AVS : pas d’auto flagellation

28 novembre 2008 | par | 3 commentaires Plus loin

Beaucoup d’entre nous avons déjà voté grâce au système du vote par correspondance. Il reste encore quelques retardataires et autres irréductibles qui vont attendre l’heure d’ouverture des bureaux dimanche 30 novembre pour aller physiquement glisser leur bulletin de vote.

Et parmi ces deux catégories de votants, il y a les « déjà déçus d’un rejet plus que probable de l’initiative pour un âge pour la retraite flexible dès 62 ans »  …

Décidément dans ce brave pays nous sommes les champions de l’auto flagellation. Certes cette initiative n’est pas parfaite, mais on voit d’ici les commentateurs de lundi 1er décembre nous raconter que le rejet est normal compte tenu du fait que la campagne a été mal menée, que le projet était bancal et rétrograde, qu’il en tient pas compte de la démographie et de la durée de vie qui augmente,  … que et que… enfin toute une série d’arguments de « spécialistes » qui ne manqueront pas de remarquer qu’une fois encore le peuple a raté un rendez-vous historique s’agissant de l’avancement des droits sociaux.

Sauf que parmi tous ces spécialistes, très peu ont travaillé sur un chantier à demeure pendant 35 ans …. et beaucoup s’abritent derrière de confortables fauteuils sociaux construits au frais du contribuable.

Flanquer des milliards par les fenêtres pour sauver les banques semble réjouir et flatter la fierté intérieure du suisse moyen qui se dit que finalement son pays est riche et doit le montrer. Mais quand il  s’agit  en revanche de faire avancer une cause juste et sociale, on assiste comme toujours au repli national digne d’un plan Wahlen de 2008.

Certes la solution de l’initiative n’est pas parfaite. Certes  elle coûte un peu d’argent (quelques centaines de millions … pas de milliards), certes elle comprend un étrange palier à Fr 120’000.– qui a pu déconcerter certains.

Mais il reste une chose de plus vraie que jamais : l’AVS et son système de la répartition est moderne et pérenne. Elle n’est pas du tout en danger comme le sous-entendent les opposants ni en raison de la démographie ni pour des raisons financières, et surtout elle est impérative en ce moment où les troisièmes piliers ont complètement fondus, et les compléments patiemment mis de côté par certains au titre du 2e pilier ont été savamment dépensés pour aider Ospel et les autres.

Quand donc le citoyen suisse pensera-t-il un peu à lui et non pas à une « certaine idée qu’il se fait de la Suisse » ?

Aux retardataires et indécis, acceptez l’initiative ce weekend. Ce n’est pas parfait mais c’est un bon début, équitable et nécessaire.

Et sinon, il y a toutes les chances pour que l’on attende 2050 au moins pour voir des idéalistes lancer une réforme du même type. Or la retraite, ça devient plus vite d’actualité qu’on ne veut bien le croire …

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Catégorie: Res politica

Commentaires (3)

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  1. Le suisse est par essence quelqu’un de jaloux. Jaloux de son voisin et il va jouer contre ses propres intérêts en votant contre pour une retraite flexible dont le voisin pourrait jouir !

  2. kalvin dit :

    @ George
    J’ai pas pensé à ça, mais je crains fort que ce ne soit très vrai … 😉

  3. Asthmatique de naissance, j’ai été élevé et j’ai grandi à la montagne, Villars, Château d’Oex et Glion sur Montreux et j’ai ainsi découvert le monde paysan. J’ai découvert ainsi un monde d’une grande médiocrité de très petites gens, monde que j’ai quitté depuis pour d’autres horizons.

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