Les milliards flambés

12 décembre 2008 | par | 5 commentaires Plus loin

On nous raconte que les fameux six milliards ont été débloqués pour filer à toute allure vers la tire-lire spéciale de Jersey.

Les arrogants dirigeants de l’UBS qui ne disent jamais merci (un principe) traitent les parlementaires et le public comme des chiens : ils ont même osé prétendre que « tout allait bien dans le meilleur des mondes et que le sauvetage n’était pas nécessaire ».

La BNS descend encore ses taux de référence au point qu’elle parvient bientôt à zéro, le « prix » de l’argent plus que facile. La marge de manœuvre diminue inexorablement pour elle …

Sauf que l’action  UBS continue de périciliter, et c’est normal, car tant que son bilan cachera encore pour 17 milliards au moins de pommes pourries, il n’y aura pas d’embellie, et personne d’autre que la BNS ne lui prêtera quoi que ce soit.

C’est donc dire une fois encore que le plan de sauvetage no 1 n’avait aucun sens, aucune utilité et aucun fondement : une vaste fumisterie pondue par les « experts de l’UBS » et simplement destinée à pomper des liquidités là où on peut, surtout dans la poche du contribuable.

En fait, le contribuable paye à l’UBS ce qu’il faut pour que l’UBS rembourse à son contribuable-client, cette fois, ce qu’il a sur son compte.

Étrange manège bien loin d’être sain et qui ne cesse de tourner à vide, en rond, en spirale.

Juste pour rappel, le cours de l’action ce jour à midi est de nouveau aux alentours de Fr. 14.– (ce qui donne une valeur totale boursière inférieure à la valeur comptable des fonds propres de la banque, qui ne sont donc bientôt plus ses propres fonds, et depuis longtemps pas bien propres…)

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Catégorie: Economie

Commentaires (5)

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  1. Marc dit :

    Le plus invraisemblable dans cette histoire reste le rachat par la BNS de 60 milliards US$ d’actifs pourris à l’UBS. Nos politiciens de droite claironnent que ces actifs reprendront de la valeur et qu’au final la BNS – donc l’Etat- aura fait une bonne affaire. Ils croient au miracle, c’est de la foutaise !

    Proposition : Que cette « fameuse société de portage » émette des obligations et que tous les politiciens qui ont soutenu cette mesure placent leur fortune (y compris valeurs mobilières et II/IIIe piliers) dans ces obligations. On verra s’ils font une bonne affaire.

  2. Hans-Rudolf Merz est peut-être notre Madame Soleil. En effet, Panagiotis Spiliopoulos, chef analyste chez Vontobel a déclaré vendredi passé dans Le Temps, que le pire de la crise était derrière nous. Voilà enfin quelqu’un qui positive. Il prévoit une hausse de 84% des bénéfices des sociétés l’an prochain. Avec un scénario le plus probable à 60%, il prédit une modeste baisse du PIB américain et recommade entre autre le choix de l’UBS avec l’objectif d’un titre à 22 francs en raison de la solidité de son bilan. Notre expert maison K. voit donc tout faux, heureusement pour nous !

  3. A mon avis, c’est le dernier moment de se mettre en liquide, francs suisses et euros, cela pour deux à trois ans. Laissons passer la caravane. Madoff, le dernier Cornfeld, le dernier flambeur, admiré, respecté par nos grands argentiers, ces flibustiers ne sont que le pic de l’iceberg du pathos général de nos dirigeants et de leur cupidité. Que ce soit la paranoïa de notre police, des niaiseries de nos politiques, de la crapulerie de nos banquiers, la schyzophrénie, l’hystérisme de notre société citoyenne, tout nous condamne à la médiocrité et à la tentation du pire. Je ne vois comme avenir que l’exil comme refuge, pour respirer.

  4. Pendant que Monsieur Merz distribue des milliards et des promesses d’autres milliards à l’UBS, qui représente 20’000 employés, nos PME représentant 300’000 entreprises et 2’000’000 de travailleurs, nous restons les bras croisés. HONTE A NOUS ! Quel égoïsme du chacun pour soi… belle mentalité. Je souhaite que la rue se souléve contre Berne avec la plus grande véhémence.

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