis sur leurs milliards et attendre que ça passe pour recommencer de plus belle lorsque le soleil reviendra, dans des schémas économiques et financiers encore plus dévastateurs que ceux qui ont créé la crise actuelle.
Ainsi donc, puisque quelques politiques ont fait le déplacement de Davos, on doit leur rappeler que c’est à eux, élus des peuples, que revient la responsabilité première de juguler la crise. Et pour juguler la crise il faut tuer le vieil homme, définitivement, à savoir excommunier tous les acteurs économiques et financiers qui sont responsables de ce qui est arrivé. Ces acteurs sont en effet les seuls actuellement à avoir d’une part créé la crise, puis demandé et obtenu des centaines de milliards pour leur propre survie.
Seule une économie financière complètement sous contrôle étatique est à même d’empêcher le retour des bonnes vieilles pratiques. Et par la même occasion, tant qu’à tenir ces messieurs sous contrôle, on peut aussi en profiter pour jauger et juger leur degré de responsabilité, et leur faire payer directement les coûts de reconstruction en procédant à de pures et simples prises de guerre.
Ce ne serait que moral que les responsables payent après avoir honteusement profité des décades durant de rentes de situation et permettent ainsi au monde de se redresser.
Mots-clés : blabla, bof, juguler les financiers, politiques, théories, wefBanquiers: leur faire payer les dégâts en urgence
Samedi
24 janvier 2009 @ 7 43
Alors que le Conseil fédéral est complètement dépassé par les conséquences d’une crise qu’il ne mesure même pas à sa juste mesure, qu’il échafaude des plans qui sont d’une taille et d’une intelligence aussi grandes que celle qui serait nécessaire pour épousseter un vieux musée, alors que cette cacophonie va sans doute engendrer quelques mesurettes complètement décalées dans le temps car ne tenant aucun compte de l’urgence et du temps nécessaire à la concrétisation des effets futurs éventuels de ces trois gouttes homéopathiques, il est grand temps d’aller chercher là où il se trouve encore une partie de l’argent nécessaire à un véritable new deal modèle helvétique : en d’autres termes, il faut sans délai taxer lourdement les responsables de la crise.
Si on en trouve aussi sans doute parmi les politiciens sourds, aveugles, primaires et au cerveau peu développé, ce sont avant tout les banquiers de tous poils qui ont participé au casino géant depuis des années en s’en mettant plein les poches sur un commerce général de non-valeurs.
Face à une crise différente mais qui dépassera en conséquences et en durée celle de 1929, le temps est venu de faire en sorte que le peuple qui n’est en rien responsable de ce qui arrive (sauf pour avoir cru une nouvelle fois, dans sa majorité, que les politiques travaillaient vraiment) n’en paye pas plus les conséquences.

A celà un remède immédiat: une nouvelle mouture du défunt IDN (impôt de défense nationale), appliqué uniquement aux banques et sociétés financières.
On se rappelle que le fameux IDN, devenu impôt fédéral direct, devait en principe demeurer provisoire et soutenir, comme son nom l’indiquait, l’effort nécessaire à la défense et la reconstruction du pays après la période 1939 1945.
Depuis il est resté un impôt direct permanent, comme c’est toujours le cas en Suisse avec les impôts provisoires…
S’agissant de la crise actuelle, il convient d’aménager les dispositions constitutionnelles et légales en urgence pour prévoir un impôt en une ou plusieurs tranches annuelles reposant sur les bénéfices distribués aux actionnaires des banques durant les 5 dernières années précédant la crise, soit depuis le début des années 2000.
Une taxe simple et claire à prélever, portant en fait sur ceux qui se sont enrichis à un point tel que l’économie mondiale en a pris un très sale coup uniquement par leur faute. Les dizaines de milliards de francs de dividendes versés pendant les années en question sont faciles à reconstituer : ils sont connus au centime près par les services fédéraux de l’impôt anticipé: que l’on décide donc de prélever ne serait-ce que 25 % de ces sommes, et l’effort de reconstruction de l’économie viendrait alors vraiment de ceux qui ont cassé le jouet général.
En justice civile, le responsable des dégâts doit payer. En justice politique et tout simplement morale, le principe de réparation est courant aussi.
Sauf que dans le cas présent, les dispositions légales touchant les banques devraient être d’exception, n’autorisant aucun recours et surtout permettant la confiscation à titre provisoire, comme une sorte de prise de guerre, de tout bien leur appartenant.
Gageons qu’avec un tel système, non seulement le peuple y gagnerait, mais le banquier standard à tête vide et dents longues changerait durablement son comportement de tous les jours
Mots-clés : banquiers, dégâts, idn, ifd, impôt de crise, payerLe taux d’intérêt sélectif
Mardi
20 janvier 2009 @ 12 25
Appliquant à la lettre les principes théoriques, les banques centrales font descendre tour à tour leurs taux d’intérêt. Dans certains pays on est proche de zéro pour cent, comme ce fut le cas au Japon pendant presque 10 ans à la fin du siècle passé.
Proche de zéro pour cent veut dire en principe que l’accès des établissements bancaires aux liquidités est presque gratuit, et qu’en conséquence elles devraient être en mesure d’arroser l’économie de ces mêmes liquidités à des prix défiant toute concurrence, quel que soit le type de crédit sollicité par l’emprunteur.
Voici pour la théorie, car de fait aux USA comme dans les pays de la vieille Europe, l’accès au crédit commercial n’a jamais été aussi bouché actuellement que depuis des lustres : la faute à deux attitudes bancaires. La première qui consiste à utiliser les liquidités de la banque centrale pour équilibrer leurs propres bilans désastreux et donc pour le profit exclusif de leurs actionnaires. La seconde qui réside dans l’effet balancier du banquier qui vient de perdre beaucoup de millions ou de milliards par bêtise et qui donc veut se « rattraper » en refusant d’assumer tout risque de crédit supplémentaire, sauf lorsque l’emprunteur lui fournit des gages d’une telle qualité que le risque n’existe plus.

Et c’est ainsi que la politique monétaire menée depuis quelques mois va conduire les économies occidentales dans une crise encore plus grave que celle que les banquiers commerciaux lui ont concoctée: une crise résultant non pas de l’incapacité à produire ou à acheter biens et services, mais une crise résultant d’une diminution drastique des moyens de paiement à disposition du public notamment. On ne relance pas la consommation en mettant les liquidités de la banque centrale dans des coffres-forts.
C’est la raison pour laquelle, constatant que le banquier standard n’obéit qu’au bruit du bâton sur sa tête vide, il est temps de réintroduire l’intérêt sélectif au chapitre des mesures conjoncturelles.
Comment décrire cette « bête bizarre » ? de façon relativement simple en fait : les banques centrales posent deux conditions supplémentares à l’octroi de liquidités aux banques commerciales :
1.- les montants de liquidités dégagés en faveur des banques ne le sont que contre nantissement d’un montant supérieur à la somme prêtée de 20 à 50 % d’actifs de premier ordre, obligeant ainsi les banques commerciales à nettoyer encore plus leurs désastreux bilans;
2.- le 80 % des liquidités ainsi prêtées doivent être immédiatement réinvesties dans le circuit commercial ou privé, preuves à l’appui.
Toute somme provenant d’une banque centrale et qui resterait dans les coffres de la banque commerciale pour de mauvaises raisons ferait l’objet d’un paiement supplémentaire à charge de la banque d’un taux d’intérêt « sélectif » aussi longtemps que cette somme n’est pas investie conformément à la règle ci-dessus. Ce coût sélectif du crédit ne saurait être reporté financièrement sur les emprunteurs, mais devrait grâce à une comptabilité analytique fonctionnelle moderne n’être supporté que par les actionnaires de la banque.
Les avantages d’une telle mesure seraient des différentes natures. Premièrement elle condamnerait à très brève échéance les canards boîteux qui pullulent encore, pour le plus grand bien de la morale. Deuxièmement elle entraînerait rapidement une réapparition du crédit à disposition des acteurs économiques de toutes grandeurs et natures.
Si les paramètres ci-dessus ne peuvent pas être atteints par certaines banques commerciales, alors et pour pallier cet inconvénient, les banques centrales devraient mettre sur pied à très brève échéance un organisme étatisé de prêts commerciaux destiné à suppléer aux défaillances des banques dans ce domaine.
Et simultanément en Suisse retirer la licence bancaire à tout établissement pratiquant le crédit qui ne satisferait pas aux exigences. Le moment peut-être aussi d’interdire la pratique de la banque globale, de celle qui partant de dépôts de clients finit par ne plus faire autre chose que de jouer au casino avec les conséquences dramatiques que l’on connaît.
Mots-clés : banque centrale, banques commerciales, bâton, cout supplémentaire, crédits, gnafron, liquidités, sélectifLa BNS sur la pente savonneuse
Lundi
19 janvier 2009 @ 17 07
Le 19 octobre 2008, le LIBOR à trois mois en Suisse ou sur le marché suisse était environ à 3 %. Trois mois plus tard (et quelques fantaisies de la BNS en plus…), il est toujours sur une courbe descendante à 0.55%, sans parler du taux spécial de refinancement Repo-Overnight qui lui était à 0.03 % le 16 janvier 2009.
Entre le 31 décembre 2007 et le 30 septembre 2008, date de son dernier bilan intermédiaire publié, la BNS a fait gonfler son bilan de 40 milliards de francs approximativement, ce qui constitue une hausse en pourcentage de l’ordre de 32 %, pour la quasi totalité destinée à prendre en pension (pudiquement dit, non, la pension de famille.. ) des titres et créances en US dollars qui ne valent rien ou du moins pas grand chose.
On remarquera que le sauvetage UBS (Saison 1) date du mois d’octobre 2008 au plus tôt et que les milliards consacrés à la société poubelle ne figurent donc pas dans le bilan au 30 septembre de cette même année.

On remarquera aussi, juste pour la clarté des comparaisons qui certes ne sont pas raison, que le total du bilan de la BNS au même 30 septembre 2008 est de l’ordre de 164 milliards de francs …. contre un total pour la trop fameuse moribonde UBS de l’ordre de 2’000 milliards, soit un rapport de 1 à 12 au moins : inquiétant ratio, par ailleurs plus que parlant.
Un dernier chiffre: le budget total de la Confédération pour une année entière est de l’ordre de 50 milliards de francs.
Mais d’où vient donc tout cet argent, puisque la BNS ne le possède pas ? la réponse est toute simple, notre institut d’émission l’emprunte sur le marché, ou plus précisément à deux endroits : chez l’oncle Sam ainsi que cela ressort toujours du même bilan et auprès de … la Confédération qui a octroyé à sa propre banque nationale quelques largesses en 2008 grâce aux liquidités du marché (15 milliards entre le 1er janvier et le 30 septembre 2008) qui remplissent les fameuses caisses fédérales » toujours vides » lorsqu’il s’agit de dépenses intelligentes et sociales.
Ainsi donc, par un concours de circonstances qui ne doit rien au hasard, la Confédération, les Chambres et la BNS se sont alliées en 2008 pour sucer les liquidités du bon peuple et les mettre à disposition d’une BNS qui couve sa chère UBS comme s’il s’agissait d’un joyau de famille intact.
Sauf que jusqu’à preuve du contraire et sous réserve d’une participation conditionnelle à hauteur de 6 milliards, la grande banque a toujours été en mains privées.
Et sauf aussi que la politique du taux d’intérêt réduit à zéro ou presque va inévitablement conduire en pareilles circonstances à une déflation majeure : or le synonyme de déflation est la baisse des prix, du pouvoir d’achat et de la valeur intrinsèque des produits et services exprimés en monnaie locale.
Avec son cortège de conséquences funestes. Car l’oncle Sam, lui, qui pratique à un facteur 1000 cette même politique, prend le soin de prêter à la BNS en US dollars. Et à exiger un remboursement en cette monnaie. Même avec Obama à Washington.
On se réjouit donc d’avoir accès aux comptes 2008 complets de l’institut d’émission, pour y faire quelques sondages. Nul doute cependant qu’avec sa gymnastique pour laquelle certains voudraient lui décerner un OSCAR ou pas loin, la BNS est en train de précipiter encore plus le pays dans la récession que ce que la crise elle-même et l’UBS avaient fait auparavant. Drôle d’attitude pour une banque centrale.
A part pour le crédit hypothécaire et de la part de certaines banques cantonales ou assimilées, le taux du loyer de l’argent qui frise le 0 % n’a pas apporté un franc de plus de liquidités dans les caisses des PME. Or assouplir le crédit voudrait dire en octroyer plus facilement. Mais de ceci la BNS n’a cure, comme d’ailleurs depuis des lustres, puisque la Suisse n’est vue par ses pontes que comme une sorte de gigantesque usine financière destinée à fabriquer des millions avec feu l’argent des autres et non pas comme un pays pouvant vivre de l’innovation dans de nombreux autres domaines, à condition de pouvoir disposer de liquidités.
