Sarko : « rumeurs » sur la retraite !

L’imbuvable Sarko va devoir face depuis lundi à un débat sur les retraites en France qui ne va pas manquer de piquant. D’abord parce que ses adversaires vont bien sûr profiter de la faiblesse institutionnelle dans laquelle il s’est lui-même fourré en préparant les régionales comme s’il était à la tête du FC Sion in corpore un matin au sortir du Casino de Montreux.

Ensuite parce que toucher à la retraite en France c’est presque comparable à une mise en détention : un viol criminalisé de droit fondamental et reconnu comme tel. Il faut dire qu’avec l’âge légal de la retraite fixé à 60 ans, comme un dogme infaillible, aucune avancée n’est possible. Et à cet âge anormalement bas en moyenne européenne et même mondiale (pour ceux qui ont du travail) on doit ajouter la propension plus que ravageuse du Français moyen à ne pas travailler plus de trente véritables heures par semaine, et encore, pas toutes les semaines.

Les fameuses RTT font que de février à juin, par ponts successifs et zones alternées, le peuple de Gaule est en vacances (modèle courtes) ou en panne dans les bouchons. De juillet à septembre, il dort au soleil, et de septembre à novembre il pratique ce que chaque année il est convenu d’appeler la « rentrée sociale » qui permet à certaines catégories de travailleurs d’obtenir des améliorations annuelles avant les discussions traditionnelles de fin d’année pour les augmentations.

Ce paradoxe économique qu’est la France, à la limite de la rupture à la grecque si on prend en compte son déficit accumulé actuel et son incapacité à le résorber, est champion, dit-on, de la productivité. C’est vrai qu’en travaillant si peu, cette dernière augmente. Contrairement à la production de biens et services qui stagne dans le meilleur des cas.

En Suisse, le problème est un peu différent. Et devra aussi être résolu à terme en raison des conséquences de la pyramide des âges et de l’éjection des seniors du monde du travail. On est vieux en Suisse à 45 ans, voire avant. Et on est vieux aux yeux des grands entrepreneurs privés qui refusent d’investir sur le monde des seniors.

Même si parmi leurs grands actionnaires figurent des fonds de pension … Le problème des retraites dans ce pays passe nécessairement par une augmentation massive des cotisations, mais cette fois et pour une fois non pas de façon paritaire mais de manière ciblée : le travailleur a suffisamment donné et surtout perdu dans le partage du gâteau global depuis trente ans. Il appartient donc au législateur de fixer un cadre de nouvelles ponctions justes qui visent un double but simultané : faire passer à la caisse les entreprises privées qui éjectent les seniors et bien sûr remplir les caisses des retraites.

Même si on peut parfois rechigner devant les quotas, on risque de devoir en faire et imposer une charge parafiscale supplémentaire aux entreprises en fonction de l’âge médian de leurs employés, et ceci de façon inversement progressive à cet âge. Une façon comme une autre de forcer l’aménagement de temps partiels et de fins de carrière plus souples qu’un arrêt brutal à 65 ans. Une manière aussi de ne pas trop peser sur les jeunes générations qui n’ont aucune responsabilité dans les attitudes ségrégationnistes des patrons.

Du côté de l’emploi public, il faut remettre sur le métier un profond travail de zero base budgeting, et supprimer tous les traitements de faveur dont profitent bon nombre de flics et autres militaires de carrière ou douaniers.

Le concept même de retraite change. Il est normal dès lors qu’une date critère n’existe plus mais qu’une période  souple et des dispositions adaptées permettent à chacun de choisir son moment. Mais pour l’instant, les parlementaires pédalent dans le vide comme d’habitude : pourtant les prochaines élections fédérales approchent et certains feraient bien de les préparer de façon concrète et pratique.

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Catégorie: A la Une, Res politica

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