Ecologie libérale, le néant politique

9 novembre 2007 | par | 4 commentaires Plus loin

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On a eu droit ce matin pendant une demi heure au Grand 8 de la RSR au sourire réjoui et béat de la sémillante Isabelle Chevalley, qui vient de se ramasser une veste monumentale avec son non moins "sémillant" collègue Jacques-André Haury aux dernières élections fédérales au Conseil National. La transfuge du parti libéral vaudois a avoué tout de go que "son sourire s'élargissait au fur et à mesure que le prix du pétrole augmentait".

Ce genre de prise de position de principe complètement polluée par le dogmatisme est débile. Se réjouir des difficultés des autres n'est pas une attitude responsable, ni politiquement ni humainement. Surtout elle ne résout strictement rien dans l'immédiat ni dans le futur proche. On ne gouverne pas simplement avec un sourire béat. Il faut dire qu'avec leur appel à voter UDC au 2e tour ce weekend, les membres de cette formation ont fait fort.
EL elle déclare donc tout de go "EL veut se rendre utile le 11 novembre après avoir été nuisible le 21 octobre. Accusé dans le canton de Vaud d'être responsable de la perte d'un des deux sièges libéraux au Conseil national (les deux figures d'EL sont Isabelle Chevalley et Jacques-André Haury, ex-membres du Parti libéral vaudois), le mouvement, privé d'apparentement par tous les partis du centre et de la droite, se positionne pour éviter de fâcher encore plus les trois partis bourgeois traditionnels et s'en isoler. Après avoir remporté 3,67% des voix vaudoises (1,56% à Neuchâtel) pour l'élection au Conseil national, EL rentre donc au bercail. "Le mouvement Ecologie libérale est né de la volonté d'insuffler une politique écologique dans les partis du Centre droite, dont ses membres sont en majorité issus, rappelle le communiqué. Il entend poursuivre dans ce sens et mettre tout en oeuvre pour développer son influence au sein de ces partis."

Pas un mot sur le nucléaire dans ce communiqué, étrange. Pas un mot sur une réétude de la notion de croissance équitable. Pas un mot sur les OGM non plus,  EL s'aplavantrit devant l'UDC et se range à ses côtés, celui des riches, des puissants et des démanteleurs de l'Etat social. Aucune mention de son propre programme qui pourtant était déjà bien mince et inconsistant.

L'écologie politique actuellement ne peut s'entendre que dans le sens d'un pragmatisme éclairé dénué de dogmatisme.
A l'image d'un Luc Recordon ou d'un Daniel Brélaz, qui ont su intégrer les principes dans l'action, plutôt que de favoriser l'utopie.  EL a voulu faire son cinéma et se faire mousser la pompe comme on dit, pensant que l'électeur de droite allait forcément verdir devant les urnes. Il n'a pas verdi mais est carrément devenu rouge de rage quand il s'est agi de voter, et a renvoyé les gentils doux-dingues opportunistes à leurs chères études, à très juste titre.
 
L'avenir d'Ecologie libérale est sans aucun doute dans le néant, et c'est tant mieux, ses membres n'ont pas le calibre ni les idées pour ne serait-ce que tenter de gouverner. Ne suivons évidemment pas non plus leur recommandation de vote ce weekend, car vraiment là ils se moquent carrément du monde.

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Catégorie: Res politica

Commentaires (4)

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  1. zozieau dit :

    Inutile de dire ma profonde amertume L’écologie de droite telle qu’énoncée auparavant par Isabelle Chevalley (et Régis Courdesse également; pour Haury, j’ai toujours eu des doutes en me référant ses interventions au Grand Conseil), je ne demandais qu’à y croire. Finalement leur opposition au nucléaire ou leur adhésion à des mesures plus « directives » pour le climat n’aura tenu que quelques semaines. Le programme de la douce influence me fait rire jaune… la droite n’est intéressée par l’écologie que lorsqu’il s’agit de voter des mesures d’encouragement/allègements de taxes.

  2. kalvin dit :

    @ Zozieau, tu as raison, en plus j’ai oublié Régis Courdesse.

  3. Tiouk dit :

    Copy & Paste:

    Vous écrivez:
    « Ce genre de prise de position de principe complètement polluée par le dogmatisme est débile. Se réjouir des difficultés des autres n’est pas une attitude responsable, ni politiquement ni humainement. Surtout elle ne résout strictement rien dans l’immédiat ni dans le futur proche. »

    et vous écriviez:
    « Mondialisation : le retour de bâton salutaire

    … Justement laissons les plonger, ça fera de la place pour de vraies banques…. Que les canards boiteux tombent, que les spéculateurs perdent, et que la fausse valeur purement financière et spéculative soit réajustée, pour parler poliment.

    Ainsi serait enfin mise à mal la toute puissance de l’économique sur le politique et le côté soi disant inéluctable de la mondialisation actuelle, celle du credo absolu de la croissance qui ne peut pas, par définition, continuer sur sa lancée indéfiniment. »

    Que disiez-vous ? « prise de position de principe complètement polluée par le dogmatisme est débile » ?

  4. kalvin dit :

    @Tiouk
    Moi je ne vise aucune responsabilité politique ni ne souhaite aucun job dans une banque. 🙂

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