Mots-clés : BNS, crise, déflation, gonflette, politique monétaireGéolocalisation fiscale des rémunérations
Jeudi
15 janvier 2009 @ 10 40
On a pu voir récemment dans une édition du téléjournal de la TSR le brave Darius apprenant comme une révélation quasi mystique l’annonce qui lui était faite par une chroniqueuse économique du Temps expliquant que parfois, les braves « traders » et autres banquiers ambulants, notamment ceux qui ont vendu du Madoff, « se sont remplis les poches en violation des règles fiscales sur l’imposition du revenu non seulement américaines mais également helvétiques ».
Quelle gentillesse médiatique et quelle naïveté que d’accueillir sans autre question cette « révélation »Â et d’imaginer que tel n’est pas le cas depuis des décennies.
Dans le courant des années 1980 déjà , la thématique des « split salary arrangements » ou en français des accords de rémunération séparés s’est développée avec force subtilités. Et malgré les nombreux écueils constitués par les conventions fiscales en matière de double imposition, ce genre de contrats est très fréquent dans le monde bancaire de plus en plus globalisé.

Il y a quelques règles élémentaires à respecter, mais la géolocalisation fiscale des rémunérations peut être une très bonne affaire. Pour un citoyen des USA ou de certains pays nordiques, dont les taux d’impôt interne frisent parfois l’indécence, il y a de grandes tentations de se faire payer en plusieurs endroits du monde pour une activité exercée de façon internationale.
Et « plusieurs endroits » peuvent souvent comprendre un paradis fiscal ou l’autre qui traine dans le coin et qui sert de réceptacle bienveillant pour une partie non négligeable de la rémunération.
Déjà que les rémunérations et salaires sont en soi indécents, il fallait encore que ces messieurs se prémunissent contre le méchant fisc ponctionneur aveugle. Et ce ne sont pas les « braves » employés des impôts vaudois ou genevois qui peuvent y voir quelque chose: il faudrait déjà qu’ils sachent faire des additions correctement, en triant aussi les pommes et les poires de façon adéquate, mais ça c’est une autre histoire …
Ce phénomène de manque flagrant de technicité est une donnée de base prise en compte par les fabricants de « remuneration packages », qui savent que des pans complets de ces rémunérations peuvent échapper à la vigilance de certains fiscs sans aucune difficulté, à condition simplement que le montage soit fait correctement et que les traces éventuelles soient évitées ou au moins effacées avant le passage de l’improbable orage.
Le résultat pour les bénéficiaires de tels arrangements se monte à des somme colossales qui ne sont soumises à  aucun impôt quelconque sur le revenu, ou alors attribuées à une juridiction fiscale choisie justement pour sa gentillesse en termes de taux d’impôt sur le revenu en question.
C’est d’ailleurs en prêtant une attention particulière à la localisation géographique de certains parcours de golf de renom que l’on peut dessiner sur la carte ces fameuses juridictions, qui sont assez souvent ensoleillées.
On aurait tort dans ces milieux, comme dans d’autres, de ne pas joindre l’utile à l’agréable.
Mots-clés : accord de rémunérations séparés, fisc, géolocalisation fiscale, naïveté, split salary arrangements
UBS: petit rappel légal avant le plongeon
Mardi
13 janvier 2009 @ 18 49
On avait évalué ici le 12 décembre 2008 la perte probable 2008 de l’UBS à environ 17 milliards de dollars. Ceci évidemment après la mise à la poubelle fédérale de plus de 60 autres milliards d’actifs sans valeur, ce qui fait quand même un total de l’ordre de 80 millards de dollars rien que pour l’exercice 2008.
Lorsqu’on prétendait ici en provoquant l’ire de certains que la « grande » banquignolle était en faillite technique, on ne se trompait effectivement pas.
L’aide apportée par le contribuable suisse sous la force des baïonnettes fédérales n’aura donc servi à rien : la perte qui se dessine va être historique et correspond bizarrement, à peu de choses près, aux retraits de liquidités effectués par les clients fort justement inquiets du sort de leurs avoirs.

C’est donc ainsi que le jouet de luxe confié à des responsables qui ne l’étaient manifestement pas s’est transformé en livide malade aux soins palliatifs dont néanmoins certains neurones prétendent qu’il n’avaient pas besoin d’aide.
L’article 725 CO dans sa plus récente acception prévoit que lorsque la moitié du capital-actions et des réserves n’est plus couverte par des actifs acceptables, un bilan aux valeurs de liquidation doit être dressé sans délai et le juge de la faillite nanti de cette information. En français, ceci veut dire que sauf accident miraculeux, la faillite se dessine.
Si l’on considère que selon son dernier bilan trimestriel publié au 30 septembre 2008, les fonds propres de l’UBS s’élevaient à environ Fr. 46,43 milliards environ (page 67 du rapport) , et si l’on admet que la perte probable de 2008 excèdera le fameux chiffre de Fr. 22 milliards, alors notre petit article s’applique automatiquement … en bête arithmétique pure.
Le résultat comptable immédiat pour le contribuable helvétique sera une perte de Fr 6 milliards sur le fameux prêt accordé en douce par le Conseil fédéral, suivie évidemment d’un bouillon de l’ordre de 60 milliards qui devra être épongé par la BNS et donc par tous les résidents helvétiques.
Avec 80 milliards de dollars, on entretient le ménage tout entier de la Confédération en temps normal pour une durée de l’ordre de 18 mois. Exprimée autrement, cette somme colossale représente plus de 15 % du PIB de la Suisse.
Bien sûr l’UBS n’a cessé depuis des décennies de financer les partis bourgeois et leur politique à courte vue. Ceci expliquant sans doute en bonne partie la compassion politique avec laquelle l’établissement bancaire a été traité.
Mais cette fois, tant le gouvernement que les chambres ne peuvent plus, sauf à tomber définitivement dans le ridicule, ne pas exiger au nom de la population une juste réparation de ces dégâts historiques.
Mots-clés : 2008, banquignolle, CO 725, perte, plongeon, ubs, valeurs de liquidationBanques suisses: la vignette 09 illico !
Dimanche
11 janvier 2009 @ 15 39
L’an 2008 nous a appris à appréhender un peu le bazar total qui règne usuellement dans la tête du banquier libéral standard. On ne reviendra pas pour l’instant sur le cas de l’UBS, qui est à nouveau en train de faire parler de ses grandes capacités de gestionnaire de fortune, elle qui n’hésitait pas comme tant d’autres à patronner à grand renfort de rétro commissions les formidables placements Madoff, au travers notamment de Luxalpha dont elle s’est bizarrement débarrassée en novembre 2008 …. toute coïncidence avec un hasard étant etc…

On laissera aussi de côté pour l’instant le contenu de la fameuse note interne Kurer disant à ses collaborateurs que l’UBS n’a pas besoin d’aide et qui mérite aussi une explication du gouvernement que l’on attend non sans impatience, même si pour une fois le valaisan Freysinger a posé une bonne question au bon moment.
L’UBS, la Banque COOP, le CS, la Banque cantonale du Valais et d’autres établissements bancaires se sont eux aussi illustrés dans le placement de liquidités de clients dans les actions de la défunte banque Lehman Brothers : encore une façon de démontrer, le fallait-il, que l’activité de banquier ressemble plus à celle d’un équilibriste borgne et borné qu’à celle d’un professionnel.
En effet, non seulement les établissements en question conseillaient-ils ce fameux placement Lehman pour leurs clients, mais par exemple, comme le CS, ils se débarrassaient de ces mêmes actions en interne, à savoir pour le compte de leurs actionnaires.
Si les clients lésés sont assez déterminés pour pousser l’affaire là où elle devrait aller, notamment au pénal, on pourrait alors voir des échanges de vue assez schizophréniques entre le banquier qui se déleste de non-valeurs au « profit » de son client, ainsi particulièrement bien servi puisque non seulement on lui achète pour un prix élevé des non-valeurs dans le dos, mais en plus on lui fait payer une commission là -dessus pour avoir choisi ce miraculeux placement.
Pour couronner le tout, on apprend que la BNS, notamment son président le dénommé Jean-Pierre Roth, est devenu hier au soir lors d’un concours télévisuel alémanique débile un des Suisses de l’année … dans la catégorie économie.
On croit franchement rêver (cauchemarder ? ) en entendant ce genre de sottises : non seulement la BNS et le CF se sont montrés complètement inféodés à l’UBS dans son pseudo sauvetage inutile, mais encore, depuis, ne contrôlent-ils pas l’utilisation qui est faite des largesses en liquidités que la BNS consent aux banques au point que c’en devient très inquiétant sur le plan simplement de la valeur de la monnaie helvétique.
A continuer comme ceci, le Zimbabwe et ses billets de milliards de dollars n’est pas encore là , mais se rapproche.
Car l’économie ne bénéficie en rien ni du mini-plan de relance du CF qui est sans effet et sans envergure, ni des liquidités du marché qui restent consciencieusement dans les banques pour financer des valeurs discutables et des opérations financières internes au marché.
On suggère dès lors à la BNS et au CF d’instaurer une vignette 2009 pour les banques : obtiendront seuls la vignette, et donc le droit de pratiquer la banque et singulièrement le crédit à partir de la Suisse les seuls établissements qui feront la preuve en permanence d’une adéquation entre largesse en liquidités de la BNS et juste investissement de ces largesses dans des crédits commerciaux accordés à des conditions normales et compétitives aux entreprises suisses.
Et ceux qui n’auront pas la vignette (provisoire comme la fameuse vignette autoroutière ….) se verraient tout simplement privés du droit d’accepter des fonds de tiers et de pratiquer le crédit.
Bien sûr, encore une idée saugrenue diront certains, sauf que le passé a démontré en suffisance que le banquier libéral standard est une race à part qui ne fonctionne qu’aux interdictions et aux obligations : il est incapable de s’autodéterminer de façon éthiquement acceptable et seul le bâton lui fait comprendre les choses.
Mots-clés : banque cantonale du valais, banque coop, BNS, cs, économie. sottises, jean-pierre Roth, lehman, suisse de l'année 2008, ubs, vignette bancaire 2009Lancement du Réseau d’Economie Sociale et Solidaire Vaud
Jeudi
8 janvier 2009 @ 11 38
Une nouvelle façon de vivre et de penser l’économie
Face à une crise financière mondiale, un nouveau mouvement émerge dans de nombreux pays : l’Economie Sociale et Solidaire (ESS). Ni de gauche ni de droite, l’ESS propose une voie alternative et innovante, replaçant l’être humain au centre en valorisant mieux l’économie locale, non spéculative et associative. Regroupés en comité de pilotage depuis 2004, une quinzaine d’acteurs vaudois de l’ESS lance aujourd’hui le réseau cantonal de l’ESS : APRES-VD.
Proposer des biens produits dans le respect de l’environnement, être actif dans le domaine des mobilités douces, proposer des logements en coopérative, travailler de manière locale et artisanale, placer son épargne sur un fonds éthique, faire de l’agriculture de proximité… voici quelques-unes des nombreuses facettes de l’Economie Sociale et Solidaire. Aujourd’hui 5 à 10% des échanges commerciaux sont concernés, souvent sans que les personnes impliquées ne s’en rendent compte.
(cliquer l’image pour télécharger)
L’ESS repose ainsi sur des dynamiques participatives et démocratiques basées sur le respect de critères éthiques, sociaux et écologiques. Ses membres sont des structures à but non lucratif ou à lucrativité limitée et combinent l’engagement social à l’initiative économique. Un réseau constitué permet de s’organiser en tant que Chambre de commerce, sur le modèle d’APRES-GE, afin de fédérer les différents acteurs de l’ESS.
Adhérer à APRES-VD permet à ses membres notamment de :
- renforcer les échanges économiques directs (flux financiers) et indirects (conseil,partage, mutualisation de ressources, etc.)
- adopter de nouvelles pratiques d’achats conscients et orientés vers l’économie locale, le commerce équitable (par exemple autour des « cafés des bonnes pratiques » tels que pratiqués par APRES-GE)
- établir de nombreux partenariats bilatéraux (mutualisation d’achats de matériel,bourse aux mandats entre associations, création de coopératives par groupements d’intérêts économiques…)
Le comité de pilotage d’APRES-VD invite toutes les structures et personnes se reconnaissant dans la démarche à rejoindre leur réseau. Afin d’identifier, d’informer et de recenser les structures correspondant aux critères de l’ESS, une vaste enquête va être conduite à travers le canton, en partenariat avec les actrices et acteurs actuels d’APRES-VD.
