Mathod: la décharge « bio » qui voulait passer en force

mathod_dechargeDans la plaine de l’Orbe, un peu en hauteur sur le coteau se situe la petite localité de Mathod.

Depuis des années elle a eu le redoutable privilège d’être choisie par les autorités cantonales pour abriter sur son territoire, en dépit de tout bon sens, une décharge ouverte de 600’000 m3 équivalente en surface à 13 terrains de football. Une décharge bioactive ouverte en 2008 ? pour y entreposer quoi ? et pourquoi à cet endroit ?

On voit sur le photomontage cliquable ci-contre qu’en premier lieu le tas sera une véritable verrue visible depuis des kilomètres à la ronde. Ce même tas abimera le paysage, mais surtout risque de contaminer le sol pour une période de quelques centaines d’années grâce aux boues et autres scories produites à gauche, à droite (plutôt) et on ne sait trop où, mais de là où ce sera rentable de les faire venir (mozarella napolitaine contaminée ?).

C’est marrant, deux autres sites étaient en "concurrence" avant que le Conseil d’Etat ne jette son dévolu sur Mathod : Lausanne .. et Oulens. Or voilà que selon des "experts", toujours des experts qui sont tellement transparents qu’ils en deviennent quasiment des fantômes, ces deux sites ont des défauts géologiques alors que le site de Mathod est parfait. Il y a déjà une décharge d’un type identique à Montagny près d’Yverdon-les-Bains, à quelques kilomètres de là.

C’est donc que le Conseil d’Etat prépare sans doute un plan secret de valorisation des décharges par le tourisme vert cyclable en créant une sorte de parcours "Ordura-Vita-Nova-Biologica" des décharges dans le coin, avec possibilité de goûter aux particules fines et autre dioxine à chaque étape, la dernière étant à l’Hôpital Saint-Loup qui cherche des clients.

On se dirait un peu à Naples dans ce brave canton de Vaud. Lausanne décide, enfin veut décider, contre l’avis de membres du Grand Conseil Vaudois, contre l’avis de la Municipalité, contre l’avis des habitants de Mathod et contre l’avis de son Conseil général, et qui pilote le projet cantonal ? de Quattro Jacqueline, (présent mon colonel) encore, flanquée de ses experts neutres quand ça les arrange.

On ne fera croire à personne qu’une décharge ouverte soi disant bio-active en plein milieu de la plaine de l’Orbe sur une petite colline est sans risque, notamment pour les cultures avoisinantes et les eaux qui de la plaine vont dans la nappe phréatique . Or que fait cette nappe phréatique à cet endroit ? elle alimente en eau potable un bassin de population de 30’000 habitants qui va d’Orbe à Yverdon.

A Lausanne on se fiche donc parfaitement de cette population, on lui a déjà collé les EPO et la prison préventive de la Croisée, sont pas dommages ceux-là.

Si vous vous sentez des envies de soutenir les habitants dans leur lutte contre l’implantation de cette décharge, une adresse : APMCO, CP 30, 1438 Mathod. Ils ont déjà recueilli des centaines de signatures en descendant dans la rue en famille et bénévolement bien sûr tous les samedis à Yverdon et à Orbe.

Et si vous voulez rigoler, la prose du Conseil d’Etat à ce sujet ici et la prose de Jacqueline outrée là …. marrant et navrant tout ça.

PS: le site de Jacqueline, son parcours, son profil, son programme, son délicieux rouge discret

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Catégorie: Res politica

Commentaires (2)

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  1. Sugus dit :

    Proposition : à la place de créer des décharges on cesse de produire des déchets.

    Marrant cette expression « décharge bioactive ». Cela donne confiance – bio ça peut pas être bien méchant! – bioactif ça fait penser à du compost. Drôle de compast!

    Il y a 3 sortes de décharges :
    – Pour matériaux inertes : déchets de chantier minéraux non pollués.
    – Décharges pour résidus stabilisés et conditionnés
    – Décharges dites bioactives… les pires !

    « Dans ces décharges se déroulent des processus
    de décomposition microbiologique organique
    ou des réactions chimiques. Elles sont
    habilitées à recevoir en particulier les mâchefers
    des usines d’incinération, les déchets de
    voirie, les terres contaminées et les déchets de
    chantier non combustibles. Les mâchefers sont
    déposés dans des compartiments séparés. »

    Source :
    http://www.bve.be.ch/site/fr/bve_gsa_abf_sachplan_abfall_Kap_I_Deponien_f.pdf

    Logiquement il ne peut s’agir que de déchets de voirie contaminés (autrement ils iraient avec les ordures ménagères) et de déchets de chantier contaminés (autrement ils iraient à la décharge pour matériaux inertes). Que du bio quoi, assaisonné d’un peut de mâchefers !

    J’ai cherché où signer mais rien trouvé.

  2. kalvin dit :

    @ Sugus

    Non, en effet, je leur ai dit que ce serait bien de mettre en ligne leur pétition, mais pour le moment ils font ça artisanalement « à la main ». Et merci pour les détails en effet le Bio-actif me fait hurler …

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