Petites et grosses coupures

On se souvient qu’il y a quelques semaines encore, le politicien de base suisse chipotait sur l’endettement de l’AVS, l’annus horribilis de l’AI, l’impossiblité financière du pays à créer des créches supplémentaires, bref sur toute une série de sujets où le politiquement correct de droite voulait que l’on fasse des économies, et rapidement.

La manifestation concrète et permanente du fameux dogme du sacro-saint équilibre budgétaire si cher aux PRD, PDC, UDC et autres géniteurs politiques du bazar dans lequel le monde se trouve actuellement.

A l’époque, l’unité de compte était si l’on peut dire la dizaine ou la centaine de millions de francs. Et d’un seul coup, par la grâce soudaine de l’explosion ravageuse du système bancaire capitaliste, voici nos politiciens qui changent d’échelle : il faut que l’État garantisse les dépôts des épargnants (plus de mille milliards de francs), il faut éviter que les banques fassent faillite, il faut, il faut, il faut … l’unité de compte a cette fois passé au milliard de francs voire à la centaine de milliards.

Et dans cette optique le politicien de base, toujours lui, a juste bougé un peu sa règle à calcul, son horizon de compréhension, sa tolérance à la dépense potentielle. Or personne ne sait aujourd’hui où les États, ou plutôt à quel prix d’or les États qui font de telles promesses vont devoir emprunter sur le marché (lequel d’ailleurs ..) les capitaux qui seront rendus nécessaires pour tenir du moins en partie les promesses faites en hâte. Peu de politiciens imaginent d’ailleurs concrètement ce que représentent « simplement » mille milliards de francs ou de dollars … (20 ans de budgets annuels de la Confédération, une génération donc …)

Nul ne sait non plus ce que recèlent toujours les bilans des banques. On a perdu tout sens de la mesure et toute ligne directrice. C’est le sauve qui peut général, mais qui donc peut encore croire un seul instant aux fameuses promesses des États. L’épargne garantie en Suisse: la Schlumpfette nous raconte (à juste titre) que ce n’est pas le mieux en comparaison internationale et qu’on « étudie son amélioration« . C’est vrai qu’on a tout le temps de la voir disparaître si on prend encore deux ans pour réfléchir à une question aussi sensible et urgente.

La situation sur les marchés internationaux s’obère malgré le plan Paulson, qu’on savait d’avance n’être qu’un emplâtre sur une jambe de bois. La crise se calmera sans doute un jour, après de nombreuses explosions supplémentaires et autres soubresauts, mais elle ne le fera que lorsque les politiques trouveront le ton juste et surtout seront en mesure d’expliquer où ils vont prendre toutes ces sommes promises à gauche et à droite et à quel prix.

Or la dessus, c’est le silence radio le plus absolu, on n’entend même pas Couchepin (qui trouve adéquat   de faire du tourisme au Liban durant cette période), lui qui d’habitude est pourtant si prompt aux raccourcis vides de sens ou contradictoires.

On est bien gouvernés … ciel.

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Catégorie: Economie

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