Retraites : inégalité souhaitable

Partout en Europe le problème des retraites se pose. La pyramide des âges et les inconséquences dramatiques de la politique libérale ont ou vont vider les caisses. En France on ne touche pas à certains tabous, à tort et de façon presque vaudevillesque.

En Suisse, on devrait sérieusement se poser la question de briser les chaînes de la répartition équitable pour la rendre enfin volontairement inéquitable.

Inéquitable en ce sens que les hauts revenus devraient évidemment cotiser de façon nettement plus large que les petits, mais surtout que les rentes devraient être versées exclusivement sous condition de ressources.

Que voulez-vous que Couchepin fasse de sa rente AVS sinon l’épargner ? Bertarelli aura-t-il besoin d’une rente AVS pour survivre ? Deux exemples extrêmes sans doute mais qui montrent bien que l’arrosage des rentes en direction de chacun et sans jugeote est devenu une hérésie économique et sociale et un réflexe qui comporte une égalité inéquitable.

L’AVS ne veut pas dire son nom, mais c’est de fait une charge parafiscale. Considérons-la donc comme un impôt, et utilisons-la de façon intelligente. Un couple de retraités qui dispose de plus de Fr 80’000.– de revenu par année sans compter l’AVS peut être considéré comme privilégié. Il ne devrait dès lors plus se voir créditer de ces quelques sous d’argent de poche que peuvent représenter pour lui une rente AVS.

Pas besoin d’être grand argentier pour s’apercevoir que ce genre de réforme, certes impopulaire,  permettrait à la fois de servir des rentes un peu plus décentes à ceux qui en ont besoin et de ramener le trou de la prévoyance sociale à des profondeurs acceptables.

Ce genre de raisonnements inégalitaires offusquent la gauche. Elle a tort, ce sujet ferait un bon thème de campagne…

© dessin Mix & Remix

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Catégorie: A la Une, Res politica

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