Economie réelle : pas de problèmes ???

5 février 2008 | par | Pas de commentaire Plus loin
bourse_grise1-pop.jpgDepuis juillet 2007 on avait annoncé ici que la crise des subprimes ferait des dégats considérables, y compris dans l'économie dite réelle et finalement dans la poche du consommateur-contribuable. Certains spécialistes continuaient à l'époque de boire la parole rassurante des banquiers et analystes de marché comme parole d'évangile : cette crise localisée tant dans le genre que dans l'espace n'aurait pas d'impact sur l'économie en général, en tous les cas pas en Europe. Reprenez les commentaires de l'époque, ils sont édifiants.
 
 
Ce mardi les banques européennes ont à nouveau plongé (en Suisse de plus de 3 %) en raison de prévisions pessimistes sur la récession qui arrive aux USA. La production de services aux USA a baissé pour le première fois depuis mars 2003, soit depuis 5 ans. "Ce rapport donne une preuve frappante de la récession de l'économie américaine", a résumé Sal Guatieri de BMO Capital Markets. C'est un spécialiste encore, et c'est comme toujours, il constate les dégâts après.
 
 
N'importe qui aura compris que toute poursuite de la crise actuelle a fait et fera des victimes dans l'économie dite réelle qui n'est pas celle des casinos de traders. Le "petit chômeur" de Lucens ou de Saint-Gall ne va pas tarder à voir nos édiles lui expliquer que ma foi, les caisses étant plus que vides, les prestations vont encore baisser d'une façon ou d'une autre (on laissera aux éminences le choix des modes de pressage de citrons). Bien sûr qu'une crise de pareille ampleur devait obligatoirement avoir des effets négatifs sur l'économie.
 
Bien sûr qu'en général on refuse de le dire pour que le consommateur "niais" garde confiance, comme les épargnants ayant confié leurs économies à la Société Générale ou à l'UBS SA. Mais on s'aperçoit aujourd'hui que la fameuse banque anglaise Northern Rock qui a frisé la défaillance totale va devoir se faire racheter. Ce scénario va se répéter pour donner la place à une sorte de catastrophe financière qui n'a pas son pareil dans l'histoire, la crise de 1929 à côté ressemblant plus à une gentille passe d'armes entre riches et pauvres sans comparaison possible avec ce qui arrive ces temps. Alors on entend partout les spécialistes et autres consultants raconter qu'il faudrait mieux contrôler les banques. Oui, certes, mais ça ne date pas de hier.
 
Et ce qu'il faudrait contrôler aussi, ce n'est pas leur capacité incroyable à faire des pertes n'importe comment, mais aussi, quand tout va bien leur rapacité et leurs méthodes pour générer des profits. Et d'ailleurs quels profits ? réels ou virtuels ?
L'économie n'a jamais été considérée comme une vraie science. A juste titre ciel, et malgré l'existence de Prix Nobel dans cette discipline, prix dont certains titulaires ont usé pour faire tomber en faillite il y a quelques années un fond immobilier américain de première envergure LTCM. Alors quand on constate que l'économie n'est pas une science, que ses pontes ne sont pas crédibles, que leur savoir n'est pas porteur d'une quelconque confiance, on fait comme avec les mauvais médicaments ou ceux dont on doute des effets: on les retire du marché.
 
C'est le travail urgent des politiques, nettoyer avec ou sans karcher et surtout imposer de toute urgence des règles interdisant purement et simplement certains types de transactions, certains business et certains opérateurs .

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Catégorie: Res politica

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