Home, un film La Redoute

Le photographe pétrolier Yann Arthus-Bertrand, qui s’est essentiellement distingué par sa propension à consommer du papier très cher et en qualité non-négligeable pour produire, il est vrai, un répertoire de vues intéressantes (La Terre vue du Ciel, notamment) mais à quel prix du kérosène et de nombres de centaines d’heures d’hélicoptères, s’est laissé embobiner par sa gra(i)sse Luc Besson, top taximan devant l’éternel et reconverti dans la production de documentaires bien pensants avec son grand joujou grassouillet Europacorp, soutenu comme il se doit par Elzevir/ PPR, ou PHP, enfin bref le chantre de l’exploitation de marques prestigieuses aussi peu regardantes avec l’environnement que La Redoute, Le Printemps, FNAC, Balenciaga, Gucci, Conforama, etc.

Si l’on en croit les bandes-annonces de cet évènement mondialement orchestré par des communicants qui ont visiblement calculé les retombées de leur « bonne action » (à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Environnement, HOME sera le premier film à sortir dans tous les médias – Cinéma, TV, DVD et Internet – et sur les 5 continents, le 5 juin 2009, amen), pour produire une simple version longue de 120 minutes de ce film et une version standard de 90 minutes , ils ont dû compter avec :

54 pays traversés soit près de 120 lieux de tournage.
733 cassettes enregistrées soit près de 500 heures de rushes.
217 jours de tournage sur plus de 18 mois.

L’exemple même de l’économie non soucieuse de l’écologie. On laisse les spécialistes du calcul environnemental touiller dans cette soupe de chiffres, mais que ça fume à fond et ça sente le gaz à plein nez aux alentours de la caméra n’est guère étonnant.

Stupéfiante aussi la configuration matérielle utilisée dans cette aventure dont les tenants et aboutissants ne sont pas clairs, loin s’en faut : un nombre de camions en tout cas aussi grand que ceux qui transportent le matériel de la tournée d’adieu de Johnny.

Les chiffres des investissements nécessaires à la production de ce péplum bio version 2009 sont gardés jalousement secrets. On aurait sans doute pu faire autre chose avec ces sommes, du concret par exemple. Car en plus de nous servir la soupe bien pensante à grands frais, les messies reconvertis nous annoncent l’arrivée de l’apocalypse dans les terme suivants (voir la bande, enfin écouter la bande-annonce ici) :

« En 200 000 ans d’existence, l’homme a rompu l’équilibre sur lequel la Terre vivait depuis 4 milliards d’années. Réchauffement climatique, épuisement des ressources, extinction des espèces : L’Homme a mis en péril sa propre demeure. Mais il est trop tard pour être pessimiste : il reste à peine dix ans à l’humanité pour inverser la tendance, prendre conscience de son exploitation démesurée des richesses de la Terre, et changer son mode de consommation.

Outre que le chiffre de 10 ans est contestable et contesté, on en déduit donc logiquement qu’il importe de cesser sine die tout commerce avec, entre autres, Gucci Group, FNAC, Conforama, Redoute, Ellos, Empire, Brylane, Cyrillus, Vertbaudet, Somewhere, Daxon, La Maison de Valérie, The Sportsman’s Guide, The Golfwarehouse, Lane Bryant, Jessica London, Chadwick’s, Roaman’s, King Size, Surcouf tant que ces géants ne seront pas eco-compatibles.

On verra alors si l’engagement était désintéressé.

merci-ppr1

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Catégorie: Médias

Commentaires (1)

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  1. halcyon dit :

    merci pour cet article Kalvin. En sais-tu davantage sur la façon dont ces différentes marques comptent (ré)utiliser ce film et son « prestige »? Je ne pense pas que ça se limite à une liste de sponsors brièvement affichée à la fin du film, non?

    Je trouve le coup des 10 ans franchement manipulateur pour ma part!

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