Banquiers complices

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Evoquant les récentes bévues navrantes des banquiers suisses qui se sont faits ridiculiser par la TV allemande et surprendre en train de blanchir et aider allègrement à la fraude fiscale et à la circulation transfrontalière de cash en mars 2008, soit à un moment particulièrement subtil pour ce genre d'exercice … donc, et sous le titre Banques candides, Yves Petignat du Temps se demande en conclusion, si, en matière d'assistance active à la fraude fiscale et au blanchiment "les banques suisses ont vraiment une stratégie. Ou si, décidément, comme dans les affaires de «subprime», elles ne voient jamais rien venir".

On doit lui donner entièrement raison sur cette constatation navrante, il existe une arrogance permanente chez le banquier helvète sorti de Saint-Gall ou HEC Lausanne (entre autres) avec son attaché-case mignon et vraiment pas beaucoup d'idées, costumé vilain et cheap mais trop cher de chez PKZ.

On se demande souvent pourquoi il ne retient jamais la leçon ce petit jeune soi disant brillant. D'abord, il y a une simple question de génération: la génération Play-Station actuellement aux manettes a peut-être engendré des brillants traders, quoique sur ce point on puisse former quelques doutes au vu de ce qui se passe, ou de brillants fabricants de produits dérivés comme les crédits structurés, le joli nom technique de certains titres de subprimes, avec les mêmes réserves, mais pour le surplus, l'employé de banque moderne standard sait juste lire les Richtlinien et autres Weisungen, ne sait pas écrire, et surtout il n'a pas de bouteille, d'imagination et reste très humide derrière les oreilles bien au delà de la trentaine.

On a voulu flanquer dehors tous les "vieux crabes" de plus de 44 ans, qui eux en avaient vu d'autres. Leur savoir est à jamais perdu et il ne se trouve malheureusement plus personne en place pour pouvoir le transmettre. Car il ne s'agit pas que de savoir technique, il s'agit de flair, de sens des affaires, de prudence élémentaire, et d'imagination tout aussi élémentaire, tous domaines qui ne s'enseignent qu'au quotidien et non du haut d'une chaire.

On voit les dégâts faits par la génération Play-Station aux bilans des banques et à leur image, et ce n'est pas fini. On pourrait peut-être suggérer à nos édiles de promouvoir non pas le retour du Jedi mais la réinsertion même à temps très partiel de "vieux crabes" formateurs qui eux savent quelque chose pour l'avoir appris et vécu et qui ont dépassé l'âge fatidique de la fin de la quarantaine.

Car ce vocable leur va plus que jamais comme un gant : ne dit-on pas que l'on doit placer en quarantaine quelqu'un dont les idées pourraient être contagieuses ?

Notre 21e siècle économique et social naissant aurait tout à y gagner, tant sur le plan de la santé de l'AVS, celui d'une certaine cohésion sociale que sur celui encore du maintien d'un certain savoir-faire et d'un certain savoir vivre, évoluer et évaluer.

Les formules de maths oui, mais maniées par des chefs de cuisine qui n'ont pas besoin de leur livre de recettes chaque fois qu'ils font cuire de l'eau.

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Catégorie: Economie

Commentaires (11)

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  1. Dans une interview parue dans la « NZZ am Sonntag », M. Hayek père dénonçait la duplicité, l’amoralité du monde financier et boursier. Réclamant une réforme fondamentale de tout le système, il songe en attendant, de retirer son groupe de la bourse. Si cela devait se concrétiser, cela pourrait provoquer un véritable séisme banquaire et la rupture de toute relation de confiance, déjà catastrophique sur la place des grands requins.

  2. kalvin dit :

    @ George
    Merci, en extrait ici en français

  3. Ospel à la retraite, il nous propose son vieux pote Peter Kurer pour le remplacer. Un requin contre un autre, il faudrait demander à un visionnaire comme H-R Merz de nous éclairer !Kurer, un des architectes de la création de SWISS dont je me méfie comme l’envers et l’endroit, a peut-être un pseudo plan diabolique pour sauver notre vaisseau en attendant de faire le procès de l’incompétence et de la malhonnêteté. Celui qui a pris un gite pericoloso, devra subir une cure afin de repertorier, circonscrire les voies d’eau, évaluer, colmater. Et encore ejecter tous les kervialistes en herbe, les experts et ne pas déguiser les pertes en bénéfices, mentir, cacher, tromper. Enfin, conseiller au président Eugen Haltiner de la CFB de retourner sur son banc d’école, rouge de honte, bref une purge radicale et bienfaitrice pour exorciser notre monde puant de financiers et politiques qui prétendent avec leur arrogance du röchti graben, de tout savoir. Tout un programme pour rétablir la confiance. Blocher serait malgré tout un bon candidat, qui sait ? On pourra remplacer les trois clés par un bouc. Je n’arrête pas de rêver.

