Implenia, ATS et mauvaises habitudes

Ainsi donc Implenia, la tentaculaire firme de construction helvétique née de très nombreuses fusions plus ou moins réussies fait dire ce matin par un communiqué de presse « qu’elle a pu accroitre sa rentabilité l’an dernier et faire grimper son bénéfice net de 64 % par rapport à l’exercice précédent« .

Titre du communiqué repris bêtement par l’ATS et de nombreux médias : »Implenia a pu accroître sa rentabilité en 2008 « . C’est très bien et alors ?

On dirait que les enseignements à tirer sur le champ des effets dévastateurs de la crise actuelle n’effleurent ni les médias traditionnels, ni l’ATS et encore moins les dirigeants de la firme à la marguerite éclatante.

implenia

Que l’on se préoccupe de la rentabilité d’une entreprise est une chose. Qu’en pleine crise on ne dise pas un mot sur autre chose que sur sa rentabilité est symptomatique de la génération des petits managers branchés sur leurs consoles de jeux et mâchouillant un chewing-gum.

Il faudra encore combien de bombes économiques pour qu’ils se mettent à réfléchir en termes globaux, sous l’angle d’un bilan social et écologique et non uniquement sous celui de la rentabilité.

Car qui dit rentabilité dit pour y parvenir « serrer les boulons ».  Et quels boulons ?  les prix de revient et au détriment de qui ? pas de l’actionnaire surtout, mais du travailleur et du sous-traitant en matière d’entreprise générale, puisque Implenia pratique ce sport rentable.

Plutôt qu’une hausse vertigineuse en pourcentage du taux de profitabilité, on aimerait savoir comment se portent les cadres et les employés du groupe, quels bonus les dirigeants vont recevoir, quelles améliorations écologiques et sociales ont été mises en place en cours d’exercice, quel est le degré probable de régularité de la croissance  escomptée,etc…

Ces questions que les managers  « HEC Saint-Gallois cravatés » ne trouvent pas (c’est bête ça…) dans leur petit mode d’emploi, il faudra bien qu’ils finissent par les poser, se les poser et surtout les résoudre.

C’est justement en refusant, comme le font Implenia et les médias traditionnels ravis de faire du copier-coller pas cher sans réfléchir trois secondes, que les enseignements de la crise que l’on vit actuellement ne passeront que difficilement.

Il y a pourtant au quotidien d’excellents exemples qui devraient permettre à tout un chacun de réfléchir aux questions fondamentales qui relèvent notamment :

– du partage équitable du profit entre travailleurs et actionnaires;
– du management équitable et intelligent;
– de la fixation de taux de croissance budgeté dans un environnement de développement durable;
– de la responsabilité sociale d’une entreprise

Ce n’est qu’en tapant sur le clou qu’on finira par forcer les rétifs à changer leur logiciel du siècle dernier. Car s’agissant du disque dur, il a déjà largement planté chez eux.

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Catégorie: Economie, Res politica

Commentaires (3)

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  1. Bonne nouvelle pour les contribuables, l’UBS a perdu un milliard de moins que prévu, faute d’une erreur involontaire. Le payement des bonus sont ainsi garantis pour ses nouveaux cadres, on l’a échappé belle. La Suisse est belle.

  2. kalvin dit :

    @ George
    Environ un milliard de plus !!! pas de moins, ne rêvons pas …

  3. L’administration Obama enfonce le clou, voir l’édition des Echos du 11 mars. En effet une plainte pour délit de conspiration est en préparation. Si cela se confirme, il ne restera plus qu’à Villiger à prendre l’avion pour Washington. Cette menace constitue un acte de guerre. En refusant de livrer les 50’000 noms, le CF et son amateurisme, va souffrir de mesures de rétorsions et notre économie en sera encore plus fragilisée. Chasse aux sorcières, nos yankees ont l’habitude avec feu le maccarthysme. Avec l’UBS, nous avons nos Madoff, quoi de plus pour être heureux ?

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