Pharmacies, le danger permanent

25 septembre 2007 | par | 7 commentaires Plus loin

pharmacie.jpgOn avait déjà critiqué sur ce blog l’imposition d’une taxe sur les contre-indications prélevée avec application par les pharmaciens pour payer leur loyer et autres vacances, mais en tous les cas pas pour rendre un réel service. Ce billet n’avait pas soulevé d’unanimité mais plutôt quelques critiques, qui se résumaient surtout à l’incompétence pharmacologique des médecins….

On apprend ce matin à la suite d’une enquête de la FRC sérieuse et documentée que sur 20 pharmacies testées en Suisse romande, une seule a réussi son examen de passage. 95 % des pharmacies font donc n’importe quoi, mais n’oublient surtout pas de facturer les fameuses taxes rondelettes. Cette façon de pratiquer une profession libérale comme un chef de rayon de supermarché uniquement intéressé par le rendement de sa tête de gondole inquiète.


Il ne s’agit pas de vendre des bonbons en promotion mais de préserver la santé des patients qui est plus que jamais entre les mains de seuls intérêts marchands déguisés derrière des blouses blanches de pacotille.

Une bonne technique consiste à prendre langue avec le pharmacien et à lui dire que vous ne payerez pas la fameuse taxe. A lui donc de choisir s’il vous fournit quand même le médicament. Dans la plupart des cas ça marche, le pharmacien y renonce de lui-même. L’autre technique consiste à ne pas payer votre part d’assurance sur ce point, en contestant que le contrôle ait eu lieu. Car il est tellement évident que ledit contrôle ne fonctionne pas et n’est effectué valablement que dans 1 cas sur 20 qu’exiger le paiement de cette taxe n’est qu’une énorme escroquerie.

Et ce ne sont malheureusement pas les paroles de Marcel Mesnil, secrétaire général de PharmaSuisse qui rassurent. Ce dernier déclare en effet, en réponse à cette enquête de la FRC : « Cela confirme mon sentiment que l’obsession du prix et des économies dans notre pays, qui ne dispose d’aucune loi sur les pharmacies, nous dirige vers un Far West du commerce des médicaments« .

Consommateurs patients, réveillez-vous et sortez vos colts, puisque selon les pharmaciens eux-mêmes c’est le Far West.

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Catégorie: Res politica

Commentaires (7)

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  1. www.romanding.ch | 25 septembre 2007
  1. Rob dit :

    Concernant votre précédent post et la critique des taxes en pharmacie, j’aurais aimé connaitre la source (non-citée) concernant la soi-disant marge de 38% appliquée en pharmacie en plus de la taxe RBP.

    A ma connaissance, cette marge n’existe plus ! (source: http://www.pharmasuisse.org/fr/apotheke_gesundheit/02_qualitaet_kompetenz/leistungsorientierte_abgeltung.php?navanchor=10006 ) Le pharmacien, depuis l’introduction de la rémunération basée sur les prestations, touche la même somme pour un médicament à 300.- aussi bien que pour un médicament à 5.-. Le coût des médicaments est donc imputable en majorité à l’industrie pharmaceutique (qu’hélas nos autorités n’osent pas trop ennuyer sur le prix des médicaments, ce qui n’est pas le cas en France.). Si vous voulez voir qui gagne de l’argent dans le business de la santé, regardez donc du côté de l’industrie pharmaceutique. C’est la branche la plus rentable, avec une croissance constamment à deux chiffres. Malheureusement, fierté de la Suisse, elle est systématiquement glorifiée au nom du pseudo-progrès scientifique et du xième anticholestérolémiant.

  2. kalvin dit :

    Vous pensez bien qu’avec une rémunération uniquement à la prestation, il n’y aurait plus de pharmacies vivantes en Suisse. Les pharmaciens admettent en général une marge brute de 33% .Voir ici par exemple ou encore ici.
    D’une façon générale cette marge, lorsqu’on révise les comptes des pharmacies, se trouve majorée par des accords de rétrocessions sur volume avec certains fournisseurs d’environ 5% d’où le chiffre de 38 %. Sur 100.–francs facturés au patient/client, 38 vont au pharmacien, 9.5 vont au grossiste distributeur et le reste, soit plus de 50 francs au fournisseur fabricant. Il est simplement juste de préciser que cette marge est légèrement dégressive pour les médicaments de très haut prix, mais on rappelle que les médicaments qui se trouvent sur la liste des spécialités (donc remboursés) font l’objet d’accords inter-branches et gouvernementaux sur les prix public.

