Chez Broulis, on rase pas gratis

Le sémillant citoyen de Sainte-Croix et ci-devant assez court président du Conseil d’État vaudois est quand même un financier hors pair. Il faut dire qu’il provient tout droit de la filière bancaire suisse à traçabilité garantie dont on connaît depuis quelques longs mois la générale et remarquable maîtrise des coûts innée.

Et malgré son format qui n’a rien à envier à celui de Sarkoléon, le même ministre peut facilement s’étendre longuement sur certaines particularités d’une péréquation intercommunale très loin de faire l’unanimité et dont, à part un seul fonctionnaire spécialement initié par ses soins, il est le seul à comprendre réellement les arcanes et les chausse-trappes, en tous cas en ce qui concerne la mouture en vigueur actuellement.

Mais ce n’est pas qu’avec les communes que notre président chéri est très péréquatif, en radical pur sucre. En effet, un petit calcul qui vient d’être réalisé démontre que dans le canton de Vaud, même si les Bernois sont partis depuis longtemps, on continue de « donner » de l’argent à une certaine catégorie de contribuables pour qu’ils aient les moyens de payer des impôts. Un vase communicant géant dont on a du mal à saisir l’ultima ratio et même la première d’ailleurs.

Prenons un couple marié de retraités résidant dans le valeureux canton administré par le bailli Broulis. Par malchance, ou par chance de ne pas l’avoir placé à l’UBS en bons de Lehmann-Ospel-Brothers, il ne dispose d’aucun deuxième pilier arrivé à l’âge de la retraite.

Pas bien diront les assureurs, bien trop chers en rapport qualité prix leur répondra-t-on. Ainsi donc nos braves retraités qui ont finalement passé leur vie à trimer ne disposent au mieux que d’une rente AVS et demie au maximum (et pas de deux rentes, solidarité oblige et égalité de traitement mise au panier) , soit en 2009 de Fr. 3’420.– par mois, multiplié par 12. Au passage, ils toucheraient Fr. 4’560.– en ayant divorcé pour la forme, ou en ne faisant plus ménage commun… Comme ces chiffres n’atteignent pas les minima vitaux garantis par la constitution fédérale, on octroie généreusement aux retraités en question les prestations complémentaires fédérales, en sus de ce magot mensuel, ce qui les place selon le loyer qu’ils paient aux alentours de Fr. 3’500.– par mois. Dans notre exemple leur loyer est de Fr 1’250.– par  mois, rien de bizarre.

En valeur 2009 et sur la base des taux en vigueur durant cette noble année, notre couple de retraités va devoir s’acquitter en moyenne vaudoise d’un impôt annuel de l’ordre de Fr. 3’500.– selon la commune dans laquelle il réside. Ca peut être mieux mais ça peut surtout être pire, notamment dans la Broye.

Ainsi donc, le père Broulis reprend-t-il d’une main ce qu’il « donne » de l’autre, puisqu’il rétrécit d’un bon mois par an les revenus de notre couple de retraités. Rien à redire sur le plan du principe de l’impôt sur le revenu payé par tous.

Mais beaucoup à redire sur un barème débile qui ne tient en aucune manière compte de la non-capacité contributive de ce couple, dont même les Offices de poursuites estiment selon leurs propres barèmes qu’il ne dispose pas du minimum vital LP. Qu’il fait donc bon vivre chez le bailli de Sainte-Croix.

Ainsi donc l’Etat de Vaud se paye-t-il à lui-même de quoi encaisser les impôts qu’il prélève … et si l’envie vous dit de faire le calcul, le programme est téléchargeable ici : une pure merveille …

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Catégorie: Res politica

Commentaires (1)

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  1. Effrayant, l’incompétence et le manque d’éthique de nos élus. On laisse moisir nos compatriotes à Tripoli dans l’indifférence.
    Et Couchepin gâteux, comme Merz, dit l’oracle de Berne, nous distillent des âneries récurrentes, on élargit le pouvoir des pandores pour des fouilles corporelles à bien plaire, écoeurant. Pourquoi humilier en plus, la répression ne suffit-elle pas, comme ce qui s’est passé à mon ami valaisan
    qui a été battu jusqu’à le casser. Non à ces nouvelles compétences pour justifier de nouveaux débordements, au nom galvaudé de la sécurité. Quant au procureur Mascotto qui se prend pour un voyeur et le clame haut et fort, basta cette médiocrité. Notre déficit de gouvernance est inquiétant. La direction des CFF n’est pas en reste et devrait recommander à ses collaborateurs lors de la chose, outre le masque, de se munir d’une capote pour éviter des blennorragies non désirées et des scènes de ménage.

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