La déontologie élastique des médias

22 septembre 2007 | par | 4 commentaires Plus loin

rats2.jpgLa Tribune de Genève et son pendant vaudois 24 Heures, officiellement dans un souci « d’équilibre » sans doute, consacrent aujourd’hui des pages et des colonnes au ressortissant B. à Z., bien connu de nos services. Etrange attitude de ces organes de presse : le pluralisme démocratique c’est bien, mais faire encore plus de publicité pour des anti-démocrates alors qu’ils ont déjà les moyens de dépenser en plus des millions pour qu’on parle d’eux, c’est politiquement discutable et journalistiquement un peu léger.

Qui pourrait en effet ne pas remarquer qu’aucune place n’est laissée à d’autres formations, petites et sans pouvoir financier, donc sans importance pour la survie de l’éditeur des quotidiens. Bien sûr on rétorquera que le fameux ressortissant B. fait l’actualité et y mérite une place

particulière. C’est le contraire : les organes de presse tombent les uns après les autres dans le panneau, et s’escriment à le faire passer pour un martyr incompris en le laissant, sans aucune critique, répondre à sa guise à toute une série de questions.

C’est par hasard que l’on est tombé sur le dessin qui accompagne ce billet. Il est dû à Julo, de Blog à part. Il illustre bien la situation du citoyen suisse de base à la veille des votations. Le tube tenu par le rat femelle est un concentré de purée UDC testé pendant 4 ans déjà, le reste s’expliquant de lui-même. Les médias font le lit des extrémistes et le défont le lendemain, au gré des circonstances et de l’évolution du volume de publicité que leurs organes engrangent de la part des grands groupes. On ne peut cependant que franchement se demander pour quelles raisons les candidats de A gauche toute ou d’autres formations moins importantes que l’UDC n’ont pas le même espace ni la même couverture journalistique que le ressortissant B. qui n’en a justement pas besoin.

Ce qui est certain en revanche, c’est qu’il avoue ouvertement dans cette interview ne pas être démocrate helvétique puisqu’il déclare entre autres bêtises et tout à trac: « Je n’ai jamais été l’ami de la Romandie, notamment en raison de l’Europe. » Voilà qui est clair, c’est un ministre de la suisse alémanique uniquement, le reste étant sans intérêt.

© pour le dessin : Julo, Blog à part

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Catégorie: Res politica

Commentaires (4)

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  1. george dit :

    Quand le people Blocher accorde une interview, c’est le bonheur pour la rédaction du journal qui a le souci de gagner des lecteurs, donc de l’argent. Tout le monde s’y retrouve. Et quand il termine en vous disant qu’il n’aime pas les romands, je le trouve vraiment génial. Autant vous dire qu’il vous pisse dessus. Quand va-t-il nous parler de sa passion pour la vie amoureuse des papillons, le grand rassembleur de nos haines ancestrales ?

  2. avocette dit :

    j’ai moi aussi été choquée par cette phrase : faisons-nous partie d’une « race qu’il faut éradiquer » ?

  3. george dit :

    Blocher dit tout haut dans la rue, ce qui se dit tout bas dans les bistrots. Calmy-Rey n’a pas à s’inquiéter pour l’image de la Suisse, ce n’est pas demain la veille que le tourisme de masse US ferra la différence entre la Suiisse et la Suède. Mais moi je suis déçu d’une présidente qui en fait normalise le misérabilisme d’un collègue. C’est triste.

  4. kalvin dit :

    Je suis assez d’accord, elle calme le jeu et ça me déçoit aussi un peu, car on ne peut s’empêcher d’y voir aussi une attitude électoraliste, mais c’est le gros problème du PS, ils veulent gouverner et être dans une sorte d’opposition en même temps, pas clair leur position (celle de l’UDC non plus d’ailleurs)

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