Coalition des éclopés

Les politologues suisses bien pensants ont depuis toujours prétendu qu’un régime reposant sur un bipartisme, ou du moins sur une sorte d’entente de « listes » serait contraire à la sacro-sainte concordance qui préside aux tristes destinées du Conseil fédéral.

La concordance, c’est cette fausse valeur qui a permis à la Suisse de devenir un régime rétrograde, antisocial, auto-bloquant et sans plus aucune stature internationale. Dernière preuve de cette impuissance: l’élection de la Libye au Conseil des droits de l’homme de l’ONU en même temps que la réélection de la Suisse, alors que l’on connaît la nature du régime de Tripoli, c’est le moins qu’on puisse dire, et que la Suisse ne dit rien sur cette élection.

Conscients cependant que la concordance les mènera un jour dans le mur après y avoir mené la population, et surtout soucieux de maintenir leurs sièges dans un gouvernement qui ne gouverne plus, les partis bourgeois ourdissent des pseudo-complots pour tenter une sorte d’union sacrée qui leur permettrait ce tour de passe-passe. Et qui en plus devrait permettre au Conseil fédéral de voir l’accord UBS avec les USA ratifié par le Parlement et surtout ratifié sans référendum populaire, ce qui est une « nouveauté législative » pour un accord de principe inter-états.

Navrants à voir les Pelli, Darbellay et autres membres du PBD d’Eveline. Ils veulent faire accroire qu’il s’entendent comme larrons en foire, alors que tout entre eux n’est que détestation. Mais le peuple n’est pas dupe de leurs manœuvres : car les élections fédérales ne sont plus très loin, et si ce fameux accord passe la rampe au Parlement sans que le peuple ait son mot à dire, alors il y a gros à craindre pour ce bloc bourgeois fleurant le marshmallow conservateur mais pas bien conservé.

En fabriquant de fausses alliances, le PLR, le PDC et le PBD se prennent progressivement les pieds dans le tapis, et laissent la place à une UDC qui n’en demandait pas tant, surtout depuis qu’elle a définitivement démontré qu’elle est incapable de gouverner (Blocher, Schmid et maintenant Maurer, le plus inutile et ridicule de la bande des 7).

L’accord UBS avec les USA ne doit pas attendre de belles promesses ou autres calendriers d’intention: son éventuelle acceptation doit impérativement être précédée de la mise en œuvre définitive sur le plan légal de ces nouveautés que Merz tire du chapeau des autres, et surtout subordonné au paiement préalable intégral des dégâts causés par la banque.

Sauf à ressembler à une capitulation sans condition autre que celle qui consiste à saigner le bon peuple, encore et toujours.

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Catégorie: A la Une, Res politica

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