Travail Suisse bien trop timide

Bien sûr qu’il est urgent d’agir. Bien sûr qu’il est particulièrement scandaleux que les salaires des patrons aient augmenté en 2009 de plus de 20 % en moyenne.

Mais les penseurs de Travail Suisse ne vont pas aller bien loin en se contentant d’exiger des mesures cosmétiques du style  » limitation des bonus, interdiction des allocations spéciales et imposition des bonus à partir d’un million de francs ».

Primo, exiger la mise en place de ce genre de règles relève de l’utopie gauchiste aimable, mais sans aucune influence sur la réalité. Et secundo, grâce à certaines formes de rémunérations multi-pays (entre autres) , elles peuvent être très facilement contournées.

Le véritable cœur du problème est la répartition de la richesse produite entre le capital et le travail. Sans donner dans le marxisme stupide, on doit simplement constater que la part du profit allant aux travailleurs n’a cessé de baisser au cours de trente dernières années, pour ne constituer actuellement que très nettement moins d’un tiers du total.

Là est donc la question, et pour la résoudre, il convient de trouver un mécanisme simple qui permette de ramener cette proportion vers un équitable partage par moitié au moins. Et même si ces systèmes ne sont ni populaires ni prisés par les patrons, il convient par exemple de mettre en place deux règles, impératives et dont la transgression conduit à la sanction pénale : a) l’écart salarial maximum ne doit pas dépasser un facteur 7  b) chaque franc dépensé en rémunération par une entreprise ou une administration doit aller dans un pot commun. De ce pot commun on tire les salaires et avantages de l’ensemble de ceux qui ont droit à une rémunération pour une quelconque fonction. Et ce pot est géré paritairement.

Lorsque le bulletin de salaire (édité par un logiciel de paye) du patron de Novartis ou du Crédit Suisse sera fixé ainsi, les travailleurs seront à l’aise, la croissance sera repartie et les caisses de l’État se rempliront pour lui permettre d’exercer activement les tâches de protection sociale que la Constitution lui impose.

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