  3. Rob dit :

    Je vous remercie pour votre message, mais en consultant le même site que vous m’indiquez comme source, vous avez oublié de regarder la date de la page. En effet, la rémunération basée sur les prestations a été introduite le premier juillet 2001 (ici : http://www.tetenoire.ch/politique-medicament/prix_remun.htm ).

    Or, la page que vous m’indiquez date d’avril 2000 (voyez ici : http://www.tetenoire.ch/politique-medicament.htm )! Votre argument était donc valable avant avril 2000. Mais plus maintenant !

    Les pharmaciens sont donc bien rémunérés par le système de la rémunération basée sur les prestations.

  4. Kalvin dit :

    Regardez le deuxième ici qui traite justement de la situation après le 1.7.2001 et votre source dit elle-même : « Le nouveau système de rémunération du pharmacien a été introduit le 1er juillet 2001. […] Le revenu des pharmaciens n’est plus lié uniquement à une marge en % sur le prix des médicaments, mais dépend des services rendus lors de leur remise ». Plus uniquement lié veut bien dire encore un peu lié…. et même beaucoup. Vous rêvez en imaginant un pharmacien qui peut vivre avec 100 clients à Fr. 3.25 par jour.

  5. Rob dit :

    Il est agréable de pouvoir discuter sans que le débat ne s’envenime et je vous en remercie.

    Cependant, je souhaite signaler tout de même que les prix des médicaments ne sont pas fixés par les pharmaciens. Ces prix sont répertoriés dans la LS (liste des spécialités) dont les prix font foi.
    Voyez sur admin.ch ici :
    http://www.admin.ch/ch/f/rs/8/832.102.fr.pdf

    à l’article 67 art.1 de l’OAMal, je cite :
    « La liste des spécialités contient les prix maximums déterminants pour la remise des
    médicaments par les pharmaciens, les médecins, les hôpitaux et les établissements
    médico-sociaux. »

    En quoi est-ce important ? L’assurance maladie ne remboursera que le prix de la liste des spécialité, pas un centime de plus. Je ne vois ici aucune « marge » et je ne vois pas en quoi une assurance aurait intérêt à rembourser une marge supplémentaire au pharmacien. Voyez dans le lien suivant pour la fixation du prix dans la LS :
    http://www.santesuisse.ch/fr/dyn_output.html?content.vcid=6&content.cdid=19836&detail=yes&SID=%25SID%25&navid=2&SID=%25SID%25

  6. Kalvin dit :

    Votre commentaire est resté bloqué par le système antispam, navré, c’est sans doute parce qu’il contenait des liens extérieurs. Le principe de la marge est tout simple.

    Le prix maximum fixé par la liste des spécialités comprend la marge du pharmacien et toutes les autres. Pour simplifier si je paye un médicament Fr. 100.– ma caisse maladie va me rembourser environ cette somme, sous réserve des 10% de participation.
    Maintenant, le pharmacien qui me vend ce médicament à Fr. 100.- le paye en gros Fr. 66.– au grossiste. Il gagne donc sur le médicament lui-même environ Fr. 34.- Ensuite, le grossiste a droit à environ 10 % du prix, ce qui nous laisse donc le médicament à Fr. 56.- Le fabricant le vend à ce prix là, mais fait une marge considérable dessus surtout quand le médicament est vieux mais toujours breveté. Au minimum le fabricant réalise un profit de 33% c’est à dire qu’il gagne (profit) un tiers au moins de ce prix de Fr 56.- soit pas loin de Fr 20.– La différence restante, Fr. 36.- étant les coûts de production/fabrication. Donc notre pharmacien, pour y revenir gagne sur une seule ordonnance d’un médicament de Fr 100.– a) 34.- de marge commerciale sur le produit lui-même b) une taxe de 9.20 par trimestre et par patient ou de Fr 3.25 par ordonnance c) une éventuelle surtaxe s’il y a plusieurs médicaments dont il faut contrôler la posologie et les contre-indications. C’est pas encore la pauvreté absolue.

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