Concordance : une idée surannée

13 septembre 2009 | par | 1 commentaire Plus loin

Il existe dans ce pays un quarteron de nostalgiques dépassés, de tous poils politiques, pour qui la concordance doit impérativement être respectée dans une élection au Conseil fédéral, faute de quoi ce principe de gouvernement essentiel au fonctionnement du conseil fédéral serait en danger.

La belle affaire et le manque de vista.

Même le sémillant Luscher qui y croit dur comme fer (il doit être le seul d’ailleurs à part Genève Place Financière qui veut se faire remarquer en roulant ouvertement pour le jeune candidat presque bio et et quasi messianique, si on en croit la teneur du discours destiné à vendre son immodeste personne ) estime qu’il faut secouer le cocotier de l’intérieur mais ensuite faire acte de collégialité et défendre les positions du collège comme un seul homme … on se dirait à confesse lorsqu’on entend pareille profession de foi.

Proche de l’aile PDC de droite donc.

Futilité que tout ça. La concordance au sens des socialistes est le maintien de leurs représentants au gouvernement, cette erreur perpétuée de l’histoire, et bien sûr la conservation jalouse de quelques marches et autres évêchés juteux qui leur rend la vie politique si difficile mais le quotidien tellement plus doux.

La concordance n’a rien d’historique et en tous cas ne figurait pas dans les préoccupations des pères fondateurs. La concordance est une invention de l’église politique lors de ses nombreux conciles, mais une invention qui n’a jamais servi le pays mais simplement ses politiciens.

En tous cas depuis l’élection puis l’éviction de Blocher du gouvernement, la concordance n’est enfin officiellement plus de mise. Elle a même passé définitivement la rampe le jour où Ruth Metzler, la redoutable gauchiste jeune, a été priée de se recycler dans la pharmacie.

Concordance en Suisse rime avec immobilisme. On prend plus ou moins les mêmes et on continue de ne rien faire, sinon de (mal) gérer au quotidien les différents problèmes tout en rognant sur les acquis sociaux élémentaires. Tout en marchant sur les droits populaires. Tout en générant une « lexgorrhée » telle que même le constipant le plus efficace n’y retrouverait pas son chemin.

Le principe TSL, tout sauf Luscher, doit évidemment animer les grands électeurs mercredi prochain. On ne met pas un élément supplémentaire dans une boîte de Pandore. Mais le principe TSLC aussi (tout sauf la concordance) devrait animer ces mêmes grands électeurs, qui au demeurant et en l’état sont censés élire quelqu’un en respectant leur propre mandat populaire et non pas leur seul et unique intérêt personnel.

Aujourd’hui, aucun des candidats radicaux ou PDC n’offre une garantie quelconque de renouveau, de sang neuf, de stature étatique. Ils sont tous les trois de braves gestionnaires sans idéaux ni vraiment d’idées. Et d’ailleurs, signe des temps, même l’UDC se frotte les mains en espérant assurer l’élection de l’évêque Schwaller, pour mieux se venger d’ici peu.

Il faut au pays des hommes d’état, des vrais, pas des représentants de commerce sponsorisés par PKZ. Et dans ce triste conteste, on craint que l’élection de Dick Marty, qui serait certainement enfin une bonne chose, soit difficile. Et pourtant en voilà un qui a le calibre, même s’il est radical. Mais c’est un vrai lui, pas un assimilé de la concordance.

Tags: , ,

Catégorie: A la Une, Res politica

Commentaires (1)

Trackback URL | Comments RSS Feed

  1. olivier melet dit :

    Hmm…

    Dick Marty, je pourrai en effet voter pour lui. Mais il est affligé d’une tare essentielle: il est capable d’une réflexion indépendante non partisane.

    Et ça, c’est rédhibitoire devant notre parlement qui, ne l’oublions pas, est surtout aux ordres.

Laisser un commentaire