AI: 5e révision et secret médical

logo_v_ai_pt2.jpg Ce n’est un secret pour personne qu’actuellement déjà le secret médical est largement et complaisamment violé à journées faites par toutes sortes d’instances. En particulier, les assurances-privées ne se privent pas d’échanger des renseignements et surtout donnent libre accès aux éléments du dossier médical d’un assuré à n’importe quel collaborateur de quelque rang ou fonction qu’il soit, sans aucune retenue ni volonté de préserver des données hyper-sensibles. Au contraire, il s’agit d’être efficace et donc de passer aux oubliettes un principe fondamental de la médecine et de son exercice. Il n’y a qu’à regarder autour de soi ou d’interroger un médecin pour se rendre compte de l’état de déliquescence dans lequel se trouve ce fameux secret, qui pourtant est la base de la relation patient-médecin et qui est aussi protégé (en théorie) par la loi pénale. La 5e révision de l’AI consacre le principe de la violation du secret médical et l’institue en règle de droit : on pourra trouver la totalité de son dossier médical semé à tout vent et surtout utilisé à "bon" escient. Vous ne croyez pas ce qui précède : regardez la page 31 du petit fascicule tous ménages en vue de la votation du 17 juin émanant du Conseil fédéral, c’est édifiant: tout le monde se ligue pour "faire un dossier béton" qui ne disparaîtra pas de sitôt et qui informera la terre entière de votre état de santé. On ne peut laisser une telle connivence arriver sans réagir et il faut donc voter violemment non à la 5e révision, qui d’ailleurs n’est qu’un emplâtre sur une jambe de bois pour beaucoup d’autres raisons. Ou alors, il en sera définitivement fini d’un quelconque secret médical en Suisse, et le préposé à la protection des données ne pourra que constater les dégats sans base légale pour rectifier le tir.

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Catégorie: Res politica

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