Suisse, G 20 et Europe

La Suisse ne participera pas au G20 de Londres, on le sait. Et compte tenu de ses rodomontades diverses et variées sur la couleur de l’argent, ce n’est quelque part que justice.

Mais ce G 20 qui s’annonce ne va probablement servir que comme une sorte de cérémonie d’intronisation internationale pour Barack Obama, de béquille pour Gordon Brown, de faire-valoir électoral pour Angela et de théâtre-guignol pour Sarko et ses marottes stupides. A pas grand chose donc.

La vieille Europe est divisée, et surtout le pouvoir de régner sur elle convoité tant à Berlin qu’à Paris, depuis que la Présidence tournante va même jusqu’à faire tomber les gouvernements. Il est vrai que des anti UE comme Topolanek n’ont rien faire comme président, même tournant, d’un machin comme l’Europe.

Sur le plan économique et financier, l’Europe ne parle d’une seule voix que sur un point : celui de l’origine de la crise « qui n’a rien à voir avec autre chose que des fantaisies américaines« . Pour le reste chacun poursuit son chemin tout en espérant que les barrières protectionnistes que son voisin installe en sourdine ne se révèleront pas ennuyeuses à l’excès.

Oui on va sortir de Londres avec de ronflantes déclarations d’intention. Mais elles n’iront pas plus loin. Car pour que la confiance revienne et donc une certaine croissance, il va s’agir pour les gouvernants de convaincre leurs électeurs qu’ils vont vraiment amender la gestion actuelle du système capitaliste.

Même le frétillant et inusable Dominique Gaston André, directeur actuel du FMI, ne semble pas remettre en doute le système de l’économie de marché, « la seule qui ait démontré qu’elle marchait« , ainsi qu’il l’a déclaré l’autre soir sur France 2.

La seule aussi à avoir conduit depuis plus d’un siècle le monde dans un marasme économique aussi grand et durable que celui qu’il connait actuellement.

Et la Suisse là-dedans ? elle a au moins l’expérience du compromis, du respect théorique des minorités et de la gestion des singularités. Certes non sans défaut, mais avec un exemple pratique à mettre en avant.

Au lieu de continuer à trouver les solutions cachées pour jouer les bandits de grands chemins de la finance internationale, elle ferait mieux de proposer à l’Europe un système politique qui fasse du vieux continent une véritable puissance politique. Ce faisant elle contribuerait à redorer un blason plutôt terni ces dernières décennies entre fonds juifs, en déshérence ou en provenance douteuse de potentats déchus.

Il y a certainement quelque chose à (app)prendre au Royaume des Helvètes, à commencer par un système de gouvernement qui, pour peu qu’il soit un peu amendé et exercé par des valides et non par des vieux, pourrait servir d’exemple, y compris dans l’état d’esprit, à une Europe tiraillée et décidément à la porte de la retraite politique sur le plan mondial.

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Catégorie: Res politica

Commentaires (3)

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  1. walkmindz dit :

    En cette veille de préliminaire politique et d’orgie économique que représente le G20, nous assistons quelque peu apathiques – car trop habitués – aux promesses obligatoires des dirigeants, à l’astrologie technocratique de l’opposition en vigueur dans le pays concerné et à l’abnégation touchante des alter-machins étant contre tout ou pour rien.
    L’opération de communication élaborée pour corroborer un diagnostic commun face à la crise et, plus encore, les effets d’annonce coincés entre le miracle de la guerre et le mensonges tacite précédés laborieusement par un appel d’offre à la bonne volonté des peuples et le cœur de chacun, me rappellent le processus de récolte de fond de ces soirées de lutte contre les maladies immunodéficientes.
    Mais ce que je trouve le plus malhonnête dans la contestation de ceux qui en ont les moyens, c’est peut-être leur perpétuel étonnement de cocu et leurs revendications de mijaurées qui réclament un orgasme à un eunuque.
    La suite ici :
    http://souklaye.wordpress.com/2009/03/28/best-of-anticipation-le-g20-du-chacun-pour-soi/

  2. J’arrive au bout de la ligne pour bientôt passer derrière le miroir. Un cadre de l’UBS de Genève disait, allons tondre nos moutons. Ce cynisme, cette absence d’humanité, ce côté nauséabond, quelquechose de Liberty, de répugnant, des toilettes des Bastions, le microsome des banques privées, de la traîtrise, du mensonge, du caca total, il aura fallu les comptes juifs pour découvrir nos banquiers, qui ils sont. Pourtant 98% de nos concitoyens continuent à avoir confiance. L’amour est aveugle, la bêtise aussi.

  3. Tant que le CF n’imposera pas la révocation de tous les administrateurs de l’UBS, les remplacer par des cadres honnêtes des banques cantonales, il n’y aura aucune chance de restaurer une confiance. Fini la collegialité des rats.

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