Comité de pilotage APRES-VD, Théo Bondolfi, coordinateur, 076 376 97 76
Relations médias, Agence Plates-Bandes, S. Apothéloz / Elise Méan, 021 533 03 60
Documentations, actualités, contacts utiles et histoires concrètes
www.apres-vd.ch
Le comité de pilotage ESS-Vaud
Banque Alternative Suisse
Dominique Roten, responsable de la représentation romande
Actions Solidaires et Création d’Entreprises
Yvette Jaggi, présidente
Chambre de l’Economie Solidaire
Thierry Pellet & Corinne Taddeo, secrétariat exécutif
Union des Sociétés Lausannoises
Bertrand Sonnay, président
Fédération Romande des Consommateurs section VD
Théo Bondolfi, président
Association Eglise et Monde Du Travail
Jean-Pierre Thévenaz, pasteur et président
Lausanne Roule
Lucas Girardet, directeur
Association Smala
Pierre Delcourt, projets ESS et Marie-Jane Berchten, trésorière
Ass. Transdisciplinarité & Entreprise Sociale
Frédéric Richard, secrétaire du réseau ESS Vaud
Fondation Ynternet.org pour l’inclusion numérique
Mariette Glauser, co-fondatrice
Jeter les banques et user du microfinancement coopératif
Samedi
3 janvier 2009 @ 17 19
On sait depuis des années, mais au moins depuis le début de la dernière décennie du 20e siècle que les banquiers ne font plus leur métier. Ça ne les intéresse plus de prendre de vrais risques commerciaux sur de vrais prêts commerciaux, ça coûte trop cher nous disaient-ils avec un air fier et vaguement condescendant au début des années 1990: leur arrogance les a conduits où l’on sait et ils ne méritent ni l’aide inconsidérée de l’Etat (et donc du citoyen non volontaire) ni celle que leur octroient encore les clients qui laissent « traîner » des milliards de fonds « passifs » par pure paresse intellectuelle ou morale sur des comptes « parce que changer de comportement est compliqué ».
La seule façon d’obliger les banquiers à changer profondément leur état d’esprit, leur amoralité légendaire ainsi que les techniques avec lesquelles ils font des profits éhontés sur le dos de clients grugés ou mangés à la sauce HEC Saint-Gall/costume trois pièces et attaché-case est de les attaquer par là où ça leur fait encore plus mal qu’aux autres : leurs sous et leur arrogance proverbiale.

Il faut se passer d’eux et la chose est parfaitement réalisable. S’agissant de la Suisse (les équivalents existent dans beaucoup d’autres pays), il convient tout d’abord de clôturer tout compte existant avec une banque commerciale. Assécher leurs liquidités ne laissera subsister que quelques établissements gérés de façon encore admissible, notamment certaines banques cantonales.
Les fonds peuvent être provisoirement placés auprès d’une banque éthique comme la BAS (qui ne sponsorise en rien ce billet) ou encore de Postfinance (qui ne le fait pas plus). Pour les besoins de l’exemple, on admettra que ce dépôt n’est que provisoire, le temps de mettre en place de véritables coopératives de crédit commercial.
On parle beaucoup de microcrédit dans le tiers-monde. Ce concept revu et corrigé pour l’Occident est sans doute une portion importante d’une nouvelle économie solidaire et responsable, ceci sous la forme de micro financements destinés à une relance durable. Mieux vaut prêter quelques sous à son boucher que de les laisser intégrer un « fonds de placement quelconque à rendement garanti ».
Une coopérative de placements serait donc une forme de société gérée socialement, destinée à couvrir ses frais et non à faire du profit, et surtout ayant pour but de fluidifier le marché des liquidités : car aujourd’hui tout le problème des PME et TPE est ici. Leur activité est souvent bénéfique et profitable, mais il leur manque des liquidités pour passer des caps.
Et comme les banquiers ont délibérément abandonné ce marché malgré les aides reçues de l’Etat et les promesses faites, le peuple peut le reprendre à son compte et faire en sorte que de ses propres économies surgisse une nouvelle forme de crédit commercial, bien gérée mais pas chère et ne reposant pas sur un coût de refinancement artificiellement gonflé mais exclusivement sur des fonds propres mis à disposition par le public. Certes, ce genre d’organismes ne peut être créé en deux jours, mais il ne faut pas non plus des années pour le faire.
Parallèlement ou dans un deuxième stade, l’ensemble du marché des crédits commerciaux aux PME-TPE et celui du crédit hypothécaire peut être aussi assumé en fonds propres par de telles coopératives. C’est uniquement une question de volonté, et même pas politique celle-ci, mais populaire.
Ainsi, le fameux boucher du coin serait-il à la fois épargnant-prêteur à certaines périodes de l’année, et pour simplifier emprunteur à d’autres. Si le contrôle de ces micro financements ( et de ces microcrédits) est bien organisé, non seulement il est rentable mais en plus il est socialement solidaire et responsable, des qualités que les banques ont définitivement perdues.
Et seules celles qui prendront le chemin d’un aggiornamento moral complet pourront alors encore exister, mais elles seront sans doute acceptables sous cette forme-là , nouvelle et refondée.
Mots-clés : jeter les banques, microcrédit coopératif, microfinanceLes cocus ne sont pas contents
Mardi
16 décembre 2008 @ 7 35
Le proverbial et sémillant expert devenu banquier n’est pas content du tout : « Nous sommes tous cocus » a même osé Robert Pennone en réaction au vol long courrier de l’avion Madoff et aux traces plutôt visibles laissés dans le ciel suisse de la finance par ce spécialiste du jeu de Ponzi qui ressemble à l’épave de Lost.
Voici que le pape des hedge funds a roulé ses avides petits imitateurs dans la farine. Voici que les plus beaux experts se fâchent, en fait contre eux -mêmes car ils n’ont pas été capables de déceler la faille, trop occupés qu’ils étaient à obtenir des rendements fumants gagnés au mépris des intérêts de ceux de l’économie dite réelle et surtout sur le dos des moutons travailleurs, tondus encore plus que d’habitude.
Quand le banquier perd les fonds de ses clients, c’est la faute à pas de chance, à une subprime mal digérée, à l’évolution instable du marché, bref à tout sauf à sa propre responsabilité. Quand le banquier perd ses propres sous, l’affaire devient une escroquerie, car il faut bien trouver un coupable.
On apprend de par le monde que pour escroquer un banquier averti, il faut vraiment être très averti, car le banquier averti n’est pas censé gober toutes les vérités même les plus audacieuses sans réfléchir. Et ceci surtout lorsqu’il gère l’argent de se clients.
Notre brave Conseil fédéral a voulu à coup de dizaines de milliards « sauver la place financière suisse », cette institution qui rapporte de façon obscène grâce à l’argent des autres et soi disant en raison de la fiabilité et surtout de l’inventivité sans borne de nos braves banquiers.
Il n’y a désormais plus grand chose à sauver. Dans les subprimes, les meilleurs d’entre eux se font avoir. Dans les hedge-funds adorés de Hans-Rudolf, ont fait n’importe quoi et là aussi, la nouvelle unité de mesure de la perte c’est le milliard de francs ou de dollars.
Tous ces baves banquiers aux dents longues, aux idées courtes et mono maniaques du profit ont perdu toute crédibilité, si tant est qu’ils en aient encore eu la moindre des onces depuis quelques mois.
Le coup réalisé par Madoff ne présente pratiquement pas de différence avec les autres jeux de l’avion que l’on nous assure ça et là être que de très bons actifs : la seule différence visible pour l’instant est que Madoff a admis que tout ceci n’était qu’une vaste fumisterie à 50 milliards au moins.
Dont une bonne dizaine rien qu’à Genève et environ, ce qui classe le banquier suisse en queue de liste une nouvelle fois dans le PISA du secteur.
En fait ce n’est pas de connaissances techniques que le banquier suisse manque, c’est de morale et d’idéal :il a complètement perdu les pédales et se permet encore de hurler en forêt quand on lui pique son jouet, comme un insupportable bambin gâté.
Il ne pouvait rien arriver de mieux au monde de la finance que ce genre de gags : ils sont tellement révélateurs d’un état d’esprit que politiquement ils sont encore bien meilleurs qu’une campagne d’affichage UDC de la pire espèce.
Mots-clés : arnaques, banques, cocus, finances, madoff, milliard, pennone, ponziLes milliards flambés
Vendredi
12 décembre 2008 @ 12 18
On nous raconte que les fameux six milliards ont été débloqués pour filer à toute allure vers la tire-lire spéciale de Jersey.
Les arrogants dirigeants de l’UBS qui ne disent jamais merci (un principe) traitent les parlementaires et le public comme des chiens : ils ont même osé prétendre que « tout allait bien dans le meilleur des mondes et que le sauvetage n’était pas nécessaire ».
La BNS descend encore ses taux de référence au point qu’elle parvient bientôt à zéro, le « prix » de l’argent plus que facile. La marge de manÅ“uvre diminue inexorablement pour elle …
Sauf que l’action UBS continue de périciliter, et c’est normal, car tant que son bilan cachera encore pour 17 milliards au moins de pommes pourries, il n’y aura pas d’embellie, et personne d’autre que la BNS ne lui prêtera quoi que ce soit.
C’est donc dire une fois encore que le plan de sauvetage no 1 n’avait aucun sens, aucune utilité et aucun fondement : une vaste fumisterie pondue par les « experts de l’UBS » et simplement destinée à pomper des liquidités là où on peut, surtout dans la poche du contribuable.
En fait, le contribuable paye à l’UBS ce qu’il faut pour que l’UBS rembourse à son contribuable-client, cette fois, ce qu’il a sur son compte.
Étrange manège bien loin d’être sain et qui ne cesse de tourner à vide, en rond, en spirale.
Juste pour rappel, le cours de l’action ce jour à midi est de nouveau aux alentours de Fr. 14.– (ce qui donne une valeur totale boursière inférieure à la valeur comptable des fonds propres de la banque, qui ne sont donc bientôt plus ses propres fonds, et depuis longtemps pas bien propres…)
Mots-clés : action, BNS, cours, fumisterie, plan de sauvetage no 1, ubsJersey, le petit tricot pour bas de laine
Vendredi
5 décembre 2008 @ 17 04
On avait déjà compris que les parlementaires ne pigeaient strictement rien aux structures financières et que le Conseil fédéral ne valait pas mieux.
Mais au milieu d’un gué pourtant particulièrement dangereux, voici que l’on apprend aujourd’hui que les fameux six milliards ont filé hier vers Jersey, vers UBS Jersey donc, ou à une portée de canons respectable de toute possibilité de les récupérer facilement.
Outre comme le mentionne le PS que cette situation de faits et de fait accompli est choquante en soi, elle est de nouveau justifiée par de faux motifs. On nous parle d’impôt anticipé pour tenter de faire passer la pilule, mais le problème n’est pas là .
L’émetteur de l’emprunt obligataire convertible en actions n’est pas la banque helvétique mais une de ses filiales étrangères.
Et donc une nouvelle fois le peuple se fait avoir par la naïveté d’un gouvernement finalement bien en mal de trouver des solutions intelligentes à des problèmes qui le dépassent manifestement. Laisser l’AFF signer un contrat portant sur une aide populaire de secours avec une société offshore démontre bien une complicité inquiétante, mais plus vraisemblablement une nagée complète et réitérée du gouvernement helvétique.
Car la véritable raison n’a strictement rien à voir avec un problème d »impôt anticipé que le gouvernement suisse pouvait régler en deux coups de cuillères à pot.
Non, le problème est plus subtil et trivial: l’argent a juridiquement du moins, quitté la Suisse, donc, et si jamais on devait actionner le groupe UBS bénéficiaire pour le récupérer (hypothèse….), il faudrait aller jouer devant les Tribunaux des Iles Anglo-Normandes pour tenter de récolter trois sous.
Autant dire que la souscription de cet emprunt convertible s’apparente maintenant beaucoup plus pour la Confédération à un don à la Chaîne du Bonheur qu’à un placement sensé et censé rapporter une fois quelque chose.
Triste réalité qui ne fait même pas piper un mot à un seul des partis bourgeois : c’est dire s’ils se soucient de l’intérêt public … fichtre.
Mots-clés : bourde, ciel mes dollars, encore eux, jersey, misère, ubsLe Kurer de Cucugnan
Jeudi
27 novembre 2008 @ 16 22
Même si c’est pour peu de temps, il est impératif que la Confédération mette un homme à elle, pourquoi pas Peter Siegenthaler, chef de l’AFF, au coeur même du dispositif de manÅ“uvre de l’UBS, c’est-à -dire au CA de la banque.
