Et le casier des profs alors ?

6 juillet 2009 | par | 4 commentaires Plus loin

Voici que certains profs dont il est inutile de préciser l’orientation politique veulent maintenant avoir accès non plus seulement au carnet de vaccinations des élèves mais rien moins qu’à leur casier judiciaire.

Et cette admirable imbécillité n’est pas uniquement de naissance suisse alémanique, mais soutenue par certains membres du corps enseignant romand. «Cela nous permettrait de travailler en connaissant toutes les données des élèves auxquels on a affaire», explique Georges Pasquier, président du Syndicat des enseignants romands (SEV). Ces informations sensibles ne seraient évidemment pas divulguées plus loin. «Nous sommes soumis au secret professionnel», ajoute-t-il. Pure ânerie, leur secret professionnel n’est pas protégé par le code pénal. Ensuite, il n’y a pas plus bavard qu’un groupe d’enseignants modèle 2009 buvant le café …

Pente glissante s’il en est que celle qu’imaginent ces éminences de la profession. Même si le même Pasquier se reprend un peu en ajoutant encore cette vérité qui méritait d’être proclamée par un digne représentant diplômé de la profession : «Nous partons du principe qu’un élève peut changer, même après de gros problèmes». Un prof aussi donc …. qui a aussi dû être élève une fois.

Dans beaucoup de régions du canton, la semaine passée a vu se dérouler les traditionnelles promotions. Pour ceux qui ont eu l’occasion d’assister à ces grands messes aussi emmerdantes que peuvent l’être des cours de l’école vaudoise 2009, dont beaucoup nous disent qu’elle est en mutation (encore), ils auront pu remarquer que la bête enseignante revit à l’arrivée du mois de juillet. Elle redevient alerte et inventive, surtout pour organiser ses vacances … frappante et dramatique occurrence.

Avant de vouloir se mettre à régler les problèmes de délinquance juvénile pour lesquels ils ne sont pas formés, les profs feraient bien déjà de faire correctement leur métier de profs, en apportant par exemple des enseignements véritables plutôt que des concentrés de fadaises exhumées d’internet ou de programmes surannés venus souvent, on ne sait trop pourquoi, du Québec, sorte de repère francophone de véritables sectes éducativo-débiles.

Et ensuite, s’ils veulent vraiment persister dans leur demande d’accès au casier judiciaire des élèves, qu’ils commencent donc par afficher le leur. Ça permettrait peut-être à un certain nombre de parents de demander en pleine connaissance de cause des changements de classe.

Car contrairement à ce que l’on pense, les casseroles ne sont de loin pas exclusivement réservées à la petite frappe du coin, mais concernent de façon assez étonnante des membres de ce corps enseignant tellement auto-protégé qu’il en devient extraterrestre.

Si les jeunes sont ingérables, ce n’est pas la connaissance d’un papier qui va changer l’attitude de l’enseignant : ou bien il veut et peut faire face, ou bien même avec tous les casiers du monde, il restera dépassé à jamais.

NB :

En plus, selon CPS 366, les inscriptions concernant les mineurs son limitées et relativement rares. En outre, les décisions concernant les enfants de 10 à 15 ans ne sont pas inscrites sur le casier judiciaire.

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Catégorie: Res politica

Commentaires (4)

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  1. Dani dit :

    Soyons clair : je ne soutiens pas la demande généralisée de casiers judiciaires telle que relayée par la presse ces derniers jours… Je partage donc tout à fait la critique sur le fond !

    Mais :

    – Je me demande si tu n’as pas quelque peu mal vécu tes années scolaires… quelle acrimonie !

    – Les profs sont d’ores et déjà obligés de délivrer un extrait de casier judiciaire avant d’entrer en fonction : pas besoin de faire comme si c’était une idée inacceptable !

    – La remarque assassine sur le mois de juillet est inutilement vexante. Si ce travail était si reposant, on ne manquerait pas systématiquement d’enseignants dans toute une série de branches et on croulerait sous les candidatures, ce qui n’est vraiment pas le cas. D’ailleurs, que ceux qui pensent que c’est une sinécure tranquille, pépère et bien payée viennent donc enseigner… Ils montreront ce qu’ils savent faire face à 20 adolescents qui n’ont souvent pas envie d’être là…

    – Si certains parents (pas tous !) se remettaient à éduquer, si la télé-publicité-internet faisait autre chose que faire croire que tout est facile et qu’il ne sert à rien d’apprendre, peut-être aussi que les enseignants pourraient faire leur métier, soit « en apportant des enseignements véritables ». Pour l’instant, les enseignants font surtout de l’éducation !

    Tu avais déjà fait de meilleurs billets… 🙁

    • kalvin dit :

      @ Dani

      a )Mes années scolaires étaient et restent un rêve par rapport à ce que je vois actuellement et à celles que mes enfants ont subies ( ils ont certes 30 et 33 ans)…

      b) le casier évolue parfois après sa virginale première présentation, ceci sans que personne ne s’en soucie …

      c) je suis stupéfait de l’attitude générale rencontrée dans les Établissements de campagne : la démission est totale (je ne vis plus en ville il est vrai)

      d) d’accord avec toi sur deux points : les parents et leur rôle et le fait que mon billet est inutilement vexant pour certains.

      Mais de ma propre observation récente je dois maintenir à mon grand regret le fond.

  2. Dani dit :

    J’ai l’étrange avantage d’être tout à la fois enseignants (jeunes de 16 à 25 ans), époux d’enseignante primaire et parents d’enfants en âge scolaire.

    Et c’est fou comme les impressions sont choses impalpables… Je suis convaincu de rencontrer plus d’enseignants compétents, volontaires et engagés aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. Lorsque j’étais jeune, j’ai rencontré de nombreux fumistes et j’ai l’impression que ceux-ci se font rares : la profession est devenue plus dure, cela a peut-être chassé quelques fumistes…

    Mais on peut aussi être convaincu qu’en tout, « c’était mieux avant » ! 😉

    Je serais d’accord avec une obligation de communiquer toute nouvelle inscription au casier pour les enseignants et je trouve tout à fait normal que les directions soient informées de ce genre de choses.

    Quant à la « démission », est-ce que celle des enseignants (même de campagne, mais j’avoue que je ne connais pas ceux-ci) est bien la plus manifeste ?

  3. Dani dit :

    Cela dit, il n’y a pas des millions de jeunes à problèmes. Il s’agit d’une petite minorité, mais par contre complètement à côté de la plaque !

    Mais 2 élèves « gravement atteints » suffisent à tout paralyser et à créer de graves dysfonctionnements. Ce qu’il reste à inventer : une prise en charge véritable de ces cas, qui laissent les autres élèves et enseignants travailler…

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