AI: « bilan » ridicule de l’OFAS

13 septembre 2008 | par | Pas de commentaire Plus loin

Tracer un « bilan » intermédiaire des effets de la cinquième révision de l’AI six mois seulement après son entrée en vigueur est une imbécillité uniquement destinée à flatter le chaland et à s’autosatisfaire.

Alard du Bois (dont on fait les flûtes et singulièrement le pipeau) a franchement le raccourci facile et le maniement de la statistique assez ridicule. On l’avait déjà remarqué lors de la campagne en faveur de la 5e révision : le grand inspecteur des fraudes nous sert pour la énième fois sa ritournelle sur la réinsertion plutôt que la rente.

Et dans les trombones qui l’accompagnent dans sa mélodieuse envolée, Yves Rossier, ci-devant directeur de l’OFAS, joue les rôles de soliste. Tout ce beau monde a bon espoir « que les rentes diminuent d’ici 2009-2010 ». Ils oublient sciemment de dire que depuis quelques années les offices AI sont encore plus obtus que d’habitude et opposent des refus parfaitement injustifiés, sinon par les objectifs internes de réduction qui leur ont été assignés sur les bons conseils de l’UDC et du PRD. Avec un effet drastique sur l’octroi de nouvelles rentes qui n’ont pas attendu la 5e révision pour diminuer très fortement comme si soudain les accidents du travail n’existaient plus et les maladies chroniques non plus …. avant l’entrée en vigueur de la 5e révision, soit de 2003 à 2007, le nombre de nouvelles rentes a diminué de 35 % !!!

Plus de 20 % de cas d’annonces précoces viennent des assurances privées. On ne le crie pas trop. Formidable, non …. et pourquoi ? pas du tout dans le but généreux que l’on imagine. Une assurance privée et qui a versé des prestations se voit remboursée par l’AI en cas d’octroi d’une rente a posteriori. Alors pourquoi se gêner. Elles utilisent maintenant la loi, alors qu’avant elles faisaient la même chose en faisant subrepticement signer une décharge/demande de remboursement à l’assuré en bas de leurs fameuses petites lettres contractuelles … on ne change pas un système gagnant-gagnant si facilement.

Les employeurs de leur côté sont informés, mais se fichent parfaitement de ce qui se passe, sauf dans les grandes entreprises ou les administrations d’où proviennent la quasi totalité des annonces préalables. Un fonctionnaire touchant une rente AI c’est un fonctionnaire de moins à payer, mais au fond c’est à peu près la même caisse dans leur esprit… quant à l’employé d’une grande entreprise, une aide de l’AI est toujours bienvenue (pour l’entreprise donc).

Le bon Alard (du fond) du Bois ne croit pas non plus au transfert de charges vers l’aide sociale : or il ne s’agit pas de croire en matière d’AI mais d’ouvrir les yeux pratiquement, objectivement, simplement et surtout sur une période de référence qui dépasse 6 mois et qui veuille dire quelque chose. Un bilan sensé dans ce genre de situation doit au moins se faire sur trois ans, étant notamment donné la vitesse de réaction des Offices AI qui n’a pas changé et qui tient toujours plus de la marche de l’escargot fainéant que de la course de la gazelle.

Trois à quatre mois pour accuser réception d’un courrier, sans y répondre bien sûr est pratique courante. Six mois pour y apporter un début de réponse est chose commune. C’est dire si ça rend le fameux bilan intermédiaire sans intérêt.

Enfin, et c’est amusant, ou peut-être voulu, mais personne ne parle en détail du nouveau système de détection des fraudes. Et pour cause, l’AI et l’OFAS utilisent notamment pour ce faire ….. des membres de sociétés privées de surveillance pour infiltrer la vie privée des rentiers ou des requérants. Mais ça fait tellement mauvais genre de le clamer sur les toits ces jours, surtout que les services des sociétés en question ne sont pas donnés… c’est le moins que l’on puisse dire.

En bref, on sait que bientôt le peuple devra se prononcer sur une hausse (provisoire) de la TVA pour financer le déficit de l’AI …. et tout ceci ne sent que la communication mal maîtrisée en vue de cette future votation.

Tags: , , , , ,

Catégorie: Res politica

Laisser un commentaire