Elle continue en effet de faire et de raconter n’importe quoi (le discours de Kurer est ici pour ceux qui ont la foi).
Ainsi que le remarque Myret Zaki dans son compte-rendu de l’AGE de ce jour dans le Temps : »Lorsqu’il dit[Peter Kurer] qu’il n’y a, ni dans le rapport d’UBS, ni dans celui de la CFB, «aucune indication d’un manquement individuel à leurs obligations de la part des membres actuels du directoire de notre banque ou de leurs prédécesseurs», on peine à le croire« .
Et c’est encore gentiment dit. Il se fiche tout simplement du monde et en particulier de ses actionnaires.
Il est clair que les 22 millions n’ont pas été versés sans contrepartie et pour les beaux yeux de Kurer, la créature d’Ospel, son rempart interne contre toutes les attaques depuis plus de cinq ans. Il y a un arrangement avantageux pour les intéressés dans cette « restitution » forcée. On n’a encore en effet jamais vu quelqu’un (encore moins un banquier) lâcher de l’argent qu’il estime ne pas devoir juste par bonté. Merz pourrait peut-être demander une copie de l’arrangement et le publier sur le site de la Confédération, transparence oblige …
Le simple paiement, ou plutôt renoncement à 22 millions par Ospel est la preuve du fait que non seulement il ne se sent pas très à l’aise dans ses chaussures de luxe, mais qu’en plus ses savants conseils lui ont fortement suggéré voire intimé l’ordre de faire un petit détour non pas par Canossa mais par sa proche banlieue, ceci pour le sauvetage futur de son porte-monnaie, son image étant elle définitivement floue.
Sur le coup de 14 h 15 aujourd’hui, les actionnaires de UBS ont reçu un mail mignon leur disant que le changement des statuts nécessaires à la création d’un capital conditionnel pour l’émission d’obligations obligatoirement convertibles en actions et souscrit par la Confédération avaient été approuvés à 98.53 % … des 2935 actionnaires présents. On ne refuse pas un défibrillateur ni un hélicoptère quand on est dans cet état, mais on pourrait peut-être aussi dire merci à ceux qui payent.
Encore un truc qui n’est visiblement pas dans la culture du banquier, dommage.
Reste que même si l’action connaît depuis hier quelques soubresauts, le problème de l’illiquidité reste entier. Sans parler de la hauteur des cadavres qui s’élèvent, ainsi qu’on le précisait ici le 16 octobre, au moins au double de ce qui est avoué, soit aux alentours de 17 milliards de francs(ou dollars, c’est selon).
Il faudra bien encore les purger ceux-ci… et avec quel argent ?
Mots-clés : actionnaires, assemblée générale extraordinaire, cucugnan, kurer, sermons, ubsBoni soit qui mal y pense
Mardi
25 novembre 2008 @ 17 32
Ne pas prendre des vessies pour des lanternes, et y réfléchir à deux fois vaut sans doute mieux que de se laisser bercer par la communication habile.
Voilà que le « brave » Marcel, qui sent de plus en plus que ça chauffe, a décidé de rendre une partie de ses boni … fort opportunément juste avant jeudi, pour la énième assemblée générale des actionnaires de l’UBS en 2008. Deux petits camarades font comme lui …
Le fameux geste réclamé par les politiciens de droite est arrivé, mais n’a rien d’un acte de contrition. Il résulte d’un savant calcul de responsabilité.
Mieux vaut en effet payer quelque chose aujourd’hui que beaucoup plus dans quelques années. C’est une sorte de valeur actuelle (calculée selon la méthode du discounted cashflow) d’une partie de ce que vaudra à terme la responsabilité de l’ex big boss.
Il ne faut pas voir dans ce geste autre chose que le résultat de savants calculs juridiques et économiques. La preuve aussi que la situation est plus grave que jamais, malgré les quelques tressautements de l’action entre hier et aujourd’hui.
« J’estime juste la solution intervenue maintenant et j’espère pouvoir, en agissant de la sorte, contribuer à la maîtrise d’une situation inimaginable pour moi jusqu’à tout récemment« , a semble-t-il ajouté Marcel Ospel.
C’est bien ce qu’on disait, non seulement il se fiche du monde mais prend ses concitoyens pour des imbéciles. Qui mieux que lui pouvait prédire ce qui allait arriver avec son institutionnalisation adorée du jeu de l’avion furtif. Au jeu de l’avion, on a l’impression au moins de le voir passer en se faisant gruger : avec le pénitent de ce jour et son avion furtif, on ne voit même pas les traces dans le ciel bleu des constellations financières.
C’est fou aussi ce que ce genre de geste faussement spontané semble tout droit inspiré du cerveau remarquable des communicateurs de la grande banque. C’est en effet demain qu’ils nous gratifient de leur nouvelle campagne de publicité, dûment payée par le contribuable suisse, et qui veut faire accroire que la confiance est de mise.
En la matière la méthode Coué reste sans effet. Les dégâts sont irréparables et le plan 2 dont tout le monde assure qu’il n’est pas d’actualité se dessine à grands pas.
Mais laissons d’abord les gentils actionnaires approuver le plan 1, et la Confédération devenir actionnaire en ayant déjà perdu au moins 25 % de sa mise en terme de contrôle du capital depuis le 16 octobre
Mots-clés : bof, boni, communication, geste, jeu de l'avion, ospel, rendre, ubsUBS : colin-maillard officiel
Dimanche
23 novembre 2008 @ 16 42
Tous les braves experts avaient annoncé à grand fracas que le sauvetage UBS était un évènement exceptionnel, qu’il serait utile à la nation (on la protège ce faisant, cette belle nation, « des dangers extérieurs et intérieurs qui la guettent », selon le CF lui-même) et surtout qu’il permettrait à la grande banque bancale de retrouver un peu de couleur.
Sur ce blog cela fait plus de 12 mois que l’on prétend qu’UBS va exploser tôt ou tard, pour en avoir notamment sondé les entrailles à réitérées reprises et pour connaître par le menu les façons de cacher l’évidence utilisées par ce qu’il convient d’appeler l’ancienne race de banquiers.
Car il faut bien le dire fort et clair, le cynisme montré par UBS à ses petits clients, le désintérêt total marqué depuis 1998 au moins pour son rôle de bailleur de fonds en faveur de sociétés suisses de petite et moyenne importance, l’arrogance constante de ses dirigeants et la complexité des procédures déteignaient sur le « petit personnel » de la banque qui a eu trop longtemps tendance à se prendre lui aussi pour l’empereur usant simplement du pouce pour préaviser sur les refus nombreux de crédits et d’arrangements possibles. Et bien entendu aussi pour déguiser des dossiers pourris en dossiers stables générateurs de bonus, voire se comporter en despote peu éclairé au guichet …
Cette facette du caractère est assez fréquente chez le banquier, enfin celui de l’ancienne race, qui se mue très vite en donneur de leçons, surtout grâce à l’argent des autres. Mais voici que les grands experts internes et externes se sont complètement trompés, que l’UBS se révèle n’être finalement qu’un château de cartes dont le bilan fait plus penser à du sucre ou du sable qu’à du béton. Mais voilà aussi que tout ce petit monde perd totalement sa crédibilité, CFB et BNS comprises, devant l’échec du plan no 1 de sauvetage.
La valeur actuelle de l’action UBS est telle que le deuxième plan que l’on annonçait ici le 16 octobre se dessine. Mais il fallait trouver comment faire passer lentement la future pilule en gestation …
Et c’est dans ces dess(e)ins que le même petit monde est adorable. On remarquera que durant la semaine tout le monde se tait, mais que la sortie des journaux du weekend, et surtout la fermeture des bourses européennes le samedi et le dimanche délie les langues, notamment celle de la CFB qui « déconseille une fusion avec le Crédit Suisse ».
Adorable et stupide conseil que les actionnaires du CS apprécieront à sa juste valeur, eux qui n’ont aucune espèce d’intention d’accrocher un wagon d’explosifs à un train qui fonctionne et qui donc n’avaient guère besoin que cette idée saugrenue leur soit soufflée. Au demeurant la création d’un géant bancaire encore plus géant que celui qui se meurt actuellement serait une ineptie.
Pour continuer de noyer le poisson, (et de préparer les annonces politiques en « toute indépendance ») la même CFB nous parle de bonus, mais oui elle ose encore, et ceci pour l’année 2008.
Cet aspect de la communication de crise de la CFB est révélateur du fait qu’elle n’a encore rien compris : aucun bonus quelconque à quiconque n’est tolérable en pareille circonstance, car il revient à dire que le bonus est directement payé par l’impôt du contribuable vosin de palier de l’employé UBS, et par finalement ce même employé en sa qualité de contribuable.
La schizophrénie, ça va un bout, mais tout de même.
Enfin, au détour et entre les lignes, on commence à voir se dessiner le plan no 2, ou plutôt l’annonce de ce plan. Car il va être intéressant de voir comment nos politiques vont tenter de se tirer de ce mauvais pas. Ils n’auraient jamais dû donner la main comme ils l’ont fait, mais prendre le pouvoir en contrepartie. Toute nouvelle aide publique à l’UBS qui ne serait pas accompagnée d’une nationalisation au moins de la majorité du capital-actions de la banque ne passera pas devant le « bon peuple ». Sans doute le personnel politique trop avide de conserver son siège et ses prébendes avalisera-t-il le plan 2 comme le plan 1, sans broncher (on paye et on n’apporte aucun correctif, 15 voix contre 7 vendredi passé en commission du National) , mais ce serait sans compter le retour de bâton populaire qui ne manquera pas de s’exprimer. Car encore moins qu’au mois d’octobre, l’urgence constitutionnelle ne tiendrait la route ces jours. Et sans urgence, la voie des référendums populaires est ouverte, si l’on respecte la constitution.
On va donc vivre une nouvelle semaine folle … chic !
Mots-clés : BNS, cfb, communication, mensonges, naïveté, plan2, ubsUBS : il faut faire sauter la banque
Samedi
22 novembre 2008 @ 7 40
Si on ne prend pas les devants en la faisant volontairement exploser et en réorganisant ses départements sous contrôle étatique afin qu’ils servent aux clients et plus simplement aux actionnaires, l’UBS se retrouvera rapidement dans l’incapacité de prester et dans les mains de gloutons liquidateurs qui dormiront pendant plusieurs décennies en s’en mettant plein les poches.
Citigroup est très proche de la faillite (malgré l’aide fédérale US reçue de 25 milliards de dollars) et ses dirigeants sont en réunion depuis vendredi après-midi pour trouver une issue à cette situation.
Sa capitalisation boursière valait vendredi soir approximativement le montant de l’aide qu’elle vient de recevoir, pas un sou de plus. Étrange coïncidence, la valeur de UBS ce même vendredi soir était de l’ordre de 33.3 milliards de francs suisses, soit approximativement un montant équivalent à celui de sa consÅ“ur américaine.
Les deux établissements ont été les championnes du modèle bancaire dual et de la création de fausse richesse au travers des produits structurés, cette sorte de sous-produit de la décadence bancaire digne d’une fin d’empire.
On murmure très fort dans de nombreux couloirs plutôt bien au courant de ce qui se passe que UBS a déjà absorbé en catimini un montant proche de 10 milliards de dollars en aide officielle suisse et ceci alors même que le plan du mois d’octobre destiné à la sauver n’a encore reçu aucun aval parlementaire.
C’est dire que non seulement la communication gouvernementale est volontairement déficiente et bancale, mais que son fameux plan soi disant préparé de longue date n’est d’aucune utilité. On ne fait pas encore revivre les morts, même à coups de milliards et de communication tronquée.
UBS est illiquide globalement ce qui explique la descente aux enfers du cours de son action. Certains croient à tort que cette descente n’est que le fruit d’opérations de traders fous. Il se trompent, même avec un discount de 30 % personne aujourd’hui ne veut acheter UBS.
On entendait hier au soir sur RSR La Première à Forums des « spécialistes » soudain revenus à la dure réalité d’un monde réel qu’ils ne maîtrisent pas (alors même qu’il y a encore quinze jours il prétendaient évidemment le contraire) estimer qu’il n’y avait guère d’autres solutions que de démanteler sans délai le géant boiteux moribond, quitte à jeter son nom et sa marque aux orties, tout en sauvant les « joyaux de la couronne ».
Impayables ces gugusses, car la valeur des joyaux de la couronne dépend en l’espèce justement de la marque, du fameux savoir faire qui s’est rapidement transformé en « ne plus savoir que faire ».
On a annoncé ici, il y a plus d’un an que UBS exploserait. Ca nous a valu quelques remarques acerbes et des ricanements nombreux.
