Blocher viré comme de juste

13 décembre 2007 | par | 2 commentaires Plus loin

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On entend et on lit tout et rien au sujet du putsch justifié qui a poussé Blocher hors du Conseil fédéral. Certains estiment que l'exclusion "à la soviétique" de Samuel Schmid et de la nouvelle conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf de leur parti UDC (pardon de leur groupe parlementaire …) leur rendra la vie plus difficile, car les ultras de ce parti ne seront plus que ce qu'ils savent vraiment faire, des Neinsager,  y compris face aux propositions que leur présenteront leurs deux ex-collègues. Une UDC dans l'opposition, c'est peut-être pas ce que voulait le peuple le 21 octobre, mais c'est ce que voulait la très grande majorité de ses députés aux deux chambres. Ils font par là-même la preuve de leur mépris pour la démocratie populaire : il n'y avait qu'à écouter Blocher ce matin distillant des menaces ouvertes à l'encontre des parlementaires pour enfin que l'électeur de base puisse voir le vrai visage de cet extrémiste mauvais perdant et sans classe aucune.

En fait, on peut avoir une autre lecture de ce qui s'est passé ce matin : le Parlement a fait la preuve que le terme démocratie avait encore un sens, et que le respect minimal était exigible d'un conseiller fédéral. Si les projets qui seront présentés par les ex-conseillers fédéraux UDC remplissent des conditions minimales de justice sociale, ils ont toutes les chances de recueillir une nouvelle majorité verte-rose-PDC qui exprimera sinon sans défaut du moins nettement mieux la volonté de concordance historique qui existe dans ce pays que des projets partisans et mal ficelés de l'UDC et de ses mauvais stratèges.

Et l'éclatement de l'UDC est heureusement à prévoir à moyen terme : il faudra bien que les stratèges s'expliquent, et il serait étonnant que dans ce parti de casseurs on ne les destitue pas. Ca fera peut-être réfléchir Perrin le nasillard qui n'en menait pas large hier et ne savait même plus son nom sur la RSR : on ne doit jamais prendre le peuple pour un imbécile global quand on se prétend politicien, or c'est précisément l'une des erreurs commises par ce parti qui a très certainement atteint le sommet de son "art" le 21 octobre dernier, mais qui maintenant est prêt pour une réjouissante glissade vers les enfers.

Car ce n'est pas à coup de référendums, d'initiatives et de NON à tout que l'on séduit: c'est en pratiquant la politique avec succès, et les fameux stratèges ont oublié cet affreux détail, ils ne pourront tirer aucune gloire des travaux aboutis de leurs ex-élus au Conseil fédéral. La "gloire", si elle est au rendez-vous, sera la copropriété d'une large majorité de députés responsables.

Pour notre part et à ce stade, il n'y a qu'un regret: que les élus aient caché leurs intentions jusqu'au 12 décembre. Il eût été plus honnête avant le 21 octobre de dire ce qu'ils feraient, ou plutôt ne feraient pas. Mais on ne peut pas avoir la peau politique de Blocher, ses oreilles et un sourire en plus, et on se contentera pour l'heure de savourer son éviction.

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Catégorie: Res politica

Commentaires (2)

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  1. Tatage dit :

    Je ne crois pas qu’on puisse parler de « putsch », le terme n’est pas exact. Le gouvernement n’a pas été renversé par la force!
    Simplement, beaucoup ont oublié que c’est le Parlement qui élit le Conseil Fédéral, pas les médias, pas le peuple, ni les Conseillers fédéraux. Ceux qui ont obéi au slogan de campagne « Votez Blocher au Gouvernement » se sont fait avoir! Les médias auraient bien voulu être mis au parfum de ce qui se tramait en coulisse, bravo aux parlementaires pour avoir su garder le silence sur les tractations jusqu’à la fin.

  2. kalvin dit :

    Je suis d’accord Tatage, ce n’était pas un putsch mais l’exercice normal de la démocratie indirecte.

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