CF : chippendales en lice

Il fut un temps où le système voulant cela, on laissait à la prétendue sagesse de l’Assemblée fédérale le soin de trouver des candidats potentiels lors d’une vacance au Conseil fédéral.

Mais ce temps est révolu, ma petite dame : on a passé de la cuisine interne et légèrement occulte à la piste aux étoiles. Et chaque canton y va de son champion qui sort du bois en annonçant sa candidature … à une fonction pour laquelle on ne saurait être candidat formel.

Entre le toujours sémillant et parfaitement modeste Luscher qui se voit (lui tout seul)  calife depuis des lustres et le progressiste Burkhalter qui pourrait prendre une carte UDC demain , on trouve depuis ce matin le révérend père de Buman, évêque fribourgeois bien connu et depuis hier Harry Pascal Broulis, le magicien vaudois des finances qui tire plus vite que sa baguette, surtout quand il s’agit de reporter des charges cantonales sur le dos des communes pour se glorifier ensuite de ses hauts faits budgétaires.

Toutes ces candidatures font les choux gras des canards officiels en mal de matière estivale et ravis de pouvoir donner dans le cantonalisme primaire. On trouve bien une femme dans cette brochette, mais compte tenu de la composition actuelle du Conseil fédéral, chacun sait qu’elle n’est qu’une candidate alibi, qui plus est toujours prête à plaider pour un report de l’âge de la retraite alors qu’elle touche la sienne depuis des années (nettement avant l’âge donc .. faites ce que je dis, mais …..).

On n’attend plus que Fulvio le magnifique, le pélican tessinois qui a ceci de particulier parmi son espèce qu’il rumine tout en battant de l’aile, une fois à gauche une fois à droite, comme pour indiquer que son cap fluctue en permanence. Une mesure de prudence sans doute.

Bref, avec la brochette de chippendales en lice, dont on se réjouit de voir les mensurations plus clairement et les torses huilés, on doit bien admettre que la brave Assemblée fédérale n’a pas grand chose de sérieux à se mettre sous la dent.

Des politiciens, oui, mais justement, que des politiciens, d’une redoutable médiocrité qui convient parfaitement à la fonction que tous rêvent d’habiter.

C’est terrifiant dans ce pays la façon de célébrer la médiocratie politique. Et pourtant dans certains domaines, il existe des « pointures » hors norme. Mais sans doute sont-elles trop occupées pour condescendre à travailler pour le bien public.

Et c’est pourtant de pointures dont le pays aurait besoin dans cette période difficile, et de pointures ni molles ni bourgeoises.

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Catégorie: Res politica

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