Kadhafi : on déjeûne à 3 plats

21 octobre 2009 | par | 2 commentaires Plus loin

Plutôt que de se préoccuper du sort des otages helvétiques dans la grande Jamahiriya, et alors même que les services officiels ont perdu leur trace sur les terres du guide suprême, nos vieilles barbes du Conseil fédéral et leurs collègues féminines ont trouvé plus intelligent d’aller festoyer pour fêter, à juste titre, le départ à la retraite de l’oblongue capsule confédérale.

On ne rate pas une occasion comme ça de manger à l’œil, surtout que la semaine prochaine le père Hans-Rudolf est occupé ailleurs, par un bridge sans doute, et ne pourra donc pas jouer avec ses petits camarades. En attendant, on croupit de l’autre côté de Mare Nostrum, et visiblement tout le monde s’en fout.

On a bien envoyé un avion cette semaine, mais comme d’habitude c’est très vide qu’il est revenu.

Leurs éminences bernoises démontrent plusieurs choses dans cette affaire :  leur incroyable isolement international, le peu de cas que l’on fait de la Suisse et de ses quelques ridicules avions qui volent de temps à autre et le manque total de jugeote dont ils ont fait preuve dans cette histoire.

S’ils continuent sur la même voie que celle qui devait permettre aux otages de revenir en août, en septembre, puis en octobre, puis …. , il n’y a aucune chance pour qu’ils ne restent pas quelques années au soleil des dattes libyennes.

Sauf si l’on attaque le problème par là où on aurait dû commencer : faire mal à l’ego du grand débile de Tripoli et à celui de toute sa sainte famille d’intouchables.

Kadhafi l’a publiquement démontré à réitérées reprises dans le passé, il n’agit que lorsque son image personnelle ou plutôt l’imaginaire qu’il construit à son sujet se fissure ou risque de prendre une ride.

Il fallait donc immédiatement nationaliser Tamoil et les autres marches libyennes en Suisse, ou au moins en séquestrer usage et produits, séquestrer les comptes libyens en Suisse de la famille machin, et lui rendre la seule monnaie de la pièce que comprenne le pseudo bédouin qu’il est : conserver en Suisse au frais quelques libyens influents ou influençables, bien sûr sous de fallacieux prétextes.

Certes,  pour ça il faut un certain courage, mais ce n’est pas en faisant la carpette modèle déposé Merz que l’on va parvenir à quelque chose. Surtout que n’ayant pris aucun chemin intelligent depuis le début, à savoir un chemin semé de mesures de rétorsions, la Suisse n’a plus aucune chance de pouvoir se sortir seule de ce mauvais pas.

Et après on sera redevable à qui d’une future libération éventuelle ? et à quel prix international ? à quelle compromission supplémentaire ?

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Catégorie: A la Une, Res politica

Commentaires (2)

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  1. Michelle dit :

    Le problème n’est pas le déjeuner d’adieu de PC. Ce rituel fait partie de n’importe quel départ d’une entreprise, administration ou association. S’en offusquer n’a pas de sens.

    Ce qui fait problème, c’est que cette info n’intéresse personne, alors que tout le pays attend des nouvelles de la situation des otages en Libye. La discrétion se comprend dans les négociations, mais la crise est maintenant à un point où la non communication n’est plus une option. Ça laisse la place à tous les énervements, gesticulations et récupérations des soi-disant experts, qui seraient bien en peine de régler la situation, n’ayant de loin pas toutes les cartes en mains. Assis derrière un clavier, qu’il est facile de donner des leçons!

    Et je ne crois pas que le dirigeant Libyen soir débile, contrairement à ce que tu as écrit. Il fonctionne selon des règles éloignées des nôtres, c’est tout.

  2. kalvin dit :

    @ Michelle

    C’est vrai, je gueule. Mais les silences de Berne sont devenus insupportables.
    Je crois que parmi les règles de fonctionnement du guide suprême, l’une semble assez claire : il aime être populaire, mais vraiment à l’excès par rapport à des normes occidentales même les plus sarkozystes primaires. Si on arrive à démonter son image, à le mettre en marge, à l’empêcher de faire son cirque habituel, il finit par plier, sans doute en tirant le tapis encore à lui.

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