Le frein à l’entêtement

6 novembre 2009 | par | 1 commentaire Plus loin

UDC, PLR et PDC, Doris en tête malgré les bottes, sont les tenants du frein à l’endettement, ce mécanisme débile inventé par les partis bourgeois non pas pour maîtriser l’endettement global du pays, mais pour sélectionner celles des dépenses qui les satisfont et qui surtout leur rapporteront des voix grâce aux bons soins de leurs généreux sponsors.

Comme chaque année depuis qu’il est en fonction, Hans-Rudolf a menti sur son budget : il prévoyait un trou en 2009 dans le budget de fonctionnement du pays et, après de multiples manipulations comptables conservatrices, on va encore finir l’année avec un excédent de recettes en centaines de millions au moins. Au point qu’il nous bassine depuis des mois déjà en nous racontant que 2010 sera pire.

Mais il faut espérer que ça sera enfin pire l’an prochain comptablement parlant, car le brave homme n’a du budget que l’idée qu’en donnait l’école ménagère de la fin des années 1960 dans les cantons romands : celle du budget du ménage lambda et non pas elle d’un Etat receveur et prestataire social global.

Le mécanisme du frein à l’endettement est une hérésie financière et économique, en particulier en période de crise, et surtout au moment où certains états doivent faire face à un problème de surendettement (pour ne pas citer la Grèce).

Or on apprend ce matin que le chômage a augmenté de 60 % environ depuis l’an passé, grâce aux bons soins réunis des financiers véreux et des politiques bourgeois.

Continuer dans cette voie c’est aller droit dans le mur et faire preuve d’un entêtement d’âne pas sympathique ayant raté sa maturité commerciale.

Le drame politique dans tout ça, c’est que les partis de gauche n’ont même pas relevé que la Suisse, unique pays au monde avec les Emirats et quelques sultanats, allait une nouvelle fois faire un « bénéfice » d’exploitation au milieu de la pire crise économique que le monde a connue depuis plus de 50 ans.

Ne pas tenir compte de cette exception voulue politiquement par la droite conservatrice et la gauche molle et réalisée sur les dos des petits est une trahison : l’Etat helvétique ne joue plus son rôle de régulateur social mais existe pour lui-même, comme surpendu dans un autre monde et bien sûr aussi pour les nantis et la préservation de leurs privilèges.

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Catégorie: A la Une, Res politica

Commentaires (1)

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  1. olivier melet dit :

    Lorsqu’on analyse certaines données économiques, un soupçon ne peut manquer de nous titiller:

    – La population suisse ne serait-elle pas une simple couverture ?

    Un moyen pour une entreprise à but purement financier d’obtenir les privilèges d’un Etat.
    La population y est vue comme une charge dont il convient de restreindre le budget au maximum en vue de maximiser les bénéfices réalisés par les autres secteurs, finances, refuge fiscal, chimie et armement.

    Sous cet éclairage, bien des comportements et des décisions s’éclairent et montrent leur logique:

    – favoriser l’indignation contre les soi-disantes diffamations de notre belle ‘nation’ par l’Allemagne, l’Italie, …
    – ouvrir une ligne de crédit de 72 milliards en moins de trois jours à l’UBS, dont 6 milliards cash
    – préserver à tout prix les relation économiques avec la Libye

    Et lorsque le troupeau, d’aventure, s’agite un peu, on lui agite rapidement un sucre devant le nez, le bâton de la précarité toujours prêt à frapper.
    Ou mieux encore, pour les plus limités, on le dresse à l’attaque de l’ennemi musulman…

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