Couchepin : le poinçonneur refoulé

Le grand escogriffe susceptible et finaud de Martigny est sur le départ depuis des mois, mais il ne changera pas un iota à son attitude : toujours aussi têtu qu’une vieille reine de la race d’Hérens au sortir du terrain à Aproz qui voudrait faire la nique à un troupeau d’ânes et surtout ne pas perdre sa couronne flétrie.

Notre super-ex-hyper-président tient à sa taxe à la consultation comme à la prunelle de ses actions UBS. Il veut à tout prix (retour affectif, résilience, sénescence ?) rejouer au traminot qu’il a rêvé d’être étant gosse muni d’une pince impressionnante qui troue même les billets en carton « que le gentil contrôleur permet de conserver exceptionnellement ».

Ainsi donc, dès le 1.1.2010 il occupera sa retraite en faisant le pied de grue devant les cabinets médicaux avec sa pince et ses billets à trente balles. Et avec sa manne il pourra ainsi prendre l’apéro tranquillement avec les grands de l’assurance maladie que certains osent encore appeler mutuelle.

Car plus que de résoudre ne serait-ce qu’un instant le problème des coûts de la santé, cette solution valaisanne à l’emporte-pièces qui a dû être pensée au fond d’un carnotzet sur le tard et avalisée par le Conseil fédéral en l’absence de Micheline qui préférait prendre le thé avec son ami Mouammar à l’ombre de sa tente bédouine n’a même pas la valeur d’une rustine : elle ne sert qu’à coûter à ceux qui ne peuvent pas payer et surtout, financièrement, ne fait le beurre que des caisses-maladie.

Et c’est bien là qu’on retrouve notre Couchepin national : il dit ce qu’il ne fait pas, fait ce qu’il ne dit pas, et surtout exécute avec une application maladive  ce qui arrange ses amis assureurs.

On devrait instaurer en urgence une taxe à la couchepinade ajoutée (TCA) : grâce au profit qu’elle générerait à chacune des interventions de notre idole, on remplirait rapidement non seulement le tonneau des Danaïdes mais encore les déficits de l’AI et de l’AVS cumulés.

Il est ahurissant de voir les partis bourgeois comme le PDC aussi peu inspirés sur cette question sociale, et surtout les partis de gauche laisser passer de telles sottises sans de plus amples récriminations. L’ami Levrat envoie cet après-midi à chacun des membres du PS et à ses sympathisants une lettre de pétition à envoyer à l’illustre ministre. Ce n’est pas une pétition dont il a besoin mais d’une leçon de démocratie.

Il est en effet inadmissible qu’en Suisse au 21e siècle on préfère galvauder des dizaines de milliards pour tenter de redresser l’image d’une banque en faillite et que simultanément on ne prenne pas à la fois les bonnes mesures pour limiter la hausse des coûts de la santé et pour permettre au citoyen consommateur de soins qui n’est pas responsable de ses maux de les supporter.

Honte sociale, déni de démocratie et triomphe du libéralisme couchepinien.

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Catégorie: Res politica

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