Infirmières bulgares : rançons payées

18 juillet 2007 | par | Pas de commentaire Plus loin

infirmieresbulgares.jpgVous aurez sans doute remarqué qu’après chaque prise d’otages qui se finit bien, le gouvernement du pays du ressortissant finalement libéré juge ses grands dieux qu’aucune rançon n’a été payée. C’est toujours une contre-vérité, mais "on ne négocie pas avec les terroristes " nous rabâche-t-on à chaque épisode.

Voila huit longues années que les infirmières bulgares et le médecin qui les accompagne croupissent dans les geôles lybiennes. Tout le monde s’en est fichu des années durant, sauf leurs proches, leurs avocats et quelques associations. Tout le monde s’accorde à dire aussi qu’elles ne peuvent en aucun cas scientifiquement être tenues pour responsables de la communication du VIH à des centaines d’enfants. La "justice" lybienne les a néanmoins condamnées à mort, parce que le guide suprême en avait décidé ainsi depuis sa tente de bédouin, et que dans ce pays la justice est aux ordres du chef … La mobilisation récente des pays membres de l’UE a finalement permis qu’un accord soit trouvé et que les peines soient commuées en réclusion à vie, moyennent paiement d’une rançon colossale et qui ressemble à s’y méprendre au prix que Kadhafi avait dû payer aux victimes de l’attentat lybien de Lockerbie.

Sur le plan humanitaire et tout simplement humain, heureusement que cet accord a pû être trouvé. Sur le plan de l’éthique, de l’exemple et du droit, il s’agit sans doute d’un dangereux précédent mû par des motifs moins nobles et qui sont plus proches de l’or noir et des dollars que de la compassion. Sans se voiler la face, on doit admettre tout simplement que les infirmières et leur compagnon ont été rançonnés purement et simplement par un état avec lequel on ne veut se fâcher sous aucun prétexte pour de mauvaises raisons. On pousse aujourd’hui des oufs de soulagement. On pourrait bien voir ce genre de pratiques se renouveler dans pas longtemps, car il faut reconnaître que la moitié d’un milliard de dollars pourrait attirer bien des groupuscules ou autres états voyous. Et finalement, l’argent payé provient de la poche des contribuables de pays européens et américain : avaient-ils vraiment accepté que leurs impôts servent au paiement officiel du racket ? et ces paiements sont-ils juridiquement défendables dans les pays qui les ont initiés ? pas sûr, même si on ne discute pas sur le fait qu’il fallait mettre un terme à cette prise d’otages sans délai.

Tags: , , ,

Catégorie: Res politica

Laisser un commentaire