Edipresse et le storytelling

Aie aie aie. Le couple infernal Tamedia Supino n’a pas tardé à manifester sa présence teutonne et subtile jusque dans les rédactions du groupe Edipresse.

Cette semaine en effet, certains journalistes ont appris, de la bouche susurrante de formatrices de choc exportées d’outre Sarine, qu’ils ne savaient absolument pas écrire. « Il faut faire du storytelling, Mesdames et Messieurs« .

Et les nouveaux maîtres de l’espace écrit en Romandie d’indiquer comment dans le futur il conviendra d’aborder les sujets. « Vous devrez raconter des histoires aux lecteurs, pas les informer » assénera la formatrice.

Ne pas entendre par là propager des mensonges,  mais construire en permanence de belles comptines arrangées pour flatter le cerveau débile de l’abonné ou du lecteur moyen.

Ainsi on devra radicalement changer d’angle d’attaque. Pour parler d’un steak, par exemple, il faudra raconter les impressions de la vache heureuse d’aller à l’abattoir, ainsi que décrire son parcours. Pour parler de Ben Laden, il faudra se mettre à la place de la balle mortelle qui a traversé son crâne. Pour parler d’un éminent journaliste suisse alémanique, il faudra s’attarder sur la vie sexuelle peu active de son stylo Mont-Blanc. Etc.

« Ce n’est qu’ainsi que vous gagnerez en lectorat et en qualité« , assènent les nouveaux dirigeants au travers de séminaires récents qu’ils ont fait subir à leurs nouvelles ouailles.

Même les photographes y reçoivent des conseils pour mieux cadrer la fesse, le sein ou le cadavre qui fera vendre. C’est vrai qu’il ne savent pas capturer l’image choc.

Pauvres mécréants de la soupe à Supino: on vous plaint, car vous n’êtes pas au bout de vos peines.

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Catégorie: Médias

Commentaires (3)

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  1. Stéphane Dangel dit :

    A lire ce texte, un seul mot vient à l’esprit : simplisme. De l’auteur du texte…

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