Le gouvernement suisse a mis le doigt dans un engrenage infernal qui consistait à sauver à tout prix un engin ne valant plus rien ou presque. Quand on tend la main le bras y passe.
Sauf que pour laisser passer le bras dans le cadre d’un plan de sauvetage numéro 2, on doit d’abord regarder si on en a les moyens (ce qui est encore probable), mais si surtout les milliards à utiliser ne vont pas finir dans la poubelle géante sans contrepartie économique et au mépris d’un aval démocratique.
Il ne reste que bien peu de jours aux marionnettistes bernois pour faire quelque chose d’intelligent et de politiquement acceptable : et ce quelque chose est simple. Il faut fermer de force UBS, et simultanément transmettre ses activités (et pas ses actifs pourris) dans un établissement entièrement détenu par la Confédération.
Dans ce sens la population comprendrait enfin et approuverait une mesure destinées à maintenir en vie et en opérations une économie malmenée par l’assèchement du crédit. Quant au véhicule UBS lui-même, sa valeur est nulle et il serait légitime de le laisser partir en faillite : car c’est la condition légale de la sanction pénale que méritent ses dirigeants et ses cadres, et ce ne serait que le reflet de la véritable situation actuelle, le maintien à tout prix d’un joyau de la banque que la génération PlayStation a tout simplement détruit, avec les encouragements de vieux bonzes pas bien sages mais avides de rémunérations délirantes.
Et cessons aussi de dire, de croire et de tenir compte du fait que la Suisse a une capacité particulière en matière bancaire: les faits démontrent le contraire et le Swiss Made en la matière a aussi été détruit par les gnomes de Bâle et Zurich. Sacré gâchis en vérité.
Mots-clés : démantèlement, explosion, faillite, opérations, reprendre, ubsLe retour de l’intérêt négatif ?
Vendredi
21 novembre 2008 @ 7 15
Encore une diminution historique du Libor suisse de l’ampleur de celle décidée hier et le taux de référence sera proche de zéro.
Que fera alors la BNS qui comme par miracle estime enfin après des mois de tergiversations et beaucoup trop tard que les risques d’inflation sont très réduits voire nuls ?
Va-t-elle nous refaire le coup de l’intérêt négatif des années 1970 pour empêcher un immuable attrait pour le franc suisse et maintenir celui-ci à des altitudes acceptables en comparaison internationale avec le US dollar et l’euro ?
Il ne sert plus à rien d’approvisionner en liquidités l’UBS : ces liquidités la quittent aussitôt pour aller s’investir ailleurs. Le malade est cuit et son actuelle capitalisation boursière ridicule qui permettrait à n’importe quel concurrent de le manger en deux temps trois mouvements n’attire plus aucune convoitise.
Pire encore, ceux qui doivent de l’argent à l’UBS pour des opérations commerciales comme certaines PME chanceuses qui n’ont pas subi l’arrogance de l’UBS la quitte pour emprunter ailleurs et vivre avec un partenaire bancaire et non pas bancal.
Dans ses distributions de cadeaux de Noël, la BNS devrait dans l’idéal exiger de l’UBS qu’elle conserve ses liquidités et la renseigne sur leur utilisation: le problème est que la confiance est définitivement rompue et que ces fameuses liquidités vont enrichir le bas de laine disponible des prédateurs qui se préparent dans l’ombre, tout en jouant les Blue Chips à la baisse et à découvert.
Jouant aussi peu habilement, la BNS aide ces prédateurs à faire baisser les cours et à se trouver en mesure d’aspirer le moment venu et pour presque rien des valeurs aujourd’hui inconsidérément basses.
C’est le véritable tissu économique des petites entreprises qui a besoin de milliards et ce serait à l’institut d’émission de parer aux carences dans ce domaine. Par exemple en créant son propre organisme distributeur de crédit commerciaux et hypothécaires.
Car si le risque de concurrence redevient réel pour les banques cantonales et autres Raiffeisen sur leurs terrains de prédilections, alors verra-t-on sans aucun doute et « miraculeusement » le marché se dégeler.
La BNS n’a plus qu’un seul pourcent pour agir sur les taux : il faut donc qu’elle change son fusil d’épaule maintenant, sinon il sera trop tard.
Mots-clés : bancaire, bancal, BNS, libor, liquidités, ubsEt si elle dépose son bilan
Mercredi
12 novembre 2008 @ 18 00
Dans n’importe quelle république non bananière, l’UBS étatiquement « sauvée » dont la valeur du titre continue de descendre jour après jour et dont l’illiquidité croît simultanément (voir IBOR ou Libor), le bon sens et surtout les obligations légales auraient déjà conduit tant son conseil d’administration que son organe de révision externe à demander au moins un ajournement de faillite ou à déposer le bilan.
Il apparaît en effet clairement actuellement que la non-confiance dans la grande banque nationalisée est tellement mince que plus de la moitié de la valeur de ses fonds propres restant est entamée (article 725 alinéa 2 du CO). Sans doute pas en Suisse, voyons, là où même le chocolat est d’or et les principes comptables adaptables à la taille du problème …
Au 30 septembre 2008, la valeur comptable des fonds propres de cette chère UBS était de l’ordre de 46 milliards de francs (page 67 du rapport aux actionnaires du 4 novembre 2008). Au train où vont les choses, et notamment les dépréciations de produits d’investissements divers, et compte tenu aussi de la nouvelle mesure étalon qu’est le milliard de US dollars à laquelle gouvernants, banques centrales et citoyens lambda se sont habitués ces dernières semaines, il ne fait guère de doute que le bilan même apuré de ses plus folles « aventures » nécessite encore un petit pourcentage d’amortissements …
Or lorsqu’on applique un petit 5 % au total des actifs (1 seul sur 20 serait donc encore toxique ), on doit prendre le 5 % de 2000 milliards de francs, soit 100 milliards. Passez muscade et l’on comprend pourquoi le titre ne vaut même pas aujourd’hui la valeur substantielle comptable de la banque au 30 septembre (ce soir Fr. 16 environ soit une valeur boursière totale de Fr. 45 milliards). Il suffirait qu’elle doive amortir Fr. 23.5 milliards supplémentaires, soit 1,18 % de ses actifs pour que la situation du 725 2 CO s’applique arithmétiquement. La marge de manÅ“uvre comptable est plus que mince, encore plus en ces temps troublés.
Nos aimables édiles ont prévu de verser 6 milliards dans l’entonnoir sans fond le 4 décembre. Bien, en contrepartie, on reçoit des intérêts nous dit-on et des actions UBS …. sauf que si le 5 décembre UBS dépose son bilan, on voit assez mal a) comment elle continuerait de verser des intérêts à la Confédération et b) quel intérêt il y aurait à posséder des actions d’une banque en faillite.
Ce cas de figure que personne ne veut évidemment imaginer n’est pas aussi surréaliste qu’il y paraît au premier abord. Les calculs assez sommaires ci-dessus le démontrent.
Ce qui est étrange est qu’il n’est pas prévu dans les accords passés avec la banque, et n’a pas été présenté aux parlementaires comme faisant partie de l’éventail des possibles … à suivre donc, car si en plus « on » verse pour ne rien voir revenir du tout, les milliards en question seraient sans doute mieux ailleurs.
Mots-clés : 725 CO, bilan, dépôt, fonds propres, petits calculs, scénariiLes sottises du Conseil fédéral
Lundi
10 novembre 2008 @ 16 16
Après avoir décidé de sauver l’UBS en catimini avec les méthodes plus que discutables que l’on connaît, et avant même que les parlementaires castrés ne se prononcent, le CF a produit un projet de message (5.11.2008) pour tenter de justifier l’injustifiable.
On pourrait (pourra ?) rédiger des thèses de doctorat sur la façon dont le CF agi et dont il se justifie en la matière, mais on se contentera de relever ici quelques magnifiques zones d’ombre ou de contradictions qui démontrent, le fallait-il encore, que le pouvoir ne maitrise pas son sujet.
titre train de mesures destinées à renforcer le système financier suisse : on parle de qui au juste, de l’UBS ou de quelqu’un d’autre aussi ?
page 4 participation de la Confédération :« elle ne devient pas copropriétaire de la banque, du moins pas dans l’immédiat » On ne peut pas mieux dire si on veut faire allusion à un plan 2 … en cas de nécessité.
page 5, bénéfices BNS distribués aux cantons réduit à zéro :« Si, contre toute attente, ce cas de figure devait néanmoins se présenter, le Conseil fédéral chercherait, d’entente avec les cantons, une solution permettant de répartir les charges de façon aussi équitable que possible ». On rappelle juste que les cantons sont les actionnaires à plus des deux-tiers de la BNS …
page 16, faillite d’une grande banque :« La faillite d’une grande banque déclencherait une véritable réaction en chaîne et déstabiliserait, au moins à court terme, l’approvisionnement en liquidités et le système des paiements en Suisse . » : lire entre les lignes, la vraie BNS en Suisse c’est l’UBS …
page 16, faillite d’une grande banque : »Les répercussions macroéconomiques de la faillite d’une grande banque ne peuvent a priori être quantifiées« … ben alors, pourquoi en parler quelques lignes avant sur un ton apocalyptique ?
page 24, du laisser-aller : « La Confédération suisse renonce à siéger au conseil d’administration de l’UBS SA et à influencer directement la stratégie de l’entreprise » jouez donc tout seuls, messieurs les banquiers.
page 25 , de la nature juridique de l’injection de fonds : « Les versements liés aux aides financières ne sont pas des opérations de trésorerie: elles entraînent au contraire des dépenses qui ont une incidence sur la comptabilité et les crédits. Pour qu’elle puisse accorder des aides financières, la Confédération doit donc disposer d’une base légale solide (cf. ch. 2.3.6.2) et du crédit nécessaire (cf. ch. 2.3.6.3) » on veut bien les croire, sauf que justement ces bases légales et constitutionnelles font défaut.
page 47, de la valeur des actifs pourris transférés: « les marchés de la plupart des actifs qui seront transférés dans la société à but spécial sont gelés ou très illiquides depuis que la crise financière a éclaté, rendant la fixation d’un prix fiable presque impossible. Mais si l’on tient compte des autres éléments qui constituent le système de garanties de cette transaction ainsi que de l’horizon opérationnel assez éloigné de la BNS, on peut admettre que le risque auquel elle s’expose reste acceptable »
Ce genre de phrase ne ferait pas mauvaise figure dans une encyclique … sauf qu’elle relève de la mauvaise foi et pas de la foi simplement.
Pour ceux qui souhaitent vraiment lire le texte en entier, il est ici à disposition en format pdf. Attention, prendre trois bonnes respirations avant l’usage et au moins un scotch après lecture.
Mots-clés : conseil-fédéral, mensonges, message, omissions, sottises, train de mesures, ubsLes raccourcis foireux de Merz
Samedi
8 novembre 2008 @ 16 40
On lui avait flanqué la paix pendant sa maladie et sa convalescence, par simple respect pour ce qui lui arrivait.
Mais voilà que le grand argentier a senti l’appel des hautes urnes, le brâme concurrent des autres mâles politiques et s’est considéré comme indispensable à la conduite de la politique dans ce pays. Dont acte, c’est son choix, comme c’est le nôtre de tirer à nouveau sur ses permanentes contradictions.
Moins d’une semaine après sa reprise, notre brave ministre des finances y va de différentes apparitions médiatiques et notamment d’une interview donnée au Temps de laquelle on extrait quelques perles inquiétantes.
Aide de l’UBS à perte : « Je suis certain que la Confédération sera gagnante, car l’emprunt convertible se base sur un cours du titre à 18 francs. Après deux ans, le cours aura augmenté et la Confédération fera du bénéfice ». Ah bon, et dans l’hypothèse inverse ? depuis huit ans Merz est sûr de la hauteur du déficit annuel du ménage fédéral, mais se trompe chaque fois de plusieurs milliers de pour-cents ? pourquoi aurait-il soudain raison ?
UBS nationalisée : « Je ne peux pas imaginer la Confédération actionnaire-propriétaire d’UBS. Comment voulez-vous gérer une banque efficacement sous la pression des interventions parlementaires et des débats agitant l’opinion publique? »
Ah bon, pour y injecter des dizaines de milliards sous une forme ou sous une autre on doit donc se passer du parlement agité et du bon peuple pour pouvoir faire ça tranquillement, en douce et dans les paradis fiscaux ?
