BNS : le poison à 35 milliards et quelques miettes

11 février 2009 | par | Pas de commentaire Plus loin

Pur hasard du calendrier sans doute, voilà que la BNS nous a pondu un communiqué sibyllin daté du 10 février 2009. Une coïncidence avec la publication officielle des résultats de l’UBS ne serait donc que fortuite et involontaire.

Sauf que, on y apprend deux choses importantes :

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– les actifs toxiques transférés de l’UBS selon l’accord no 1 d’octobre 2008 se monteront au total maximum de  39.1 milliards, sur lesquels 35 milliards constituent une exposition maximale ou selon le communiqué « un risque maximal« .

Risque abaissé selon la BNS, mais risque clair et définitif : on va voir exploser en vol la Bad Bank Helvétique à hauteur de 35 milliards, ce qui ajouté aux 6 autres milliards « investis » dans le capital de l’UBS nous promet de bonnes années pour les comptes de tout un chacun et en particulier pour ceux des cantons qui vont encore attendre longtemps des versements de bénéfice de la part de la BNS;

– les actifs toxiques transférés n’atteignent pas 60 milliards soi disant grâce officiellement à une nouvelle manière de comptabiliser les toxiques inaugurée le 13 octobre 2008.

C’est fou comme soudain les nouvelles techniques comptables évoluent à bon escient, très en ligne avec les évènements.

Dans la réalité, ainsi que le communiqué le laisse entendre « La Banque nationale et UBS ont convenu de ne pas transférer certaines catégories d’actifs« .

En fait elles n’ont pas vraiment « convenu » mais ont refusé de s’entendre sur le prix de transfert de deux types d’actifs à risques, les crédits dits de consommation étudiants et les monolines d’assurance. La BNS pensait que ça ne valait pas 4 sous, et l’UBS voulait encore faire du profit là-dessus

C’est donc ainsi que dans le bilan au 31 décembre 2008 de la grande banque figurent encore en bonne place et au prix fort pour plus de 20 milliards d’actifs pourris, puisque la BNS n’en a même pas voulu à un prix raisonnable.

Avec 200 milliards de liquidités en moins retirés en 2008 par les clients fort justement inquiets, avec 20 milliards de perte officielle 2008, avec 20 autres milliards de casseroles qui trainent encore dans son bilan, UBS n’est de loin pas prête à survivre.

Elle n’a plus guère qu’une solution, à part faire la manche : stopper ses opérations US qui ont toujours été un gouffre à milliards, et redevenir une petite banque de campagne en Helvétie… en attendant des jours meilleurs pour recommencer ses sottises.

Sauf que les concurrents l’avaient prévu et l’ont précédée. Et qu’on n’a pas besoin de personnel de nanageemnt payé en millions de francs par unité pour s’occuper de faire fonctionner une grosse caisse d’épargne électronique sans avenir.

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Catégorie: Economie

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