Nestlé : taxe sur le cynisme !

29 avril 2009 | par | 1 commentaire Plus loin

On apprend aujourd’hui que le citoyen Brabeck, par ailleurs président du CA de Nestlé, se reconvertit dans les bonnes œuvres, dans l’altermondialisme et dans les discours alibi.

Ne vient-il pas de déclarer dans un Forum de l’alimentation organisé outre Atlantique, que « L’eau est un droit de l’homme [et] chaque être humain a droit à 25 litres d’eau par jour. Quiconque dépasse cette quantité doit payer. Si l’eau n’est pas reconnue comme un bien cher, elle est gaspillée« .

On croit rêver quand on entend pareille expression du cynisme de la part du plus grand marchand d’eau minérale au monde, « le Premier acteur mondial de l’eau embouteillée« , ainsi qu’il aime à se dépeindre lui-même.

Juste pour les besoins de l’exercice, il convient de rappeler que Nestlé Waters comprend notamment Aquarel, Pure Life, Vera, Acqua Panna, Contrex, Perrier, Vittel, San Pellegrino, et quelques dizaines de marques locales. Plus un marché de 10 milliards de francs en 2008 avec un bénéfice de près de 600 millions de francs après toutes les provisions possibles et imaginables, mais avant impôts (EBIT Earnings Before Interest & Income Taxes) et ceci dans 36 pays « producteurs »  ou plutôt otages obligés de la firme transnationale veveysanne.

La commercialisation d’eau naturelle au profit d’un petit groupe de financiers est inadmissible. On a déjà eu l’occasion de la dire ici à plusieurs reprises. L’eau est en effet un bien commun  qui ne devrait souffrir aucun gaspillage ni aucune appropriation privée (voir les articles cités ci-dessous).

Plutôt que de dire des sottises et de prétendre que l’humain gaspilleur devrait être taxé sur sa consommation excessive, Brabeck aurait mieux fait de la boucler, sauf à payer une taxe à la bêtise.

En effet, les profits faits par Nestlé sur l’eau sont indécents, et c’est d’abord cette société qui devrait être taxée pour son appropriation privée inadmissible d’un bien commun public.

Pour faire cesser ce genre de sottises, on pourrait suggérer à Brabeck de donner l’exemple et de verser 10 % du chiffre d’affaires de Nestlé Waters comme droit supplémentaire de pillage de la planète. Ça ferait 1 milliard de francs par année qui pourraient aller à des projets de distribution d’eau dans le tiers-monde, là où chaque homme n’est pas seulement en mesure de ne pas gaspiller, mais d’avoir simplement sa ration d’eau potable minimale quotidienne. Et qu’on ne nous parle pas des projets de Nestlé pour sensibiliser l’opinion, ce n’est que de la poudre aux yeux.

Toute autre position du géant de Vevey ne serait que récupération destinée aux valeureux buveurs d’eau minérale « qui font le bien en payant leur petite bouteille » pour engraisser des actionnaires privés à la soif inextinguible. Dirigés par des managers au cynisme sans pareil.

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Catégorie: Res politica

Commentaires (1)

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  1. Comment de tels imbéciles, tel Brabeck, peuvent-ils accéder à des responsabilités telles, sans l’aide de complicités, dignes des loges maçonniques d’autrefois, cela m’interpelle. Mais pour ce qui est de Merz, sa politique de la chaise vide, incapable d’assumer ses charges comme les Doris, Calmy, absence, détournement des laches. Merz remet à demain ce que le CF aurait dû faire hier. Nous vivons leur médiocrité en laissant faire, tel est le caractère des helvètes. Le secret bancaire est devenu signe de fraude et je me demande bien qui osera dire aujourd’hui qu’il a un compte en Suisse. On ne peut se fier à personne et encore moins la FINMA. Alors adieu les gratifications et autres bonus, les jours dorés sont terminés. Au boulot mes chéris, ce qui évitera à Merz de perdre sa son temps en de vains courriers que personne ne ne va lire, ni même les inculpés d’Aurelia Finance à Genève, dans leur arrogance et leur cupidité. Il faudrait demander à feu Bourvil de nous chanter « la fin des haricots ».

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