Les bonus : « Dans ce domaine, UBS a commis de graves erreurs en versant des bonus à des personnes qui n’ont pas contribué au succès de l’entreprise. J’appelle donc les dirigeants d’UBS à rembourser spontanément ces bonus immérités. »
Ce ne sera donc plus spontané puisqu’il le leur demande… à part ça, on fait quoi avec les indemnités salariales des conseillers fédéraux qui font n’importe quoi ? on leur suggère de rembourser aussi ? la critique est facile, mais maintenant qu’il démontre deux choses: a) qu’il sait ce que surveiller une banque veut dire et b) que l’investissement consenti sera rentable …. faute de quoi certains banquiers pourraient à leur tour légitimement dire « remboursez ! »
On ne peut s’empêcher de noter en effet que c’est la Confédération elle-même, en tordant la Constitution, qui fait en sorte de biaiser un marché libre qu’elle a adulé et qu’elle est censée protéger en sauvant une banque … et en sermonnant les autres.
Le CS qui se débrouille tout seul dans cette situation pourrait juste demander à la ComCo ce qu’elle pense des injections vitaminées prodiguées par la BNS à l’UBS. Légales, légitimes, justifiées ou simples arrangements entre « bonnes » gens ?
Mots-clés : comco, foireux, le temps, merz, raccourcis, ubsUBS : les taux baissent, mais pas l’étau
Vendredi
7 novembre 2008 @ 7 49
L’alternative à l’UBS mourante s’appelle probablement Postfinance, mais il faut cesser de la brimer.
Certes, dans la situation actuelle il faut jouer groupés. La BCE et la BoE ayant baissé leurs taux dans le sillage américan, la BNS ne pouvait que suivre.
Mais comme d’habitude justement elle … suit, ne prend aucune initiative originale (sauf quand elle choisit les îles Cayman pour des motifs peu avouables) et finalement subit. Car le franc suisse ne cesse de reprendre sa valeur de monnaie refuge malgré ses gesticulations tardives.
A celà s’ajoute que la petite BNS fait franchement un peu caisse d’épargne régionale face à l’immensité théorique de UBS qu’elle prétend vouloir sauver. Déséquilibre symptomatique et clair qui démontre à lui seul que la tâche est simplement impossible.
La note de UBS dans l’esprit de celles et ceux qui voudraient lui prêter est encore trop mauvaise. Les fantaisies comptables qui ont amené l’établissement à déclarer un bénéfice pour le troisième trimestre ont fini de convaincre les sceptiques que les banquiers sont incorrigibles et ne racontent jamais la vérité. Elle est pourtant crue et nette : UBS est devenu l’unité de compte internationale de la banque qui n’a plus de liquidités, en plus de la misère encore grandissante qui pèse sur ses actifs.
Le CF et la BNS seraient bien inspirés de mettre en oeuvre rapidement la partie 2 du plan: la substitution pure et simple d’UBS par une entité suisse fédérale en mains publiques avec un bilan propre, qui sera la seule capable de redonner confiance.
Et n’oublions pas les coups de gueule du weekend dernier des responsables de la BNS : ils ne viennent pas sans raison. Le CS veut la peau de l’UBS et les banques cantonales se frottent aussi les mains en silence.
Postfinance de son côté, à qui on refuse stupidement une licence bancaire de base, en tire les conséquences et joue la pendule. Et pourtant c’est probablement de là que pourrait venir une solution raisonnable. Car l’infrastructure et la pénétration locale de Postfinance sont opérationnelles et importantes
A suivre de près.
Mots-clés : BNS, étau, pendule, plan 2, postfinance, taux, ubsUBS : un si étrange profit
Mercredi
5 novembre 2008 @ 8 04
Le profit annoncé n’a rien d’un bénéfice réel, ce n’est qu’une série de manipulations comptables pour faire joli dans le paysage.
Il est juste de s’interroger, mais encore faut-il donner des explications. Et ces éléments ne sont pas présents dans les commentaires des médias traditionnels.
Pour tenter d’éclairer le débat, il faut reprendre au pied de la lettre le texte du communiqué de UBS, qui dit ceci: » Les éléments affectant les résultats du troisième trimestre comprennent un gain résultant de l’évaluation des propres crédits de 2207 millions de CHF et un crédit d’impôts de 913 millions de CHF ».
On a déjà parlé ici dans un billet de hier matin du fameux crédit d’impôt dont la légitimité populaire n’est en tous cas pas évidente. S’agissant maintenant de l’autre portion du fameux profit, il faut comprendre que UBS a en réalité fait ses fonds de tiroirs à valeurs, et jugé que certaines de ces valeurs qu’elle avait préalablement amorties (pour ne pas payer d’impôts !) étaient très nettement sous-évaluées.
Sous-évaluées de 2 milliards de francs environ. Les sculpteurs comptables ont alors saisi leurs ciseaux pour extirper de l’existant des plus-values qu’ils ont comptabilisées. Ainsi dit ainsi fait, ce que le droit comptable suisse permet (la constitution de réserves latentes ou cachées) a permis l’éclosion miraculeuse d’un profit artificiel auquel personne de sérieux ne peut croire.
Car c’est bien de celà qu’il s’agit: alors que pendant un temps on disait et croyait que les subprimes avaient de la valeur, et généraient donc un profit, on a cette fois-ci estimé que des positions devaient être techniquement réévaluées. D’où les termes « un gain résultant de l’évaluation des propres crédits » qui en français décrypté veut simplement, la valeur de marché revue et corrigée des billes que j’ai dans ma poche et que le petit voisin convoite. Il ne s’agit donc en rien d’un bénéfice opérationnel, ou provenant d’opérations bancaires profitables en tant que telles.
Et dire que UBS est sous une attention et un contrôle attentifs de la BNS. Autant rire ou plutôt pleurer de l’incroyable manque de sens critique des autorités de contrôle et des autres, une naïveté devant « ce qui est trop complexe pour le citoyen lambda », soi disant, mais qui ne laisse de rester pantois depuis des semaines.
Le profit annoncé n’a rien d’un bénéfice réel, ce n’est qu’une série de manipulations comptables pour faire joli dans le paysage. Ce que les techniciens appellent volontiers le « window dressing » pur et simple. Au concours des balcons fleuris, UBS gagne.
A celui du manque de transparence elle gagne le grand prix du mois.
Mots-clés : comptables, profit, réévaluation d'actifs, trimestre, trucs, ubs, window dressingUBS : crédit d’impôt (bis) !
Mardi
4 novembre 2008 @ 7 50
Faute de mieux, l’UBS nous rejoue le coup du crédit d’impôt pour annoncer un « bénéfice trimestriel ».
Voici le texte du mail plus que succinct adressé aux actionnaires de UBS ce matin à 7 heures 25: « Résultat net du Groupe attribuable aux actionnaires d’UBS de 296 millions de CHF au premier trimestre, chiffre conforme à l’annonce préalable du 16 octobre
Les éléments affectant les résultats du troisième trimestre comprennent un gain résultant de l’évaluation des propres crédits de 2207 millions de CHF et un crédit d’impôts de 913 millions de CHF
Sorties nettes d’argent frais de 45,8 milliards de CHF hors des deux unités de gestion de fortune; sorties de fonds nettes supplémentaires de 3,5 milliards de CHF pour Business Banking Switzerland et de 34,4 milliards de CHF pour Global Asset Management« .
On nous refait le coup du crédit d’impôt d’il y a quelques mois, sauf que cette fois notre chère banque proto-nationalisée est productrice et bénéficiaire d’impôts tout à la fois … drôle de situation qui ne devrait pas lui permettre de revendiquer un futur crédit d’impôt avec ce qu’elle a déjà pompé au contribuable et ce qu’elle continuera de lui pomper indirectement par les coûts engendrés par le plan BNS.
Enfin, tout ça n’est que de la babiole en regard du quatrième trimestre que UBS annonce déjà comme particulièrement cotonneux : « Les résultats du quatrième se ressentiront d’une éventuelle contre-passation du gain résultant de l’évaluation de ses propres crédits et d’une perte sur le capital du fonds devant être contrôlé par la BNS ». En décrypté, ça veut dire, attention à la fin de l’année, ça va secouer dans les chaumières au moment de déterminer le résultat trimestriel et annuel.
Dernière remarque : sorties nettes de fonds au total pour le trimestre…. 83.7 milliards de francs … et après ça on nous raconte que la confiance revient… une confiance diminuée de ce montant et donc bien fragile pour ne pas dire plus.
Mots-clés : combinazione, crédit d'impôt, troisième trimestre, ubsBaisse des taux : attention aux déséquilibres
Lundi
27 octobre 2008 @ 17 45
Après avoir fait dans l’orthodoxie la plus conservatrice et dramatique des années durant en matière de taux d’intérêts sous l’impulsion du sémillant Trichet, voici que la BCE injecte à tour de bras des liquidités dans le marché (« no limit » même ce jour), baisse ses taux d’intérêts et annonce une nouvelle baisse pour « dans très peu de temps ».
Il faut dire que les économies réelles (vous savez, celles qui n’étaient pas touchées du tout par la crise …. uniquement financière), il faut dire donc que ces économies sont mises à mal en Europe, en particulier dans les grands pays que sont l’Allemagne et la France.
Déserrer les cordons du crédit est donc une bonne chose en apparence, du moins à la lumière de ce que disaient les économistes diplômés d’avant la crise …
Baisser les taux implique automatiquement une hausse de la masse monétaire M2 (si ce n’est M3 ) en circulation, et donc implicitement une baisse réelle de valeur de l’euro. S’il y a une leçon à tirer déjà de la crise, c’est que le rapport entre PIB réel et masse monétaire doit être revu et maintenu dans des limites assez étroites.
Une des raisons de la crise financière est l’éclatement de la bulle des non valeurs, des non-valeurs non seulement spéculatives mais aussi purement théoriques. Or ces pseudo-valeurs financières entrent, notamment en Suisse, pour une part très importante dans le calcul usuel du PIB. Et donc dans le ratio PIB/masse monétaire.
Sans entrer dans le détail du calcul effectué un peu trop long à reproduire ici, on peut facilement admettre qu’une portion de 18 à 25 % du PIB helvétique ne correspond plus à aucune réelle création de richesse, mais à de simples ajouts de noix et de coquilles vides sur un bâton fissuré. Et ne correspondait pas mieux d’ailleurs avant la crise, d’où notamment sa survenance.
En ces périodes de déséquilibres et notamment de volatilité des taux de change, attention donc aux ratios de base : ils sont vitaux. Et le réglage fin, voire très fin est de rigueur.
On ne peut donc que regretter que les économistes patentés n’aient jamais voulu tenir compte de ces excès dans leur calcul du PIB. Ils y repenseront sans doute, quand le temps sera redevenu meilleur et qu’ils oseront à nouveau ressortir leurs diplômes …
Mots-clés : attention, m2, masse monétaire, pib, ratio, réglagesEconomie de marché : l’agonie
Mercredi
22 octobre 2008 @ 12 01
Il est frappant de noter qu’aucun économiste de quelque bord qu’il soit ne remet actuellement en cause le modèle de l’économie de marché. Un peu plus de régulation ici, un peu moins là , mais aucune remise en cause du modèle en général. « C’est la seule qui marche », nous dit-on.
Il n’y a qu’à voir ce qui se passe, pourrait-on rétorquer… A croire que l’économie du plan ayant fait faillite dans les états pré et post-soviétiques, les experts sont à nouveau en manque total d’imagination, dans un conformisme navrant et aveuglés par leurs préjugés dogmatiques, pseudo scientifiques ou politiques.
Et pourtant s’il est un moment dans l’histoire qui justifierait une réflexion un peu plus profonde, c’est bien celui que nous vivons actuellement. Opposer l’économie régulée et l’économie de marché est simpliste, trompeur et insuffisant. D’abord le marché n’est en réalité pas un marché libre.
Aucun pays n’est plus protectionniste que les USA, les pays émergents le sont aussi à leur façon, la vieille Europe également. De son côté l’Afrique n’est pas un marché mais un souk permanent dans lequel l’importance des classes dirigeantes et de leur consommation (en terme de biens et services et en terme de revenus de la corruption) n’a pas son pareil d’inéquité. Les pays d’obédience islamique sont eux aussi très régulés, dans le sens du pouvoir et de ses intérêts.
Bref, un rapide tour d’horizon montre que l’économie de marché n’est plus qu’un mythe : il n’y a qu’à suivre les gesticulations de l’OMC pour s’en rendre compte. La fin du 20e siècle se voulait officiellement dérégulateur, il n’a été que dérégulateur à sens unique, à savoir au profit des riches ou des superpuissances noyautant les institutions internationales.
On sait aujourd’hui et depuis un certain temps que la crise actuelle va générer son lot de chômeurs supplémentaires autour du monde. Que les tensions sociales ne sont de loin pas prêtes de s’amenuiser. On sait aussi aujourd’hui que plusieurs valeurs ne font pas l’objet d’une appréhension économique appropriée : par exemple le savoir et la disponibilité.
