Aide sociale à la croisée des chemins

 

programme de réintégration à Zurich

Tel est le titre que l’on trouve sur le portail Swisscom ce matin, en présentation résumée des résultats d’une étude menée par le FNS (Fonds National Suisse).

Etude critique et bien menée s’il en est, et qui constate l’inadéquation totale des mesures ordonnées et prises en la matière par les fonctionnaires chargés de répartir l’aide sociale et qui se comportent plus comme de petits roitelets appliquant des normes CSIAS qu’ils ne veulent pas expliquer ni comprendre que comme des travailleurs sociaux soucieux du bien et de la réintégration de leurs "patients"et de la lutte contre l’exclusion.

La photographie © Keystone ci-contre qui accompagne ce court extrait est plus que parlante : intitulée "programme de réintégration à Zurich", elle se passe de commentaires supplémentaires et montre assez bien comment sont traités les précaires et autres working ou non working poors : comme de vulgaires immondices qu’il faut éliminer et surtout ne pas montrer.

La réintégration passe déjà par l’intégration impérative par le travailleur social lui-même de sa mission qui n’est pas uniquement assimilable à celle d’un bête flic de terrain au cervelet pas très développé.

On se souviendra sans doute de ce cas déjà dénoncé sur ce blog et dans lequel une "gentille" travailleuse sociale du CSR de Nyon (on taira pour l’instant son nom, mais elle devrait se reconnaitre) a refusé en 2007 – ce n’est pas vieux – de bouger le petit doigt pour une pensionnée AI en difficultés et qui touchait les prestations complémentaires fédérales (donc au minimum des minima vitaux) au motif que la pensionnée  "gagnait trop" (sic). Ce genre de trucs ne s’inventent pas, mais sont révélateurs d’un état d’esprit bien trop répandu.

 


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Catégorie: Brèves

Commentaires (4)

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  1. mario dit :

    Ils sont bien rares, les articles traitant objectivement du sujet. La plupart du temps, les opinions réactionnaires occupent tout le terrain, grâce à l’UDC et à ses organes de presse gratuits.

    Je serais curieux de voir combien de sites et de journaux reprennent cette étude, qui rejoint ce que j’ai pu constater à de nombreuses reprises.

    L’aide sociale, c’est la fin du trajet, la fin du filet. Pour certains, ça commence par une santé détruite sur leur lieu de travail (ironie du sort…), une demande AI qui prend plusieurs années (qui non seulement a peu de chances d’aboutir, mais représentent à peine le minimum vital pour les personnes les plus fragilisés…je pense aux femmes divorcées qui n’ont travaillé qu’à mi-temps. Travail à mi-temps = vie à mi-temps!)

    ….et ça fini par l’aide sociale. Beaucoup préfèrent encore se débrouiller autrement plutôt que de demander, tellement ils se sentent stigmatisés.

    Prochaine étape: vous pouvez crever la gueule ouverte…

  2. kalvin dit :

    @ Mario

    Crever la gueule ouverte est tout à fait dans le credo UDC, ça ne rapporte pas moins d’impôts mais ça coûte tellement moins cher à la collectivité, et puis ainsi on peut vivre « tranquille entre gens biens », gens lisses et sans courage, gens sans cœur et qui traversent la vie sans même savoir ce que difficulté veut dire »

  3. zozieau dit :

    Kalvin, tu ne tires pas ici sur les bonnes personnes.
    Crois-tu sincèrement que les travailleurs sociaux sont enchantés de devoir appliquer strictement les normes CSIAS, qui ont été revues à la baisse ?
    Cf par exemple ici :
    http://www.ssp-vpod.ch/ssp/go.pl?p=http://www.ssp-vpod.ch/ssp/vd08.htm

  4. kalvin dit :

    @Zozieau

    Je suis scandalisé par des cas pratiques que j’ai vus concrètement. En particulier par l’attitude du CSR de Nyon, et celle de deux assistantes sociales ou travailleuses sociales, comme elles disent, qui refusent dans certains cas sans motifs valables d’appliquer les normes CSIAS qui ne sont déjà pas bien généreuses, et préfèrent nettement leurs longs week-ends à la la mise en place de solutions d’urgence impératives. En plus ce sont des véritables donneuses de leçon qui n’ont que le bec ouvert mais sont incapables de passer au concret, Je veux doc bien admettre que le billet est peut-être trop général, mais quand on voit des situations scandaleuses et pourtant gérables se produire, on est forcément obligé d’en tirer la conclusion que certains en tous cas préfèrent couper les cheveux en huit et pinailler sur les détails plutôt que de prendre les problèmes à bras le corps.

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