Finances publiques en Suisse : le mensonge organisé

16 octobre 2007 | par | 2 commentaires Plus loin

Avez-vous remarqué ces derniers jours les bulletins de santé sur les finances publiques en Suisse ? l'AVS va bien merci, pas de problème de financement avant 2018 au moins, aujourd'hui on nous annonce que les finances cantonales sont au beau fixe avec seulement deux mauvais élèves, Genève et le Tessin, Merz "l'agile et subtil comptable" s'était trompé (comme d'habitude) de quelques centaines rondelettes de millions dans ses projections 2007 et la Confédération réalisera un excèdent de recettes cette année.
 
Nous devons vraiment vivre dans une sorte de camp retranché de benêts, un peu à l'image du village gaulois d'Asterix, car simultanément, on ne cesse de nous rabâcher du côté des droites molles, dures et inoxydables que le seul salut passe par les économies et les coupes budgétaires, faute de quoi nous allons à la catastrophe.
 
On a déjà eu l'occasion de dire et redire ici que les finances publiques n'ont rien à voir avec le budget d'un ménage, que les dépenses intelligentes destinées en particulier à favoriser la formation ne sauraient être exclusivement taxées de dépenses, mais devraient aussi faire partie de ce qu'en comptabilité normale on appelle des actifs ou des investissements.
 
 
Bon, bien sûr, il ne suffit pas de hurler ce genre de message sur un blog pour qu'il soit entendu, mais franchement on se demande bien quelle genre de formation les tenants des économies publiques à tout crin ont, ou plutôt n'ont pas pour oser propager de telles niaiseries et mensonges. Quand on pense à la marge de véritables économies encore possibles par la suppression des doublons institutionnels et autres milliers de postes publics  "de confort", on en reste facilement coi. Un coup d'œil du côté des cartels et des prix ultra-protégés et entendus ne serait pas inutile non plus.
 
Ou alors, de théorie du complot en théorie du complot, on doit admettre que le politiquement correct aujourd'hui est à la déconstruction de l'état, mais pas aux bons endroits, c'est à dire pas là ou le politicien y gagne (voir les grandes régies publiques genevoises) mais là où le simple citoyen y perdra en pensant encore qu'on n'y pouvait rien, car on lui aura enfilé cette idée dans la tête à coups de millions au point finalement qu'il la croira sienne.
 
Les urnes sont proches: l'une des grandes questions de ce scrutin est celle d'une juste redistribution des richesses d'un pays qui l'est presque honteusement face à l'étranger, sans parler même d'une comparaison avec les pays du tiers monde.
 
Or pour répondre convenablement à cette question, il n'y a guère d'autre possibilité que de le montrer massivement dans les urnes en élisant des représentants de la gauche sérieuse et des verts. Ensuite, il ne faut surtout pas leur lâcher la bride sur le cou, il faut leur demander des comptes équitablement mais régulièrement dans une sorte de contrat d'élu, car finalement c'est au pied du mur que l'on reconnaît le vrai maçon.
 
Ceci dit, dans tous les cantons romands, les formations de gauche possèdent en leur sein les talents et les bonnes volontés nécessaires à mener à bien une rénovation en profondeur de la Suisse et du statut chancellant de son état social.
 
Pensez-y d'ici dimanche prochain.

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Catégorie: Economie

Commentaires (2)

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  1. halcyon dit :

    La gauche romande au pouvoir à Neuchâtel a elle aussi abusé de ce refrain, et comme par hasard les plannificateurs ont faits des « erreurs » monumentales qu’on ne peut pas attribuer à leur incompétence (C’est comme dire que George W. Bush est un crétin qui n’obéit à aucune logique). Après nous avoir invités à nous serrer la ceinture, ils ont fini dans les chiffres noirs, « mais il ne faut surtout pas relâcher l’effort », ajoutent-ils très vite.

    Le deuxième refrain le plus répété et le plus faisandé de ce nouveau millénaire et qu’il faut « libéraliser », « privatiser », pour que les prix baissent…déjà, le libéralisme existe-t-il encore, tellement les grandes industries tendent vers le monopole? On vit plutôt l’âge d’or de l’oligarchie ou de grands groupes se taillent la part du lion en fixant arbitrairement les prix, de préférence vers le haut.

    « De toute façon, on n’y peut rien, c’est le marché qui décide… » est le dernir couplet de cette chanson, l’argument-massue qui perpétue le statu quo et nous désillusionne encore un peu plus sur la politique…

  2. kalvin dit :

    @halcyon
    Oui, oui, je suis d’accord sur le fait que le véritable libéralisme politique issu des conquêtes du 19e siècle est actuellement mort. Dommage.
    Nous sommes devant un « pouvoir » politique aplati sur le sol aplani et qui s’apitoie sur lui-même sur son tapis. En fait, seule un intervention de l’état pas forcément marxisto-socialiste mais aussi visant à une transparence des marchés et une disparition des cartels et autres ententes de nature monopolistique doublée d’une forte action sociale peut combattre les excès actuels de la mondialisation à laquelle « on ne peut soi disant rien ».

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