Chômage des jeunes : le pire moment

8 décembre 2009 | par | 4 commentaires Plus loin

La droite parlementaire dure vient de sanctionner gravement la position du jeune chômeur de moins de trente ans qui ne trouve pas de boulot.

Entre autres fantaisies, les gras, replets et roteurs parlementaires des partis bourgeois, juste après le café et avant la tourte de Linz, ont décidé que « quand on est jeune on n’a qu’à s’adapter et à faire n’importe quoi comme job » : la nouvelle notion de travail « convenable » qui va devoir être mise en œuvre par les orfèvres en matière que psychologie que sont les sbires des ORP, occupés qu’à une seule et unique chose : préserver leur propre bout de gras.

L’introduction de ce genre de mesures débiles en période de crise est ahurissante de la part de parlementaires qui se veulent intelligents. C’est aussi logique que de décider que désormais, ils devront siéger à Berne à leurs frais, sans rémunération, mais en plus en payant pour chaque session parlementaire à laquelle ils voudront assister.

On pourrait peut-être lancer une initiative dans ce sens … mais elle serait sans doute déclarée irrecevable, car contraire au droit inamovible du parlementaire à faire n’importe quoi en permanence.

Deux semaines après une votation contestée, la Suisse se distingue donc une nouvelle fois : elle pénalise ceux qui ne peuvent strictement rien dans la crise actuelle pour tresser simultanément des couronnes aux dirigeants de l’UBS, qu’on ne poursuivra pas en responsabilité,  ma petite dame …

Face à ce genre de comportements parfaitement irresponsables, on se demande quelle est la parade.

Et il est probable que cette dernière doive revêtir une forme plus forte d’action que celles qui sont prévues par les institutions.

Résister même par l’action violente face à une décomposition pareille de l’état social relève du patriotisme et non pas de l’extrémisme.

A force de jouer avec le feu, les sinistres élus de la Berne fédérale devraient commencer à imaginer les conséquences possibles de leurs traîtrises sociales.

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Catégorie: A la Une, Res politica

Commentaires (4)

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  1. Bobo dit :

    Absolument d’accord avec les observations décrites ci-dessus. Premièrement, cette crise économique globale n’est due qu’a l’avidité sans limite d’une minorité qui, de plus, ne semble que partiellement touchée au final.

    La majorité quant à elle se déchire afin de palier à cette situation qu’elle n’a pas causé. Basée sur une argumentation falacieuse selon laquelle les étudiants ne veulent pas travailler – oui il existe des exceptions mais faut-il pénaliser une frange complète pour quelques abus? – la proposition ne tient même pas la route d’un point de vue financier. En effet, si l’on prenait en compte les frais de formation potentiellement gaspillés ainsi, et le fait que les étudiants ne touchent pas d’allocations très élevées, on arriverait sans doute à un coût plus élevé.

    « Etudier », qu’ils disaient, « est la meilleure garantie contre le chômage » …

    Devrait-on plutôt dire « faites ce que l’économie vous demande et ne cherchez pas plus loin! » Les discours changent étrangement vite…

  2. Bobo dit :

    J’en ai meme oublié d’ajouter qu’avec ce genre de message on ne fait qu’attiser les conflits inter-generationnels. Ne nous étonnons pas quand dans 10 ans les rentes AVS ne seront plus assurées par manque de cotisants ou par l’application d’une forte réduction votées par ces jeunes.

    Ce conflit n’est qu’une manière peu subtile de détourner l’attention de la population de solutions qui s’attaqueraient plus directement à la source du problème: un productivisme à outrance qui ne bénéficie encore une fois qu’à une minorité en dépit des vrais impacts pour la majorité (faut-il nommer l’exemple des dégats sur l’environnement, considérés comme négligeables en regard de la toute puissance du capital?) La seule véritable question reste « à qui profite le crime? »

  3. Daniel dit :

    Mais les mêmes jeunes au chômage, issus pour la plupart des « classes populaires » s’empresseront d’aller voter UDC (leurs pire oppresseurs au parlement) parce qu’ils se sont disputés avec un albanais…

    C’est désespérant….

  4. kalvin dit :

    @ Dani : je suis ulcéré par ce que font les chambres fédérales dans cette histoire et aussi par le manque de réaction de la gauche modérée. on dénonce, mais pas trop fort. C’est un peu comme l’ineffable Isabelle Moret qui soudain découvre les vertus d’une Cour constitutionnelle alors que certains militent pour sa création depuis leurs études …et passent, enfin passaient, pour des débiles profonds

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