Le fossé honteux

29 novembre 2010 | par | 5 commentaires Plus loin

fosséLes suisses-alémaniques ont remis le paquet dimanche : peu de temps après avoir coupé dans le social à l’appel de l’UDC et avec le soutien des partis bourgeois, voici que dimanche ils ont remis la compresse en contribuant à creuser plus encore ce qui n’est plus une barrière ni de roesti ni de bois, mais qui devient un fossé béant synonyme de rupture de pacte confédéral et de profonde divergence sur les destins rêvés ou projetés.

Pour le suisse-alémanique, le romand devient une sorte de non-valeur sur l’échiquier politique, un coût sociétal pour ne pas dire social, qu’il refuse de prendre en compte dans son analyse et son projet de vie. Si les membres de l’UDC sont de tristes sires et de peu reluisants personnages, il n’en va pas de même de l’électeur standard.

Même si parfois ce dernier peut sembler ne pas très bien saisir certains enjeux provoquant ses rognes rupestres, le suisse-alémanique est calculateur, froid et franchement de moins en moins fréquentable. Il vote en toute connaissance de cause même les mesures les plus extrêmes et les cantons romands doivent désormais en tenir compte.

A part la désastreuse image que la Suisse donne avec le oui à l’initiative de dimanche, ce vote n’aura aucun effet là ou il était censé en avoir. Le Parlement ne pourra en effet pas transcrire dans une loi acceptable au regard des textes internationaux un brin quelconque de l’initiative UDC.

Du bruit pour rien alors ? Certes pas, l’UDC est un parti qui s’ingénie à casser peu à peu la Suisse et son modèle, dans l’intérêt d’un petit groupe de riches et de rétrogrades barons, mais avec le soutien paradoxal de ceux qui espèrent encore devenir un jour barons, et leur servent donc la soupe.

La responsabilité de cet échec est exclusivement à mettre du côté de la droite bourgeoise, qui à force de flirter avec les « amis extrémistes » a perdu toute crédibilité et surtout toute audience.

Phase terminale pour des partis historiques qui ont jadis façonné la Suisse moderne, mais qui ont perdu toute pudeur, tout honneur et toute identité.

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Catégorie: Res politica

Commentaires (5)

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  1. george de glücksbierg dit :

    Je ne suis vraiment pas d’accord avec vous et si je garde un coeur énorme pour les suisses, c’est que je crois que je les comprend. Ils m’ont beaucoup apporté, beaucoup fait souffrir aussi. Chaque jour, je termine ma vie. Je vais dormir pour oublier. La porte ne répond plus que rarement, je suis oublié, vieux con.
    Le chauffage marche, je termine mes mégots, il fait trop froid pour sortir.

  2. george de glücksbierg dit :

    Vargas, nouveau prix nobel, aimant Camus, la langue, rare. Notre monde ordinaire, vulgaire, me fait mal. Je ne vois pas de fin. L’écriture n’intéresse plus personne, parler intelligent parait absurde, ridicule. Les jeunes parlent peu, car il n’ont rien à dire, car ils ont la tête vide.

  3. george de glücksbierg dit :

    Kalvin, je vous aime. Vous vous faites un plaisir à me contrer brutalement. Votre fossé est ridicule. Les suisses-totos sont des névrosés, depuis toujours. Cette frontières des langues au niveau de Fribourg, comme Sion pour le Valais, m’enchante. Jeune j’ai toujours eu eu faible pour les suisses-allemandes, facilement baisables, déflorées par les suisses- romands, une quinzaine à mon actif. Je ne crois pas au pouvoir des bourgeois. Je comprend votre raz-le-bol, mais ami Kalvin, vous n’êtes pas un con. Les bourgeois sont des pseudos, les banquiers, non.

  4. george de geofroy dit :

    Van Gogh, un génie, n’aurait jamais survécu sans son frère Théo, le temps de nous laisser une oeuvre magistrale, avant de se suicider, usé, il avait tout donné. A Amsterdam, j’avais visité une exposition de ses dessins. J’en étais malade d’émotions. S’auto mutilant par amour de Paul, qui ne comprenait rien, Gauguin comme Matisse qui avaient compris l’espace et la lumière, lui Vincent, le brûlé de Provence, seul avec sa chaise à Saint-Rémy et le docteur Gachet, seul à avoir compris son génie et sa solitude, ce hollandais issu des classiques, ce fou, car il fallait oser, merci à Théo, a inventé la passion totale de peindre, hors de la bourgeoisie d’un Balthus, par exemple, qui ne voulait que rassurer, un usurpateur, un vicieux.

    • poppins dit :

      La politique n’est qu’un jeu et ne restera qu’un jeu. Mais il y a des jeux stimulants et il y a des jeux chiants. La politique s’évertue à se classer dans les jeux chiants, de part sa contenance et de part sa jouerie, bonne nuit.

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