Ethique de la sécurité publique : certificat

17 avril 2008 | par | 2 commentaires Plus loin

Non sans un grand éclat de rire mais très inquiet on accueille la première volée de titulaires des certificats d’éthique en sécurité publique, 35 cerveaux choisis dûment parmi la crème de la multitude de flics lausannois, parmi laquelle, d’après leur chef Gérald Hagenlocher, « Il existe des individus problématiques […] et nous devons les sanctionner sans
hésitation ».
Une toute première question aux spécialistes : savent-ils ce que veut dire le terme « éthique »: selon certaines bonnes encyclopédies, ce terme veut essentiellement dire « partie de la philosophie qui étudie la morale et ses fondements ». Toute acception plus large semble usurpée, dès lors on se demande bien en quoi la morale et les fondements de la sécurité publique peuvent avoir une éthique propre et surtout donner lieu à l’émission d’un certificat de capacité en ces matières.

Plus loin, on s’interroge aussi sur le reste des membres du corps de police, non titulaires dudit certificat et qui semblent être environ plusieurs centaines quand même. Sont-ce des sous-flics ? les envoie-t-on remplir des missions où l’éthique est en toc ? très éventuellement, n’auraient-ils pas le niveau pour se rendre compte de ce qui se fait, de ce qui ne se fait pas, de ce qui est moral et amoral, ou simplement de ce que le bon sens commande ? si une telle conclusion devait être tirée, que fait la police alors ? et ces fameux individus problématiques, on peut savoir comment qu’on a affaire à eux ?

Le moment est probablement venu de lancer une proposition de formation complémentaire à EVM, cette école vaudoise en mutation constante si performante : le cours de base d’évaluation du flic problématique (avec certificat). Grâce à cette formation, on peut très bien imaginer que les « individus problématiques » des deux côtés de la casquette se reconnaissent immédiatement et puissent ainsi cohabiter sans anicroche.

Et franchement pour être plus sérieux, on se demande s’il est normal d’attendre 2008 pour proclamer urbi et orbi que certains flics sont titulaires d’un certificat d’éthique. Ils faisaient comment avant ? ça explique sans doute pas mal de choses a posteriori et montre à quelle altitude vertigineusement subtile les principes de communication sont assimilés dans la police lausannoise.

Aussi bien sans doute que la fliquette matricule 09 …. qui hier voulait fiévreusement et sévèrement qu’un individu bien connu de ce blog (puisqu’il en signe les billets) contrôlé en plein Lausanne au volant pour une infraction de téléphone portable (admise, amende d’ordre Fr. 100.– merci) garde ses mains sur le volant, reste assis à sa place de conducteur, laisse la fenêtre ouverte et lui tende en même temps son permis de conduire. Ca c’est classe, à l’américaine sans doute puisque nos édiles ont même été cherché conseil au Québec (on y parle français, c’est plus simple …) mais c’est pas pratique. Elle a finalement daigné laisser l’individu potentiellement dangereux sortir du véhicule, se déplier et chercher son permis au fond de sa poche et d’un air sévère a finalement esquissé un sourire éthiquement acceptable.

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Catégorie: Res politica

Commentaires (2)

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  1. Vous m’étonnez, une nouvelle éthiquette pour donner ses lettres de noblesse à une répression, à une chasse sans retenue, pour casser en toute impunité, comme chez les chinois, pour notre bien démocratique. Salutations à Calvin de la part de Médor !

  2. kalvin dit :

    Calvin, dont on peut voir la photo en cliquant sur le lien salue éthiquement Médor. Il se demande bien depuis la lecture de ce billet si l’éthique du flic s’écrit avec un « h » ou s’orthographie comme suit: les tics…

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