Pour 1000 milliards de dollars de moins

wall_street2.jpgNon ceci n'est pas le titre d'un nouveau western ou d'un remake, quoique … C'est "tout simplement" le coût global estimé de la crise financière issue des subprimes et autres constructions baroques estimé par le distingué FMI dirigé par Dominique Strauss-Kahn.

Lequel FMI n'hésite pas à déclarer aujourd'hui, entre autres gentillesses : "l'ensemble des intervenants n'ont réussi à apprécier ni l'ampleur de l'effet de levier auquel ont eu recours de nombreuses institutions (…) ni les risques de dénouement désordonné qui en découlent".

Le rapport dénonce ensuite " la prise de risque excessive" et "le manque de rigueur" au sein d'"institutions faiblement capitalisées" et va jusqu'à recommander une réforme du mode de rémunération des cadres impliqués dans la gestion des produits à risques.

Le pouvoir politique fédéral en Suisse se réjouit de ces déclarations, naïf et benêt qu'il peut être. En effet, si des fantaisies à ce prix là ont pu avoir lieu, c'est que les autorités compétentes, ou plutôt incompétentes, ont laissé faire les voltigeurs bancaires, pire ont fermé les yeux avec délice en encaissant à titre privé des dividendes somptueux.

Schizophrénie du politique fédéral suisse qui prêche la vertu calviniste tout en gérant (ou ayant géré ?) ses comptes épargne-placement grâce aux bons conseils du docteur Ospel.

Il est à souhaiter qu'enfin un juge pénal ait le courage de poser les bonnes questions aux responsables de la débâcle de l'UBS, comme il le fait avec délice et sagacité devant le petit entrepreneur qui a fait faillite à cause de l'arrivée d'un trop gros concurrent à ses côtés. Car il est une évidence: le bilan 2007 montrant une perte de 4 milliards est faux et les renseignements donnés sur l'entreprise en 2007 et 2008 étaient eux aussi faux et trompeurs.

Et parmi la brochette que ce juge courageux pourrait éventuellement épingler figurent, outre les dirigeants de l'UBS,  l'ensemble des politiques qui ont dormi en donnant tout pouvoir à la Commission fédérale des Banques par exemple, qui vient la semaine passée d'admettre qu'elle n'avait pas tout vu venir (c'est le moins qu'on puisse dire).

Ça ne fera pas renaître les milliards, car ceux-ci sont bien entendus logés dans les poches de ceux qui ont vendu au bon moment. Mais ça inciterait  pour une fois les autorités à travailler intelligemment plutôt qu'à faire de la petite politique de couloir sans aucune envergure ni idée.

Car celui qui doit payer de sa poche, même un petit pécule en regard des milliards partis en fumée, finit par comprendre la leçon, et son successeur risque d'être plus prudent, plus avisé et plus sévère avec le banquier voltigeur, qui, on sait cela depuis des lustres, recommence toujours ses fantaisies après quelques années de retour au calme.

Un petit rappel enfin : 1000 milliards de dollars représentent une flotte de 5'114 Airbus A 330 flambant neufs, soit en gros la production de 20 années à plein temps !

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Catégorie: Economie

Commentaires (11)

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  1. Pour les experts, l’âge de 60 balais constitue le seuil de la vieillesse, de la mise sous tutelle, de l’entrée en établissement gériatrique, où votre pitance est réduite de moitié, de la déchéance familliale et sociale, du mépris, du rejet, de l’abandon. Avant de finir prostré sur une chaise au bout d’un couloir, il faut se battre. Avant de passer pour un has been ou un ringard, il faut prendre des risques et gueuler, ne pas accepter l’inacceptable. Et je rejoins nos amis Jean-Claude et Kalvin, même si il faut en prendre plein la gueule. Donc je milite contre ces grands de la finance, de la politique, ces magistrats, tous ces gens biens du copinage, ces corrompus endimanchés. Ayons le courage de le dire et fier de refuser de ne pas nous soumettre comme nos valeureux tessinois.

  2. kalvin dit :

    @ George
    Il y a bien des années dans le canton de Vaud existait un journaluscule qui s’appelait le Pamphlet. Malheureusement très à droite, sinon plus. Mais sa devise m’est restée à l’esprit :  » Ne pas subir » !!

