Nestlé et la pénurie d’eau

On doit se retenir et se pincer pour ne pas éclater de rire à la vue de cette interview dans laquelle on découvre que Brabeck le futur ex patron opérationnel de Nestlé devient tout à coup écologiste. Le Brabeck nouveau est arrivé …

On aura vraiment tout vu lorsqu'on veut bien se souvenir que l'eau, qui devrait être une valeur commune de l'humanité sans valeur marchande ni possibilité de commerce justement en raison de sa rareté grandissante, est l'une des mamelles du profit de Nestlé qui possède entre autres dans ce domaine Nestlé Waters, le premier acteur mondial de l'eau embouteillée avec notamment les marques San Pellegrino, Panna, Vittel, Contrex, Perrier et Aquarell, plus évidemment des sous-marques locales dans beaucoup de pays du monde.

Insoutenable légèreté de l'être, pour reprendre en substance un des slogans publicitaires de l'Acqua Panna, petit nuage de bulles de communication ou conversion tardive quasi mystique pour l'intéressé ? 

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Catégorie: Brèves

Commentaires (2)

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  1. Didier dit :

    Là je crois que vous allez un peu vite.
    Cela fait longtemps que l’on sait que nous manquerons d’eau POTABLE avant la fin du pétrole. Les réserves fossiles sont déjà entamées. Peut-être y a-t-il d’énormes réserves fossiles sous le Sahara (selon certains hydrologues).
    Les remarques de Brabeck, pas si récentes, sont davantage liées aux biocarburants qui ont d’énormes besoin en eau potable et qui en plus rendent le prix du maïs hors de portée des plus défavorisés d’Amérique, dont c’est la nourriture de base. Et qui par conséquent augmente le prix des céréales ici.
    Nestlé Waters n’a à mes yeux pas grand chose à voir dans ces remarques. Le jour où l’eau manquera, les sources ne seront peut-être plus privées.

  2. kalvin dit :

    D’accord Didier, les remarques de Brabeck ont été faites dans le cadre des très controversés bio-carburants à base de végétaux pouvant alternativement servir de nourriture humaine (souvent des céréales et singulièrement du maïs) et du bilan écologique global assez désastreux qu’ils engendrent. Ceci dit, je trouve piquant que chez Nestlé on se préoccupe du manque d’eau, alors qu’en fait on est proipriétaire no 1 mondial des sources privées. Depuis des années je trouve peu éthique le commerce de l’eau potable qui, bien sûr dans un certain idéal et à mon sens, devrait être (comme les autres richesses naturelles) non pas un facteur de profits immenses mais une sorte de bien commun sans propriétaire autre que l’humanité. On a bien réussi à éviter par un Traité international que l’Antarctique (et ses richesses souterraines) appartienne au sens strict à certains pays. Pourquoi pas avec les richesses naturelles ailleurs.

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