La Suisse est bien un paradis fiscal non coopératif

21 octobre 2008 | par | 5 commentaires Plus loin

Lors d’une réunion à Paris de 17 pays de l’OCDE sur les paradis fiscaux, le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück a estimé que la Suisse méritait d’être inscrite sur la « liste noire » des paradis fiscaux, lui reprochant de ne pas coopérer suffisamment en matière fiscale.

« La Suisse devrait être sur la liste noire et non sur la liste verte » (des bonnes pratiques en matière de coopération fiscale, ndlr), a déclaré M. Steinbrück lors d’une conférence de presse.

« Je ne remets pas en cause la souveraineté de la Suisse ou du Liechtenstein. C’est la souveraineté de la République fédérale d’Allemagne qui est mise à mal par les conditions offertes par certains pays », a-t-il ajouté.

On ne peut que donner raison aux pays européens: la Suisse doit impérativement abandonner ce fichu secret bancaire en matière fiscale et surtout cette notion d’évasion fiscale qui n’est qu’une sorte de glose de jésuite en mal de dissertation.

Faute de quoi, c’est toute l’économie qui en pâtira.

On ne crée pas des sociétés de sauvetage UBS aux iles Cayman sans recevoir en retour et en direct la monnaie de sa pièce. La preuve : le nouveau silence radio de Berne sur cette question, nouvel actionnaire de notre chère UBS …

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Catégorie: Brèves, Justice & Flicaille

Commentaires (5)

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  1. David dit :

    Belle exercice de communication de l’Union européenne qui, à travers l’Allemagne et la France, prouvent au monde entier qu’ils font quelque chose.
    Effectivement, je crois que tout le monde est d’accord pour dire que les paradis fiscaux doivent cesser, mais il ne faut pas en douter : c’est bien un exercice de style, une médiatisation.

    @Kevin : vous devriez faire attention aux Google adwords que vous insérez, je parle de vous dans mon billet -> http://travailler-en-suisse.blogspot.com/2008/10/crise-financire-vite-des-coupables.html

  2. David dit :

    Oups, désolé pour les deux fautes : il faut bien lire « Bel exercice… » et « prouve au monde entier… »

  3. kalvin dit :

    Juste David, mais ce n’est pas simple à bloquer avec Adwords, sinon par url une à une …

  4. David dit :

    Oui, je sais, Google nous fait parfois des petites cachoteries qui tombent fort mal.
    Mais encore une fois, tout ceci ne retire absolument rien à la qualité de votre blog. Moi, j’en suis fan !

  5. Marc dit :

    Chaque fois qu’un pays étranger accuse publiquement la Suisse d’être un paradis fiscal, la grande majorité des journalistes et des politiciens s’offusquent bruyamment : comment ose-t-on être si discourtois envers un pays souverain ?

    La Suisse officielle proteste donc, et rappelle qu’elle ne reconnaît en la matière que l’arbitrage de l’OCDE.
    Bien ! Mais que dit l’OCDE ? Elle donne quatre critères pour déterminer si une juridiction constitue un paradis fiscal :

    1. Y a t il des impôts inexistants ou insignifiants.
    2. Y a t il une absence de transparence ?
    3. Existe t il des lois ou pratiques administratives qui empêchent un véritable échange de renseignements à des fins fiscales avec les autres administrations en ce qui concerne les contribuables qui bénéficient d’une imposition inexistante ou insignifiante ?
    4. L’absence d’activités substantielles est elle admise ?

    (voir http://www.oecd.org/document/63/0,3343,fr_2649_33745_31237439_1_1_1_1,00.html)

    La conclusion est claire, la Suisse est un paradis fiscal pour de nombreux contribuables étrangers et il est ridicule de jouer les vierges effarouchées chaque fois qu’un interlocuteur rappelle cette évidence.

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