  3. Eleken dit :

    En fait, moi ce qui m’étonne… C’est comment est-ce que ça peut encore marcher ? Je veux dire, le capitalisme pour le capitalisme, faire de l’argent grâce à l’argent… Ce n’était pas le but initial, je suppose qu’il n’y a là qu’un effet pervers de la non moins perverse société de consommation. Au rythme où régresse les mentalité, je pressens que la guerre du feu 2 aura pléthore de figurants :p

  4. kalvin dit :

    @Eleken
    Je crains que ce ne soit pas que des figurants et que le feu soit ravageur.

  5. Nous vivons le plus grand scandale financier de tous les temps, la plus grande arnaque, merci au FMI qui a su financer les pertes de la voyoucratie financière mondiale et devenir leur complice. George Soros a raison, ce n’est pas encore fini et à suivre les efforts désepérés de l’UBS pour maintenir le cours de son action, en attendant le 23, il y a de quoi s’inquiéter. Georges Blum, ancien de la SBS et initiateur de la captation de la SBS par l’UBS, nous ramène sa fraise avec de nouvelles conneries en nous recommandant un copain irréprochable. Une couloeuvre de plus. L’UBS doit devenir tricéphale, un aigle à trois têtes, l’une pour la gestion de fortune patricienne, l’autre pour les affaires financières spéculatives car le mélange des deux, les interactions, tout cela est bull shit. Pour redresser la barre, il faut retrouver la confiance et la compétence. C’est le troisième tête, celle qui va tenir en laisse les deux premières et retrouver les chiffres noirs. Cet oiseau rare ne peut être qu’une personnalité exceptionnelle comme Ronald Lauder, par exemple. A suivre…

  6. Je viens de lire une dépêche du MATIN. Les vieux rats ne sont pas prêts de quitter le navire. Alors que la bête a besoin d’un sérieux curetage, on ne va quand même pas recommencer avec les mêmes ! L’UBS est en quarantaine. Il faut du sang frais et propre. En premier, virer le conseil d’administration, Peter Kurer est un personnage trouble, idem pour Marcel Rhoner. L’UBS est au bord de la mise sous tutelle et de plusieurs enquêtes pénales. Il s’agit d’agir et réagir. Et comme on dit, après la haine, il y a l’amour.

  7. Je viens de lire une dépêche du MATIN. Les vieux rats ne sont pas prêts de quitter le navire. Alors que la bête a besoin d’un sérieux curetage, on ne va quand même pas recommencer avec les mêmes ! L’UBS est en quarantaine. Il faut du sang frais et propre. En premier, virer le conseil d’administration, Peter Kurer est un personnage trouble, idem pour Marcel Rhoner. L’UBS est au bord de la mise sous tutelle et de plusieurs enquêtes pénales. Il s’agit d’agir et réagir. Et comme on dit, après la haine, il y a l’amour, l’espoir ou le désespoir.

  8. On peut rêver… Comme tous les matins au petit-déjeuner, je m’entretiens avec Médor, pour faire le point de la météo et des dernières nouvelles économiques et autres. Le baromètre est au plus bas, proche d’un nouveau tsunami. God bless America aurait dit Benoit XVI. C’est inquiétant, est-ce le présage d’une nouvelle guerre dans l’empire du MAL, la Chine ? En dernier je me demandais comment on aurait pu utiliser tous ces milliards partis en fumée ? Peut-être que la faim dans le monde, le sida, le mal-être de nos petits vieux, toutes ces choses qui méritent un peu plus d’attention que la bénédiction papale, n’en plaise à Pellegrini, auraient été plus souhaitables.

  9. kalvin dit :

    Héhé
    Et moi qui ce matin discutait de logique avec mon chat qui se prénomme … calvin

  10. Accorder sa confiance à l’UBS est un véritable non-sens pour la clientèle privée, les fondations de famille, tout ce qui nous touche de près. Repaire d’opportunistes, de gens sans scrupule, je suis étonné que malgré tous les scandales et les procès en cours, l’UBS se montre encore arrogante pour prétendre à un retour de confiance dans les trois ans. Combien de magouilles avec les grands groupes et l’argent des autres, ne peut m’inspirer confiance. Avec tous ces messieurs grassement rémunérés et en pleine connaissance de cause, je me demande quand ce cirque va être mis sous surveillance. Par contre faisons confiance à nos petites banques de proximité qui pratiquent un code de conduite que l’on trouvait à la regrettée SBS, hélas défunte.

  11. kalvin dit :

    On partage les même regrets, la vraie SBS de l’époque pas si lointaine était une vraie banque, elle.

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