GIC, hawala, couleur de l’argent et UBS

hawala1.jpgSingapour est un état d'à peine 700 km2, au sud de la presqu'île malaisienne. Cité-Etat qui tiendrait toute entière entre Genève et Lausanne, dans une bande de l'ordre de 20 kilomètres de large.

Cité très peuplée puisque qu'elle compte environ 4.6 millions d'habitants, cité riche puisqu'elle est considérée comme l'un des quatre dragons de l 'Asie.

Depuis 1974 Singapour dispose d'un premier fond souverain Temasek Holdings et depuis 1981, d'un deuxième le GIC (Government of Singapore Investment Corporation). La cité-état est industrieuse, très prospère, et on se demande bien comment elle a réussi à amasser de telles sommes dans ses fameux fonds souverains.

Et c'est en creusant un peu qu'on s'aperçoit qu'à part le raffinage de pétrole, l'informatique (certains composants singapouriens sont célèbres), le tourisme, les chantiers navals, c'est en réalité l'industrie d'armement qui a essentiellement permis le départ des fonds souverains, actuellement dopés dans leurs résultats par ceux des services bancaires et financiers locaux.

Expertise particulière, rapport-qualité prix intéressant ? pas tellement que ça, non. Mais omniprésence de la pratique ancestrale de l'hawala, ou système bancaire parallèle qui contourne complètement le système officiel pour en revenir aux "agents de paiement" de l'époque de la route de la soie. L'Hawala permet la remise en liquide d'argent sans transfert physique entre le payeur et le receveur, le tout étant basé sur la confiance, et différents autres services facilement imaginables.

L'origine des richesses singapouriennes provient en grande partie de cette pratique ancestrale, d'origine et de nom islamique,et qui fleurit encore en 2008 en Malaisie toute proche ou en Indonésie et aux Philippines. Et les fonds souverains dont le GIC se sont littéralement goinfrés des marges faites au travers de ces pratiques.

Sauf que ces pratiques figurent parmi celles utilisées par les réseaux mafieux et terroristes pour faire circuler l'argent, le blanchir ou du moins le rendre un peu moins visible que sur un compte de chèques postaux.

Alors quand notre cher gouvernement helvétique nous dit qu'il n'y a rien à contrôler dans la qualité des fonds souverains de Singapour, on lui rappellera que le blanchiment d'argent est pénal en Suisse, et que les banques sont tenues à toute une série de mesures avant d'accepter des fonds de clients dont elles ne seraient pas sûres. L'UBS se targue même d'héberger et de faire partie du select Groupe quasi maçonnique de Wolfsberg (qui auto-édicte et auto-contrôle pour la profession des standards de qualité pour l'acceptation des fonds selon le principe Know Your Customer …. de façon à faire croire au peuple que de vrais contrôles existent) et possède dans ses équipes des spécialistes de ce genre de questions. Sauf que les questions de ces spécialistes s'arrêtent aux dépôts en banque et non aux investissements dans les augmentations de capital de la banque par les Etats et leurs fonds.

On serait bien inspiré de regarder de plus près l'origine réelle des fonds qui ont permis la première injection de 12 milliards et qui devront sans doute être utilisés pour une seconde injection prochainement. Car à force de vouloir jouer les oies blanches, on finit par ne même plus voir le petit bout de son propre nez, ou plutôt on préfère ne pas le regarder.

Tags: , , , , , ,

Catégorie: Res politica

Commentaires (7)

Trackback URL | Comments RSS Feed

  1. Depuis si longtemps la Suisse lave plus blanc que blanc. Avec l’UBS et Ospel, Singapour dore son blason. A moins que les ricains ne soient complètement pourris, il va y avoir du grabuge. La route de la hawala pourra devenir la route de l’enfer, car celui de la drogue est celle de la guerre, celle des mafieux et des Bush.

  2. kalvin dit :

    Il y a du grabuge !!! voir les chutes de ce lundi…

  3. Tatage dit :

    Euh, ne confondez-vous pas avec Dubai ? Auriez-vous des sources sur ces pratiques « mafieuses » de l’état de Singapore ?

  4. Euh, euh. Je vous conseille de lire Alain Peyrefitte « Et quand la Chine s’éveillera… »,
    d’utiliser vos neurones et de cesser de faire l’autruche. Bien à vous. GdG

  5. kalvin dit :

    @Tatage

    Certes Dubai joue un rôle non négligeable dans le système, mais l’hawala est bien présente dans tous les pays du Sud Est Asiatique (moins au Laos et au Vietnam, il est vrai ) notamment sous les appellations suivantes :Fei Ch’ien en Chine, Padala aux Philippines, Hundi en Inde, Hui Kuan à Hong Kong et en Malaisie, Phei Kwan en Thaïlande.

    Singapour est un peu Ponce Pilate dans cette histoire car il suffit de prendre un youyou pour aller en Malaisie où les singapouriens l’utilisent à qui mieux-mieux grâce à des intermédiaires bien payés.

    Par ailleurs oui on a des sources, mais je ne veux actuellement pas me faire trancher la tête au sabre, à lire en introduction par exemple :
    http://www.interpol.int/Public/FinancialCrime/MoneyLaundering/hawala/default.asp

    Je poursuivrai dans d’autres billets sur ces sujets très peu traités et apporterai ce que je peux comme sources

  6. Tatage dit :

    Merci pour le document d’interpol, mais je n’y vois aucune mention de Singapore comme acteur majeur de ce système.

    « These accounts will also almost always show outgoing transfers (usually by wire) to a major financial center known to be involved in hawala. Three of the most common locations are Great Britain, Switzerland, and, as discussed previously, Dubai.  »

    Selon votre théorie, l’hawala serait la source principale d’enrichissement de Singapore. Dans ce cas, ce sont les pays dans lesquels ce sytème est le plus pratiqué qui auraient pu sauver l’UBS avec des fonds d’origine douteuse!

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Hawala

  7. kalvin dit :

    Les fonds souverains de Singapour possèdent une part importante, par exemple, de la Bank of China… part importante voulant dire à peu près 20 % au total directement et indirectement. Ce que je veux dire et ce que je démontrerai ici dans de futurs billets, c’est que c’est grâce notamment et beaucoup à la pratique de l’hawala que les fonds souverains de Singapour ont pu se fabriquer une si grosse cagnotte, la pratique n’étant pas locale mais « externalisée » par les banquiers singapouriens malins aux mains de diverses organisations qui elles se situent dans les autres pays du Sud Est Asiatique, avec bien sûr des relais aux Emirats et ….en Suisse.
    Dans le document d’Interpol on peut aussi lire à l’appendice B

    Appendix B: The history of hawala
    Top

    Hawala predates ‘traditional’ or ‘western’ banking (the first ‘western bank’ in India was the Bank of Hindustan, established in Calcutta around 1770) (15). Prior to this, the operations of sarafs and potedars (see appendix A), who were primarily moneychangers (and essentially the predecessors of the hawaladars discussed in this paper) were a fundamental component of the commercial and financial infrastructures.

    Contrary to some accounts, hawala did not begin during the Vietnam War. It was, however, during the Vietnam War that many Americans were exposed to hawala through the operations of Indian merchants in Saigon. Americans often took advantage of their hawala service to remit money.

    Today, hawala and ‘traditional’ banking exist as parallel, but intertwined, economic systems in India and Pakistan

Laisser un commentaire