Le savoir est à peu près la seule denrée qui peut être transmise et multipliée sans dépense : on peut en effet nourrir de savoir des générations entières sans que cette denrée ne s’épuise ou ne risque de se raréfier. Parallèlement, il existe des comportements ouverts, disponibles et souhaitant venir en aide à l’autre qui eux aussi ne font l’objet d’aucune comptabilité. Le fait de procréer et donc d’assurer la survivance d’une espèce est aussi une activité non recensée parmi celles qui sont essentielles à la vie en société.
Ainsi de l’économie de marché ou la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande est la seule qui actuellement ait un sens dans la fixation des prix des biens et services, on doit rapidement évoluer vers une économie sociétale durable : un modèle dans lequel l’échange de coups de mains puisse être valorisé, la transmission des savoirs aussi et l’apport général au maintien d’un lien social également. Ce modèle doit nécessairement prendre aussi en compte des aspects écologiques essentiels visant à la conservation du cadre de vie.
Ne pas profiter de la crise actuelle pour remettre à plat le problème du fossé Nord-Sud grandissant serait une erreur historique : cet évènement est une chance pour l’humanité, à condition qu’elle s’en occupe.
Parmi des règles contraignantes, on pourrait imaginer un article constitutionnel qui prévoirait notamment:
- que les prix maximums des denrées de base soient fixés par les agriculteurs eux-mêmes chaque année et qu’ils s’y tiennent;
- que l’écart entre bas salaires et salaires de managers ne doit pas excéder un facteur 20;
- que chaque transaction financière ne générant pas de profit économique soit taxée, sinon interdite;
- qu’une balance commerciale équilibrée doive être maintenue ou approchée avec tous les partenaires commerciaux;
- que le travail social ou familial soit rémunéré à sa juste valeur;
- que la notion de croissance soit volontairement freinée, toute croissance d’une entreprise supérieure à un taux donné ouvrant droit à une taxation pénalisante
etc…
En bref, quelques pistes de réflexion pour une refondation nécessaire et urgente d’un modèle économique à l’agonie.
Mots-clés : agonie, alternative, Economie, marché, réflexionsUBS : qu’y a-t-il hors bilan ?
Dimanche
19 octobre 2008 @ 18 15
On sait que les CDS (Credit Default Swaps) sont des instruments financiers hautement spéculatifs qui se traitent sans fonds propres importants, sans financement et surtout en bonne partie hors bilan.
Tout le monde s’accorde à dire que ces instruments ont causé la chute de AIG et de Lehman Brothers, grande spécialiste de ces produits dits « d ‘assurance ».
On estime la valeur nominale totale de ces contrats en circulation en septembre 2008 à plus 60 000 milliards de US dollars. Personne ne sait où ils sont et personne ne sait exactement qui les « détient en portefeuille », puisque ce ne sont (devient) des actifs (ou des passifs) que si un « évènement » de crédit se produit (défaut de paiement, moratoire, restructuration, faillite voire même délais excessifs dans le règlement de certains encours).
Les CDS « habitent » pourtant aussi à l’UBS même si on ne les distingue pas très bien et pour cause. De la même manière, les dossiers titres individuels des fortunes gérées ne figurent pas au bilan de la banque mais en pied de bilan, et donc hors de portée de certains regards.
Si l’on reprend au mot à mot le communiqué de l’UBS du 16 octobre, le premier paragraphe insiste bien sur les positions à risques au bilan de la banque (UBS élimine les positions à risque de son bilan par une transaction avec la Banque Nationale Suisse).
Les actifs et passifs hors bilan ne sont pas connus du public et des actionnaires en dehors des périodes de bouclement de comptes, à savoir au 31 décembre de chaque année pour UBS. Sur la base du rapport annuel 2007 (pp. 132 et 133), on constate que ces positions sont très peu détaillées (et pour cause) et comprendraient des actifs gagés « off-balance sheet » pour un montant de 121’441 millions de dollars. Similairement les positions passives conditionnelles s’élèveraient à 330’664 millions de dollars.
Le total avoué des instruments dérivés serait lui de 48’112 millions de dollars US net et celui des transactions fiduciaires de 48’260 millions de dollars. Des chiffres colossaux dans lesquels il est tout simplement impossible de se plonger pour les vérifier.
On ne parle pas beaucoup des CDS dans le rapport annuel 2007 sinon en pages 31 et 73 pour en définir la méthode de comptabilisation et donner quelques détails assez mignons car quasi incompréhensibles à souhait pour l’actionnaire de base : « Credit derivatives and similar instruments include credit default swaps, credit-linked notes, total return swaps, put options, and similar instruments. These are generally used to manage credit risk when UBS has a direct credit exposure to the counterparty, which has not otherwise been collateralized« .
Ce petit décryptage pour noter que les experts, la presse spécialisée et la presse généraliste n’ont pas écrit beaucoup de lignes visibles sur ce sujet pourtant assez délicat et important. Que même la BNS ne veut pas regarder, et que nos braves édiles du Conseil fédéral n’ont tout simplement pas pu comprendre.
Au fond, ils n’ont pas bien lu les petites lettres du plan rédigé par l’UBS, pourtant il faut toujours lire les petites lettres … et c’est donc en pleine méconnaissance de cause qu’ils ont omis de noter que l’on ne parlait que de l’assainissement du bilan de la banque … mais pas de ses positions risquées détenues en douceur hors bilan.
C’est ainsi que cette douceur va se transformer en douleur pour nos chers politiques, nos chères finances publiques et nos porte-monnaie dans pas longtemps, juste le temps de laisser déboucler quelques opérations encore courantes.
PS: pour se remonter le moral concernant la probable évolution de la semaine qui vient, lire ceci, de préférence avec un mouchoir.
Mots-clés : cds, credit default swaps, engagements, hors bilan, ubs
Panurgiques et stupides traders
Mardi
14 octobre 2008 @ 7 01
Strictement rien n’a changé dans les fondamentaux économiques depuis vendredi passé. Certes les gouvernements européens bientôt suivis par les USA ont décidé de garantir la liquidité interbancaire, mais ils l’ont fait dans des processus qui s’apparentent à ceux des régimes dictatoriaux.
A savoir au mépris des droits populaires et forts d’une conviction tellement répétée qu’elle est devenue un évangile intangible: « on ne peut se passer des banques privées, si elles tombent, tout tombe« . Cette « évidence » est une sottise de première classe qu’ils sont bien contents de croire et faire croire.
Les banques privées de leur côté, après avoir fait la fortune d’un certain nombre d’actionnaires malins et de dirigeants requins vont devenir d’un côté à l’autre de la planète des banques collectivistes, aux frais (pour l’instant) du contribuable à qui on n’a strictement rien demandé. On annonce sur toutes les chaînes de TV que les États vont faire une bonne affaire sur le moyen ou long terme, tellement le prix payé pour les nationalisations est bas.
On rappellera aux gentils économistes qui n’ont rien vu venir que le prix n’est que le reflet d’un possible accord entre vendeur et acheteur d’un bien ou d’un service à un temps donné T. Mais que ce prix en l’état actuel des choses est la seule valeur admissible. Prétendre que le prix des banques va monter, c’est justement déjà retomber dans les travers qui ont conduit à la crise actuelle, alors que de l’autre côté on jure ses grands dieux qu’on ne le fera plus.
La Bourse et les traders ont un comportement panurgique pathologique assez dramatique. On croit souvent qu’ils disposent d’un savoir étendu et de connaissances techniques très particulières: tout leur art de bonimenteurs de foire est de faire croire au bon peuple ce genre de sottises en prenant des airs affectés et en alignant moult graphiques sur leurs ordinateurs dernier cri. En réalité, s’ils étaient aussi subtils et performants que ça, la crise actuelle aurait été évitée.
F’Murr a écrit une série de remarquables bandes dessinées intitulées le Génie des Alpages. On y voit moutons et brebis dans leur comportement grégaire assez stupide et quotidien, sous la surveillance d’un chien plutôt fainéant : le petit monde des traders et des banquiers est bien plus grégaire encore que ça, mais nettement moins drôle : ils n’ont que deux réflexes, sourire quand ça monte et pleurer quand ça descend, oubliant que ce sont eux mêmes qui provoquent les mouvements … et non la fée Carabosse
Alors qu’on a insufflé à l’économie du quotidien les germes de la plus grande récession qu’elle va subir depuis plus de 50 ans, et qui va durer des années et toucher des millions de personnes, les moutons bêlants des bourses du monde entier se sont jetés sur les déclarations d’intention des gouvernants comme sur les paroles d’un club de gourous. D’ailleurs ce club s’appelle alternativement G4, G7, G8, G20 où la lettre G veut dire gourou dans toutes les langues.
Sauf que ces gourous jouent avec le feu à vouloir sauver la baraque « banques » au lieu de s’occuper de celles et ceux qui produisent les richesses, les travailleurs et les entreprises petites ou grandes.
On verra que dans pas longtemps ces nouveaux propriétaires de banques nationalisées entièrement ou totalement vont se montrer incapables de pratiquer une véritable politique de relance budgétaire concertée et concrète. Et le fameux « coup » (coût) à 2500 milliards de US dollars au moins du sauvetage actuel va se révéler inopérant.. et donc vraiment très coûteux pour le contribuable citoyen.
Car au final, les liquidités pour les liquidités ça ne sert à rien. Il faut qu’au contraire elles aillent dans les bonnes poches, celles des producteurs et des consommateurs, faute de quoi on pourra recommencer.
Mais il sera sans doute alors trop tard, et avec quel argent. Celui payé aux propriétaires actuels de banque pour les nationaliser ? sans doute pas. Avec l’argent emprunté à ceux qui en ont actuellement, Chine ou Inde par exemple, et dont la puissance géo-politique va ainsi laminer la vieille Europe et les USA décadents.
Mots-clés : banquiers, bêlant, f'murr, moutons, panurgie, sottises, tradersG7 : l’aimable course d’école
Samedi
11 octobre 2008 @ 6 56
C’est fou ce qu’elle et ils ont l’air fiers sur la photo de famille, les ministres des finances du G 7 à Washington : arborant de belles cravates et des mines réjouies, avec l’éternel et rigolard guide de voyage Barroso, qui est de toutes les agapes tel un fidèle passe-plats, les braves ministres pensent sans doute avoir réinventé la roue et de façon historique.
On sent comme une envie profonde de figurer aux futurs chapitres des livres d’histoire dans un moment tout aussi historique.
Mais voilà , ayant accouché d’un fameux plan en 5 points censé tout régler et calmer les esprits, il se trouve qu’il n’y a pas l’ombre d’une chance que cette « Å“uvre magistrale » change quoi que ce soit aux tourments actuels des places financières : d’abord, l’ensemble des points n’a rien de nouveau et surtout, ce ne sont qu’évocations littéraires et amusantes de grandes « non-idées ».
Car n’en doutons pas, aucun de ces responsables ne croit un mot de ce qu’il dit, et surtout ne va faire exactement ce à quoi il s’est engagé : chacun va continuer à faire ce qu’il veut
De purement économico-financière, la crise actuelle a pris un tour géo-politique. Non seulement des établissements style Santander l’espagnol ou Crédit Suisse (légèrement gonflé d’ailleurs vu ses futurs résultats du trimestre) se montrent déjà officiellement comme les vautours avides, mais les États ont un intérêt certain à profiter de la crise pour étendre unilatéralement leur sphère d’influence.
La Russie, certes membre « que du G 8″ est en train de sauver la mise à l’Islande: ceci n’est pas gratis en termes géo-politiques. La France a dû puiser dans sa cassette pour Dexia et Fortis: ça va ramener la guerre entre Flamands et Wallons à la mesure d’une aimable plaisanterie sans intérêt autre qu’une guerre de nains de jardins vieillis et décolorés pour assujettir encore un plat pays déjà bien gangréné.
Le Japon de son côté n’a jamais fait les choses gratuitement et le brave yankee Paulson est le premier à avoir fait l’inverse de ce qu’il préconise : laisser tomber une banque en faillite, Lehman Brothers. Sans doute un détail technique laissé à l’appréciation des États membres …
Une telle déclaration d’intention n’est que de la poudre aux yeux: pire, elle est un simple aveu d’impuissance qui n’aura aucun effet sur le mal. Il reste à espérer que le FMI, qui n’est pas très loin du Capitole (sans pour autant être une roche tarpéienne) soit en mesure de critiquer rapidement cette non réunion et de proposer des remèdes concrets et efficaces.
