RSR : une affaire et trois questions

rsr1lo.jpgOn s'était promis de ne pas faire de billet supplémentaire sur cette fameuse affaire de fichiers, pour ne pas contribuer à lui donner plus d'importance qu'elle ne doit en avoir. Et finalement on n'a pas pu se tenir à cette résolution.
 
Bien sûr que c'est la RSR, bien sûr que c'est une institution qui doit être irréprochable, bien sûr que "ça ne se fait pas" d'y contempler de jeunes gamines nues sur un ordinateur en lieu et place de travailler.
 
On sait aujourd'hui que le juge d'instruction Philippe Vautier toujours pondéré, calme, professionnel et plutôt proche du justiciable a trouvé quelques photos qui tombent sous le coup de la loi à ses yeux.
 
Dont acte. Laissons donc faire la justice. On la critique volontiers ici, mais en l'occurrence elle semble agir avec tact et célérité, ce qu'il faut relever.
 

Quelques zones d'ombre subsistent dans cette affaire, et parmi celles-ci on relèvera ce qui suit:

– le collaborateur licencié semble avoir attendu deux ans (de 2005 à 2007) pour finalement, dans un mouvement dont on ne saisit pas bien les buts, ne plus pouvoir se retenir de parler de cette affaire sur laquelle il avait admis de rester totalement discret : pourquoi ? que les images l'aient choqué en 2005, soit, puisqu'il le dit, mais on ne veut pas croire raisonnablement qu'un homme mûr soit choqué et hanté par de telles images pendant deux ans au point de ne plus pouvoir se retenir d'en parler. On a franchement l'impression qu'il a voulu quelque part "renégocier" le prix de son silence…et que ça n'a pas marché;
 
– pourquoi, si le licenciement n'a à voir qu'avec une rupture du lien de confiance (et pas les photos elles-mêmes) la RSR offre-t-elle une sorte de poste voie de garage en Suisse alémanique à l'intéressé ? par pure humanité ?
 
– pourquoi enfin continuer de taire le nom des fameux experts ? parce qu'ils ne pensent pas comme le juge d'instruction actuellement saisi ? ne perdons pas de vue que pour ce juge d'instruction, il y a matière à inculpation et semble-t-il à condamnation. Mais le juge du bureau voisin aura peut-être un autre avis, et enfin le juge du siège chargé de trancher en finale pourrait en avoir encore un troisième. Ce genre d'estimation ne relève pas de la science exacte et surtout fait partie du pouvoir d'appréciation d'un juge. Trois experts convoqués nuitamment pour donner en vitesse un avis à la RSR ne pouvaient sûrement pas faire mieux que ce qu'ils ont fait en deux heures.
 
Et surtout, rien ne permet de dire à l'heure actuelle qu'on va sans autre forme de procès vers une condamnation même légère. L'intéressé a semble-t-il plus ou moins admis les faits, mais en tous cas pas leur qualification juridique.
 
Alors que craint-on ?

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Catégorie: Médias

Commentaires (2)

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  1. Sugus dit :

    Tu poses bien le problème. Mon mal-aise dans cette affaire ce n’est pas tant qu’un employé ait sur son ordi quelques photos de trop jeunes-filles dans des poses érotiques. Cela ne se fait pas mais ce n’est pas encore de la pédophilie. Cela peut arriver dans toute entreprise, la RSR comme toute autre.

    Plus trouble en effet l’histoire du collaborateur licencié, qui attend si longtemps pour parler de l’affaire, qu’on refuse de réengager mais qu’on envoie en Suisse alémanique. C’est ça l’histoire trouble. Cela donne le sentiment qu’on nous cache quelque chose. Le malaise est ailleurs que dans ces photos.

    Que cache la RSR?

  2. kalvin dit :

    @Sugus

    Un autre point que tu mentionnes est important : l’utilisation du terme pédophile (philie) à toutes les sauces. C’est grave, faux et racoleur, mais surtout ça a tendance à mettre sur un même pied des comportements bien différents en gravité sociale et morale.

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