SPA, sépulture payée d’avance

27 septembre 2007 | par | Pas de commentaire Plus loin

cercueil3.pngIl n’y a pas que les marbriers qui profitent du commerce de la mort de façon apparemment peu honnête ces derniers temps à Genève. En effet, dans la bonne ville du bout du lac, une entreprise de pompes funèbres a inventé depuis de très nombreuses années un nouveau concept comptable rafraichissant, celui de la SPA ou sépulture payée d’avance.

Mais qu’est-ce donc que cet animal comptable ? et bien c’est une immense réserve de liquidités à son bilan qui résulte de l’opération suivante. Monsieur X. ne veut pas que ses obsèques soient à la charge de sa famille, et de son vivant il passe un contrat « d’obsèques » comprenant tous les frais que ses futures funérailles pourront provoquer. Il passe à la caisse à la signature du contrat et se


déleste de quelques milliers de francs, somme variable en fonction du standing du « pack obsèques » acheté. Les années passent et Monsieur x devient vieux. Il ne se souvient de rien et surtout ne dit rien à personne au sujet du contrat en question. Puis quand sa mort survient, sa famille dans l’urgence fait appel aux pompes funèbres officielles, sans évidemment savoir que le défunt avait passé un contrat et payé son futur enterrement auprès de l’entreprise privée X. Et la famille de passer à la caisse… il suffit de multiplier l’opération par quelques centaines de clients ou plus pour imaginer la consistance de cette réserve comptable de cash.

Et donc, pour la fameuse entreprise, c’est du bénéfice pur et simple qui se dégage car à part quelques papiers remplis, elle n’a effectué aucune prestation et se garde bien d’informer la famille du fait qu’elle avait un contrat avec le défunt. Et, cerise sur le gâteau, pour éviter de devoir payer trop d’impôts, elle laisse cette somme en réserve (c’est à dire sans l’inclure dans son bénéfice imposable), exposant au fisc curieux qu’elle ne peut pas savoir et suivre au jour le jour l’évolution de la vie de ses clients où qu’ils se trouvent…

Le cas exposé ci-dessus est un cas simple, mais imaginez que le défunt déménage dans un autre canton entre le moment du contrat et son décès …il n’y aura là vraiment aucun risque pour notre fameuse entreprise de devoir effectuer la prestation encaissée des années auparavant.

Décidemment, la mort n’est de loin pas gratuite.

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Catégorie: Res politica

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