  4. kalvin dit :

    @George
    Autant je trouve que Blocher n’avait pas sa place au Conseil fédéral, autant il pourrait sans doute mettre de l’ordre dans ce foutoir. Et lui au moins, il sait faire de l’argent de façon durable et efficace et l’a démontré.
    Cynique sans doute comme remarque, mais la finance l’est aussi

  5. Le valaisan Jean-Pierre ROTH, président de la BNS, se fait complice des banquiers ripoux, en
    déclarant qu’à l’UBS, tout va bien Madame la Marquise et oubliant qu’il y a toujours le feu au château, malgré l’arrivée des pompiers. Doté d’une moustache rétro, entre Adolf et Guisan, ce grand argentier au profil psy. d’autruche a de quoi faire peur. J’hallucine. Au bord de la faillite, les petits épargnants qui sont les grands perdants, les honnêtes gens que le sinistre Ospel a ridiculisé, Roth devrait aussi écouter DSK à Washington la semaine prochaine, descendre de sa tour d’ivoire, exiger de l’UBS de nous montrer l’étendue de ses engagements dans les subprimes, tous pourris, en bref, se la coincer avec nous et envoyer des inspecteurs vérifier et voir ce qui se passe. L’UBS a perdu tout son crédit confiance et il faut être une pomme pour ne pas retirer ses billes, attendre 2 ans pour voir en confiant son pécule à une banque intègre, comme je l’ai fait avec la BCVs de Sion. Mais je sais déjà que ce nouveau bail est dans la longue durée et j’aime mes amis valescos.

  6. kalvin dit :

    @George
    Vous m’avez « piqué » le sujet du billet que je voulais faire. Roth est ahurissant de naïveté. C’est vraiment la méthode Coué : pas de faillite à craindre car pas de faillite à craindre…en effet DSK clame depuis quelques temps que l’Etat sous une forme ou une autre devra (futur et non conditionnel) mettre la main au porte-monnaie. Depuis son observatoire américain, il n’est pas mal placé pour le dire, et ne peut pas être taxé de gauchiste trotskyste dur et pur.

  7. Le 23 va être une journée mémorable, même si les comptes n’auront pas encore été bouclés. Nos jeunes kerviellistes se réjouissent de la fin de la crise, un peu trop tôt, à mon avis. Vouloir ne suffit pas, ce qui explique la nervosité de la bourse car si la bête a des sursauts positifs, sa cure est loin d’être terminée. Ce n’est pas demain la veille que je vais redonner ma confiance à des banquiers qui n’attendent que des fonds et notre feu vert pour continuer de jouer avec notre argent. La vraie mauvaise nouvelle est que les banques ne se font plus confiance entre elles pour se prêter de l’argent, ce qui reflète bien que personne n’a la conscience tranquille et ne maîtrise encore ses engagements. Ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes et je leur botterai le cul et loin de ma vue pour s’amender pendant que l’on répare leurs conneries. Quant à l’avocat Kurer, qu’il aille en enfer rejoindre son copain Marcel, dit l’imposteur. Amortissons encore 30 milliards et liquidons les moutons noirs, l’UBS retrouvera ainsi sa dignité et nous aussi.

  8. Nicolas Hayek interviewé nous fait part de sa dernière vision pour sauvegarder nos économies et nos emplois. Constatant que le crédit confiance de nos institutions financières a baissé de 50%, il pense que le peuple suisse va réagir, que Dieu l’entende, au niveau des urnes, pour réclamer une réforme complète de notre système boursier, mondialement. Il est vrai que nous avons déjà eu un docteur Schweizer. Prenons cette affaire au sérieux. Le jeu de l’avion, le Monopoly, les tables de Vegas, sont devenus lassants. Les prévisions des analystes financiers plus farfelues que celles des météorologues, juge et partie dans leurs conseils d’achat/vente pour encaisser des commissions sur notre dos. On ne veut plus de ces débordements hystériques, de cette cupidité pour des profits immédiats, qui nous ruinent. La banque cantonale zurichoise a trompé volontairement ses clients et ne me dites pas que c’est un pur hasard. La crise financière n’est pas la conséquence d’une crise économique, la crise financière est dûe à la malhonnêteté des banquiers, un point c’est tout. Quant au ralentissement économique et à la crise alimentaire, elle est le résultat de la cupidité encore, des grands groupes, comme Nestlé, etc. Mais en dernier, il est vrai que les dérives du monde financier pourraient mener à une crise économique majeure et incontrôlable, après moi le déluge… Rendez-vous après le 23.

  9. kalvin dit :

    Hayek est en effet tout à fait clairvoyant, mais plutôt légèrement pessimiste, ce qui est rare chez lui.

  10. Je comprend le pessimisme de Monsieur Hayek. Il y a quelquechose de vraiment pourri chez nous. Le mal-être de nos jeunes où leur préoccupation de vie d’avoir des petits ne passe qu’au 7ème rang, leur violence exacérbée par la police de rambos et d’un procureur dépassé par une société désorientée et qui a peur, même d’elle même, sans courage, ayant perdu ses repères d’humanisme, l’intelligence du coeur. Caritas Suisse va contribuer pour chf 500’000.-, ce qui est remarquable à l’aide au programme des « affamés » du tiers monde. Lamentable, la part de Sarko sera augmentée de 50 millons d’eur. Autant dire que l’on parle de peanuts, lorsque le boss de Porsche va palper les 100 mios de chf, le double de Schumi et de Marcel après le 23. Pourquoi ne pas avouer qu’un bon noir est un nègre mort, comme autrefois avec les indiens d’Amérique. Ainsi les OGM vont asservir les survivants du sida inclus et auront bien oeuvré avec la bénédiction de l’UBS et des minoteries qu’elle possède au Mexique, par exemple à Mazatlan. Le ciel est bien gris.

  11. kalvin dit :

    ….ou de ses participations aux compagnies énergétiques chinoises… actives notamment au Soudan et donc au Darfour.

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