UBS éthique : c’est quoi ça ?

14 avril 2009 | par | 4 commentaires Plus loin

Les braves militants d’ACTARES au nombre desquels figure le « sémillant » Roby Tschopp vont prononcer un discours demain 15 avril à l’AG ordinaire de l’UBS dans lequel ils vont réclamer une UBS éthique. Voici en primeur la partie essentielle de ce discours :

« ACTARES, actionnariat pour une économie durable, exige la mise en place d’un contrôle éthique au sein d’UBS. La très grave perte de confiance et de crédibilité encaissée par la grande banque suisse ne pourra pas être surmontée par un simple retour aux valeurs traditionnelles, symbolisé par l’arrivée de Kaspar Villiger et d’Oswald Grübel aux commandes de l’établissement. Des mesures concrètes et vérifiables devront être prises pour assurer à l’avenir l’éthique des activités d’UBS. La banque prendra ainsi une longueur d’avance sur ses concurrentes en anticipant les nouvelles exigences auxquelles tout le secteur ne manquera pas d’être confronté.

La réflexion devra conduire UBS à orienter ses investissements de manière à favoriser le développement durable et à offrir à sa clientèle une valeur ajoutée sur ce plan.

Les récentes révélations quant aux pratiques illégales systématiques mises en œuvre aux Etats-Unis d’Amérique ajoutent malheureusement une dimension nouvelle aux difficultés d’UBS. Il ne s’agit plus désormais d’erreurs, mêmes graves, commises en toute bonne foi, mais d’actes délibérés mettant en lumière une absence criante d’éthique des affaires.

Non seulement les collectivités publiques à l’étranger ont été trompées et lésées, mais également les actionnaires et les contribuables suisses, affectés par les pertes consécutives à la découverte du pot-aux-roses.

ACTARES ne comprendrait pas, dans le contexte actuel, qu’UBS n’ouvre pas des procédures judiciaires contre les personnes qui se sont rendues coupables de sa débâcle. Ne pouvant pas accéder à la documentation interne de l’entreprise, les actionnaires ne sont que difficilement en mesure de le faire, sauf à se lancer dans une voie calquée sur les méthodes américaines, susceptibles en définitive nuire à la banque dans son ensemble.

ACTARES salue et soutient par ailleurs outre les efforts déjà entrepris pour réorienter la banque. L’abandon d’une rémunération liée aux résultats pour le Conseil d’administration, la mise en votation du système de rémunérations ou la récente réduction de voilure aux Etats-Unis représentent autant de signaux positifs. »

Ils sont gentils ces activistes du pseudo développement éthico-durable, sauf que ce qu’ils réclament tient du pléonasme: UBS et éthique est une impossibilité terminologique définitive et absolue, une erreur de casting doublée d’une erreur de cible.

A trop vouloir porter le débat sur le plan moral, ces disciples de l’économie durable en oublient le fonctionnement pur et simple d’une entreprise qui lui doit être performant et conséquent.

Or c’est bien là-dessus que les managers d’UBS ET LES ACTIONNAIRES dont et y compris ceux représentés par Actares ont des comptes à rendre au contribuable suisse: aucun de ces corps, actionnaires y compris, n’a joué un rôle net et clair et surtout n’a pris ce rôle au sérieux. Dans la peau de l’actionnaire effarouché, ACTARES croit faire bonne figure. Mais elle ferait mieux d’exercer les droits qui sont les siens et les devoirs qui vont avec avant de tirer sur les managers.

Car dans son approche durable et éthique, elle va traiter comment les milliers de suppressions d’emploi qui vont avoir lieu, notamment en Suisse et qui vont peser une nouvelle fois à double sur les épaules financières des contribuables cotisants AC ?

Ce n’est pas d’une UBS éthique dont on a besoin, mais de plus d’UBS du tout, dans sa forme actuelle et appartenant à ses actionnaires présents. ACTARES a pêché comme les autres et doit, par équité, perdre l’entier de ses plumes dans cette affaire.

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Catégorie: Economie

Commentaires (4)

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  1. wallen-ch dit :

    J’ai l’impression que le rôle de la direction est assez clair: un échec monumental!

    Ceci dit, les actionnaires payent le prix. Ils ont perdu près de 2/3 de leur investissement ces derniers 12 mois. Et les changer ne changera pas l’attitude d’UBS. Ce sont les dirigeants qui dirigent une entreprise au jour le jour, l’influence des actionnaires est relative.

    De là à dire que la Suisse n’a pas besoin d’UBS… La valeur ajoutée d’UBS (en temps normal) représente tout de même env. 5% du RNB du pays. Ce n’est pas rien pour le pays.

  2. kalvin dit :

    Ce qui me chicane Wallen, c’est justement le fait que sous l’influence des banques actionnaires et des caisses de pension, les petits actionnaires (notamment) ne prennent pas la place qui est la leur et renoncent à exercer la haute surveillance sur tout ce qu’ils désirent. Ils peuvent en avoir le pouvoir, il leur suffit de le décider et de changer les statuts si nécessaire. En fait, on a peu à peu volontairement dénaturé la fonction des AG pour en faire des chambres d’enregistrement des propositions du CA soutenues d’avance par une majorité convenue.

  3. wallen-ch dit :

    Alors là, je te rejoins parfaitement. L’AG ne joue pas son rôle soit parce qu’elle n’en n’a pas le pouvoir soit parce qu’elle n’en n’a pas l’envie. La gouvernance d’entreprise doit être revue en profondeur pour provoquer le débat et mettre la pression sur les dirigeants. Par exemple, la rémunération des dirigeants devraient être soumise aux votes d’une AG et pourquoi pas à une majorité qualifiée. Ce simple fait devrait déjà avoir un impact sur le niveau des rémunérations. Mais il y a bien d’autre sujets sur lesquels une AG doit intervenir plus.

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