55 % d’abstention …

Les tricolores n’en reviennent pas eux-mêmes : voici qu’ils se sont et vont s’abstenir dans une proportion très forte, plus d’un votant sur deux. Très forte si l’on compare le taux en question à ce qui doit être comparé, à savoir la participation moyenne en France. Pas si dramatique que ça, si on compare ce même taux à celui d’autres démocraties de l’Europe.

On peut mettre ce désintérêt du citoyen d’Outre Jura au passif d’un système électoral régional complexe, interpénétré et surtout pas limpide du tout. On peut aussi mettre en cause la politique misérablement rétrograde du Blingprésident et de sa cour, qui de plus en plus ressemble à une cour des miracles qui ne fonctionne pas avec des ministres avec portefeuille mais sans idées. Sur ce point un coup de fil à Rome serait judicieux encore ce samedi si Sarko 1er ne veut pas voir dimanche 21 mars par trop ressembler à une bérézina funeste dans son annonciation, ceci malgré l’arrivée du printemps.

Ce qui en revanche ne laisse pas d’amuser est la pléthore d’avis d’experts ou de moins experts sur la composition de cette frange de l’électorat qui ne va pas voter. Chacun estime que dans ce réservoir se cache beaucoup plus que la somme des indifférences, qui dans ce cas dépasserait les 100 % . De glorieux instituts se targuent de donner au dixième de pour cent près la composition de l’abstentionnisme. De brillantes plumes expliquent ce que serait l’avenir de cette élection si et si et si …Madame Dupont et Monsieur Dupont avaient voté.

Et si tout ce petit monde revenait sur terre en réalisait une fois pour toutes qu’en démocratie, et donc même en Sarkozie, le chiffre absolu des abstentionnistes est important simplement pour montrer une désaffection. Mais que la composition de ces grévistes du vote est rigoureusement la même que celles des votants et donc sans influence sur le résultat.

Et que donc l’abstention ne saurait être invoquée comme excuse ou comme argument pour racoler l’électeur de dernière minute. Toute étude sur la composition de l’abstentionnisme est par définition fausse, car elle repose sur l’interrogation erronée d’une masse de non-votants et donc de non-concernés. Et quel que soit l’échantillonnage et le don du sondeur, ce dernier n’aura pas à traiter une information fiable, puisque par définition plus qu’hésitante.

Au demeurant, et pour revenir sur le concept de démocratie en général, il comprend de principe celui qui s’abstient. Cette forme de résistance civique douce équivaut à une simple expression du ras le bol face aux politiques qui, quelle que soit la contrée qu’ils administrent, ne sont pas vraiment capables de penser à quelqu’un d’autre qu’à eux-mêmes,occupés qu’ils sont à l’accomplissement béat de leur rêve intérieur de gloire et de pouvoir.

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Catégorie: A la Une, Res politica

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