Le principe d’Eva ou le retour du KKK

22 juillet 2007 | par | 6 commentaires Plus loin

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Non, pas de Klu KLux Klan ici, c’est le retour inopiné du "Kinder, Küche, Kirche" (enfants, cuisine, église pour les non germanophiles) que l’on voit se matérialiser ces jours en Suisse avec la fondation en fanfare et en ordre de marche du nouveau mouvement antiféministe et proche des extrémistes de droite (Grütli prochain oblige … utilement) " Association du combat des activistes nationalistes".

Comme son nom ne l’indique pas, ce mouvement prône le retour derrière les fourneaux des femmes dont la place n’est pas ailleurs et sous le joug du mâle naturellement dominant. Et aussi comme moyen d’enrayer le chômage, ben voyons. Et d’ajouter vouloir lutter contre "la décomposition de la communauté populaire". Le tout sous la houlette d’une ancienne journaliste de la TV allemande, Eva Herman, qui a écrit un bouquin aux relents du trop célèbre Mein Kampf et qui s’intitule "Das Eva Prinzip" ( sous titre : pour un nouvelle féminité !!!!!).

Mesdames, vous avez mis plus d’un demi-siècle à obtenir un semblant d’égalité où rien n’est encore parfait, mais alors là, on vous soutient volontiers et sans restriction, mais faites quelques chose car ce genre de retour en arrière est non seulement dangereux mais complètement hors de propos dans la société du 21e siècle.

On croit cauchemarder en apprenant ce genre de nouvelles qui fait immédiatement penser à l’imagerie populaire de Heidi au milieu des pâturages avec trois vaches Milka dans le coin en haut pour rehausser l’impact.

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Catégorie: Res politica

Commentaires (6)

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  1. avocette dit :

    C’est un cauchemar, on va se réveiller et se souvenir que le soir avant, on a vu un film de drakulette…. chez les Suisses..

    Sus aux frustrées de tout poil (je suppose qu’elle ne s’épile pas, c’est trop moderne !!! hi hi hi)

  2. Sugus dit :

    Ce qui m’inquiète ce n’est pas qu’une Eva Herman puisse ériger ses choix en principe, nous le faisons tous plus ou moins même si nous n’écrivons pas de bouquin 😉 Ce qui m’inquiète c’est le retentissement du bouquin en Allemagne mais aussi en Suisse, que ces 3 « K » soient repris par certains politiques. Le plus gros, c’est que les 3 « K » soit revendiqués par certaines jeunes femmes, non comme un choix personnel (on fait les choix qu’on peut!) mais comme la référence de ce qui est juste et bon pour toutes les femmes!

    Certaines jeunes ont eu l’exemple de leur mère qui ramait dur entre boulot professionnel, enfants, responsabilité du ménage encore trop peu partagée par le père. Elles n’ont pas envie de cela. La société doit s’organiser pour des horaires scolaires adaptés, des gardes extra-scolaires, des possibilités de temps partiels pour les hommes, les vieilles rengaines quoi! La révolution féministe n’est pas achevée.

  3. kalvin dit :

    Sugus, je suis d’accord avec toi, toutes proportions gardées, ces gamines qui croient que le KKK est la règle pour toutes me font penser à celles qui croient être libres de porter le voile.

  4. zozieau dit :

    Sugus… je me demande si le succès dudit bouquin en Suisse (pour l’Allemagne, c’est autre chose, il y a bien plus d’enjeux politiques) est avéré ou une idée des médias qui ne sont pas vraiment féministes (et c’est un euphémisme), même en Suisse romande. D’ailleurs, depuis le temps qu’on en parle, il n’est toujours pas traduit en français ;-).
    Medias qui aiment par exemple à oublier que dame Hermann a bien gagné sa vie, a un mec plein aux as – qu’elle pourra taxer sec si elle décide d’en changer – et peut se payer babysitter et autres aides appropriées lorsqu’elle a envie de faire autre chose que pouponner, enseigner, éduquer etc.
    Qu’elle vive deux ans avec les moyens financiers de l’ALG2 (cf. : http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=2120) et on verra si elle tiendra toujours les mêmes propos !

  5. Sugus dit :

    Zozieau : Très possible que les médias aient gonflé l’influence de ce bouquin heureusement pas traduit. On constate quand-même une certaine jeunesse qui se réclame de valeurs traditionnelles. Des filles qui rêvent au prince charmant qui assume financièrement et leur permette de pouponner en restant à la maison. Aprés tout c’est leur droit, légitime qu’une mère ait envie de rester avec ses enfants. Le problème c’est lorsqu’elles seront obligées de retravailler. Le prince charmant parti ou congédié, elles risquent de se retrouver à l’aide sociale. La question des enfants, du travail professionnel des mères, n’est pas du tout réglée. Les réponses sont politiques mais pas seulement. Quand on pense que des femmes encore en vie peuvent raconter leur jeunesse, pas de droit de vote, souvent pas de formation. Lorsqu’une institutrice se mariait elle perdait son poste d’enseignante. C’était avant hier! Il faut du temps pour changer les mentalités, aussi celles des femmes.

  6. Kat dit :

    Je crois que dans la presse francophone, nous avons une vision déformée des propos d’Eva Herman. Elle est peut-être réac, mais elle l’est avant tout par rapport aux impératifs de la société d’hyperconsommation, où désormais on nous demande au nom de l’égalité de remplir simultanément toutes les fonctions. J’ai trouvé un article d’une journaliste Inge Blass sur un site un peu facho http://www.vox.nr avec un titre racoleur : « Les nazis qui s’ignorent, Eva Herman », mais qui analyse très bien un phénomène galopant en Europe. Même si son combat se situe aux antipodes du mien, il prend à rebrousse-poil pas mal de clichés.

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