Vaud : justice VIP et VAP

21 janvier 2010 | par | 1 commentaire Plus loin

La disparition du juge d’instruction vaudois va plonger le système judiciaire cantonal, déjà peu enclin à l’efficacité, dans un désordre des plus intéressants. Des lustres déjà que les pontes se tâtaient, pour voir vers quelle solution ils allaient consentir à infléchir leur auguste ventripotence passive.

Tellement d’années même que finalement c’est la Confédération et son Parlement extraordinairement peu loquace et peu inspiré sur le sujet qui a imposé sa vision noir-blanc stupide des choses. Au panier le vieux juge d’instruction grognon avec sa pipe et son pardessus à la sous-maigret de quai de gare.

Place à l’ère des séries américaines avec des experts-procureurs-pourchasseurs sur le modèle accusatoire. C’était  oublier en passant que la justice en ce brave pays de Vaud est affaire de notables. Ou du moins d’individus qui se comportent comme tels et très souvent aussi en flemmards curieusement toujours à l’affût de la moindre des promotions qui allierait deux avantages : un travail en diminution et moins contrôlé et des gages en augmentation.

Il fut un temps, il y a très longtemps, où certains rares juges d’instruction vaudois (alors nommés juges informateurs) faisaient l’unanimité de l’accusation au prévenu ou mis en cause en passant par les confréries ambulantes des baveux de tous poils, ces saltimbanques qui arrivent à faire croire qu’en employant des termes quasi-médicaux ou occultes ils font du droit, mais qui en réalité agitent les nuages tout en les sculptant autour des vraies questions qui leur échappent le plus souvent, car ça ne rapporterait pas.

La génération actuelle de juges du siège est celle du biberon à trois vitesses et de la console de jeux. Tellement assis au fond de leurs sièges que pour les en faire lever, il faut s’y prendre de bonne heure. Or le nouveau procureur modèle vaudois devra être un magistrat debout, et à n’importe quelle heure en plus.

Le canton ne dispose pas en l’état des candidats idoines. Car ceux qui pourraient occuper la fonction ne la veulent pas : pas assez select, et ceux qui l’occuperont ne seront pas encore secs derrière les oreilles pour s’en charger valablement et avec la retenue nécessaire et risquent bien de n’être finalement que des empêcheurs d’enquêter en rond pour la maréchaussée.

A part ça on se réjouit de voir ce changement qui va doubler au moins la durée des enquêtes et simultanément celle des procédures. Sans compter son aspect encore plus marqué de justice à deux vitesses : celle qui sera réservée à raison du fric aux VIP et celle que l’on réservera aux VAP (very annoying people) que l’on confiera de guerre lasse mais l’âme en paix aux mains hésitantes de quelques hurlus à peine pubères, et encore.

Qui vivra rira.

Tags: , , , ,

Catégorie: A la Une, Justice & Flicaille

Commentaires (1)

Trackback URL | Comments RSS Feed

  1. On n’en finit pas de déconner… Mais, venons au fait du jour. Aprés l’affaire lybienne, voici l’affaire rom où Genève à nouveau, se distingue, celle de la scolarisation des enfants des voleurs de poules. Combien je donne raison à cette courageuse initiative. Genève fait ainsi un premier pas historique en vue de l’intégration de nos chers visiteurs dans notre nation, enfin. Un grand MERCI. Reste donc à trouver un logement et un travail pour les parents, difficile en temps de crise, hélas.

Laisser un commentaire