Que l’UDC reste dans son opposition stérile

9 décembre 2008 | par | 3 commentaires Plus loin

C’est tellement mieux quand l’UDC se met d’elle-même en situation de n’avoir qu’à jouer au train électrique toute seule pendant que les autres font de la politique

Si l’on parcourt les différents médias traditionnels, il est de bon ton de prétendre que dans la Suisse de la concordance l’UDC a toute sa place au Conseil fédéral. Les mots d’ordre des partis gouvernementaux vont tous dans le même sens, officiellement au nom de la concordance, de fait en raison des futurs départs qu’il faudra bien compter dans leurs rangs. Je te tiens, tu me tiens, etc … règle immuable et pourtant bien surannée.

L’UDC a gagné, dit-on, les dernières élections fédérales, mais  avec un programme qui n’est pas compatible avec la démocratie. L’épisode de la mise à pied de Blocher en était la première conséquence. Le poids effectif ridicule de la représentation UDC à Berne en est la seconde : leur nombre n’a rien à voir avec la qualité, les idées sont courtes et les méninges pas très développés.

L’électeur de base de cette formation se rend compte d’ailleurs du décalage énorme qui existe entre un programme et une députation incohérente. Il n’y a qu’un point sur lequel l’UDC tient ses promesses, c’est l’entêtement primaire. Or une politique ne se bâtit pas sur un non-programme et avec des acteurs fantoches pour qui seule la « gloire » de siéger à Berne compte, le sens du bien commun étant absent de leurs préoccupations.

Le dernier ticket Blocher-Maurer est une nouvelle preuve de l’arrogance de l’UDC : et ce ticket va lui coûter une nouvelle fois sa crédibilité et une place au gouvernement, et c’est tant mieux. Il n’y a pratiquement aucun risque aujourd’hui que Ueli le laquais soit élu, car même dans son parti divisé il ne recueille pas le plein des voix, loin s’en faut. Et mathématiquement, même avec un PDC complètement aux ordres, il n’atteint pas la majorité absolue usuelle de l’ordre de 120-123 voix.

Le psychodrame des exclusions va donc recommencer, comme en 2007, mais cette fois-ci il y a un ou deux privilégiés (Baader, Amstutz, notamment) dont le parti a dit qu’ils ne seraient pas excommuniés en cas d’acceptation d’une élection. Un parti qui une nouvelle fois empêche le parlement de choisir vraiment parmi ses membres qui sera le successeur idéal (ou du moins acceptable) de Sami ne se comporte pas de façon « concordante ». Il n’y a donc aucune raison de prendre des gants à son égard même s’il lâche ainsi du lest dans la dernière ligne droite se rendant compte qu’Ueli sera battu.

Le PDC est dans les starting-blocks depuis quelques jours: s’il présente officiellement enfin une position claire, alors ce sera une chance pour le pays et pour un candidat issu de ce parti, qui recevra l’aval de la gauche.

Si le PDC ne le fait pas, non seulement il risque de ne pas voir élire l’un des siens, mais portera la responsablité entière de la future configuration du gouvernement. 69 UDC plus 47 radicaux ça fait 116, desquels il faut retrancher un bonne vingtaine de voix internes. Les PDC sont 52 aux chambres et le calcul est donc vite fait : un UDC a besoin d’envrion 30 voix PDC pour être élu.

Au PDC de voir comment attirer suffisamment de voix de gauche sur un candidat acceptable issu de ses rangs, sinon on risque bien de voir arriver un radical bon teint auquel on ne s’attend pas.

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Catégorie: Res politica

Commentaires (3)

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  1. Michelle dit :

    J’aimerais bien savoir comment l’UDC traitera avec l’Union européenne et la nouvelle donne qu’elle impose à la Suisse http://tinyurl.com/6ywdhz
    Il serait intéressant de connaître l’avis des candidats sur ces points, mais les journalistes évitent les questions de fond qui pourraient mettre au grand jour le vide de leurs idées et l’absence de vision politique.

  2. Les journalistes savent très bien ce qu’ils ont dans le ventre, mais ne peuvent plus l’exprimer.

  3. Michelle dit :

    @george de glucksbierg : Allons donc, à qui feront-ils croire que la presse n’est pas libre en Suisse ? Ils manquent d’esprit critique, de culture très souvent et surtout, ils sont bien trop proches du pouvoir en place, probablement plus par choix et facilité que par réelle pression du pouvoir sur eux.

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