StabFund: le dévaloir sans fond(s)

On se souvient tous des annonces fracassantes de Merz et compagnie en 2008 : la Bad Bank suisse (StabFund) dans un premier lieu destinée à émigrer vers des cieux fiscaux et règlementaires plutôt doux est un engin formidable : « sur le long terme c’est la seule façon de faire réaliser des bénéfices au contribuable helvétique » qui a sauvé du naufrage son UBS chérie, la seule banque helvétique à n’avoir pas su traiter les subprimes et autres fantaisies avec intelligence et prudence.

Ces affirmations datent certes un peu, mais elles n’en restent pas moins des paroles historiques. Que l’on ait dû extraire les caries grossières du dentier vorace de l’UBS était sans doute une chose vraie : sinon elle n’existerait tout simplement plus, mais qu’on en fasse payer l’entier du coût au contribuable helvétique était déjà un scandale en soi.

La deuxième partie du scandale que l’on pouvait prévoir sans problème dès l’origine est que la garde des fameux actifs pourris et leur réalisation progressive plombent les comptes consolidés de la BNS . Elle y est déjà allée de 1.7 milliards de pertes supplémentaires réalisées en 2008 grâce à cet engin, et de quelques centaines de millions supplémentaires au premier trimestre 2009.

Si l’on extrapole, en coûtant chaque année environ 2.5 milliards au contribuable suisse « grâce » au miracle de l’étalement dans le temps, le Stabfund se révèle un bazar sans fond ni fonds qui ressemble fort au tonneau des Danaïdes, sauf que lui ne remontera jamais la pente durant les deux décennies qui lui seront nécessaires au minimum pour amortir la chute.

Et pendant ce temps le tandem Villiger-Grübel pédale dans le yaourt, raconte des sottises et ne fait rien d’intelligent tout en voyageant en première en fumant le cigare  …

L’hémorragie des fonds sous gestion confiés à l’UBS a encore continué au 1er trimestre 2009. Aucune raison que cela s’arrête sans des mesures radicales et surtout novatrices. Mais on ne peut pas demander à de vieux singes d’inventer de nouvelles grimaces, surtout quand on a contribué pour l’essentiel à la disparition du secret bancaire suisse ancien modèle.

La BNS a dû augmenter la somme de son bilan de plus de 20 milliards (lire emprunter des sous !!!) en raison des fantaisies de l’UBS.

Quand donc cessera ce soutien débile à un engin qui n’a plus de valeur et qui liquide ses meubles (Brésil par exemple) pour faire de la place aux chômeurs qu’il a créés.

Et pendant ce temps, le Conseil fédéral dans sa grande incurie refuse une licence même « light » à la Poste pour créer une banque de proximité, alors que Postfinance dispose en permanence de liquidités en dizaines de milliards de francs suisses qu’elle doit …. placer à l’étranger pour obtenir un vague rendement.

Quand on vous dit que le gouvernement est aux ordres du lobby bancaire, il n’y a qu’à regarder ce qui se passe pour en être convaincu.

Et dans ce domaine comme dans d’autres, il ne travaille pas au bien commun et trahit autant son serment que la confiance que certains parlementaires ont mise en lui. Et bien sûr celle, très résiduelle, que lui accorde encore le peuple suisse.

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Catégorie: Economie

Commentaires (2)

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  1. Aux dernières nouvelles et publié par la Tribune, un lupanar a été fermé à Froideville. Un inspecteur du service de la consommation et des affaires vétérinaires a effectué un contrôle de salubrité des lieux selon Yvain Genevay, envoyé spécial du journal. Espérons que le tenancier de
    73 ans n’a pas la rage et comme me disait une amie, « ça pue bon ».

  2. Claude Smadja, brillant journaliste, nous disait qu’à ses yeux, Obama représente un réel danger pour la Suisse. Je suis étonné que ce spécialiste n’ait pas commencé par dénoncer l’incurie de nos gouvernants, un vrai et dramatique danger avant celui d’Obama. Se prétendant fin connaisseur, son analyse est tronquée. Pour conserver sa popularité Obama doit faire tomber des têtes chez lui et ailleurs, donc la Suisse va passer à la moulinette. L’on sait qu’il ne peut y avoir de demi-mesure. Tout ou rien, évasion et fraude sont dans le même sac. Biaiser comme l’essaye Merz, ne va qu’exaspérer Obama. Avec la FINMA, le CF a fauté naïvement en trahissant ses propres lois. Parler de pressions est une mauvaise excuse, avouer ne pardonne pas la faute. L’absolution du confessionnal ne suffit pas. Les sanctions vont pleuvoir et là où notre expert n’a encore rien compris, c’est que le message messianique d’Obama ne se monnaye pas. Les jeux sont faits et la morale devra s’appliquer et nous, obéir, nous soumettre et se la coincer. Que faut-il attendre de nos élus, rien et encore rien, comme dans l’affaire Hannibal. La Suisse est aveugle, car stupide.

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