On ne soigne pas une fracture du crâne avec de la pommade de grand-mère, ou plutôt simplement en parlant des vertus de cette pommade …
© iconographie Reuters
Mots-clés : blabla, courses d'école, crise, foutaise, g7Choisir sa banque …
Vendredi
10 octobre 2008 @ 8 04
Alors que Mouhammar retire ses billes et nous fait le coup de la pompe sèche pour la deuxième fois en peu de temps (qu’il les garde ses dollars, il ne sont de toutes façons pas très propres politiquement parlant et qu’il fiche la paix aux deux pauvres pionniers helvètes pris en otage), la question qui sera dans quelques mois à l’ordre du jour, entre autres, sera celle du choix d’une banque pour y déposer quelques sous, ceux qui resteront après l’éclatement total du système que nous vivons actuellement.
Et lorsque ce moment là sera venu, il serait utile de poser ouvertement la question de l’éthique, des garanties, de la façon de gérer, du système de rémunération des dirigeants et des marges de profits avant de décider où les petits sous vont atterrir.
Celle aussi de la concurrence, des prix surfaits de prestations et finalement du rapport qualité-prix, revu et corrigé à l’aune d’un système dans lequel la croissance ne sera plus la seule et unique reine.
Il sera alors essentiel de reprendre le contrôle des banques par là où ça fait mal, à savoir le jeu des exigences fermes posées par le client. Préparons-nous à renverser les rôles: de celui d’otage d’un système globalisé et arrogant il faudra passer à celui d’un partenaire soucieux de ses intérêts mais qui pose des exigences claires.
Il y a toujours du positif dans les cataclysmes : ce qui précède en fait partie et devrait ouvrir une voie royale à des établissements éthiques, comme la Banque Alternative Suisse, le seul établissement en Suisse dans lequel le client peut déposer de l’argent et renoncer à une rémunération sur certains de ses avoirs au profit de la collectivité des clients, ou d’un projet durable ou éthique dûment choisi : un autre modèle économique dans lequel l’intérêt général prime sur l’individualisme forcené, mais dans lequel la rémunération vient précisément d’une juste répartition de cette dernière au profit de tous.
Ne vaut-il pas mieux vivre dans un pays calme et non secoué par les fantaisies funestes des banquiers que stressés et avides de profits théoriques.
Ne serait-ce pas aussi une petite contribution facile au développement d’une société ou le durable et l’équitable deviendraient des principes fondateurs. Et une juste façon de refuser de participer à la refondation d’un système inique et qui montre ses fissures et ses aspects immoraux chaque jour un peu plus.
NB de 11 h 35 : non, ce billet n’est pas sponsorisé du tout.
Mots-clés : banque alternative suisse, bas, choix, crise, éthique, refondationMonnaie plastique: subprime du working poor
Jeudi
9 octobre 2008 @ 10 30
C’est fou ce que les gouvernements se préoccupent de la protection des détenteurs d’actions. Comme si chaque ménage helvète possédait des portefeuilles bien garnis de ce type d’investissements.
Or rien n’est moins vrai, seule une très petite minorité d’habitants de ce pays possède un dossier-titres, et encore moins comprenant un panachage d’actions.
Il en va un peu de même de la protection des dépôts d’épargne : en moyenne le Suisse épargne, dit-on, mais quel Suisse ? La moyenne est faussée par les dépôts gigantesques d’une certaine classe qui n’est franchement pas nombreuse, mais très riche.
Lorsqu’on veut bien ouvrir les yeux normalement, on s’aperçoit que la très grande majorité des ménages, avant le début de la crise, ne possédaient pas ou quasi pas de réserves. La faute à une diminution progressive des salaires réels et du pouvoir d’achat, la faute aussi à la monnaie plastique. Or dans le concert international des « glossateurs experts », personne ne parle de la monnaie plastique.
Tous les grands groupes ont pourtant émis leur propre monnaie plastique, autant d’instruments qui augmentent considérablement la masse monétaire en circulation. Scripturale certes, cette monnaie, mais masse monétaire quand même. Si aux USA on ne vivait depuis longtemps que sur sa carte de crédit, y compris pour partir en vacances et acheter ses légumes ou sa voiture, le phénomène en Suisse est moins répandu, bien qu’en très nette croissance ces dernières années.
La carte de débit n’est pas dangereuse. Elle semble même jouer un rôle non négligeable dans la fluidification des échanges entre particuliers en période de pénurie de liquidités. Au moins aussi longtemps que les banques ne ferment pas, la porte ou/et l’ordinateur central.
La carte de crédit en revanche, qu’elle s’appelle comme ça ou soit qu’elle soit simplement à l’emblème d’un grand magasin ou d’une chaîne de pompes à essence, représente un double danger : celui de faire augmenter rapidement les dettes ménagères, et celui de constituer des actifs bancaires qui risquent fort de devenir plus que douteux rapidement.
En cas de purge supplémentaire et de récession grave, ces actifs (qui sont d’ailleurs aussi titrisés, merci saint Ospel & Co) vont rapidement constituer des bombes à retardement. A amortir au plus vite mais non sans au passage « amortir » aussi le détenteur de la carte. Et là aussi on peut imaginer une sorte d’effet domino, car celui qui est poursuivi pour non paiement et dépossédé de sa carte fétiche s’en trouvera diminué dans sa capacité de participer au marché économique, à la sacro-sainte consommation. Et en le poursuivant, la banque pourra d’emblée faire une croix sur son actif, ce qui n’arrangera pas vraiment ses déposants ou ses obligataires. Cercle très loin de la vertu.
La monnaie plastique et le crédit à la consommation risquent donc bien, sous peu, de devenir le subprime du woorking poor, le pauvre étant de son côté déjà exclu depuis longtemps de ces formes d’endettement.
Mots-clés : carte, crédit, monnaie, plastique, subprime, working poorLiquidité ? non solvabilité, malheureusement
Mercredi
8 octobre 2008 @ 10 22
On n’arrête pas de nous rabâcher les oreilles avec des grandes idées soi disant universelles: la crise actuelle n’est que financière (sottise no 1), la finance faisant partie de l’économie.
D’ailleurs Opel et Ford en Allemagne ont mis en arrêt technique des usines en Allemagne et les faillites de concessionnaires d’automobiles se succèdent aux USA : ce ne sont pourtant pas des banquiers ou des banques, on ne sache.
Sottise no 2: la crise actuelle est une crise de liquidités, ça ne circule pas ou pas assez bien entre banques …. la crise de liquidités existe, mais elle n’est que la conséquence d’un mal plus profond, une véritable crise de solvabilité.
Pourquoi a-t-on si peur en « hauts lieux » que les banques explosent ? parce qu’on découvrira alors que leur bilan recèle très souvent des pseudo-actifs que personne ne comprend et n’a su évaluer, y compris les grands cabinets d’audit et les autorités de régulation. Elles ont acheté tout et n’importe quoi avec les dépôts de leurs clients, pire même, emprunté des sommes colossales pour financer des opérations fantomatiques.
Mais ce que disent les marchés aujourd’hui et depuis quelques jours, c’est qu’ils considèrent les banques et certains Etats même (l’Islande par exemple) comme proches de l’insolvabilité. C’est bien joli de prétendre que l’argent manque, mais ceci est une contre-vérité. L’argent est là et il attend, tapi à l’ombre de quelques palmiers qui prennent date.
Les fonds souverains, par exemple, qui se sont faits souverainement empapaouter lors des augmentations de capital du printemps et qui refusent pour l’instant de mettre la main au porte-monnaie, attendent tout simplement que les fruits mûrs et pas chers tombent tout seuls de l’arbre.
Quelle différence y-a-t-il en effet entre une banque insolvable et une banque incapable de tenir ses engagements et de payer ce qu’elle doit à qui elle le doit en temps et en heure ? aucune, elle est mal gérée, dangereuse pour le créancier et purement et simplement insolvable.
Un des enseignements de la crise actuelle est que les normes comptables (sottise no 3), en particulier celles que l’on importe avec délice et sans réfléchir des USA, sont totalement inadaptées et ne permettent actuellement pas de dire quelles sont les véritables valeurs des actifs inscrits au bilan des banques. Et des grandes sociétés. Et des plus petites sociétés, car pour qu’il y ait valeur, il faut un marché. Des échanges contre espèces sonnantes et trébuchantes.
Mais s’il n’y a plus de marché, la valeur devient encore plus aléatoire et difficile à estimer. Que les Etats fondent en quatrième vitesse une sorte de FMI de secours, auprès duquel les particuliers puissent aussi déposer et retirer. Et l’on verra alors le temps se calmer rapidement, non sans quelques bruits d’explosions et de pleurs en arrière-plan bancaire.
Mots-clés : crise, défaut, fmi de secours, illiquidité, insolvablité, liquidité, solvabilitéPetites et grosses coupures
Mardi
7 octobre 2008 @ 7 59
On se souvient qu’il y a quelques semaines encore, le politicien de base suisse chipotait sur l’endettement de l’AVS, l’annus horribilis de l’AI, l’impossiblité financière du pays à créer des créches supplémentaires, bref sur toute une série de sujets où le politiquement correct de droite voulait que l’on fasse des économies, et rapidement.
La manifestation concrète et permanente du fameux dogme du sacro-saint équilibre budgétaire si cher aux PRD, PDC, UDC et autres géniteurs politiques du bazar dans lequel le monde se trouve actuellement.
A l’époque, l’unité de compte était si l’on peut dire la dizaine ou la centaine de millions de francs. Et d’un seul coup, par la grâce soudaine de l’explosion ravageuse du système bancaire capitaliste, voici nos politiciens qui changent d’échelle : il faut que l’État garantisse les dépôts des épargnants (plus de mille milliards de francs), il faut éviter que les banques fassent faillite, il faut, il faut, il faut … l’unité de compte a cette fois passé au milliard de francs voire à la centaine de milliards.
Et dans cette optique le politicien de base, toujours lui, a juste bougé un peu sa règle à calcul, son horizon de compréhension, sa tolérance à la dépense potentielle. Or personne ne sait aujourd’hui où les États, ou plutôt à quel prix d’or les États qui font de telles promesses vont devoir emprunter sur le marché (lequel d’ailleurs ..) les capitaux qui seront rendus nécessaires pour tenir du moins en partie les promesses faites en hâte. Peu de politiciens imaginent d’ailleurs concrètement ce que représentent « simplement » mille milliards de francs ou de dollars … (20 ans de budgets annuels de la Confédération, une génération donc …)
Nul ne sait non plus ce que recèlent toujours les bilans des banques. On a perdu tout sens de la mesure et toute ligne directrice. C’est le sauve qui peut général, mais qui donc peut encore croire un seul instant aux fameuses promesses des États. L’épargne garantie en Suisse: la Schlumpfette nous raconte (à juste titre) que ce n’est pas le mieux en comparaison internationale et qu’on « étudie son amélioration« . C’est vrai qu’on a tout le temps de la voir disparaître si on prend encore deux ans pour réfléchir à une question aussi sensible et urgente.
La situation sur les marchés internationaux s’obère malgré le plan Paulson, qu’on savait d’avance n’être qu’un emplâtre sur une jambe de bois. La crise se calmera sans doute un jour, après de nombreuses explosions supplémentaires et autres soubresauts, mais elle ne le fera que lorsque les politiques trouveront le ton juste et surtout seront en mesure d’expliquer où ils vont prendre toutes ces sommes promises à gauche et à droite et à quel prix.
Or la dessus, c’est le silence radio le plus absolu, on n’entend même pas Couchepin (qui trouve adéquat  de faire du tourisme au Liban durant cette période), lui qui d’habitude est pourtant si prompt aux raccourcis vides de sens ou contradictoires.
On est bien gouvernés … ciel.
Mots-clés : calme, confiance, crédibilité, états, milliards, promessesCrise : il faut proposer des solutions
Vendredi
3 octobre 2008 @ 12 27
… et cesser de pleurer sans espoir et de s’énerver seul dans son coin.
L’édition de ce vendredi 3 octobre de Médialogues sur RSR1 avait notamment pour fil conducteur le catastrophisme dans les médias et le rôle toxique du « tout négatif ». S’agissant du traitement de la crise économique et financière actuelle, il serait bien difficile pour les médias traditionnels de ne pas traiter du sujet, et il est tout aussi difficile pour eux d’annoncer d’excellentes nouvelles réjouissantes. Mais sur ce point ils ne semblent pas en faute. C’est en tous cas ce que l’on a répondu à l’interrogation d’Alain Maillard lors d’une interview ce matin. Il est vrai qu’une certaine omerta empêche le public et même les médias de s’approcher de la véritable information pour pouvoir la décrypter, tant le complexe fortifiÃ


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