BCV, le procès gag et alibi

7 novembre 2007 | par | 1 commentaire Plus loin
logo-bcv1.gifPour satisfaire enfin la vindicte populaire et celle de certains petits actionnaires et épargnants, voici que les fleurets sont sortis, une petite partie des personnages ayant participé de près ou de loin à la débacle de la BCV se retrouvant depuis ce lundi devant une Cour pénale lausannoise dont on doute depuis bien longtemps qu'elle arrive à mettre ne serait-ce que le bout du petit doigt sur quoi que ce soit de franchement répréhensible pénalement, hors quelques largesses à l'égard de certains comptes sur certains paradis fiscaux.
 
Sans doute les magistrats sont-ils excellents, sans doute le Ministère public joue-t-il sa partition en duo pour plus de brio, sans doute quelques avocats présents savent au moins faire une multiplication et une division juste après, mais des affaires bancaires et en particulier du dossier, personne ne pourra rien tirer.
 
On va assister pendant des jours et des jours à des querelles d'experts sur la façon de passer ou non une provision, de tenir compte de telle ou telle façon d'un taux de capitalisation pour calculer la valeur de rendement d'un immeuble, de l'aspect facile de juger de faits avérés quelques années après que ceux-ci se sont produits et donc avec le bénéfice du recul et l'incapacité totale de se mettre réellement à la place de ceux qui devaient décider sur le champ à l'époque.
 
Bref, il n'y a pas besoin d'être grand clerc pour pronostiquer avec 95 % de chances de réussite qu'un acquittement général sera prononcé, hors la question des rémunérations un peu étranges et exotiques de certains. En plus, l'une des chevilles ouvrières est décédée, et donc c'est si facile de lui mettre la responsabilité sur le dos. De l'endroit où il suit les débats, il n'est pas aisé pour lui de se faire entendre.  
 
Mais un des facteurs que les organes de presse institutionnels semblent totalement ignorer et pour lequel le pronostic ci-dessus peut être formulé tient dans le fait que la plupart des pièces topiques des dossiers sont caviardées, sous prétexte de sauvegarde du secret bancaire. Par voie de conséquence, ces pièces ne veulent rien dire et leur caractère probant est plus que discutable.
 
Mais qui donc a décidé de laisser ces pièces caviardées au dossier ? les juges chargés de l'instruction du procès et ceci sur insistance disons instante des organes passés et présents de la BCV, qui trônent aux côtés de l'Etat de Vaud dans une posture un peu facile de vierges effarouchées sur le banc des parties civiles. Etrange position que celle de l'actionnaire majoritaire qui ne contrôle rien et qui prétend ensuite qu'il ne pouvait pas contrôler … on se demande si c'est le bon banc sur lequel l'actionnaire en question repose.
 
La seule façon de faire sortir la vérité est de faire venir à la barre quelques anciens débiteurs immobiliers gigantesques (plusieurs centaines de millions chacun) de la BCV qui étaient, ont été et sont toujours traités comme des papes. On n'en verra aucun sans doute, car les noms ne sont pas connus visiblement de l'accusation (caviardés…), sans quoi elle ne serait pas d'emblée aussi chancelante.
 
Dommage, car ces fameux débiteurs (sur lesquels ce blog a enquêté, lui) à qui la BCV a même parfois donné des immeubles francs d'hypothèque "pour avoir la paix" et pour que des procédures soient retirées pourraient eux apporter le véritable éclairage nécessaire sur la véritable et globale pratique de l'époque.

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Catégorie: Res politica

Commentaires (1)

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  1. Nicanor Bonich, citoyen dit :

    Totalement d’accord avec vous, Monsieur Kalvin. Pour cette raison est-ce que je recommande vivement à toute personne qui puisse avoir accès à information importante pour être présenté dans n’importe quel affaire judiciaire, à prendre TOUTES les précautions et s’assurer que la dit information sera disponible, même si lui décède , disparaisse ou est « attaqué par inconnues dans le milieu de la nuit ». De cette façon, il y aura toujours au moins 3, ou 5, ou 386 autres personnes qui pourront, cas échéant, présenter toute l’évidence nécessaire pour vous blanchir. Mais évidemment, faire confiance dans la soit dit « Justice », simplement parce que si…..n’est pas une très intelligent solution. Vous savez la règle d’or, n’est pas vraie? « La chaine se coupe toujours par la section plus fine ». Alors la déduction est évidente: Il faut, impérativement, ne pas être la section le plus fine. Par exemple, avec une personne qui est vivant est possible de négocier, de pouvoir sauver quelques pièces, parfois, et si la dit personne n’est pas furieuse et avec raison. Mais, une fois que la personne est morte, comme vous bien remarquez, si la personne avait pris ses précautions, les involucrés dans l’affaire n’auront pas d’interlocuteur avec qui négocier. L’information serai, dans ce cas là, simplement libéré complètement, et sans restriction aucune. Il ne faut pas croire que la sécurité physique dépend d’avoir très gros gardes de corps. Non. La sécurité physique dépend de l’intelligence psychique. Le meilleur cerveau peut vaincre la plus puissante armée, même sans avoir que présenter bataille physiquement. Mais…il faut prévoir en avance. Et ça, généralement n’est pas une chose que toutes les personnes savent faire correctement.

    Merci de toute façon, je crois que votre « Blog » est très intéressant.

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